samedi 19 octobre 2019

Ayelet Gundar-Goshen: " Réveiller les lions"



Editions 10-18
432 pages


4 ème de couverture



Un huis clos politique, social et conjugal aux allures de thriller.

Une nuit, en sortant de sa garde à l'hôpital de Beer-Sheva, la ville la plus méridionale d'Israël, le Dr Ethan Green, marié et père de deux enfants, percute à mort un migrant érythréen qu'il abandonne sur la route en laissant tomber son portefeuille. Le lendemain, la femme de cet homme vient le trouver dans sa coquette villa. En échange de son silence, elle exige d'Ethan qu'il prodigue chaque nuit, en cachette, ses soins aux réfugiés. Tandis que son épouse, commissaire de police, se voit confier l'enquête sur le mystérieux chauffard, Ethan Green s'engouffre aux côtés de Sirkitt dans une double vie qui menace l'intégrité de son couple et le confronte à une réalité clandestine et insalubre, sur fond de trafics, de violences – et de désirs inavouables.


Mon avis


Quand un chirurgien voit sa vie basculée un soir alors qu'il avait tout pour être heureux jusqu'à la fin de sa vie. La nuit n'est pas propice pour lui. La pleine Lune lui fait ainsi défaut.

Avec « Réveiller les lions », Ayelet Gundar-Goshen aborde un sujet lourd et actuel. Un médecin désenchanté renverse et tue un homme alors qu'il se défoule au volant de son 4x4 de luxe. Il prend la fuite mais il est contacté par l'épouse du défunt, Sirkitt, qui sait tout.

" L'homme, il le percute précisément au moment où il songe que c'est la plus belle lune qu'il a vue de sa vie. "

Le sujet est brûlant car le docteur Green va être confronté suite à son délit de fuite, à un monde de pauvres et de migrants. Au-delà des faits relatés, l'auteur sait nous rendre les événements très proches. Il réalise une photographie d'un monde morcelé qui fait écho aux infos que l'on voit défiler sur nos écrans chaque jour.

Le docteur tente de faire face à une double vie afin de cacher ses activités demandées par Sirkitt. Il doit être vigilant car c'est sa propre femme qui mène l'enquête sur l'accident. Green parvient quand même à nouer des liens avec des gens différents les uns des autres. Ce sont ces mondes contradictoires qui donnent au roman une épaisseur humaine et qui font la qualité originale de l'histoire. L'empathie et l'injustice se mêlent grâce à un style simple et poétique. L'ensemble est ainsi particulièrement attachant.

jeudi 17 octobre 2019

Muriel Robin: " Fragile"



XO editions
418 pages

4 ème de couverture



Est-ce que je sens qu’on va finir par s’entretuer dans cette bagnole ?

Maman que tout agace, papa qui ne parvient plus à la calmer, mes sœurs qui veulent disparaître.

J’ai cinq ans et j’ai l’intuition que ça pourrait mal finir, alors je vole au secours des miens et je fais le clown.

Si je suis venue au monde avec ces yeux ronds et cette bouille qui fait sourire aussitôt que j’apparais, c’est sûrement pour mettre de la couleur sur le gris de notre vie.

Muriel Robin

Longtemps Muriel Robin nous a fait pleurer de rire. Voilà que pour la première fois elle nous parle d’elle avec une gravité qui nous touche aux larmes.

Sans rien dissimuler de ses chagrins d’enfant et de femme, ni d’un lourd secret, elle nous livre un portrait d’elle-même à la fois terriblement émouvant, impitoyable et drôle.

Un livre événement.

Mon avis



Pourquoi « Fragile » alors que Muriel Robin semble si forte dans ses spectacles ? 

On l'apprend progressivement en parcourant ce livre surprenant. 

J'ai aimé suivre le cheminement de la petite fille de commerçants dans sa volonté de fuir Saint-Étienne et de devenir une artiste accomplie. Sa relation avec sa mère a été sans conteste un moteur  positif ou négatif pour la femme célèbre aujourd'hui.

" Chez les Robin, on ne s’embrasse pas, on ne se touche pas, on ne se dit ni bonjour ni au revoir, « tout ça c’est pour les cons qui n’ont que ça à faire », dit notre mère, nous on travaille, on n’a pas de temps à perdre avec ces bêtises, de sorte que je ne suis pas surprise d’être accueillie comme un chien dans un jeu de quilles. "

J'ai pris plaisir à me remémorer les sketchs savoureux de la comique française. J'ai également appris beaucoup sur sa vie plus intime et les larmes sont parfois venues suite à certaines confidences. Toutefois, il y a quand même de la pudeur dans ce récit. Et la fin troublante contribue à la valeur du témoignage de Muriel Robin. 

J'ai aussi accroché à ces « souvenirs » en raison des nombreuses personnalités croisées au fil des pages. Les années évoquées m'ont rendue nostalgique : émotion garantie donc pour ce côté people ! 

Le tout est enrobé dans des chapitres dynamiques et clairs allant à l'essentiel. 

J'étais fan avant cette lecture et le reste encore après. Je devrais même dire que j'ai envie de redécouvrir une artiste maintenant que je connais quelques-unes de ses failles. 

Ainsi, j'espère que Muriel va continuer à « faire son intéressante » encore très longtemps !

L'auteure



lundi 14 octobre 2019

Nicolas Beuglet: " L'île du diable"



XO Editions
320 pages

4 ème de couverture



La vengeance est affaire de mémoire.

Le corps recouvert d’une étrange poudre blanche…
Des extrémités gangrenées…
Un visage figé dans un rictus de douleur…

En observant le cadavre de son père, Sarah Geringën est saisie d’épouvante. Et quand le médecin légiste lui tend la clé retrouvée au fond de son estomac, l’effroi la paralyse.
Et si son père n’était pas l’homme qu’il prétendait être ?
Des forêts obscures de Norvège aux plaines glaciales de Sibérie, l’ex-inspectrice des forces spéciales s’apprête à affronter un secret de famille terrifiant.
Que découvrira-t-elle dans ce vieux manoir perdu dans les bois ? Osera-t-elle se rendre jusqu’à l’île du Diable ?

Après Le cri et Complot, Nicolas Beuglet nous livre un thriller glaçant, exhumant des profondeurs de l’histoire un événement aussi effrayant que méconnu. Il nous confronte à une question vertigineuse : quelle part de nos ancêtres vit en nous, pour le meilleur et pour le pire ?


Mon avis



" L'île du diable" est la troisième aventure de Sarah Geringën. Une aventure qui la marquera à jamais.
Après un an d'enfermement, elle apprend le décès de son père. Retrouvé mort à son domicile, il s'agirait plus d'un assassinat que d'une mort naturelle. La mise en scène du cadavre est atroce. Sarah doit mener l'enquête auprès de Stephen et de ses nouveaux coéquipiers.
Le passé de Sarah va en prendre un coup. Affaiblie depuis son enfermement, elle ne lâche pas pour autant l'affaire. Elle ne connaissait pas véritablement son père. Par la suite, elle sera étonnée de ce qu'elle va découvrir à son sujet.

" Sarah commençait à comprendre qu'elle allait devoir accepter une hypothèse qu'elle avait refusé d'envisager depuis le début. Car elle ne voyait qu'une explication à ce meurtre. Une explication tout aussi effrayante que le visage déformé du cadavre: son père n'était pas celui qu'il prétendait être. "

" L'île du diable" est un thriller où le rythme est sans relâche. Au travers de chapitres courts, l'auteur, Nicolas Beuglet met la pression à un degré maximal.

mardi 8 octobre 2019

Olivia Kiernan: " Les liens du sang"



Editions Hugo Thriller
394 pages


4 ème de couverture



Le crime colle à la peau de la commissaire Frankie Sheehan. Mais à Clontarf, petite station balnéaire proche de Dublin, Frankie n’est pas la seule à être familière avec la mort…

Deux corps sont retrouvés dans l’église de la ville, sauvagement assassinés.

Un double meurtre qui coïncide étrangement avec la sortie de prison de Sean Hennessy, condamné dix-sept ans plus tôt pour le meurtre de ses parents alors qu’il était encore adolescent. Sean a toujours clamé son innocence ; et c’est cette version des faits qu’il entend défendre dans un documentaire télévisé en préparation.

Frankie le pressent : pour découvrir l’auteur du double meurtre de l’église, puis d’un nouvel assassinat tout aussi épouvantable, il va lui falloir comprendre ce qu’il s’est véritablement passé voilà dix-sept ans.

Et percer les mystères qui relient entre eux, par-delà les années, les cadavres de Clontarf.


Mon avis



" Les liens du sang" est la deuxième enquête de Frankie Sheehan. Tanya West, sa belle sœur, veut que Frankie s'occupe du dossier de Sean Hennessy.
Un vieux dossier où Sean a toujours proclamé son innocence. Il a été condamné pour le double meurtre de ses parents. Maintenant libéré, il veut raconter son histoire dans la maison de production Blackthorn Films.
Parallèlement Frankie est appelée car une personne a découvert dans l'église Sainte Catherine deux corps.
Existe-t-il un lien entre ces deux affaires ?
Frankie se résoud à mener toute l'enquête sur le double meurtre survenu dans la Northside. La scène de crime paraît très étrange. Est-ce une mise en scène ?

" Je reviens une fois de plus aux victimes. A cette scène de crime-littéralement- que le tueur a laissée, et je repense à la manière dont les corps ont été disposés. "

J'ai trouvé l'histoire un peu longue à démarrer mais une fois l'action mise en place, le rythme commence à s'accélérer. Les chapitres très courts se lisent facilement.
Quelle atmosphère dans ce roman ! J'ai aimé les lieux, les environs de Clontarf. Les personnages sont magnifiquement attachants.

Frankie est une profileuse exemplaire qui ne lâche rien. Le mystère rôde aux alentours de cette station balnéaire; j'ai suivi avec intérêt cette histoire où le doute subsiste au fil des pages. L'intrigue est parfaite car le style de l'auteure est remarquable. L’analyse sur cette affaire est faite avec méthodologie. Le lecteur en apprend davantage sur la garde irlandaise et leurs procédures policières.

" Les liens du sang" est un thriller bien construit avec des personnages développés avec intelligence. Je n'ai pas lu " Irrespirable" et je le lirais incessamment sous peu. C'est un roman plaisant où le suspense est au rendez-vous.
Olivia Kiernan est une auteure à suivre de près !

L'auteure



Olivia Kiernan est une écrivaine, blogueuse et romancière irlandaise.

Titulaire d'une maîtrise en création littéraire de l'Université du Sussex, elle est née et a grandi dans le comté de Meath, en Irlande.
"Irrespirable", son premier roman paru en 2018, est un thriller se déroulant à Dublin.


mardi 1 octobre 2019

Céline Denjean: " Voulez-vous tuer avec moi ce soir"


Editions pocket
384 pages


4 ème de couverture


Je m’appelle Marcel. J'ai 47 ans. Je suis contrôleur de bus. Je mène une vie saine et bien rangée. J'aime l’ordre, la rigueur et la discrétion et, à bien des égards, je suis votre voisin idéal. C'est que, contrairement à bon nombre de mes contemporains, j'ai reçu une excellente éducation. Et ce n'est pas ce que la police ou les journaux racontent sur moi qui me fera changer d'avis !

Toulouse. Depuis plusieurs mois, le lieutenant Girard traque « le Tueur du vendredi », un pervers méthodique qui viole et tue des prostituées le long du canal. Le meurtrier, c'est Marcel, un insoupçonnable contrôleur de bus à la vie sans histoire. Maniaque et obsessionnel, il suit jour après jour, et à la minute près, une routine bien huilée. Ses ennemies ? Les femmes, les indécentes, les décadentes, les provocantes… Et depuis peu sa jeune voisine, qui pourrait bien faire basculer une routine jusqu’alors inébranlable…


Mon avis



" Voulez-vous tuer avec moi ce soir" est un roman que j'ai littéralement dévoré. Lu en un jour, je peux vous dire que j'étais totalement happée par cette histoire.

J'ai rencontré l'auteure lors du salon du polar de Templemars; beaucoup de personnes que je connais des réseaux m'ont conseillées de lire un de ses romans. Alors j'ai acheté son tout premier en format poche. Céline Denjean m'a fait part de quelques imperfections sur ce titre.

Aussitôt revenue du salon, je commence à le lire et j'étais déjà en pleine effervescence.
" Voulez-vous tuer avec moi ce soir" est un roman qui se passe à Toulouse où le lecteur suit divers protagonistes d'apparence ordinaire.

La ville rose est touchée par le Tueur du midi. Il agit principalement vers le canal du Midi. Mieux vaut ne pas traîner dans ce coin surtout le soir. Les corps retrouvés sont des jeunes prostituées et le modus operandi de ces crime est identique.
Paradoxalement dans cette histoire, le lecteur suit l'histoire de Marcel Cazaux. C'est un homme méticuleux, sa vie est réglée comme une horloge. Le lecteur sait d'entrée de jeu que ce sera lui le tueur.

" Du fait de son éducation, l'homme est certainement méticuleux et routinier dans sa manière de vivre. Ses repères le contiennent et le rassurent sur l'image qu'il a de lui. "

Ensuite, il y a Lucille, jeune fille mal fringuée qui habite au dessus de chez Marcel. On rencontre aussi Manuel, chauffeur de taxi à qui les clients font d'étranges révélations.

lundi 30 septembre 2019

Maud Tabachnik: " Jours de glace"



City Editions
320 pages


4 ème de couverture



Des trombes d’eau. Un vent infernal. En quelques minutes, la petite ville de Woodfoll dans le grand Nord canadien est balayée par une tempête d’une violence inouïe. Plus d’électricité, plus de téléphone, un paysage de fin du monde.

Comme le reste de la région, la prison de haute sécurité n’a pas résisté à l’ouragan. La panne électrique a ouvert les portes, libérant quatre tueurs, parmi les pires de leur espèce, des violeurs, pédophiles et meurtriers récidivistes qui se retrouvent dans la nature.

Quand des cadavres sont retrouvés, sauvagement mutilés, les soupçons se portent forcément sur les évadés. Mais sont-ils les vrais coupables de ces atrocités ? Lou Grynspan, ancienne profileuse de la police du Québec, mène une enquête aux frontières de la raison. Un voyage au bout de l’enfer qui va hanter ses jours et ses nuits…


Mon avis



L'histoire se situe dans le grand nord du Canada principalement à Woodfoll. La shérif Lou Grynspan va devoir s'occuper d'un nouvel asile pénitentiaire, le 3AP, hautement technologique regroupant des pensionnaires très dangereux.

" On m'a dit que les hommes qui sont ici ont été jugés comme présentant de graves troubles psychotiques, schizophréniques, voire sociopathes..."

Mais un climat cyclonique provoque une panne électrique à la prison. Quatre frères prénommés les frères Bernatchez, tueurs psychopathes, en profitent pour s'évader.

" C'est tellement invraisemblable ce soudain déchaînement du climat que n'a précédé aucun signe, aucune alerte météo, qu'on est figés comme des bûches. "

Des meurtres sont commis par la suite. Est-ce l'oeuvre des 4 frères ?
Dans un climat glacial et perturbé par les intempéries, Maud Tabachnik crée un univers assez angoissant et terrifiant.
La nature sauvage et immaculée de neiges développe ainsi une ambiance anxiogène. Le récit ne tourne pas qu'autour de la disparition des évadés. Une jeune Amérindienne est retrouvée morte. Au cours de l'intrigue, l'équipe des enquêteurs se voit attribuer des renforts sur le terrain donnant encore plus d'épaisseur au roman. Les techniques et les savoir-faire sont totalement différents; une confrontation qui ne peut que finalement contribuer à une efficacité maximale. La culture canadienne ancestrale est ainsi mise en avant.

" Jours de glace " est un thriller remarquablement bien construit où l'atmosphère glaciale reflète une histoire noire et assez sauvage. Quant à l'intrigue, elle est parfaitement ficelée ! 

L'auteure



Maud Tabachnik est une écrivaine française.

Elle entreprend des études secondaires générales et commerciales, mais, après le bac et quelques hésitations, elle se décide pour la kinésithérapie dont elle sera diplômée en 1963 et qu'elle exercera pendant 17 ans avec une spécialisation d'ostéopathie. Elle est obligée d'arrêter son métier à la suite d'une intervention chirurgicale.
En 1983, elle part vivre en Touraine où elle commencera d'écrire sans envisager d'abord la publication. Dix ans plus tard, elle revient dans la capitale et se consacre entièrement à l'écriture.
Elle publie son premier roman, "La vie à fleur de terre", en 1990 chez Denoël. Depuis, Maud Tabachnik n’a donc cessé de publier: "Un été pourri", publié en 1994, chez Viviane Hamy, voit apparaître le duo d’enquêteurs américains, le lieutenant de police Sam Goodman et la journaliste homosexuelle Sandra Khan. Le livre fait connaître Maud Tabachnik d’un large public.
Ouvertement lesbienne, sa spécialité est le thriller politique et féministe. Maud Tabachnik a signé également des romans historiques, comme "L’Étoile du Temple" (Viviane Hamy, 1997) ou "Le sang de Venise" (Flammarion, 1999).


mercredi 25 septembre 2019

Stéphane Bourgoin: " Docteur Holmes"



French Pulp Editions
160 pages


4 ème de couverture



Herman Webster Mudgett ou H. H. Holmes (16 mai 1860 – 7 mai 1896), plus connu sous le pseudonyme de Docteur Henry Howard Holmes, est un tueur en série américain. Pendant les années 1890, Holmes est l’assassin de probablement deux cents clients dans son hôtel de Chicago qu’il avait ouvert à l’occasion de l’Exposition universelle de 1893. Après sa condamnation, il a avoué 27 meurtres et, bien que seuls neuf aient été confirmés, il est estimé qu’il en aurait commis deux cents. Holmes est souvent considéré comme le premier tueur en série américain…


Mon avis



Docteur Holmes, alias Herman webster Mudgett est le premier tueur en série américain. Stéphane Bourgoin nous expose ainsi la vie de celui-ci dans les années 1890.Vous comprendrez que ce n'est pas un roman mais un documentaire où le lecteur trouvera quelques images sur ces faits relatés à partir de la réalité.

Charmeur, escroc pour subvenir à ses besoins, Docteur Holmes est un homme très intelligent et est accusé d'avoir tué plus de 27 personnes aussi bien femmes, hommes et enfants.
En prenant différentes identités, Docteur Holmes a su échapper durant un moment aux autorités américaines. Mais le doute concernant une fraude à l'assurance-vie lors d'un décès d'une personne, le met devant la réalité de ses actes. D'ailleurs l'enquête va plus loin, des personnes prétendent que c'est Jack l'éventreur en personne.

Comme dans tous les écrits de l'auteur, Stéphane Bourgoin a une passion pour l'étude des serial killers. Tout est documenté avec finesse et quelques photos agrémentent l'histoire du redoutable meurtrier.

" Tous les criminologues qui m’ont examiné semblent être unanimes à ce sujet. Pourtant, il y a dix ans, j’ai été examiné sous toutes les coutures par quatre médecins comme étant mentalement et physiquement normal et en bonne santé. Aujourd’hui, j’ai tous les attributs d’un dégénéré – d’un imbécile moral. Est-il possible que mes crimes, au lieu d’être le résultat de ces conditions anormales, soient en fait la cause de ma dégénérescence ? "

" Docteur Holmes" est un documentaire d'une très bonne facture chronologique ce qui m'a particulièrement plue. Les éditions French Pulp ont eu une brillante idée de mettre à l'honneur des auteurs traitant de grands serial killers.






dimanche 15 septembre 2019

Julien Dufresne-Lamy: " Jolis jolis monstres"

Editions Belfond
416 pages



4 ème de couverture



"Je m'appelle James et je suis exquise..."
Découvrez le grand roman des drag-queens.
Certains disent qu’on est des monstres, des fous à électrocuter.
Nous sommes des centaures, des licornes, des chimères à tête de femme.
Les plus jolis monstres du monde.

Au début des années sida, James est l’une des plus belles drag-queens de New York. La légende des bals, la reine des cabarets, l’amie fidèle... Certains disent qu’on est des monstres, des fous à électrocuter.
Nous sommes des centaures, des licornes, des chimères à tête de femme.
Les plus jolis monstres du monde.

Au début des années sida, James est l’une des plus belles drag-queens de New York. La légende des bals, la reine des cabarets, l’amie fidèle des club kids et des stars underground. Quand trente ans plus tard il devient le mentor de Victor, un jeune père de famille à l’humour corrosif, James comprend que le monde et les mentalités ont changé.

Sur trois décennies, Jolis jolis monstres aborde avec finesse et fantaisie la culture drag, le voguing et la scène ballroom dans un grand théâtre du genre et de l’identité. Au cœur d’une Amérique toujours plus fermée et idéologique, ce roman tendre mais bruyant est une ode à la beauté, à la fête et à la différence. Une prise de parole essentielle.


Mon avis



" Jolis jolis monstres" est l'histoire de deux personnes que tout oppose; celle de James et de Victor. James Gilmore est drag-queen; son nom de scène est Lady Prudence. Victor est un hétérosexuel qui a rencontré James dans une boite de nuit de New-York.

" Certains prétendent toujours qu'on est des monstres. D'autres pensent que l'on est les belles choses de ce monde. "

Tous les deux vont raconter leur propre histoire. Etre drag-queen, c'est en quelque sorte faire son show la plupart du temps dans des cabarets ou des clubs. Ces personnes caricaturent et prennent possession des corps de stars en utilisant des artifices. Les paillettes, les perruques, strass et maquillages sont au rendez-vous. James/ Lady Prudence aperçoit des célébrités telles que David Bowie et Madonna.

Julien Dufresne-Lamy développe l'univers des drag-queens au travers de ces deux personnages si bien cernés. D'ailleurs, James deviendra maman Prudence pour Victor qui ne connait absolument rien du monde de drag-queen.

mercredi 11 septembre 2019

Christophe Royer: " Lésions intimes"



Editions Taurnada
414 pages

4 ème de couverture



Nathalie Lesage, capitaine au caractère bien trempé, travaille au sein de la brigade de répression du proxénétisme. Une des branches de l'organisation « Gorgona », spécialisée dans un certain genre de soirées parisiennes, va l’amener à côtoyer un milieu où règnent la perversion et les pratiques extrêmes.
Victime d’un banal accident, son enquête va prendre une tournure inattendue. Dans le même temps, le décès de son frère va l’obliger à renouer avec son passé.
Tout va alors se mélanger et entraîner Nathalie vers l’inimaginable…


Mon avis



« Lésions intimes » de Christophe Royer est un roman à double tranchant. D'une part parce que les chairs sont tranchées dans le vif et d'autre part parce que le récit est sur deux plans. On suit une enquête et les problèmes personnels de Nathalie Lesage, capitaine à la répression du proxénétisme. Pourtant, je me suis rarement perdue dans les méandres de l’histoire. Et cela grâce à la clarté du style acéré et direct. Il est question ici d'une sorte d'organisation du nom de Gorgona semblant tirer les ficelles d'un univers glauque et perfide. Et on suit les pas de Nathalie bien déterminée à trouver les coupables.

Mais attention il faut quand même s'accrocher pour résister aux descriptions de scènes effroyables et aux individus désaxés.

" Voulant comprendre pourquoi son corps ne répondait pas à ses injonctions, il tourna la tête pour examiner son bras gauche, plaqué contre une planche de bois. Son poignet était emprisonné par plusieurs tours de fil de pêche transparent lui meurtrissant les chairs. Il fit l’effort de relever légèrement son bras pour le soulager de son étreinte. "

En effet, le milieu concerné est propice à ce genre de discours. L'auteur montre qu'il existe différents stades dans la façon d'infliger la douleur à des personnes qui sont parfois volontaires. Mais quand des êtres sont soumis à tant de perversités, violentés dans leur innocence, que faire ? Pourquoi certains sont attirés par le mal et pour l'infliger ?

Nathalie, malgré une vie personnelle difficile va tenter de percer les mystères de Gorgona et d'en amputer les influences insidieuses.

Cette jeune femme est pour moi une bouffée d’air parmi l'atmosphère lourde de l'enquête. Heureusement que Christophe Royer a insufflé à ces « Lésions intimes » une force de vie. On peut ainsi croire que les bonnes volontés sont plus fortes pour lutter contre des créatures sans limites dans la noirceur.

samedi 7 septembre 2019

Mathieu Tazo: " Au nom des pères"




Editions Auto-Edition
352 pages


4 ème de couverture



Novembre 1942. Marseille.

— Mademoiselle Rose, vous seule pouvez me dire comment est mort mon fils. Vous y étiez, vous, sur cette place de malheur. Vous pourriez reconnaître les visages.

Rose est déterminée, jeune, tenace, ingénue et jolie. Elle cherche son amant. Et ne reconnaît pas les visages. Elle est témoin d’un crime : un résistant français et un officier allemand se sont battus au couteau. Qui a voulu tuer qui ? Personne ne le sait et Rose a retrouvé son amant mort.

Face à l’enquête menée à charge par une police sous influence et alors que le bruit des bottes allemandes retentit dans Marseille, Rose va dérouler le fil des événements qui ont conduit à cette bagarre mortelle pour remonter l’histoire des enfants et de leurs pères et révéler un épisode longtemps resté tabou de la Première Guerre mondiale.


Mon avis
 


Dans « Au nom des pères », Mathieu Tazo livre une histoire qui nous fait entrer dans la grande Histoire ! Rose, l’héroïne, se trouve confrontée aux horreurs de la seconde guerre mondiale et porte un regard sur un passé encore plus ancien.

Ainsi, « Au nom des pères » fait un peu figure de jeu de piste dans lequel on découvre les éléments qui s'emboîtent comme des poupées gigognes. J'ai apprécié les descriptions d'un monde en guerre mettant les civils autant en danger que les militaires. La grande Histoire est décrite de façon originale. En effet, l'auteur a su dépoussiérer le genre grâce à un récit haletant du début à la fin.

Le style est clair, sans surcharge. La plume de Tazo touche avec légèreté les personnages sans en dire trop afin de ménager le suspens. J'ai été assez charmée par les paysages du sud de la France entre Marseille et Toulon même si l'époque n'était pas tendre avec ses protagonistes.

Justement, Rose est au centre du roman parmi une galerie de personnages secondaires bien brossés. Cette jeune femme est très attachante et courageuse. Elle évolue dans le monde de la guerre avec ses fragilités qui la rendent proche du lecteur. D'ailleurs , j'ai eu souvent l'impression d'être parmi les événements, à côtés de Rose et de ses interlocuteurs. L'ambiance est tout en émotion, j'ai été prise en étau et chamboulée dans le flot des liens familiaux et de la chronologie !

Dans « Au nom des pères », les douleurs et les peurs sont quelque peu adoucies par la générosité de Rose que je n'oublierai pas de si tôt.

" Reprends-toi, Rose Petitjean, tu es une combattante. Elle tremble pourtant sans comprendre cette crainte soudaine. "

Si vous êtes fans de romans historiques, « Au nom des pères » vous plaira particulièrement. Mais l'intrigue reste intéressante à suivre. Ne serait-ce que pour comprendre que l'homme oublie vite son histoire ! Le devoir de mémoire est bien illustré par Mathieu Tazo. Il nous fait bien saisir que le mal peut revenir si l'on n'est pas prudent. Attention une période noire peut en cacher une autre !


L'auteur

 



Mathieu Tazo est un écrivain français, né en 1977 à Toulon. Il a vécu en Provence, à Paris, à Londres et vit maintenant à New York.
En 2014, il a publié son premier roman "La dynamique des fluides", aux éditions Daphnis et Chloé, primé au Prix Tangente des Lycéens 2017.

Son deuxième roman, "Un caillou dans la chaussure", est paru en 2015 (éditions Daphnis et Chloé).
Publié en 2019, "Au nom des pères" est son troisième roman.

dimanche 18 août 2019

Adam Nevill: " Appartement 16"




Editions Bragelonne
504 pages

4 ème de couverture



Certaines portes devraient toujours rester fermées…
À Barrington House, un immeuble de grand standing dans un quartier chic de Londres, un appartement est inoccupé. Personne n’y entre, personne n’en sort. Et c’est comme ça depuis cinquante ans. Jusqu’au jour où Apryl, une jeune Américaine, débarque à Barrington House pour visiter l’appartement que lui a légué une mystérieuse grand-tante.
Cette dernière, morte dans d’étranges circonstances, a laissé un journal intime où elle révèle avoir été impliquée dans des événements atroces et inexplicables, plusieurs décennies auparavant.
Résolue à découvrir la vérité sur ce qui est arrivé à sa tante, Apryl commence à reconstituer l’histoire secrète de Barrington House. Une force maléfique habite l’immeuble et l’entrée de l’appartement seize donne sur quelque chose de terrifiant et d’inimaginable…


Mon avis



" Appartement 16" est un roman terreur qui me fait beaucoup penser aux pockets terreurs que je lisais adolescente.
Le début est assez long à démarrer mais je sais déjà que Adam Nevill fait planer une atmosphère pour le moins la plus étrange. Des esprits malfaisants rôdent dans cet hôtel de luxe nommé Barrington House dans Knightsbridge.
Suite à la légation de l'appartement 16 de sa grande tante éloignée, April apprend à en connaitre un peu plus sur elle.
Au travers de différents écrits laissés par cette dernière, April comprendra qu'elle avait une obsession pour un certain peintre Félix Hessen.

" Appartement 16" est un roman qui m'a complètement plu car j'ai aimé l'atmosphère. Elle est haletante et prend le dessus sur les personnages eux-mêmes. Elle est une personne à part entière du récit. Les tableaux de cet appartement ont une apparence presqu' humaine.

" Dans les peintures , il entrevoyait des choses voûtées et tordues. Les visages étaient cachés ou se détournaient  de la lumière. D'autres lui donnaient l'impression de suggérer des créatures charnues, dont la peau marbre ressemblait à des vêtements mis au rebut, privés de la rigidité conférée  par des muscles  et des os, mais qui bougeaient toujours. " 

L’errance obsessionnelle plane sans cesse au fil des pages. Le passé de Roth est troublant et ma soif de vouloir en savoir plus a été très forte. Pour un premier roman, l'auteur s'en sort plutôt bien. Au vue des critiques négatives, je voulais faire ma propre opinion et " Appartement 16" a le mérite d'être lu. Les rebondissements se font rares mais le décor étrange qui plane sur cet hôtel vaut le détour. Des bruits étranges, l'impression qu'une personne est présente dans les parages se font sentir.

C'est une première découverte des écrits de cet auteur et je ne manquerai pas de lire ses prochains afin de savoir ce qu'il proposera par la suite.



L'auteur



Adam Nevill est né en 1969 à Birmingham. Il est la grande révélation du thriller surnaturel anglais.



Jodi Picoult: " Mille petits riens"



Editions Actes Sud
592 pages



4 ème de couverture



Ruth est sage-femme depuis plus de vingt ans. C’est une em­ployée modèle. Une collègue appréciée et respectée de tous. La mère dévouée d’un adolescent qu’elle élève seule. En prenant son service par une belle journée d’octobre 2015, Ruth est loin de se douter que sa vie est sur le point de basculer.
Pour Turk et Brittany, un jeune couple de suprémacistes blancs, ce devait être le plus beau moment de leur vie : celui de la venue au monde de leur premier enfant. Le petit garçon qui vient de naître se porte bien. Pourtant, dans quelques jours, ses parents repartiront de la Maternité sans lui.
Kennedy a renoncé à faire fortune pour défendre les plus démunis en devenant avocate de la défense publique. Le jour où elle rencontre une sage-femme noire accusée d’avoir tué le bébé d’un couple raciste, elle se dit qu’elle tient peut-être là sa première grande affaire. Mais la couleur de peau de sa cliente, une certaine Ruth Jefferson, ne la condamne-t-elle pas d’avance ?
Avec ce nouveau roman captivant et émouvant, Jodi Picoult aborde de front le grand mal américain et nous montre – à travers les petits riens du quotidien, les pas vers l’autre – comment il peut être combattu.



Mon avis



" Mille petits riens" est un roman traitant du racisme en Amérique. J'ai relevé une citation résumant parfaitement l'histoire de ce livre.
" Les gens doivent apprendre à haïr, et s'ils peuvent apprendre à haïr, on peut leur enseigner aussi à aimer. "

Ruth Jefferson est une sage femme exemplaire travaillant depuis plus de vingt ans à l’hôpital Mercy-West Haven et la seule afro-américaine. Elle s'occupe de Davis, l'enfant de Brittany mais le mari Turk n'accepte guère la présence de Ruth. Les choses s'annoncent mal par la suite. Davis est décédé peu de temps après l'accouchement. La vie de Ruth va prendre un tout autre tournant.

" L'espace de quelques instants, je ne comprends sincèrement pas. Puis la réalité me percute aussi violemment qu'un coup de poing: ce n'est pas ce que j'ai fait qui les dérange. C'est ce que je suis. " 

" Mille petits riens" est un roman choral laissant la voix à trois personnages du récit; Ruth, une infirmière noire, Turk, un néo-nazi et l'avocate Kennedy MCQuarrie.

mercredi 7 août 2019

Valérie Tong Cuong: " Pardonnable, impardonnable"



Editions J'ai lu
320 pages


4 ème de couverture



Un après-midi d'été, alors qu'il se promène à vélo sur une route de campagne, Milo, douze ans, chute et se blesse grièvement. Ses parents Céleste et Lino et sa grand-mère Jeanne se précipitent à son chevet. Très vite, chacun va chercher les raisons de l'accident. Ou plutôt le coupable. Qui était avec lui ce jour-là ? Pourquoi Milo n'était-il pas à sa table, en train de faire ses devoirs, comme prévu ? Tandis que l'angoisse monte autour de l'état de Milo resurgissent peu à peu les rapports de force, les mensonges et les petits arrangements qui sous-tendent cette famille.
L'amour que chacun porte à l'enfant ne suffira pas à endiguer la déflagration. Mais lorsque la haine aura tout emporté sur son passage, quel autre choix auront-ils pour survivre que de s'engager sur le chemin du pardon ? Un roman choral qui explore la difficulté à trouver sa place au sein du clan, les chagrins et la culpabilité, mais aussi et surtout la force de l'amour sous toutes ses formes.


Mon avis



Tel un navire, j'explore ce roman qui est un naufrage de malheur, de tromperie et de vengeance.
Je n'avais jamais lu cette auteure et c'est par hasard en scrutant ma bibliothèque que mes yeux se sont fixés sur cette couverture bleue turquoise.
D'ailleurs c'est une amie qui me l'a offert et je l'en remercie. Sur la couverture apparaît une marguerite dont les pétales ont été perdues ou arrachées. Cela me fait penser à un jeu que je faisais souvent à l'école reflétant le sentiment de l'être. Tout le monde a un jour effeuillé une marguerite en disant " elle (il) m'aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout.

"Pardonnable, impardonnable" est représentative de cette fleur; toutes les émotions y sont retranscrites.

Suite à une chute en vélo, Milo se retrouve dans un coma. Lino, Céleste, Marguerite et Jeanne vont ainsi faire le point de leur vie face à cette tragédie. Valérie Tong Cuong laisse la parole à ces quatre personnages. Le lecteur découvre au fur et à mesure de la lecture, leurs secrets enfouis au fond d'eux. 

" Combien de fois dans une vie l'être humain renonce-t-il à se faire confiance ? "

lundi 5 août 2019

Gilles Vidal: " La boussole d'Einstein"



Editions Zinedi
230 pages



4 ème de couverture



Félix Meyer est de retour dans la ville où il a passé son enfance, pour le décès de sa sœur, Carole, écrasée en plein centre-ville. Accident ou meurtre ? Un doute subsiste au vu de l’acharnement du chauffard sur le corps de la jeune femme. Le lieutenant Aurélie Costa s’occupe de l’affaire.

À l’occasion de ses retrouvailles avec la ville, Meyer passe en revue les fantômes du passé, revient sur les moments heureux et malheureux avec sa sœur, dont il ne sait presque rien aujourd’hui. Mais lui-même qu’est-il devenu ? Que signifie cette violence qui couve en lui, prête à exploser à tout moment ? Qui sont ces mystérieux interlocuteurs qui le renseignent tout au long de l’enquête qu’il a entreprise pour découvrir l’assassin de sa sœur ?

Et que vient faire ici la boussole d’Einstein ?



Mon avis



Dans « La boussole d'Einstein », Gilles Vidal nous raconte la quête de Félix Meyer. Celui-ci cherche qui a tué sa sœur, Carole, dans un environnement lui rappelant sa jeunesse perturbée par la mort atroce de son père. Ainsi pour Felix, la vie a débuté en dehors de toute félicité.

Dès le prologue, j'ai été happée par les mots de l'auteur. Je me suis tout de suite sentie attirée par ce début vif malgré une phrase longue mais pas plombante pour autant. 

J'ai vite compris que pour Félix le temps est important et que les heures sont parfois comptées dans une vie de longue errance. Et pourtant, on ne sait rien de Félix. C'est un homme qui charme mais qui ne se laisse pas deviner !

Le style de Gilles Vidal me plaît toujours autant. En une seule phrase, courte ou longue, il parvient à mettre en lumière une situation ou un personnage. Les descriptions sont lapidaires, claires et nettes.

« Pour Félix Meyer l'enfance avait été un origami que la cruelle réalité avait froissé dans son poing.»

« La boussole d'Einstein » offre un chassé-croisé d'existences, comme souvent chez Gilles Vidal que j'apprécie tout particulièrement. Encore une fois, il a su exposer une galerie de personnages attachants et truculents. Le tout permet d'aboutir à une intrigue très bien ficelée et passionnante que j'ai lu avec intérêt. Progressivement, les protagonistes se révèlent pour donner une fin surprenante. 

jeudi 1 août 2019

Alexis Aubenque: " La fille de l'océan"


Editions Hugo Roman
360 pages



4 ème de couverture



Une anonyme - une célébrité. Une mère de famille - Une célibataire sans enfant. Une innocente - une coupable.

A laquelle feriez-vous confiance ? 
Au début de l'été, Jason Zimmer, enseigne de vaisseau des gardes-côtes du district de Santa Barbara, sauve in extremis de l'océan déchaîné une jeune femme. Vicky Lance, une chanteuse célèbre, connue pour ses frasques et sa vie dissolue. Mais Jason est persuadé que derrière cette image, se cache une personnalité bien plus complexe et touchante.
Quels terribles secrets peut-elle bien cacher ? De son côté, Keith Morrison, journaliste au Santa Barbara News, écrit des articles où il dresse le portrait de citoyens ordinaires. Il vient de porter son choix sur une mère de famille, danseuse dans un club privé. Le parcours exemplaire d'une femme modèle, farouchement déterminée à s'en sortir. Mais est-elle vraiment prête à tout ? Enfin, un cadavre a été retrouvé dans la campagne environnante.

Sandy Dawson, sergent au commissariat de la ville, est appelée sur place. La piste criminelle est aussitôt envisagée. Qui est innocent, qui est coupable ? Méfiez-vous des apparences...



Mon avis



Après " La fille de la plage" , Alexis Aubenque nous fait découvrir de nouvelles aventures de cette bande de copains liés à jamais par un pacte. Les années défilent, chacun a fait sa vie ainsi dans cet opus, nous retrouvons au bout de 8 ans, Keith, Sandy, Jason et Nathan qui ont bien réussi sur leur plan professionnel mais il n'en est pas de même pour leur vie privée.

Dans " La fille de l'océan", tous vont prendre des risques et connaître la peur jusqu'à mettre leur vie en danger. Si bien que l'amitié est remise en question. Les situations qu'ils vont vivre vont parfois les rendre distants les uns des autres. Les thèmes exploités dans ce roman sont assez variés; le noyau familial est au cœur des aventures de ces jeunes...

Alexis Aubenque est un génie pour nous faire passer du thriller à un roman feelgood tout aussi prenant. De plus les scènes amoureuses sont dépeintes délicatement frôlant la sensibilité féminine. La maturité des jeunes donne une toute autre tonalité à l'histoire ainsi j'ai aimé les suivre et en savoir plus sur chacun d'entre-eux. Il parvient à mettre de la lourdeur dans des situations légères et de la légèreté dans des moments graves !

" Même si l’immense majorité des gens était raisonnable, il y en avait toujours qui, se croyant plus forts que les autres, étaient prêts à affronter les éléments déchaînés, persuadés de s’en sortir indemnes. "

lundi 29 juillet 2019

Fabio M. Mitchelli: " Apocalypse Transferts"




French Pulp Editions
Angoisse
304 pages

4 ème de couverture



Un jeu en ligne ultra violent et ultra réaliste…

Si réaliste que lorsque les joueurs se déconnectent de la plate-forme, certains d’entre-deux ne prennent pas conscience de leur retour à la réalité, et continuent de tuer…

Dans quel monde vivons-nous vraiment ? Sommes-nous les acteurs de nos vies ou n’en sommes-nous que les marionnettes ? Et dans ce cas, qui tire les fils de nos destinées ? Cette banalisation de la violence et du sexe ne finira-t-elle pas par conduire l’humanité aux frontières d’un chaos irréversible ?

À l’heure des réseaux sociaux, de l’hyperconnexion, des drogues de synthèse, et de l’impression des armes à feu en 3D, l’adolescence est en passe de supplanter l’adulte et de prendre le contrôle…

« Je m’appelle Mika Petrovka, j’ai seize ans et aujourd’hui je vais mourir… »


Mon avis


Dans « Apocalypse transferts », Fabio M. Mitchelli nous livre un bien curieux récit de par sa construction et ses personnages. Ainsi, j'ai été au départ déstabilisée par l'histoire hors des chemins classiques. 

Cet auteur, justement, est quelqu'un qui ose des intrigues particulières sans se préoccuper des modes du monde de l'édition. En ce sens, il est à part dans le polar français. Bien sûr, cela veut dire qu'il ne peut pas plaire à tout le monde. Pour ma part ce n'est pas le roman que je préfère de Fabio M. Mitchelli car les personnages ne m'ont pas vraiment touchée. Et pourtant, évidemment, de nombreuses qualités sont présentes dans « Apocalypse transferts ». 

J'ai apprécié, comme dans ses précédents polars, les références autour du cinéma et de la culture pop en général. Fabio M. Mitchelli est sans conteste un écrivain très cultivé et rien n'est inepte dans ses propos. Il sait manier la dérision au bon moment pour faire rebondir son intrigue. Avec lui, on est entre de bonnes mains !

« Il ne veut plus mettre sa vie en danger ou être contraint à prendre des décisions catastrophiques comme il a pu le faire par le passé. Il doit résoudre, interpréter, déchiffrer, c'est comme cela qu'il conçoit son métier de flic depuis le drame. Terminé le théâtre des opérations, terminé les interventions musclées aux côtés de la BRI ou du GIPN. Il estime que son rôle de flic à la Schwarzy ou à la Bruce Willis est terminé. Piège de cristal, ce n'est plus pour lui. »

Le style est très visuel et symbolique à la fois car il parvient à jongler avec les mots du marasme et de la noirceur afin de faire ressentir la détresse de ses protagonistes. L'humour est incisif dans les dialogues et dans les réflexions de chacun d'entre eux. 

dimanche 28 juillet 2019

Olivier Delacroix: " Parce qu'il y a les femmes"



Editions Michel Lafon
267 pages

4 ème de couverture



" Les femmes ont toujours été au cœur de ma vie. Dès l'enfance, la parole des femmes m'a inspiré, guidé. Elles ont fait de moi l'homme que je suis. J'ai choisi de les raconter toutes : les admirables, les courageuses, les paumées, les dangereuses. Femmes sous l'emprise d'hommes violents et manipulateurs. Femmes résistantes qui refusent de se soumettre. Femmes en colère. Femmes rejetées. Femmes anonymes et qui incarnent une qualité qui les rend exceptionnelles : le courage. Elles sont mes héroïnes, mes inspiratrices. Tous ces récits sont les leurs. "


Mon avis



" Parce qu'il y a les femmes" est un livre de témoignage regroupant des histoires essentiellement sur les femmes. Olivier Delacroix a rencontré ces dernières et c'est lors de son émission " Dans les yeux d'Olivier" que ces femmes aussi différentes les unes des autres se livrent à cœur ouvert. Elles racontent leurs récits à la fois émouvants, durs à entendre, choquants et parfois cruels.

C'est au travers de ces portraits féminins que l'auteur aborde des sujets d'actualités tels que les violences conjugales, la jalousie, la manipulation et l'emprise de l'homme sur la femme.

Certains récits m'ont littéralement fait prendre conscience que la femme se bat constamment. Elle a un esprit de guerrière, ne lâche rien. Elle veut être aimée car elle a tant d'amour à donner mais l'épanouissement est aussi primordial pour la femme; elle veut être libre de ses actes.

" Aimer malgré tout. La force inébranlable et magnifique de l'amour. On ne se construit véritablement qu'en aimant. "

Ainsi les divers témoignages dans " Parce qu'il y a les femmes" ont pour but de montrer leur courage dans leur vie.

vendredi 26 juillet 2019

Arno Strobel: " Engloutie"



Editions L'Archipel
304 pages


4 ème de couverture



Vous êtes enfouie dans le sable. Impuissante. Et la marée monte… monte… 


Deux couples passent leurs vacances sur une île de la mer du Nord, réputée pour son calme et la beauté de ses paysages. Peu après leur arrivée, des crimes d’un sadisme inouï sont commis.

Après avoir e te enlevés, une femme et un homme sont amenés sur une plage a la nuit tombée. Et la , ce dernier assiste impuissant au supplice de sa compagne. Car la marée monte, qui va engloutir celle qu’on a enterrée dans le sable – et dont seule la tête dépasse…

Le tueur prend d’autant plus de plaisir a ces spectacles qu’il se sait supérieurement intelligent… donc infaillible. Personne, jamais, ne le soupçonnera.

Raconte de plusieurs points de vue, dont celui de l’assassin, un suspense qui glace le sang jusqu’a l’ultime page.

« Provocant, dérangeant et riche en rebondissements. Arno Strobel au sommet de sa forme.


Mon avis



Julia et Michael Altmeier est un couple parfait sous tout rapport. Ils s'offrent 15 jours de vacances grâce au docteur Andreas Wagener. Ce dernier a besoin d'aide pour aménager les combles de la maison de vacances alors il propose à Michael un petit séjour sur l'île d' Amrum.
Cette idée ne lui déplaît pas au contraire c'est un plan parfait pour se dorer la pilule au bord de cette mer du Nord et pour un simple coup de main!

Les voilà donc partis de bon cœur pour des vacances de rêve. Deux couples en destination de jolis paysages, rien de tel pour se reposer et savourer leur bonheur.
Qui n'a jamais été déçu par des vacances qui devaient être merveilleuses ? Eh bien ce couple-là bat tous les records de déception et c'est peu de le dire !

Ainsi leur joie sera de courte durée; un psychopathe rôde sur la plage et commet d'atroces crimes.
Son but est d'enterrer une femme jusqu'à la tête et attendre que la marée monte pour l’engloutir totalement sous les yeux de son mari ligoté à un poteau. Ainsi le tueur prend plaisir à regarder jusqu'au bout la souffrance du couple.

" La mort n'importe pas pour celui qui est mort. Il ne remarque plus rien. Elle n'est terrible que pour les autres. "

mercredi 24 juillet 2019

Cédric Cham: " Broyé"



Editions Jigal Polar
272 pages


4 ème de couverture



Christo porte dans sa chair les stigmates d’une enfance extrêmement violente. Christo lutte pour contenir cette rage qui bouillonne en lui… Jusqu'au jour où son regard croise celui de Salomé, une jeune femme qui va l’accompagner au-delà des cicatrices. Christo va faire ce qu’il pensait impossible jusqu’alors. Lâcher prise ! Au risque de ne plus rien maîtriser... Mathias, enfant, fugue pour éviter les coups, espérant un monde meilleur. Mathias se réveille enfermé dans une cage. Abandonné, désespéré, la peur au ventre, seul ! Jusqu'à ce que son geôlier se dévoile, un homme qui lui annonce qu'il va le dresser. Pour survivre, pour vivre, Mathias va faire ce qu'il pensait impossible jusqu’alors ! Au risque de se perdre à tout jamais. Deux êtres. Deux vies. Peut-être pas si éloignées…


Mon avis



La couverture de « Broyé » de Cédric Cham reflète bien les souffrances qu'endurent les différents personnages. Ce que j'aime chez cet auteur, ce sont ses héros écorchés vifs qui semblent respirer sous nos yeux. J'ai ressenti leur peur et leur douleur du début à la fin. Il insuffle de la vie à ses créatures qu'il forge avec maestria.

« Son esprit avait atteint les limites de ce qu'il pouvait supporter. Chaque terminaison nerveuse était écorchée vive par la peur. »


Ainsi, dès les premières pages, j'ai été happée par l'histoire. Les protagonistes sont multiples mais je n'ai pas été perdue car les chapitres sont courts et s’enchaînent facilement. Les dialogues sont percutants et dynamiques; ce qui donne une impression jubilatoire au fil de l'intrigue. « Broyé » est donc un véritable page turner !

L'humour se fait une place au détour des situations bien noires Certains passages sont bourrés de sauvagerie, courte et intense et qui fait terriblement mal. Le titre permet de comprendre qu'il y a plusieurs façons d'être broyé. Et pouvoir reprendre son souffle grâce à quelques phrases plus insouciantes est à chaque fois bienvenu. En effet, Cédric Cham ne prend pas la vie de ses personnages à la légère; il balance du lourd !

mardi 23 juillet 2019

Sébastien Didier: " Interview"






J'ai le plaisir de partager avec vous, lecteurs, une interview pour mieux connaitre l'auteur Sébastien Ddier.
Après avoir lu "Je ne t'oublie pas", j'ai voulu en savoir un peu plus sur cet auteur.

  1. Comment vous définiriez-vous? 
Je suis enthousiaste, créatif et impatient.


  1. Comment vous est venue l’idée d’écrire?
J’ai toujours beaucoup lu et ce depuis tout petit. Je suis fils d’un professeur de français, ça doit sûrement jouer.
J’ai toujours été attiré par les dissertations ou les matières comme la philosophie même si j’ai passé un bac scientifique et me suis dirigé ensuite en école de commerce. J’ai réellement commencé à écrire à partir de 25 ans, des débuts d’histoires, des notes, sans jamais aller au bout d’un texte. C’est en découvrant les concours sur la plateforme Fyctia en 2016 que je me suis vraiment lancé et que j’ai commencé à entreprendre l’écriture d’un roman complet.

  1. Quels sont vos auteurs préférés ?
J’ai commencé en lisant Agatha Christie qui a été pour moi une révélation tant je trouvais ses énigmes exceptionnelles et construites à la perfection. Je suis un très grand fan de Stephen King qui est le seul auteur dont la plume parvient à me transporter à chaque fois grâce à la connivence qu’il instaure avec le lecteur. Je citerais ensuite Harlan Coben, Lisa Gardner, Dan Brown, Bret Easton Ellis ou Franck Thilliez. Il y a évidemment Linwood Barclay qui est à mon sens l’un des plus doués en terme d’intrigues qui se veulent complexes et machiavéliques tout en restant réalistes ce qui, pour moi, est primordial. Enfin, en tant que passionné de la période de la seconde guerre mondiale, comment ne pas citer Philip Kerr qui est juste extraordinaire, hors norme.

  1. Quel est votre film préféré?
Je suis un grand passionné de cinéma. En citer un seul c’est beaucoup trop compliqué.
Dans mes films préférés, il y a forcément un de ceux qui ont marqué mon adolescence (Highlander, Die Hard, Terminator 2), un Brian de Palma (Les incorruptibles), un Michael Mann (Heat évidemment), un Clint Eastwood (Impitoyable), un Hitchcock (Vertigo ou La main au collet) et un Belmondo (L’héritier).

  1. « Je ne t'oublie pas », est un roman bien rythmé, avec un suspense hors norme. Comment avez-vous construit cette histoire?
Merci pour le suspense hors norme J’ai construit l’histoire en ayant la vision de la première scène, celle du prologue. Je voyais une femme avec une arme qui disparaissait dans la nuit et à partir de là j’ai creusé l’intrigue. J’avais plus ou moins la fin en tête dès le début (surtout dès que j’ai commencé à travailler sur l’idée du médaillon) mais le corps du roman a changé plusieurs fois.

Concernant le suspense c’est en fait assez simple. A chaque chapitre j’essaye de laisser au lecteur une réponse mais aussi une question. Si le chapitre n’amène rien ou fait stagner l’intrigue je l’enlève. C’est ce qui donne ce sentiment de toujours avancer dans l’histoire. Et bien sûr on accélère sur la fin.

  1. Pour un premier roman, les retours sont enthousiastes avez-vous une appréhension d'écrire votre prochaine histoire? 
Il y a toujours une appréhension. Personne n’aime faire moins bien que ce qu’il a déjà fait. Mais pour écrire un livre on évite de tomber dans ce raisonnement, c’est le meilleur moyen de ne rien faire de bon. Déjà il faut trouver une thématique, une idée que l’on aime et sur laquelle on se sente capable de réfléchir et d’écrire plusieurs mois. Il y a un peu le cap du tiers de roman à passer, quand on commence à vraiment bien sentir son histoire et ses personnages et que tout se met en place dans notre tête.

  1. Quel est le moment le plus propice pour écrire? 

J’écris essentiellement le soir quand tout est calme.

  1. Quelles sont vos passions en dehors de l’écriture? 
Il y a le cinéma, les nouvelles technologies, le sport (tennis), la musique… 

  1. Préparez-vous déjà votre prochain roman et sera-t-il-édité dans la même maison d'édition? 
Oui je suis actuellement sur deux projets. Le premier est un texte que j’avais écrit pour le concours VSD Michel Bussi 2018, Les Yeux Bleus, et qui est arrivé en finale. Je l’ai entièrement repris et retravaillé. Beaucoup de choses ne me convenaient pas car ce texte avait été écrit en 4 mois mais j’aime cette histoire, ces personnages et surtout le dénouement de l’intrigue. Et j’ai aussi commencé un autre texte.
Je serais ravi de continuer chez Hugo Thriller bien évidemment. J’ai beaucoup apprécié le travail effectué sur « Je ne t’oublie pas » avec l’équipe éditoriale. J’aime aussi leur côté un peu start-up qui casse les codes. 

  1. Libre à vous de conclure cette interview.
Merci pour cette interview et pour votre retour de lecture. A très bientôt.

Encore merci de votre partage.


jeudi 11 juillet 2019

Sébastien Didier: " Je ne t'oublie pas"



Editions Hugo Poche
599 pages


4 ème de couverture



Bellevue Park. Ses villas d’architecte, ses espaces verts, ses prestations luxueuses… Pour Marc Vasseur, c’était un rêve. Mais lorsque sa femme disparaît en ne laissant qu’un simple SMS pour toute explication, le rêve tourne au cauchemar.

Les autorités ne tardent pas à classer l’affaire. Un abandon de domicile conjugal comme il s’en produit des milliers chaque année. Mais Marc en est sûr, Sandra ne les aurait jamais quitté ainsi, lui et leur fille Lisa.

Trois mois plus tard, alors que tout espoir semble s’être évanoui, il reçoit une photo qui va bouleverser toutes ses certitudes. Celle d’une jeune fille, une inconnue, qui arbore un médaillon.

Ce bijou, Marc en est persuadé, c’est celui de Sandra. Celui qu’elle ne quittait jamais.



Mon avis



Ça y est, la maison d'édition Hugo Thriller a eu l'idée de se lancer dans le format poche et je trouve que c'est l'occasion de découvrir à petit prix des inédits et des pépites!

" Je ne t'oublie pas" est un thriller psychologique superbement ficelé. Marc Vasseur ne comprend pas pourquoi sa femme, Sandra, a disparu en lui envoyant un seul message sur son téléphone.

" A 00 h 12, un message laconique de Sandra :
J'ai besoin de faire une pause.
Je n'y arrive plus.
Je veux prendre un peu de distance.
Sandra. "

Après quinze ans de vie commune, Sandra laisse derrière elle un mari aimant et sa fille.
Son mari tente de savoir pourquoi. Pour se faire il va mener lui même l'enquête qui le conduira hors des sentiers battus.
Ce roman est un pavé, plus de 600 pages, mais qui se lit à merveille. C'est rythmé, dynamique et sacrément bien construit. Les rebondissements de chaque chapitre tiennent en haleine le lecteur. L'ambiance est sombre et amène le lecteur vers des pistes trompeuses. Le passé de Sandra va ainsi ressurgir...

mardi 9 juillet 2019

Davide Calì et Marco Somà: " L'appel du marais"





Editions Passepartout
32 pages

4 ème de couverture



Lors d’une balade au bord d’un marais, un homme et une femme trouvent le petit Boris, seul et abandonné. Ce couple, qui désirait depuis longtemps un enfant, décide de le recueillir et de l’élever, sans se préoccuper de ses écailles ou de ses drôles de grands yeux. Les années passent sereinement, Boris grandit. Mais un jour, comme un appel inexorable, il ressent le besoin de repartir vers le marais, là où il pense qu’est sa vraie maison. Il s’interroge. Mais après avoir retrouvé ses semblables, Boris va se rendre compte finalement que pour s’aimer, se ressembler n’est pas forcement la chose la plus importante. Et que l’amour inconditionnel de sa famille d’adoption est ce qu’il a de plus précieux.


Mon avis



Des parents ont trouvé un nouveau né près du marais. N'ayant pas d'enfant ils décident de l'adopter. Ils le prénomment Boris. C'est un enfant très différent des autres car il possède des branchies. Boris s'adapte très bien à sa nouvelle vie, il va à l'école comme les autres enfants. Mais un jour, l'odeur du marais est plus forte, il se décide à nouveau de rejoindre son marais. Il rencontre d'autres personnes comme lui possédant également des branchies. Il sait que son monde à lui est celui du marais. Il a connu une vie différente mais une fois plongé dans son marais, il se sent chez lui.

Ses parents adoptifs ne l'ont jamais oubliés, Boris trouve des messages d'eux, ils sont nostalgiques depuis qu'il est parti. Mais si son bonheur est d'être dans le marais, ils sont heureux...

" Est-ce que les personnes qu'on aime doivent forcément nous ressembler? "

Telle est la question que nous propose ce livre illustré. La différence et l'acceptation d'un autre que soi sont les thèmes centraux de cette histoire. C'est beau, touchant et si réel!
" L'appel du marais" est un album riche en émotions où les images sont superbes et criantes de vérité!

" Si tu es heureux là où tu es, alors nous sommes heureux aussi".





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