mercredi 14 septembre 2022

Ellery Lloyd : " Suivie "

 


Editions Hugo Thriller poche

506 pages


4 ème couverture


Les gens adorent Emmy Jackson, surtout sur Instagram où elle partage sa vie de famille et ses conseils de maman à son million de followers.
Son credo : la sincérité. Sauf qu'Emmy n'est pas aussi honnête qu'elle aimerait le faire croire à ses fans.
Son personnage de mère faussement imparfaite ? Une mise en scène, dans laquelle elle enrôle malgré eux son mari et ses deux enfants. Car dans sa quête de popularité, Emmy est prête à tout. Quitte à aller trop loin, parfois.
Tapi dans l'ombre de l'anonymat des réseaux sociaux, quelqu'un entend le lui faire payer. Au tour d'Emmy d'apprendre ce que cela fait de tout perdre…


Jusqu'où peut-on aller quand on expose sa vie de famille sur les réseaux sociaux ?


Mon avis


« Suivie » est vraiment un roman d'actualité puisqu'il met en scène une femme, Emmy Jackson, qui est influenceuse. Mère de deux enfants et mariée à Dan, écrivain. Une famille ordinaire mais une fois que vous commencez cette lecture vous comprendrez que l'image parfaite de ce couple connait des failles.

J'avais lu « Les enfants sont rois » de Delphine de Vigan qui montre bien les dégâts des réseaux sociaux au sein d'une famille. « Suivie » n'est pas du tout construit de la même façon mais c'est toujours intéressant de voir les diverses manières de traiter un sujet. Je ne ferais donc pas de comparaison de valeur car ce ressenti concerne uniquement le roman de Ellery Lloyd.

Ce livre pose les vraies questions. Peut-on s'exposer sur les réseaux sociaux impunément, sans risques ? Emmy est un peu l'arroseur arrosé puisqu'elle n'hésite pas à se faire passer pour ce qu'elle n'est pas et en subit les conséquences. Est-elle une victime ? Les lecteurs peuvent-ils compatir à ses difficultés qu'elle a elle-même mises en route ?
Tout au long de cette lecture, bien agréable, j'ai apprécié de suivre l'intrigue qui va mener à une spirale infernale. Ainsi sans être le plus palpitant des thrillers, ses auteurs ont su maintenir un certain suspense drôlement bien inséré dans le quotidien de la famille de l'influenceuse.

lundi 5 septembre 2022

David Heska Wanbli Weiden : " Justice indienne "

 

Editions Totem

384 pages



4 ème de couverture


La réserve indienne de Rosebud, dans le Dakota du Sud, souffre des défaillances de la justice, et les pires abus restent souvent impunis. C’est là qu’intervient Virgil Wounded Horse, qui loue ses gros bras pour quelques billets. Et il prend ses missions à cœur, distillant une violence réfléchie pour venger les plus défavorisés. Lorsqu’une nouvelle drogue frappe la communauté et sa propre famille, Virgil en fait une affaire personnelle et se lance sur la piste des responsables de ce trafic ravageur. Tiraillé entre traditions amérindiennes et modernité, il devra accepter la sagesse de ses ancêtres pour parvenir à ses fins.



Mon avis



Me voilà plongée dans la réserve indienne du Dakota du Sud, celle de Rosebud. Des trafiquants de drogue sèment la peur, l'horreur et la mort dans cette communauté. L'histoire c'est celle de Virgil Wounded Horse, un homme cabossé par son passé. C'est quelqu'un de viril avant tout qui est prêt à prendre l'habit d'un véritable justicier. Lorsqu'il y a des ennuis, il vaut mieux ne pas être sur son chemin ; les criminels auront une sévère punition.
" Quand le système judiciaire leur faisait ainsi défaut, les gens s'adressaient à moi. Pour quelques centaines de dollars, ils étaient un peu vengés. C'était ma contribution à la justice. "
Au fil des pages l'auteur se penche un peu plus sur Virgil ; un passé trouble et marquant. Il vit avec son neveu, Nathan âgé de 14 ans. Ce dernier tente de poursuivre comme il peut ses études. Vous allez aussi rencontrer Marie Short Bear, l'ex de Virgil.

Mais quand une affaire de drogue touche son neveu, Virgil déploie toute sa fureur. La police fédérale enferme de ce fait Nathan dans un centre de détention. On ressent alors le désir de vengeance et de justice pour notre personnage principal qui veut faire les choses à sa façon.

dimanche 4 septembre 2022

Marlène Charine : " Léonie "

 


Editions Calman Levy

414 pages


4 ème de couverture


UNE JEUNE FILLE SÉQUESTRÉE DANS UNE MAISON, UN FLIC PRISONNIER DE SON PROPRE CORPS, CHACUN EST PEUT-ÊTRE LA CHANCE DE L’AUTRE...

Chaque matin, derrière la lourde porte rouge et sa série de verrous, Léonie attend Raymond. Et ce depuis 5 ans, 11 mois et 30 jours.

Raymond a kidnappé la jeune fille à la sortie d’une soirée, peu avant son bac. Depuis, Léonie vit à l’étage de sa maison, la cheville enserrée dans un bracelet métallique.

Mais ce matin, Raymond s’écroule. Crise cardiaque. Pour Léonie, c’est la panique. Toujours sous l’emprise mentale de Raymond, elle est incapable de sortir. Et si personne ne la croyait ? Et si tout le monde l’avait oubliée ? La voilà dans une maison isolée, seule avec un cadavre. Libre, mais pas libre.

Dans une clinique de la ville voisine, Diane lit à son frère, un excellent flic brisé par un accident de parapente, les dossiers qu’il aurait voulu résoudre, et notamment celui de la disparition de Léonie.

C’est alors qu’un corps est retrouvé dans la forêt...



Mon avis



Cela fait 6 ans que Léonie Marchal est séquestrée et un matin son bourreau, Raymond, décède d'une crise cardiaque. C'est une opportunité pour Léonie de retrouver la liberté tant attendue mais ce n'est pas aussi simple pour elle. L'emprise de Raymond lui pèse lourdement et a du mal à sortir de cette maison.

Parallèlement à cette histoire, l'auteure dévoile le récit de Diane vétérinaire dans un parc animalier et de son frère, Loïc, ancien flic paralysé par un accident de parapente.

Marlène Charine brosse deux portraits de femmes complétement différents mais quel est le lien entre ces deux personnes ?
C'est ce que l'on va découvrir au fil des pages. 

Une autre enquête est aussi en cours et suivie par Jonas; un corps a été retrouvé dans une forêt.

" Léonie" est un thriller original de par sa construction et ses personnages. L'intrigue est bien menée on en apprend davantage sur les personnages. Marlène Charine a l'art et la manière de nous balader vers de fausses pistes. Certaines scènes sont éprouvantes mais aussi dures. L'auteure se glisse parfaitement dans la peau de ses protagonistes et l'on ressent bien leurs émotions. 

C'est un roman très noir que nous propose Marlène Charine. Le suspens atteint son paroxysme! " Léonie " est un thriller psychologique bien construit avec des personnages intéressants à suivre. C'est mon premier de l'auteure et lirai ses précédents romans.



L'auteure



Prix du Polar Romand, prix Sang pour Sang Polar, prix Découverte du journal L’Alsace, Marlène Charine a fait une entrée fracassante dans le monde du polar en 2020 avec Tombent les anges . Née en 1976 à Lausanne, ingénieure en chimie, cette amoureuse des mots de la première heure s’est essayée à de nombreux genres de l’imaginaire au travers de nouvelles avant de trouver son domaine de prédilection dans le thriller.


samedi 30 juillet 2022

Justin Van Colen : " Apprenti aventurier "

 


Editions Pocket

316 pages


4 ème de couverture


Entrepreneur ambitieux, Justin Van Colen quitte la France après un choc émotionnel. Objectif : se réconcilier avec la vie et découvrir le monde !
Malgré de nombreux rebondissements, Justin prend goût à l'aventure, au point de ne plus pouvoir s'en passer.
Après deux tours du monde en solitaire, il se lance un challenge fou : rejoindre la France depuis la Thaïlande en 4x4 et uniquement par les pistes afin d'entrer en contact avec les populations rurales.



Mon avis


Avant d'entreprendre la lecture de « Apprenti aventurier » de Justin Van Colen, il faut bien avoir en tête que l'auteur est un jeune homme qui veut tout simplement raconter son expérience de voyageur. Ne pas s'attendre au récit d'un homme mûr comme Mike Horn, vous risqueriez d'être quelque peu déçus. Cependant, Justin Van Colen a le mérite d'aborder son livre avec candeur et simplicité, ce qui est déjà un avantage de nos jours.

Une ambiance plaisante court du début à la fin de « Apprenti aventurier ». C'est agréable et je me suis laissée bercé par les déambulations proposées par l'auteur. D'ailleurs le terme apprenti annonce bien la couleur. L'ensemble est léger et n'a d'autre ambition que de raconter ce qu'a traversé le narrateur. Et au détour des pages, on tombe sur des passages bien ficelés dans lesquels on « vit » réellement les sensations du jeune homme.
C'est un ouvrage en deux temps avec une première partie plutôt axée sur la vie de Justin et une seconde davantage basée sur le voyage à part entière. Ceci plaira ou pas mais c'est le choix de Justin Van Colen.
C’est une ode à l’aventure qui connaitra des difficultés mais aussi de très belles découvertes sur le plan épanouissement de soi.

Sur son chemin, Justin prendra des risques car il ne sait pas dire « non ».
Au Mexique, une famille va le séquestrer pendant une semaine pour un mariage arrangé ; grâce à un ami il sera de nouveau libre. Sur le plan émotionnel, le jeune aventurier aura des aventures amoureuses mais la rupture avec Elisabeth l’affectera beaucoup.

lundi 18 juillet 2022

Franck Thilliez : " Labyrinthes "

 


Editions Fleuve noir

384 pages


4 ème de couverture


Une scène de pure folie dans un chalet. Une victime au visage réduit en bouillie à coups de tisonnier. Et une suspecte atteinte d’une étrange amnésie. Camille Nijinski, en charge de l’enquête, a besoin de comprendre cette subite perte de mémoire, mais le psychiatre avec lequel elle s’entretient a bien plus à lui apprendre. Car avant de tout oublier, sa patiente lui a confié son histoire. Une histoire longue et complexe. Sans doute la plus extraordinaire que Camille entendra de toute sa carrière…


« Tout d’abord, mademoiselle Nijinski, vous devez savoir qu’il y a cinq protagonistes. Toutes des femmes. Écrivez, c’est important : “la journaliste”, “la psychiatre”, “la kidnappée”, “la romancière”… Et concentrez-vous, parce que cette histoire est un vrai labyrinthe où tout s’entremêle. Quant à cette cinquième personne, elle est le fil dans le dédale qui, j’en suis sûr, apportera les réponses à toutes vos questions. »


Mon avis



Avec « Labyrinthes », Franck Thilliez nous a concocté une histoire alambiquée comme il sait très bien le faire. Cette fois, il nous promène par le bout du nez avec une intrigue qu'il m'est difficile à évoquer sans divulguer les ficelles diaboliques de l'auteur. Ainsi, je ne vais rien dire sur l'histoire elle-même mais je vais décrire les émotions et ressentis qui me sont venus tout au long de ma lecture.

Tout d'abord, dès les premières pages, je me suis laissée happer par l'écriture qui coule de source et qui rassure immédiatement sur la maîtrise de Franck Thilliez.

Une fois entrée dans l'univers de ce roman, je me suis retrouvée dans les méandres du cerveau humain et forcément je m'attendais à découvrir des notions sérieuses sur ce sujet. Encore une fois, l'auteur a su m'en apprendre beaucoup sans m’ennuyer.
« -Le cerveau humain peut déployer les plus incroyables stratagèmes pour protéger l'esprit. Il s'adapte sans cesse, se reconstruit sur des ruines… Il est même capable de se piéger lui-même. De faire passer des souvenirs inventés pour réels. »
Et Franck Thilliez ne se prive pas pour embrouiller le lecteur avec les divers protagonistes de « Labyrinthes ». Il parvient à évoquer l'horreur de certains comportements humains. Ses personnages sont confrontés à des exactions (parfois déjà évoquées dans d'autres de ses romans) qui petit à petit permettent de construire un récit donnant lieu à une fin assez surprenante. Il mêle réalité et fiction et donne ainsi de l’épaisseur à ce suspens dérangeant. C'est parfois déroutant : beau comme le film « Mulholland Drive », magnifique et passionnant mais il faut s'accrocher pour suivre les diverses héroïnes.

samedi 16 juillet 2022

Patrick Senécal : " Flots "

 


Ramsay Editions

388 pages


4 ème de couverture


Florence, huit ans, est seule chez elle lorsqu'on la retrouve dans l'appartement familial, en haut d'une épicerie. Personne ne retrouve la trace de ses parents et elle refuse de dire quoi que ce soit. Tranquillement, la vérité apparaît à travers son journal personnel, où elle confie ses réflexions et ses observations sur la vie quotidienne. En apparence, Florence est une petite fille comme les autres. Elle a des amies avec qui elle joue beaucoup. Elle suit des cours de piano, elle interprète Ode à la joie de Bétovune au piano. Elle n'a pas de jouets. Elle n'aime pas en prendre soin. Quand son papa et sa maman se querellent, ça l'exaspère. Alors elle chante du Katy Perry dans un anglais approximatifBaaaabiyouhahfaaaillouhwahEt elle écrit dans son journal intime lequel nous apprend petit à petit la réalité de Flo, qui est en fait... terrifiante.


Mon avis



Quel livre ! Quelle noirceur ! " Flots " est un thriller dérangeant mais sacrément bien fait. Patrick Senécal a une plume qui percute et qui se montre violente dans certains passages. Dans ce roman, il est question des Roberge, une famille qui n'est pas si parfaite. En effet on finit par se rendre compte qu'elle connait quelques tensions.
Sébastien et sa femme Maryline se disputent fréquemment et leur fille âgée de 8 ans se réfugie alors dans son journal intime offert par son oncle Hubert et joue quelques notes sur son piano.

Certains chapitres laissent place aux extraits du journal intime de Florence. Au fur et à mesure des pages, le lecteur va comprendre qu'un drame chamboulera ce récit.

Patrick Senécal s'immisce dans la peau d'une petite fille et le fait remarquablement bien. Dans cette lecture, tout n'est pas tout beau tout rose. La folie va s'intensifier davantage et l'intimité de la jeune fille se dévoile de plus en plus grâce à ses écrits dans son journal intime.

vendredi 15 juillet 2022

Ismaël Lemonnier : " Enfers "

 


Editions Hugo Thriller

375 pages


4 ème de couverture



Paris, au cœur des catacombes. Un homme est retrouvé  décapité , une tête de taureau vissée sur le haut de son corps. Un meurtre d'une effroyable cruauté , rapidement suivi d'un deuxième, dans une cave de la capitale.
Au sein de la Brigade criminelle, l'enquête est confiée à un curieux tandem. Le capitaine Lothar Kessel, une tête brûlée sur la sellette de l'inspection générale, fait  équipe avec une nouvelle recrue, le jeune Clément Charrier, doté  d'un QI exceptionnel. Deux flics aux méthodes et aux tempéraments diamétralement opposés, qui n'auront d'autre choix que de coopérer lorsque les cadavres commenceront s'amonceler dans les sous-sols parisiens.
Avec autant de raffinement que de perversité , autant d'habileté  que d'inhumanité , le tueur semble mettre en scène les neuf cercles de l'Enfer décrits par Dante Alighieri. Quel genre de monstre, aux méthodes particulièrement violentes et à  l'imagination débridée, se terre dans les sous-sols parisiens ? Le diable en personne ?
Dans cette atmosphère apocalyptique, Lothar et Clément vont bientôt plonger au cœur des ténèbres, où les attend une course contre la montre – une course contre la Mort.



Mon avis



" Enfers " est un thriller prenant et vertigineux ! Une fois lue les premières pages, me voilà prise aux pièges par cette histoire à la fois noire et glauque !

Le récit commence par une visite guidée des sous-sols de Paris. Les souterrains ne sont pas une partie de plaisir puisqu'un couple découvre un corps dont la tête est celle d'un taureau. Cette enquête est confiée à un petit nouveau du service, Clément Charrier qu'on appelle le Bleu et à Lothar Kessel, le vieux flic assez mécontent.
" Cela faisait une petite semaine qu'il avait intégré le groupe Moulins au sein de la Criminelle. Il n'avait pas vu les heures défiler, encore moins les jours. L'enquête monopolisait la majeure partie de son esprit. "
Grâce à l'intelligence de Clément, on apprend que cette affaire est l'œuvre  d'un tueur en série ; les scènes de crime font référence aux neufs cercles de l'Enfer de Dante. Plusieurs meurtres s'ensuivront dans des endroits lugubres tels que les caves et les galeries souterraines…

jeudi 23 juin 2022

Pascal Marmet : " Exécution "

 


Editions M+ noir

204 pages


4 ème de couverture


Branle-bas de combat au 36 Quai des Orfèvres. Un avocat renommé est assassiné dans les sous-sols du Palais de Justice. Travaillant sous les ordres de la pénible chef divisionnaire surnommée "Mlle Maigret", le commandant François Chanel mène l'enquête dans les eaux troubles des goûts pervers du ténor du barreau. Quels liens relient le sublime personnage d'un roman du XIXe siècle Madame Bovary, un homme de loi aux appétences glauques et une femme asociale aux tentations terroristes ? C'est ce que devra démêler Chanel de la brigade criminelle, avec l'aide de son équipe renforcée d'une stagiaire surdouée et d'un étrange garçon frappé par la foudre. Dès l'intrigante première page, l'auteur scanne jusqu'à l'os ses créatures, grâce au talent de morphopsychologie de Chanel. Jusqu'à la résolution finale où se mêlent réel et magie, ce suspense intelligent exprime toute l'étrangeté du monde criminel.



Mon avis



Je tiens tout d'abord à remercier Pascal Marmet pour l'envoi d'Exécution. Ayant lu " Tiré à quatre épingles ", je me suis dit pourquoi ne pas suivre de nouveau le commandant Chanel dans une nouvelle aventure.

Mais que se cache-t-il derrière ce titre « Exécution » de Pascal Marmet ? Très vite, on comprend qui est l'exécuté mais les causes de la mort de Nicolas Fender sont un vrai casse-tête pour le commandant François Chanel. Il a ses propres codes et se fie à son instinct pour juger les hommes. D'une élégance remarquable, il est apprécié de ses hommes. L'originalité du personnage vient de ses capacités en matière de morphopsychologie que je laisse découvrir aux lecteurs. De plus, il adore son métier et redoute apparemment la retraite.
« Entre les murs centenaires chargés d'histoires judiciaires et de sueurs froides de ce quatrième étage, il avait aimé se frotter à la folie des hommes et avait été servi bien au-delà de ses attentes. D'instinct, il avait su : sa place était ici. »

jeudi 9 juin 2022

Ghislain Gilberti : " L'évangile de la colère "

 


Editions Hugo Thriller

569 pages


4 ème de couverture


Au commencement, il y eut un enfant.
Le petit Gabin Schwartz. Six ans. Son corps retrouvé dans un parc. Exsangue.
Puis ce fut un agriculteur. Enterré vivant. Son index désignant le ciel.
Puis un marchand ambulant, écrasé sous son stock.
Sale baptême du feu pour Seth Kohl, le chef du groupe chargé de l'enquête à la Brigade criminelle du SRPJ de Versailles. Comment avancer quand rien ne relie les victimes entre elles ?

Alors que les corps s'accumulent, un lien se dessine enfin, inattendu, fragile et incomplet : le tueur pourrait bien s'inspirer des Danses macabres, ces fresques que l'on retrouve dans les vieilles églises, ou dans les bibliothèques des collectionneurs.
Mais chaque série de tableaux est différente. Laquelle est la bonne ? Le temps presse, et Seth Kohl est assailli par ses propres démons, qui l'invitent eux aussi à quelques pas de danse avec la mort...


Mon avis



Avec « L'évangile de la colère » Ghislain Gilberti offre une histoire labyrinthique construite comme un assemblage de poupées gigognes. À peine les héros connaissent quelques instants de répits, à peine ils sont rattrapés par l'horreur. 
Dès le départ, j'ai été happée par Seth Kohl. Son passé et sa force de frappe dans les premiers chapitres donnent l'impulsion à une enquête multiple. Le punch des répliques et de l'action m'ont mise K.O. d'office.
Ce commandant est très attachant malgré ses défauts, on ne le surnomme pas le Zombie pour rien !
« Demandez les Stups et dites que vous avez retrouvé le Zombie, vous allez voir que les battements d'ailes d'un putain de papillon peuvent faire frémir toute une institution. »
Seth doit rejoindre une équipe bien soudée afin de résoudre une affaire concernant un tueur particulièrement dangereux. Cela commence avec la disparition d'un enfant et l'angoisse s'emballe. Les personnages sont attachants et bien dessinés. Chaque membre de l'équipe de flics est à sa place.
L'auteur s'attache à montrer la cohérence du groupe et décortique les rouages de l'enquête. J'ai saisi l'importance de la hiérarchie qui distribue le travail afin d'arriver aux meilleurs résultats.
De plus, Paul qui commande l'ensemble de ces hommes et ces femmes a une influence encourageante. C'est une figure paternelle positive, il est comme une entité protectrice, ce que n'est pas le Dieu adoré par le tueur. Mais le mal rode et ces flics, même super entraînés, sont confrontés à plus fort qu'eux… jusqu'à la fin assez surprenante.
« S'il poursuit dans cette voie, en sachant utiliser le meilleur de chacun, il va vite devenir un bon chef, se dit Paul en les regardant partir. Je vais pouvoir compter sur eux rapidement pour les affaires les plus délicates comme les plus stressantes. »

mardi 31 mai 2022

Vincent Delareux : " Le cas Victor Sommer "


 Editions L'Archipel

208 pages


4 ème de couverture


Faut-il commettre l'irréparable pour être enfin quelqu'un ?
À 33 ans, Victor Sommer mène une vie monotone qui lui pèse. Secrètement, il aspire à devenir quelqu’un. Une ambition entravée par sa mère, infirme autoritaire et possessive qui l’empêche de prendre son envol.
Le jour où celle-ci disparaît de façon mystérieuse, Victor est confronté à un monde qu’il n’a jamais appris à connaître…

« J’ai lu Le Cas Victor Sommer avec plaisir. Un livre à mi-chemin entre les Évangiles et Psychose d’Alfred Hitchcock. Une réussite ! »
Amélie Nothomb


Mon avis



« Le cas Victor Sommer » est un livre inclassable. Le début fait penser à un roman d’Amélie Nothomb qu'elle a d'ailleurs elle-même qualifié de réussite sur la quatrième de couverture. Mais Vincent Delareux s'en écarte peu à peu pour en faire l'analyse d'un jeune homme vraisemblablement trop couvert par sa mère. On découvre très vite qu'il est aussi en manque de repères paternels, en effet son père aurait abandonné cette femme avant sa naissance.

Le sujet est donc très sombre. Victor est un homme d'une trentaine d'années très réservé et triste qui est englué par l'amour toxique de sa « maman ». Mais la disparition de celle-ci va lui faire entrevoir que la vie peut être belle. Va-t-il savoir saisir l'opportunité de devenir un autre, quelqu'un qui prend enfin sa vie en main ? Sa rencontre avec la belle Eugénie lui apportera-t-elle un horizon plus clair ? L'auteur parvient à montrer comment l'éducation peut influencer la vie d'une personne. Mais en aucun cas il ne juge, il laisse la lecture libre de tirer les conséquences des actes évoqués ou sous-entendus.
« Je devenais, en somme, un individu à part entière ; je portais en moi tout un univers de sons, d'images, de mots et de sentiments, et cet univers m'appartenait, j'en étais l'unique régisseur. »

vendredi 27 mai 2022

Elizabeth Macneal : " Le cirque des merveilles "


 Editions Presse de la Cité

464 pages



4 ème de couverture


Angleterre, 1866. Nell vit rejetée de tous à cause des taches de naissance qui constellent son corps. Lorsque le Cirque des Merveilles de Jasper Jupiter plante son chapiteau non loin de chez elle, son existence bascule : son père la vend au propriétaire comme nouveau phénomène de foire.
Contre toute attente, la jeune fille voit son horizon s’élargir. Elle se lie d’amitié avec les autres artistes et se prend d’affection pour Toby, le « photographiste ». Elle qui n’a connu que l’obscurité entre enfin dans la lumière et c’est un véritable triomphe. Mais que lui arrivera-t-il le jour où son succès menacera d’éclipser celui de l’homme qui l’a achetée ?


Mon avis



Avant de débuter cette lecture, ce roman me fait beaucoup penser à un autre récit que j’ai lu l’année dernière « La vie qu’on m’a choisie » de E. Marie Wiseman. Le thème était également centré sur le cirque et l’apparence des humains.

Dans cette aventure, Elizabeth Macneal offre aux lecteurs un roman laissant la parole à trois principaux personnages Nell, Jasper et Toby le frère de Jasper. Un cirque s'installe dans un village non loin de la maison de Nell. Curieuse par le spectacle que propose le Cirque des Merveilles de Jasper Jupiter, sa vie prend un tout autre tournant… Je ne dévoilerai pas plus cette histoire à la fois touchante et magique.
" Elle ne tentera pas de fuir une seconde fois ; il sait que la magie du cirque a déjà planté ses crocs en elle."
Lire, c'est entrer avant tout dans un univers et parfois dans une autre époque. Avec « Le cirque des merveilles », Élisabeth Macneal a réussi cette double prouesse. Elle nous fait découvrir le monde des monstres de cirque et nous laisse pénétrer dans l'Angleterre du XIXe siècle.

J'ai eu l'impression de me retrouver dans le film de David Lynch, « Elephant Man » et dans le film plus ancien « Freaks » de Tod Browning. Le monstre est un sujet qui fascine et qui fait peur. Et quand ce sont de vraies personnes qui doivent faire face à leur propre difformité, l'histoire devient intéressante.

mercredi 25 mai 2022

Vincent Radureau : " Le sang de Manchester "

 

Editions Hugo poche

390 pages



4 ème de couverture


Derby fatal à Manchester
Des travaux dans le quartier populaire de Moss Side, au sud de Manchester. On creuse et on tombe sur deux squelettes côte à côte, entrelacés comme s'ils étaient en train de se battre dans l'au-delà. L'un porte ce qui ressemble à un maillot de football rouge, l'autre un maillot bleu, aux écussons très reconnaissables. On imagine alors une bagarre fatale entre deux supporters, l'un de Manchester United, l'autre de Manchester City. Ces corps sont ceux de deux jeunes garçons, âgés d'une douzaine d'années.
La macabre découverte met le feu à une ville qu'on imaginait pacifiée depuis des années. Dans une Angleterre fracturée par le Brexit, l'affaire va réveiller les haines et les rancœurs entre les Bleus et les Rouges, chaque camp accusant l'autre d'être à l'origine d'un drame dont on ne sait rien. Il faut dire que le contexte est particulièrement tendu : dans une semaine se tiendra le fameux derby de Manchester, celui qui va opposer United à City, décisif pour le titre de champion.
Il devient donc urgent de résoudre l'énigme, de découvrir qui étaient les gamins de Moss Side et de comprendre ce qu'il leur est arrivé. C'est une jeune femme qui est chargée de l'enquête, la capitaine Molly Doherty. Mais elle n'est pas la seule à chercher la vérité car Ben Wellington, un journaliste du Sun, est arrivé de Londres pour être le premier à sortir le scoop.
C'est donc une véritable course d'obstacles qui s'engage. Molly n'a qu'une semaine pour trouver la clé du mystère avant que Wellington ne la devance, avant que son propre passé ne la rattrape, avant que les Bleus et Rouges ne se retrouvent dans un stade en ébullition.



Mon avis



J'avoue ne pas forcément avoir été attirée par le thème de « Le sang de Manchester » de Vincent Radureau ! C'est la couverture qui m'a sauté aux yeux en tout premier lieu. Mais... Mais je suis entrée assez rapidement dans cette histoire de meurtres et de football dans la ville de Manchester. Je ne suis pas une grande fan de ce sport pourtant l'intrigue policière est suffisamment prenante pour plaire à tout le monde. Bien sûr, ce roman comblera encore davantage les amateurs de football.
« En Angleterre, il n'était pas vulgaire d'aimer une équipe, une couleur ; c'était même un élément constitutif de la société, une part de sa culture au sens noble du terme. »
L'auteur est un spécialiste de ce sport. On sent sa passion et sa maîtrise du sujet. Il parvient à mélanger habilement les personnages réels du milieu footballistique aux personnages fictifs. L'ensemble est tout à fait crédible. Ainsi « Le sang de Manchester » est plus profond que je l'imaginais en début de lecture. L'histoire des clubs de foot de Manchester est intéressante ; Eric Cantona et d'autres joueurs sont évoqués bien à propos dans l'intrigue.
J'ai perçu les deux côtés de ce univers sportif. D'une part, Vincent Radureau montre les mauvais aspects avec les hooligans et les violences. D'autres part, il sait mettre en valeur l'unité des familles et des supporters autour des matchs. On assiste à des moments de convivialité insoupçonnés pour les non-initiés. Des hommages poignants aux fans de Football offrent quelques belles pages d'émotion ne nuisant pas à l'avancée de l'enquête.
« Malgré ses efforts, il n'était rien d'autre que ce jeune garçon de treize ans et quelques mois pour qui le football comptait plus que tout. Cantona était son idole depuis qu’il avait choisi de soutenir les Rouges plutôt que les bleus, il ne se passait pas une journée sans qu'il pense au King. »
Les dialogues sont bien écrits avec un style direct et plein d'humour, ils nous rendent les protagonistes proches et font ressentir la passion quasi religieuse pour ce sport. Le tout est parsemé de tubes anglais qui… mais oui, m'ont rendue nostalgique. Donc, « Le sang de Manchester » est un thriller passionnant à lire pour s'échapper de la lourdeur ambiante. La fin est en effet un hymne à la détente et à l'apaisement.



L'auteur


Vincent Radureau est un journaliste - animateur français
né le 30 novembre 1967.
Après une Maitrise en Histoire Contemporaine, il continue Centre de Formation des Journalistes de Paris -
Entre au Service des Sports de CANAL+ (à l'occasion des Jeux Olympiques de Barcelone) en 1992, chaine pour laquelle il est resté fidèle.


jeudi 19 mai 2022

Ludovic Lancien : " La caste des ténèbres "

 


Editions Hugo Thriller

453 pages


4 ème de couverture


1995 : Faubourg de Kombakkam (Sud-Est de l'Inde)
Viresh est un Dalit, un Intouchable. À huit ans à peine, il comprend que son existence ne sera qu'un enfer pavé d'humiliations. Révolté par cette condition qu'il n'a pas choisie, désireux de s'affranchir d'une société régie par un système de castes archaïque et profondément inégalitaire, le jeune garçon apprendra bientôt ce qu'il en coûte de défier la volonté des dieux.

Janvier 2020 : Paris. Un hiver poisseux et humide
Le lieutenant Lucas Dorinel quitte sa Bretagne adoptive et prend le premier train pour Paris, deux ans après son départ forcé de la capitale. Réintégré au sein de la prestigieuse Brigade criminelle, il n'est pas encore parvenu au Bastion qu'une femme se suicide sous ses yeux en se jetant tête la première sous les roues d'un bus.
Quelques heures plus tard, le lieutenant est envoyé sur une scène de crime atroce dans un HLM de Bondy : un homme retrouvé mort chez lui, les membres disloqués, mutilés, son corps nu écrasé au fond d'une malle. Le plus étrange survient lorsque le légiste retrousse les lèvres du mort pour dévoiler des canines anormalement longues, tout droit sorties d'un film d'horreur.
Pour Lucas Dorinel et ses équipiers, le cauchemar ne fait que commencer.


Mon avis



Si on commence à lire « La caste des ténèbres » de Ludovic Lancien, dès les premières pages, c'est bon, on est piégé, on est obligé de poursuivre. Les mots sont de véritables coups de canif ne laissant aucune chance au pauvre lecteur, accro directement à l'histoire et au style. L'écriture est somptueuse mais abordable, elle coule de source.

Le réalisme des situations avec des formules qui claquent impose du rythme au récit jusqu'à la fin. On se croit vraiment dans les lieux dépeints par l'auteur. On entre également dans la tête des personnages. Les sensations sont fortes autant psychologiquement que dans l'action.

Les personnages sont nombreux mais le héros, Lucas, est particulièrement mis en avant. Il apparaît magnétique de par son passé de flic torturé et ses réparties au scalpel. Il revient intégrer la Brigade criminelle après deux ans passés en Bretagne. Très vite, il se voit confronter à une affaire sombre le menant avec ses collègues dans des milieux faisant froid dans le dos.

vendredi 13 mai 2022

Daniel Pasquereau : " Anatomie des âmes en peine "

 

Editions Zinédi

238 pages


4 ème de couverture


Il y a des époques sans joie où tout espoir, tout projet se heurtent à la violence et au cynisme ambiants. Parfois, une légère éclaircie parvient à soulager les âmes en peine. Mais pour combien de temps ?

Dans ce roman, des destins se croisent et s’accordent, d’autres s’affrontent. Chacun a ses raisons, plus ou moins avouables. Certains seront sauvés, peut-être, d’autres pas.


Mon avis



Un mot me vient à la lecture d’« Anatomie des âmes en peine » de Daniel Pasquereau, c'est intelligence ! Moon, Abel et Alma sont les héros malgré eux d'une société qui ne donne pas sa chance à tout le monde. Heureusement l'auteur sait rajouter des touches d'humanité dans cette histoire mêlant le social et la politique.

Le style est impeccable. On sent l'empreinte du poète au fil des pages. Daniel Pasquereau parvient à faire passer des émotions aussi diverses que la beauté ou la laideur, le plaisir ou la souffrance avec un grand sens de la sensualité.
« Plus tard dans la soirée, le vent se calma et une fine neige d'avril remplaça la pluie. Il resta une partie de la nuit à fumer en regardant les flocons recouvrir l'asphalte de la rue d'une dentelle fragile qui prenait une teinte ivoire sous les réverbères. »
Il synthétise également les mécanismes qui mènent à la haine de l'autre et au fascisme. Les méandres du jeu des politiciens sont au cœur de ce roman. Ce livre rappelle les problèmes de la politique actuelle en racontant le quotidien de personnes de tout milieu. Cette analyse de la société et des contacts humains est pleine de finesse. Ainsi les réflexions sur l'exil et le choc des cultures sont pertinentes et assez faciles à suivre.

jeudi 5 mai 2022

Bernard Minier : " Lucia "

 

XO Editions

480 pages


4 ème de couverture


À l’université de Salamanque, un groupe d’étudiants en criminologie découvre l’existence d’un tueur passé sous les radars depuis plusieurs décennies et qui met en scène ses victimes en s’inspirant de tableaux de la Renaissance.

À Madrid, l’enquêtrice Lucia Guerrero trouve son équipier crucifié sur un calvaire et se lance sur les traces de celui que l’on surnomme le « tueur à la colle ».

Tous vont être confrontés à leur propre passé, à leurs terreurs les plus profondes et à une vérité plus abominable que toutes les légendes et tous les mythes.

Une nouvelle héroïne aussi attachante que coriace… sur la piste de crimes inouïs

Les coulisses inquiétantes d’une des plus vieilles universités d’Europe

Un sommet d’angoisse qui blanchira vos nuits

Maître du thriller, Bernard Minier est l’un des écrivains les plus lus en France. Il est traduit et salué dans le monde entier. Lucia est son dixième roman.


Mon avis


Ça y est je me lance dans un des romans de Bernard Minier ! Je vous entends déjà dire non mais cette lectrice est en retard pour lire cet auteur. Bah, il faut dire que je ne voulais pas me plonger dans sa série avec le commandant Martin Servaz car cela va me demander pas mal de temps pour découvrir ses aventures. Alors je jette mon dévolu sur son tout nouveau thriller avec l’enquêtrice Lucia Guerrero.
Dès le prologue, Bernard Minier ne fait pas dans la dentelle. Lucia découvre son équipier collé sur un calvaire ; un seul témoin est sur le lieu du crime et semble le parfait suspect. L’enquête se poursuivra et portera les soupçons sur un dénommé « tueur à la colle ». Dans ses gestes remplis d’une telle cruauté, le tueur s’identifie à certains tableaux de la Renaissance.

Lucia, l’héroïne de ce roman éponyme est une enquêtrice qui ne lâche rien et a un tempérament parfois proche de la rébellion. Ce prénom dont la racine latine fait référence à la lumière est bien nommée car elle représente un contraste avec les ombres qui planent tout au long de ce récit.

Il est question justement de contrastes au fil des pages. Ainsi la police doit enquêter avec des universitaires spécialisés dans la criminologie et s’interrogent sur des affaires assez anciennes mais aussi sur ce qui s’est passé à Madrid.

vendredi 22 avril 2022

Sophie Tal Men : " Des matins heureux "

 


Editions Albin Michel

304 pages


4 ème de couverture


Dans le quartier du Montparnasse à Paris, Elsa, Marie et Guillaume se croisent sans le savoir. Si le jour, leur quotidien les éloigne, le soir, tous trois affrontent une même peur de la nuit. 

Elsa se réfugie dans le bus pour éviter la violence de la rue, Marie, qui vient de quitter Brest, multiplie les gardes à l’hôpital pour combler son vide sentimental, et Guillaume retarde la fermeture de son bar afin de fuir la solitude. 

C’est au détour d’un Lavomatic, d’un irish pub ou par le biais d’une annonce sur Leboncoin qu’ils finiront par se trouver. Mais parviendront-ils, ensemble, à aller jusqu’au bout de leur nuit ? À se reconstruire ?

Des matins heureux est le roman des nouveaux départs, la rencontre de trois personnages blessés, touchants dans leur fragilité, inspirants dans leur force de résilience.


Mon avis



J'étais curieuse de savoir ce que cache derrière ce titre " Des matins heureux " . Le début du roman m'a intriguée. Le lecteur va suivre l'histoire de Marie, d' Elsa et de Guillaume. Trois personnages qui vont se croiser une fois par inadvertance et qui par la suite vont se connaitre plus intimement.

C'est le premier roman que je lis de l'auteure et j'ai été surprise par son style d'écriture. C'est agréable à lire ; une histoire ordinaire mais pas que… Chacun des personnages cache un passé qui lui fait du tort pour mener à bien à leur bonheur.

Ainsi le monde à Paris parait petit pour Marie, Guillaume et Elsa. Ils ont réussi à se connaitre dans ce Montparnasse haut en couleur !

Ses trois personnes sont totalement opposées de par leur situation professionnelle. Marie est gynécologue et originaire de la Bretagne. Elle est surnommée la Plouc car toutes les villes commencent par Plou.. quelque chose.
" - Tu viens de Bretagne ? -Oui, tout droit de Plouzané, à côté de Plougonvelin. Non loin de Ploumoguer et de Plouarzel. D'où mon pseudo de Plouc sur Leboncoin, avait-elle répondu d'une traite dans le regard amusé de Guillaume. "
Guillaume est barman dans un pub irlandais et a connu une certaine Virginie mais le couple s'est séparé par la suite. Alors il met  sur Leboncoin une annonce pour des objets qui le liaient tant à son ex.

mardi 19 avril 2022

Barbara Abel : " Les Fêlures "

 


Editions Plon 

432 pages


4 ème de couverture


Qui est le véritable meurtrier d’un être qui se suicide ?
Lui, sans doute.
Et puis tous les autres, aussi.
Quand Roxane ouvre les yeux, elle sait que les choses ne se sont pas passées comme prévu.

Martin et elle formaient un couple fusionnel. Et puis, un matin, on les a retrouvés dans leur lit, suicidés. Si Roxane s’est réveillée, Martin, lui, n’a pas eu sa chance... ou sa malchance. Comment expliquer la folie de leur geste ? Comment justifier la terrible décision qu’ils ont prise ?
Roxane va devoir s’expliquer devant ses proches, ceux de Martin, et bientôt devant la police, car ce suicide en partie raté ne serait-il pas en réalité un meurtre parfait ? Que savons-nous réellement de ce qui se passe au sein d’un couple ? Au sein d’une famille ? Que savons-nous des fêlures de chacun ?



Mon avis



Comme j'attendais cette sortie ! N'allez pas croire de suite que je donne un ressenti positif avec cette phrase mais c'est presque ça ! J'ai tellement aimé son précédent titre que je ne pouvais en rester là avec l'auteure.
J'ai de suite été embarquée dans cette histoire noire ; Barbara Abel entre dans le vif du sujet. Roxane et Martin, couple dans la vie depuis plus d'un an, sont retrouvés suicidés. Seule Roxane échappe de justesse à la mort. Martin n'est plus de ce monde. Que s'est-il réellement passé ? Est-ce véritablement un suicide ? Roxane étant la seule survivante est accusée coupable de cet acte abominable.

Je ne me suis jamais posée autant de questions à la lecture d'un roman. Barbara Abel a la finesse à te retourner inlassablement le cerveau. Déjà avec son précédent titre Et les vivants autour " , l'auteure m'avait laissée pantoise mais ce dernier opus m'a scotchée jusqu'au dénouement.

Est-ce un crime ? Un geste inapproprié de Roxane face à Martin ? L'auteure va au fur et à mesure me mettre dans un état de trouble et de doute tout le long de l'histoire. Reine du thriller psychologique, Barbara Abel a cette faculté à mener le lecteur vers de fausses pistes en alternant son récit entre passé et présent. Roxane et Martin avaient tout pour vivre dans le bonheur mais leur milieu social opposé pose problème à leurs entourages.

Angélina Delcroix : " Synopsix "

 

Editions Hugo Poche

648 pages


4 ème de couverture


Un manoir se dresse dans la neige, majestueux malgré les dommages du temps qui passe. Mais ses lourdes portes ne dissimulent plus son macabre secret : six cadavres pour six scènes de crime.

Quelques semaines plus tôt, Mallory reçoit une étrange proposition par mail : devenir l'un des six participants à un jeu très confidentiel. Le challenge : se glisser dans la peau d'un enquêteur de la police scientifique pendant un mois, avec à la clé 100 000 euros de récompense. Pour la jeune femme, c'est l'occasion rêvée d'échapper à son travail de serveuse et surtout à sa patronne qu'elle ne supporte plus.

Au fil des énigmes de la phase de qualification, Mallory se prend au jeu. Quand elle se réveille un jour après avoir été droguée devant cet imposant manoir, elle comprend qu'il est trop tard pour reculer : le jeu ne fait que commencer...



Mon avis


Me voilà embarquée dans un huis clos machiavélique à souhait ! C'est bien alléchant de recevoir par les réseaux sociaux une annonce pour tenter de gagner 100 000 euros en se mettant dans la peau d'un enquêteur de police scientifique mais seul six participants devront s'affronter. Oui mais et à quel prix ?

Un jeu qui peu à peu va entrainer les candidats vers une descente infernale. Leur soif de réussir et de vaincre l'un des participants est plus fort si bien qu'il faut malgré tout respecter certaines règles simples mais parfois abominables.

" Et c'est censé être un jeu ? Mais enfin quoi ! C'est du délire oui ! Jusqu'où vous êtes prêts à aller pour gagner ? Vous acceptez d'être traités comme des bêtes, d'être parqués jour et nuit, de vous laver avec l'eau du puits, de vivre au rythme du soleil, d'obéir aux volontés du maître. Et puis quoi encore ? "

Avec « Synopsix », Angélina Delcroix s’attaque à l'exercice difficile mais très attirant du huit clos. Elle a su respecter les règles du genre en maintenant une pression et en diffusant un univers asphyxiant.  Les six personnes qui vont devoir résoudre des scènes de crimes dans un manoir abandonné représentent bien ce que l'on attend d'un huit clos réussi. Elle a donc tout bon de ce côté-là. 

Certaines scènes sont à la limite du soutenable ; le lecteur ne sortira pas indemne de cette lecture. Quelques frissons sont ressentis au fil des pages. L'effroi atteint le paroxysme. Mais ce que j'ai moins aimé dans cette histoire, c'est que l'auteure a décrit des parties inégales ; elle a surtout assuré en deuxième partie qui est nettement supérieure qu'au début. Elle fait appel aux classiques du genre horrifique ; le brouillard, la neige envahissante, le vieux manoir et l'impression d'être observé sans cesse ; des redondances certes bien amenées mais trop convenues.

jeudi 31 mars 2022

Céline Denjean : " Matrices "

 


Editions Blacklab

448 pages


4 ème de couverture


« À bout de souffle, elle file au plus vite, soutenant son ventre protubérant. Elle trébuche, chute, se relève en criant de douleur et de rage, mais reprend sa course folle. Parce qu’elle veut sauver sa peau. »

En plein mois de décembre, une terrible tempête se déchaîne sur les Pyrénées. Sous la pluie battante, une jeune femme enceinte qui court à perdre haleine est percutée par une camionnette. Avant de mourir, elle murmure quelques mots en anglais : « Save the others. »
Qui est cette femme sans identité ? Que cherchait-elle à fuir ? Que signifie la marque étrange sur son épaule ? Et qui sont ces autres qu’il faudrait sauver ?
Les gendarmes Louise Caumont et Violaine Menou se lancent alors dans une enquête hors-norme. Au fil de leurs investigations se dessine la piste d’un trafic extrêmement organisé. Dès lors, les enquêtrices comprennent que l’horloge tourne pour d’autres femmes, sans doute prisonnières quelque part, et dont la vie ne tient plus qu’à un fil.


Mon avis



« Matrices » est le nouveau thriller de Céline Denjean où le lecteur va suivre un duo d’enquêtrices au top. Le récit avec l'accident commence sur la départementale D41 entre Castelbajac et Burg en pleine tempête. Une fille d’une vingtaine d’années enceinte de huit moins est heurtée par une camionnette et prononce les seuls mots aux deux secouristes « Escape from the car. Save the others. » avant de décéder.
Ce que j’aime chez cette auteure c’est la façon dont elle mène ses personnages principaux dans l’histoire. Avec un soin méticuleux, ses deux gendarmes, Louise Caumont et Violaine Menou, vont se retrouver face à une enquête où il sera question de trafic de GPA. C’est une histoire qui se passe en partie dans les Pyrénées mais aussi en Nigéria.

Dans « Matrices », Céline Denjean filme à hauteur d'homme et de femme, sa plume en mode caméra au poing en racontant simplement les faits sans surenchère tout en dépeignant une terrible vérité. Son style est épuré, rien n'est en trop. On ne s'ennuie pas une seconde dans ce récit palpitant.

Les personnages sont très bien dessinés. Louise, l'enquêtrice, est originale et surtout très humaine. D'ailleurs elle insuffle dans son équipe une ambiance de bienveillance envers les victimes et les témoins. Pour autant, l'auteure n'hésite pas à décrire des situations difficiles. Elle sait également expliquer en détail les procédures d'une affaire sans rendre l'histoire lourde et difficile à suivre.

vendredi 18 mars 2022

Xavier Massé : " 30 secondes "

 

Editions Taurnada

248 pages


4 ème de couverture


30 secondes

30 secondes…

Les 30 dernières secondes les plus importantes de sa vie.
Les 30 dernières secondes de leur vie.
Les 30 dernières secondes dont il arrive à se souvenir.
30 secondes… c'est le laps de temps qu'il leur a fallu pour avoir cet accident.
30 secondes, c'est le temps dont dispose Billy pour retrouver la femme de sa vie… disparue…



Mon avis


Quand la maison d'édition m'a proposé de lire " 30 secondes ", j'ai eu un moment d'hésitation car je pensais qu'il fallait une connaissance accrue du football américain.
Finalement j'ai bien fait de découvrir ce titre qui pulse à mort !

Billy Wake est un champion du football américain mais sa carrière sera de courte durée. Il se retrouve à l'hôpital suite à un accident de la route. Il était accompagné de sa femme, Tina ce jour-là mais depuis aucune trace d'elle. Billy a subi un traumatisme, perte de mémoire ; il ne se souvient que de sa femme. Il tente de se souvenir de ce qu'il s'est passé avec l'aide du docteur Harry Borg spécialisé en neurologie et en hypnothérapie.
" Finalement toute cette histoire est comme un film qui me serait révélé chapitre après chapitre. J'ai peur de ce que je vais finir par découvrir. Toute ma vie est en train de basculer, et je suis encore plus inquiet pour Tina.
Je suis tellement crevé, épuisé par cette journée et ces séances d'hypnose que le sommeil me gagne peu à peu. "

Sandrine Colmet : " Une vie volée "

 


Autoédition

225 pages


4 ème de couverture


Tom, dont la vie a basculé du jour au lendemain a beaucoup de mal à accepter son handicap.
Il vit maintenant dans un centre spécialisé, cloué dans un fauteuil roulant.
Qu'a-t-il bien pu se passer ?
Je me doute que vous voulez le savoir...
Préparez-vous, au fil des pages de ce roman noir, à découvrir sa terrible histoire.



Mon avis


Après avoir lu Pourquoi tu pleures ? " que j'ai adoré, je me suis de nouveau penchée sur un des titres de Sandrine Colmet " Une vie volée " .

Je suis de nouveau conquise par l'écriture et le style. Dès le début du roman, l'histoire m'accapare car elle colle tellement à la réalité. Les sujets abordés sont poignants et criants de vérité. Ainsi dans " Une vie volée " , le lecteur va principalement suivre le récit de Tom, son mal-être, son harcèlement et son handicap. Mais pour mieux comprendre sa vie il faut également s'intéresser aussi à son entourage, sa mère, Anita. Elle est hôtesse de caisse et est séparée de son mari, Christophe.
Pour se sentir mieux elle boit à en perdre la raison et l'alcool devient une véritable addiction pour elle. Elle ne verra pas ce qu'endure son fils à l'école où il rencontre des problèmes  avec un garçon nommé Nathan. Tom sera son souffre douleur.
"- Tu sais mon grand parfois il n'y a rien à comprendre… Je sais qu'elle a beaucoup souffert à cause de notre séparation et elle a du mal à remonter la pente. Maintenant qu'elle a pris cette mauvaise habitude de boire, elle perd complètement le contrôle de sa vie. "

vendredi 11 mars 2022

Gilles Vidal : " Because the night "

 

Editions La Déviation

140 pages


4 ème de couverture


C’est après l’effondrement, ou le Grand Chaos, ou encore le merdier, “quand tout le bordel est tombé sur la tête de l’humanité”…
A la sortie d’un enterrement et malgré sa méfiance Angus – ce n’est pas son vrai nom – accepte de rejoindre une micro-communauté qui survit dans un village de basse montagne. Bientôt les vivres manquent et le groupe compte sur lui pour un raid d’approvisionnement sur un mystérieux entrepôt.
Que cherche Angus ? Est-il vraiment là par hasard ?
Dans ce court roman impressionnant, sans chapitres, Gilles Vidal poursuit son œuvre littéraire. Il joue ici avec les codes du roman post-apocalyptique.
A quoi pense-t-on quand le futur est vide ? La mémoire du narrateur ne lui laisse aucun repos. Entre nostalgie et remords, les images du passé s’enchaînent, bousculant les propres souvenirs des lecteurs. Jusqu’à la saturation, et l’obscurité.



Mon avis



Gilles Vidal offre un texte très personnel avec son court roman « Because the night ». Je l'ai ressenti comme un long poème Rock and Roll sur fond d'univers apocalyptique. Angus, de son faux nom, est perdu dans un monde anéanti sans repère et arrive dans une petite communauté qui tente de survivre alors que les vivres commencent à se faire rare.
Ces personnages déambulent dans un décor à la Walking Dead made in France.

Le style est toujours aussi bien travaillé que dans les précédents livres de Gilles Vidal. Les phrases sont longues voire extrêmement longues mais très bien écrites tout en laissant une liberté totale à la ponctuation. Cela peut déstabiliser le lecteur et pourtant il faut reconnaître que le résultat est un mélange de vitriol et de poésie. Étonnant et déroutant mais avec texte non dénué de trouvailles et de bons mots. L'auteur a vraiment le sens de la formule.
« Vu que ça faisait longtemps qu'il n'y avait plus de réseau et que les téléphones portables servaient surtout de réceptacle aux souvenirs enfuis qu'étaient les photos, les belles photos du temps béni des coloris et des selfies… »
Parmi les angoisses d'un monde en déchéance, des thèmes émergent comme les menaces climatiques. La nostalgie est bien dépeinte pas Gilles Vidal qui manie bien ses mots pour vriller le ventre suite à la perte d'un certain bonheur. À sa façon, il met le doigt sur la fragilité de la vie. Son personnage, Angus laisse entrevoir des lambeaux de son passé avec dureté et douceur à la fois.
« Il paraît qu'il reste sur la terre des morceaux de paradis lâchés par les anges lors de leur fameuse chute, mais que ceux qui sont capables de les retrouver sont de sacrés veinards. »

« Because the night » est un roman étonnant qui fait écho aux angoisses que notre société est en train de ressentir depuis quelques années. Et puis c'est une mise en garde contre l'indifférence parce que la nuit peut arriver un jour !


mardi 1 mars 2022

Victor Guilbert : " Terra Nullius "

 

Editions Hugo Thriller

320 pages

4 ème de couverture



Depuis Douve, ça ne va pas fort du côté d’Hugo Boloren. Sans la petite bille qui fait » ding » pour lui dévoiler une piste, il erre dans le commissariat, limite neurasthénique, au grand dam de Lulu la nouvelle stagiaire. Même ses carrés de chocolat échouent à le remettre d’aplomb. Bref, il est temps de changer d’air. Ça tombe bien : le commissaire Grosset a obtenu pour la mère d’Hugo un rendez-vous dans la clinique lilloise d’un grand spécialiste de la maladie d’Alzheimer. Alors en voiture pour Lille ! Et tiens, coïncidence : la veille du départ, Boloren entend à la radio qu’un enfant d’une dizaine d’années, Jimcaale, vient de se faire agresser dans la plus grande décharge publique de France, coincée à la frontière franco-belge et jouxtant un étonnant bidonville. L’instinct d’Hugo lui murmure d’aller jeter un œil et Grosset, quoiqu’à contrecoeur, le met en contact avec le duo d’inspecteurs lillois : Desreumaux, qui porte des costumes trop grands pour se donner l’air moins jeune, et Lasselin, surnommé » le Messie » parce que, lorsqu’il interroge les suspects, » il fait parler les muets et redonne la vue aux aveugles » Bref, » le problème dans cette affaire, ce n’est pas le nombre de pièces dans le puzzle, c’est le nombre de puzzles « . Avec l’aide de sa bille qui revient enfin mettre de l’ordre dans son cerveau, Hugo Boloren va découvrir peu à peu les liens invisibles, révéler les mystères et secrets qu’on cherche à lui cacher, jusqu’à la résolution effroyable de l’affaire criminelle la plus sordide de sa carrière.




Mon avis



J'attendais avec impatience la sortie du nouveau roman de Victor Guilbert car j'avais été emballée par « Douve » son précédent thriller. Est-ce que j'allais retrouver tout ce qui m'avait attiré dans ce premier opus très original ?
« Mon père répétait souvent qu'il ne comprenait pas le succès du sport à la télé ni des films pornographiques, que dans les deux cas, c'était surtout amusant pour ceux qui sont sur le terrain. » 
Voilà le ton était mis dès le départ !

« Terra Nullius » offre le même feu d'artifice d'humour déjanté que dans « Douve ». Déjà le titre laisse entrevoir des éclats délirants sur les lieux du crime ! Car horreurs et mystères sont au rendez-vous avec Hugo Boloren, le même policier que dans « Douve ». Dès les premières pages, j'ai aimé retrouver le style aussi déroutant que son héros inclassable. Ses collègues le qualifient de « bizarre » avec une certaine tendresse puisque Hugo ne sait pas mentir ! Il va devoir élucider un mystère autour du corps d'un jeune garçon juchant un tas d'ordures mais il va être aussi confronté aux « habitants » d'une zone de non-droit et à la présence de la police lilloise.
« J'attrape un chocolat que je coince entre l'index et le majeur, parce que j'aimerais que ce soit une cigarette, et que je laisse fondre, parce que c'est du chocolat. »

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