vendredi 3 décembre 2021

C.J. Farrington : " Mort sur le Transsibérien "

 

Editions Hugo Thriller

428 pages


4 ème de couverture




Olga Pushkinest la garde-barrière du village. C'est elle, notamment, qui veille au bon déroulement du passage du majestueux Transsibérien, depuis la petite maison où elle vit seule avec son hérisson et son amour de la littérature. Car la littérature, c'est la grande affaire de la vie d'Olga ; et son rêve, c'est de rejoindre l'université de Tomsk – l'Oxford sibérien – et de quitter Roslazny où jamais rien ne se passe...
Mais la chape de silence et de froid qui semble congeler le village va bientôt se fissurer :

lettres anonymes et petits larcins vont réveiller la rumeur de l'existence d'une Baba Yaga, ces sorcières féroces qui se cacheraient dans les immensités gelées de la taïga russe.

Et lorsqu'un touriste américain tombe du Transsibérien après avoir été égorgé, la bouche pleine de pièces de 10 roubles, l'angoisse s'empare de Roslazny. Un deuxième mort, et c'est la panique dans le village ; d'autant plus que l'inspecteur en charge de l'enquête, l'énigmatique et boudeur Vassily Marushkin, se retrouve emprisonné par son machiavélique supérieur, l'inspecteur-chef Babikov.

Alors Olga va devoir mener elle-même l'enquête, d'abord pour disculper Vassily, puis pour comprendre qui sème ainsi le trouble à Roslazny. Mais le temps presse, et les pistes semblent se perdre dans la brume qui encercle le village...


Mon avis



« Mort sur le Transsibérien » de C.J. Farrington nous emmène en Sibérie avec son climat ingrat et ses buveurs de Vodka. Olga, garde-barrière est confrontée à des péripéties meurtrières compliquées.

Le point fort de ce roman est ce personnage justement. Olga est une héroïne originale qui cadrerait bien dans un Feel good mais très vite, on penche vers le thriller dès la découverte d'un cadavre. Ici l'éditeur classe « Mort sur le Transsibérien » dans la catégorie « cozy mystery » très en vogue actuellement. Olga est entourée d'un milieu glaçant et d'amis chaleureux. Ce mélange contribue à donner au roman une ambiance inattendue.

Olga se transforme en enquêtrice en constatant que les autorités ne font pas le maximum pour résoudre l'affaire. Son entourage lui est d'un grand secours même si elle doit faire face aux préjugés sur la place de la femme dans la société. Olga a des ambitions et la vie ne lui fait pas souvent de cadeaux dans un tel milieu.

C.J. Farrington parvient à nous faire ressentir les morsures du climat et de la société en Sibérie. Cependant, malgré les aspects positifs que je viens d'énumérer, je reste mitigée dans mon ressenti. Le style a largement freiné ma lecture. Les phrases sont souvent très longues et ne permettent pas d'accrocher à toute l'histoire.
Il y a trop d'intrigues qui se nouent en même temps et j'ai eu parfois des difficultés à suivre clairement les différents axes du récit. Des longueurs ici et là m'ont également empêchée d'être happée et charmée par l'ensemble du roman. Néanmoins, quelques détails originaux pourront sans doute attirer les lecteurs. Et à cet égard, Je vous invite donc à monter dans ce train légendaire afin de vous faire votre propre opinion. Mais attention, couvrez-vous bien, les temps sont rudes dans les recoins de cette glaciale Sibérie !



Bande annonce







lundi 29 novembre 2021

J. K. Rowling : " Jack et la grande aventure du cochon de Noël "

 


Editions Gallimard jeunesse

352 pages



4 ème de couverture


Jack est très attaché à son cochon en peluche de petit garçon. Ils ont tout vécu ensemble, les bons comme les mauvais moments. Jusqu'à cette veille de Noël où arrive la catastrophe : le cochon est perdu !Mais la nuit de Noël n'est pas une nuit comme les autres : c'est celle des miracles et des causes perdues, où même les jouets peuvent prendre vie. Alors, Jack et le Cochon de Noël - une peluche de remplacement un peu agaçante - embarquent pour une aventure magique et périlleuse au pays des Choses perdues. Jusqu'où iront-ils pour sauver le meilleur ami que Jack ait jamais eu ?



Mon avis



J'avais envie de faire une pause thriller et c'est en voyant le dernier roman de Rowling que je me suis dit " tiens pourquoi pas" !
Au départ je l'avais acheté pour ma fille mais comme elle n'est pas décidée à s'y plonger, j'ai lu deux puis trois chapitres et là plus moyen de le lâcher.

" Jack et la grande aventure du cochon de Noël " est un roman qui m'a transporté vers des contrées imaginaires telles que les pays des Choses perdues, la salle des Egarés avec des objets tout aussi étranges et farfelus.

C'est l'histoire avant tout d'un petit garçon, Jack, qui a pour doudou un cochon appelé " Lo Cochon" selon l'abréviation " L.C. "

Mais un jour " Lo Cochon" lui est arrivé un malheur ; il a été jeté par la fenêtre de la voiture par Holly, et perdu sur l'autoroute. Très attristé par la perte de son doudou, Jack va tout faire pour le rechercher. 
" – Elle a jeté LC par la fenêtre ! hurla-t-il. Elle a jeté LC par la fenêtre !
Et voilà que maintenant Lo Cochon est perdu quelque part sur l'autoroute, croyant que Jack l'avait abandonné pour toujours. LC comprenait tout sans qu'on ait besoin de rien lui dire.
« Je te retrouverai, LC, se promit Jack. J'irai te chercher quand tout le monde dormira. » "
C'est à la nuit tombée de Noël que certains objets vont prendre vie car tout est réalisable le jour de Noël. Grâce à un nouveau doudou appelé Cochon de Noël, Jack va vivre une aventure hors norme en faisant connaissance avec de drôles objets et de lieux étranges.

lundi 15 novembre 2021

Estelle Tharreau : " Les Eaux noires "

 

Editions Taurnada

256 pages



4 ème de couvertures



Lorsque les eaux noires recrachent le corps de la fille de Joséfa, personne ne peut imaginer la descente aux enfers qui attend les habitants de la Baie des Naufragés.
L'assassin restant introuvable, à l'abri des petits secrets et des grands vices, une mécanique de malheur va alors tout balayer sur son passage…
Les révélations d'un corbeau, la détresse d'une mère et le cynisme d'un flic alimenteront l'engrenage de la rumeur, de la suspicion et de la haine.
Joséfa réussira-t-elle à survivre à la vérité ?


Mon avis




Je suis une adepte des écrits d'Estelle Tharreau, j'ai lu quatre romans et je sais d'entrée de jeu que je vais passer un excellent moment. C'est une des meilleures autrices quand  il s'agit d'écrire des thrillers psychologiques implacables et réfléchis.

Dans " Les Eaux noires " , l'histoire se passe à Yprat dans la Baie des Naufragés. Un vendredi soir, Suzy âgée de 17 ans est retrouvée assassinée sur la plage ayant sur elle des vêtements assez sexy . Sa mère s'étant absentée pour le travail, culpabilise d'avoir laisser seule sa fille à la maison.
Ainsi tout s'écroule, la mort d'un enfant est la pire chose qui puisse arriver dans la vie des parents. Joséfa ne lâche rien et est prête à tout pour trouver elle-même l'identité du tueur. Elle a l'impression que les voisins ne disent pas tout et sont tous autant suspects pour elle.
Ainsi sa confiance envers eux se change soudainement en méfiance et trahison. Au fur et à mesure de l'enquête, les langues commencent à se délier. Qui croire dans cette affaire ? Qui est derrière les messages anonymes ?
" Sans le savoir, Jo venait d'entrer dans l'engrenage du malheur et de la culpabilité. Elle n'en était qu'au commencement. "

mercredi 3 novembre 2021

Ophélie Cohen : " Interview "

 


J'ai le plaisir de partager avec vous, lecteurs, une interview pour mieux connaitre Ophélie Cohen.
Après avoir lu "Héloïse" paru aux Editions IFS, j'ai voulu en savoir un peu plus sur elle.


1- Peux-tu te présenter en quelques mots ?

J'ai 41 ans, je suis fonctionnaire de police depuis plus de vingt ans et maman d'un ado de 14 ans.
Grande lectrice, même si j'ai considérablement réduit mon rythme, j'aime passer du temps avec les miens et les balades en pleine nature.


2- Comment t'est venue l’idée d’écrire?

J'ai toujours aimé écrire, mettre en mots mes émotions plutôt que de les verbaliser. Poèmes, lettres en tous genres, un blog consacré à ma rencontre avec le cancer ... puis il y a eu mes premiers retours de lecture.
Écrire mon propre roman était un rêve mais je ne me pensais pas capable d'imaginer une histoire et encore moins de la coucher sur papier. J'ai écrit des petites choses pour le Collectif Polar à l'époque, puis une nouvelle qui était l'embryon d' Héloïse. C'est un ami auteur qui, après avoir lu ce début d'histoire, m'a encouragé à poursuivre. Il m'a soutenue, secouée quand je voulais abandonner. Il m'a dit "on commence tous avec un premier roman et bien souvent, il n'est pas publié". Il m'a rappelé que l'essentiel était d'écrire pour soi et de se faire plaisir. Alors grâce à lui et à son soutien, je suis allée au bout de mon rêve.


3- Quels sont tes auteurs préférés ?

Il y a quelques auteurs que j'aime beaucoup et dont je lis presque toutes les productions. Yasmina Khadra, Marek Halter, Patrick Bauwen, Michael Mention, Elsa Roch, Bénédicte Rousset ou encore le duo Ravenne-Giacometti pour ne citer qu'eux. Mais il y a aussi des auteurs que j'ai découvert récemment dont j'ai hâte de lire les prochains romans comme Marlène Charine par exemple.


4- Quel est ton film préféré ?

Question compliquée parce que je ne suis pas très cinéphile, mais les films que je regarde sans jamais me lasser sont Gorilles dans la Brume, Moulin Rouge ou encore Roméo +Juliet.


5- Etant fonctionnaire de police est-ce plus facile pour toi de trouver l'inspiration pour écrire un roman?

Plus facile je ne sais pas. Mais il est vrai que l'on croise des parcours de vie qui nous marquent et qui, sans forcément inspirer, nous donnent envie de traiter certains sujets. Je ne voulais surtout pas tomber dans le cliché de "vis ma vie de flic"... L'inspiration est partout où l'on pose les yeux... Il suffit d'observer.


6- Comment as tu créé le personnage Héloïse? Son histoire est noire mais lumineuse ; est-ce que sa vie est le reflet de ta personnalité ?

Héloïse s'est créée seule... Elle m'a soufflé son histoire. Contrairement à elle j'ai eu une enfance heureuse, des parents aimants, je n'ai manqué de rien. L'amour de la famille a toujours tenu une grande place dans ma vie. Héloïse m'a permis d'extérioriser certaines émotions qui ont une toute autre origine que les siennes mais sa vie n'est pas le reflet de ma personnalité même s'il y a une part d'elle en moi. Des prénoms, des lieux... et la musique ;-)


7- Quelles sont tes passions en dehors de l’écriture ?

Je suis une passionnée de la vie. J'aime la musique, les concerts, mais par-dessus tout, partager des moments avec les personnes qui me sont chères.


8- Prépares-tu déjà ton prochain roman ?

J'ai commencé oui, mais pas de précipitation. A mon rythme. Je veux prendre le temps et profiter aussi, encore un peu, d'Héloïse…


9- Libre à toi de conclure cette interview.

Merci Delphine pour cet entretien et pour m'avoir offert la possibilité de parler un peu plus d' Héloïse. Merci aussi pour tes belles chroniques et ta bienveillance et à très bientôt IRL !





jeudi 28 octobre 2021

Nadine Matheson : " L' équarrisseur "

 


Editions Seuil

529 pages


4 ème de couverture



Lorsque des morceaux de cadavres sont retrouvés sur les rives de la Tamise, l'inspectrice Angelica Henley pense immédiatement à Peter Olivier, alias l’Equarrisseur, emprisonné à vie pour avoir démembré ses sept victimes. Elle l’a elle-même mis derrière les barreaux et en a payé le prix : poignardée, elle a failli y laisser la vie et a passé de longs mois ennuyeux derrière un bureau. De nouveau sur le terrain, elle cherche à retrouver ce copycat dont les motivations sont opaques. Et le choix des victimes, incompréhensible. Mais rapidement, Henley comprend que ce tueur lui adresse des messages tout à fait personnels.
Pour l’arrêter, Henley doit affronter ses propres démons et revivre en plus intense ce qu’elle a déjà éprouvé avec l’Equarrisseur.


Mon avis




La couverture reflète bien l’histoire de ce roman. Un tueur en série sévit en laissant derrière lui quelques traces ; des morceaux de cadavre sont éparpillés dans la vallée de la Tamise.
" La découpe n’était pas aussi propre et chirurgicale que celle des cadavres en morceaux retrouvés quelques années plus tôt. La première fois qu’elle avait vu des bras, des jambes, une tête et un torse désolidarisés, jetés sous une arche du pont de chemin de fer de Lewisham, Henley était resté figée sur place. Depuis, elle avait appris à s’endurcir. "
L’inspectrice Angelica Henley se rappelle d'une affaire similaire, celle de Peter Olivier surnommé l'Equarriseur enfermé à vie. Qui est donc ce copycat ? Elle se jette corps et âme pour chasser l'homme " l'éparpilleur de cadavres avec l'aide du stagiaire Salim Ramouter.
" L’équarrisseur "  est un sacré pavé de plus de 500 pages mais est construit admirablement bien. Malgré une intrigue assez longue à démarrer, j'ai pris plaisir à suivre cette inspectrice. C’est une lecture addictive où l’action s'installe tout doucement.

lundi 25 octobre 2021

Rosalie Lowie : " Dernier été sur la côte "

 


Editions Nouveaux auteurs

499 pages


4 ème de couverture


Un polar captivant dans le décor de la côte d'Opale.
Êtes-vous prêts à découvrir la vérité ?

Dans une villa de Wimereux, jolie station balnéaire de la Côte d'Opale, d'ordinaire si tranquille, une jeune femme est sauvagement assassinée.
Le meilleur ami du policier Marcus Kubiak est retrouvé sur les lieux du crime. Groggy, il tient dans sa main un couteau et sa culpabilité ne fait aucun doute.

Ébranlé, mais persuadé que son ami est innocent, Marcus est déterminé à résoudre l'enquête, il va retrouver l'intrépide journaliste Zoé Rousseau, qui viendra mettre son grain de sel et raviver ses sentiments.
La victime, Flavie Robert, cache un passé trouble et plusieurs personnes douteuses interviennent dans l'enquête.

De rebondissement en rebondissement, juillet s'annonce meurtrier sur les rivages du Nord.


Mon avis



Je suis agréablement surprise par ce titre " Dernier été sur la côte ". Ce polar est sacrément bien construit. Les lieux sont bien décrits, l’ambiance et les personnages sont bien campés.
C’est une histoire qui se passe à Wimereux mettant en scène Marcus Kubiak et sa fine équipe. Son meilleur ami Jonas Becker se trouve sur une affaire délicate. Eméché par sa dernière soirée, il découvre en se réveillant le corps de Flavie Robert tuée de cinq coups de couteau dans l’appartement rue Notre-Dame. Marcus doit alors enquêter pour innocenter son ami paraissant de suite le suspect numéro un.
Jonas Becker semble être notre coupable. Tous les indices de la scène de crime le démontrent de façon ostensible. Il est en état de sidération psychique depuis que nous sommes arrivés ici. Néanmoins, il m’a appelé un peu avant. Il était paniqué (et le mot est faible) par ce qu’il pensait avoir fait. "

Mais ce qu’il va découvrir par la suite ne sera pas qu’une affaire non banale. Tout l'entourage de Jonas sera suspicieux. Ainsi les doutes et les faux semblants sont de mises dans ce polar. Quel est la véritable identité du tueur ? C'est ce que tente de savoir Marcus aidé de la belle journaliste Zoé Rousseau. 

dimanche 24 octobre 2021

Amélie Antoine : " Le bonheur l'emportera "

 


Editions XO

384 pages


4 ème de couverture



Elle s’appelle Sophie, elle est dynamique, débordée, et elle déteste lâcher prise. Son enfant, Maël, est différent. Très différent. Elle le sait mais ne l’accepte pas…

Joachim, le père, lui, est un homme engagé. Un combattant. Il aimerait que Maël soit enfin lui-même, libre et heureux dans son corps. Mais il ne sait pas comment l’aider à sortir de son enfermement.

Une famille comme tant d’autres. Déchirée. Dépassée. Au bord du chaos. Il suffit pourtant d’une étincelle pour faire jaillir la lumière. Et croire de nouveau à la possibilité du bonheur…


Mon avis


Quand je commence un roman d'Amélie Antoine je sais d'entrée de jeu que je vais passer un moment inoubliable. Dans " Le bonheur l'emportera " , chaque chapitre laisse la parole à trois personnages ; Sophie et Joachim, le couple et leur enfant Maël. Les parents s'aperçoivent peu à peu d'un désaccord planant sur leur foyer. Ils se rendent compte que le comportement de Maël change et que leur fils semble se sentir très mal physiquement.

" A la place, le garçon sur la photo fait un grand sourire. Parce qu'on le lui a demandé et qu'il veut faire comme si. Un grand sourire alors qu'à l'intérieur, il n'est plus qu'une montagne de chagrin. Mon corps n'est rien d'autre qu'une prison de chair et d'os. Je suis pris au piège, en train d'étouffer, et personne ne s'en rend compte. "
Amélie Antoine nous narre une histoire assez simple au début mais au fur et à mesure du récit, l'auteure montre parfaitement que le récit est finalement semé d'embûches. Pourquoi est-ce aussi difficile pour cette famille d’être épanouie dans leur vie ? C’est ce que le lecteur va comprendre au fil des pages.
Amélie Antoine a le don de nous émouvoir et de nous toucher à chaque roman. D'ailleurs ses écrits sont souvent des histoires proches de notre vie quotidienne.

mercredi 20 octobre 2021

Antonio G. Iturbe : " La bibliothécaire d'Auschwitz "


Editions J'ai lu
576 pages


4 ème de couverture



À quatorze ans, Dita est une des nombreuses victimes du régime nazi. Avec ses parents, elle est arrachée au ghetto de Terezín, à Prague, pour être enfermée dans le camp d’Auschwitz. Là, elle tente malgré l’horreur de trouver un semblant de normalité.
Quand Fredy Hirsch, un éducateur juif, lui propose de conserver les huit précieux volumes que les prisonniers ont réussi à dissimuler aux gardiens du camp, elle accepte. Au péril de sa vie, Dita cache et protège un trésor. Elle devient la bibliothécaire d’Auschwitz.



Mon avis




« La bibliothécaire d'Auschwitz » de Antonio G. Iturbe est un livre à part dans l'océan d'ouvrages sur la Shoas qui a endeuillé le XXème siècle. Il faut noter que l'histoire est tirée de faits réels et que la fin du livre donne des infos sur les évènements évoqués dans ce roman.

Je ne vais pas résumer ce que vont vivre les héros bien malgré eux car chaque instant doit y être ressenti par le lecteur juste à sa façon et cela au-delà du récit lui-même. Je vais juste retenir ce qui m'a paru exceptionnel dans cette histoire.

Bien sûr je ne peux pas éviter d'évoquer la jeune Dita. Elle est au centre du récit et représente un exemple de courage et de sensibilité. Heureusement, elle ressent encore parfois des regains d'enfance qui donnent de l'espoir. Dita est le symbole du bonheur et de l'innocence.
« Elle était tellement jeune qu'elle ne se rappelle presque pas le monde avant la guerre. De même qu'elle cache des livres sous sa robe dans cet endroit où on lui a tout pris, elle conserve aussi dans sa tête un album de photographies composé de souvenirs. Elle ferme les yeux et tente de se remémorer le monde lorsque la peur n'existait pas. »

vendredi 15 octobre 2021

Sandrine Destombes : " Le dernier procès de Victor Melki "

 


Edtions Hugo Thriller

379 pages


4 ème de couverture



La commissaire Maxime Tellier est en disponibilité depuis plusieurs semaines quand un messager anonyme la convie à l'enterrement d'un homme que personne ne semble connaître et encore moins regretter.
D'autres messages s'ensuivent et elle se retrouve à remonter la piste d'une organisation décidée à repousser les limites du système judiciaire. Chaque coupable mérite une peine exemplaire et si la justice ne les condamne pas, certains sont prêts à tout pour y remédier.
N'ayant plus les moyens officiels de mener une enquête, la commissaire fait appel au capitaine de gendarmerie Antoine Brémont, expert en profilage, pour sauver la prochaine cible de ces justiciers. Mais dans cette affaire, deux folies s'affrontent, et Max devra déterminer qui sont les coupables et qui sont les victimes.


Mon avis



Sandrine Destombes fait partie de ces auteurs qui parviennent à se renouveler à chaque ouvrage. Avec « Le dernier procès de Victor Melki », elle retrouve sa commissaire fétiche, Maxime Tellier mais cela ne l'empêche pas de nous donner encore un autre aspect de cette enquêtrice très appréciée de ses lecteurs. J'ai été ravie de voir revenir enfin Maxime qui me manquait. Elle est cette fois en disponibilité car son travail lui a quelque peu assombri l'esprit et en pensant à ses précédentes aventures, on peut la comprendre !
Un message assez inhabituel lui est envoyé anonymement. Elle compte ne pas trop s'en préoccuper mais évidemment ses neurones ne peuvent s'empêcher de bourdonner. Ainsi, elle va s'engager dans une enquête non officielle tout en se faisant aider par l'expert en profilage Antoine Brémont.
« Cela faisait des semaines qu'elle n'avait pas ressenti ce petit picotement à la base de la nuque et, bien malgré elle, cette sensation lui plaisait. »
Comme ses précédents romans, « Le dernier procès de Victor Melki » est totalement addictif, j'ai eu d'ailleurs beaucoup de difficultés à le laisser tant j'aurais aimé le lire d'une seule traite ! Ici, on a affaire à un véritable jeu de piste dans lequel chaque mot a son importance. Les méandres d'un certain type de criminalité sont abordés avec des détails passionnants. Les diverses pistes suivies par les enquêteurs étonnent au fil des pages. Sandrine Destombes met nos nerfs à rude épreuve.

dimanche 10 octobre 2021

Ophélie Cohen : " Héloïse "

 


Editions IFS

346 pages


4 ème de couverture


« Toutes les femmes ont une histoire. La mienne est plutôt moche. » À la veille de ses trente ans, au cours d’une nuit entourée des fantômes de son passé, Héloïse va se raconter. Portée par les souvenirs et les remords, elle ouvre la boîte de Pandore. Noir, intime et dérangeant, un roman à la fois sombre et lumineux dans lequel les émotions sont à fleur de mots.



Mon avis



" Héloïse " est un prénom signifiant " bois robuste " mais dans ce roman cette jeune femme se plie tel un roseau. Ophélie nous narre principalement l'histoire d' Héloïse, son passé, ses troubles, ses déchirures et ses blessures.


Héloïse n'a jamais connu l'amour maternel ni paternel. Allant de foyer en famille d'accueil, elle connaitra inexorablement la colère. Terrassée par le passé et par ce qu'elle a pu subir en famille d'accueil, Héloïse souffre.
" Je souffrais de l'absence de tendresse et d'attention. Aimer, ça faisait mal. S'attacher, c'était souffrir  parce que tous finissaient par s'en aller."
Les fantômes du passé ne font qu'accroître son malheur jusqu'au jour où elle rencontre Alexandre sur son chemin.

Aura-t-elle une lueur d'espérance de vivre intensément chaque instant ?

lundi 4 octobre 2021

Sonja Delzongle : " Sur l'île noire "

 


Les éditions Paulsen


4 ème de couverture


Faut-il croire aux monstres ? Comment un mythe façonne-t-il une région ? Comment une légende fascine-t-elle le monde ? C’est la question que se pose Sonja Delzongle, auteur de polar, pour qui la différence, la solitude, la marginalité ont toujours été sources d'inspiration.

Sonja Delzongle est partie sur les noires terres écossaises pour saisir l'esprit des Highlands et apprécier le trouble de ses eaux. Elle est revenue avec un palpitant récit alternant entre enquête, rencontres improbables et voyage (intérieur comme extérieur).
Autour de Nessie, créature des profondeurs, on trouve : des îles mystérieuses riches en légendes, des canulars, des présumées apparitions, mais aussi de sérieuses études scientifiques ayant abouties en 2018 à 600 prélèvements d’ADN et surtout, des doux dingues, aventuriers du lac, pour qui le fantastique est devenu le quotidien.


L'avis de Yannick Dubart



Je vous propose de découvrir l'avis de Yannick Dubart " Sur l'île noire " de Sonja Delzongle.


Avec « Sur l'île noire », Sonja Delzongle nous fait pénétrer dans un territoire tout à fait dépaysant. D'ailleurs, elle nous dépayse dans le genre abordé également ! Ici elle ne nous offre pas un thriller dont elle a le secret mais un livre original et intéressant pour d'autres raisons. De plus ce livre commence comme un poème invitant à la lenteur. « SLOW. Penser à ralentir, parce qu'une route détrempée est aussi glissante que du verglas. » J'ai pris cela comme une douce injonction à savourer les mots et les lieux. Ses romans sont habituellement intenses et « Sur l'île noire » ne fait pas exception même si cette intensité est différente !

Autant le dire tout de suite, cette lecture m'a émerveillée. Mon côté prof d'histoire a été comblé par la pertinence des aspects abordés. En effet, le mythe du monstre du Loch Ness permet à Sonja Delzongle de détailler plusieurs problématiques : économie, société ou littérature.

Le mythe est également scruté en tant que tel. Sonja Delzongle décrit le merveilleux et le fantastique qui entourent Nessie. J'ai senti le goût du fantastique au détour de chaque phrase. J'ai appris ainsi certaines choses sur l'étude des monstres. De plus, la nature est magnifiée et j'ai eu très vite envie d'aller me promener sur les rives du Loch Ness et dans les régions qui l'entourent.

mardi 28 septembre 2021

Tatiana de Rosnay : " Célestine du Bac "

 


Editions Robert Laffont

336 pages


4 ème de couverture



Lui, dix-huit ans, fils de bonne famille, solitaire et rêveur. Elle, sans âge, sans domicile, abîmée par la vie et l’alcool. Tout les sépare.
Pourtant, un jour, rue du Bac, à Paris, leurs chemins se croisent. Contre toute attente, une extraordinaire amitié se noue. De celles qui changent une vie. De celles qui forgent à jamais une personnalité.
Saisir sa chance, affronter le mystère familial qui le hante, c’est ce que Célestine va transmettre à Martin. Et plus encore…

« Ce roman, je l’ai écrit en 1990. J’avais rangé le manuscrit dans un carton, puis l’avais oublié. Jusqu’au jour où, à l’occasion d’un déménagement, nous nous sommes retrouvés, lui et moi. Je l’ai relu avec émotion et il m’a semblé qu’il avait aujourd’hui une résonance particulière. Il est là, entre vos mains. » Tatiana de Rosnay.


Mon avis



Martin Dujeu est un adolescent de 18 ans : il est fan de l'auteur Emile Zola. Timide de par son apparence et son physique, d'ailleurs il est surnommé " l'asperge albinos " . Martin n'a jamais connu sa mère décédée d'un accident d'avion. Il se confie très peu à son père mais fait plus confiance à son ami Oscar.
" Martin parle peu, rit peu, s'amuse peu, car il sait que sa mère possédait une joie de vivre et une gaieté hors du commun. "
Toujours en compagnie de son chien appelé Germinal, Martin va rencontrer une SDF installée rue du Bac. Cette relation entre ces deux personnages va se faire petit à petit et Martin va commencer à s'extérioriser. Nait ainsi une affection et une entente infaillible entre Célestine et Martin. Martin se confie de plus en plus à elle au point de lui faire découvrir son passé mais aussi bien plus... 
"- Dis, tu m'aimes, Martin ?- Oui, je vous aime, Célestine.
- Tu m'aimes comment ?
- Je vous aime d'un amour sincère et respectueux, comme l'amour d'un enfant pour un parent.
- Et moi, j't'aime comme si je t'avais tricoté, j't'aime comme si je t'avais porté dans mon ventre ! "

lundi 20 septembre 2021

Laurie Elizabeth Flynn : " Nous étions les reines "

 


Editions Hugo Thriller

426 pages


4 ème de couverture



DIX ANS PLUS TÔT, LEURS JEUX PERVERS ONT BRISÉ DES VIES. AUJOURD'HUI, C'EST À ELLES DE RENDRE DES COMPTES.

À leur retour sur le campus, dix ans après l'avoir quitté, deux anciennes amies
de fac réalisent que quelqu'un cherche à se venger de ce qu'elles y ont fait à l'époque – et que cette personne ne reculera devant rien pour arriver à ses fins.
Un thriller psychologique aussi subtil qu'efficace sur l'ambition, les amitiés toxiques et les désirs mortels. Un premier roman impressionnant et magistral.

Depuis qu'Ambrosia Wellington a quitté la fac, elle s'est donné beaucoup de mal pour s'inventer une nouvelle vie et laisser le passé derrière elle. Lorsqu'elle reçoit un mail l'invitant à la célébration des dix ans de sa promo, son instinct la pousse d'abord à refuser. Jusqu'à ce qu'arrive un étrange message anonyme : " Nous devons parler de ce que nous avons fait cette nuit-là. "
Les secrets qu'Ambrosia pensait enfouis ne le sont pas. Quelqu'un sait. Quelqu'un sait que l'amitié entre Ambrosia et l'extravagante Sloane "Sully' Sullivan les a poussées à jouer à des jeux de séduction de plus en plus troubles, de plus en plus pervers. Mais comment résister au charme vénéneux de Sully, capable de faire faire ce qu'elle voulait à toutes celles et tous ceux que ce charme envoûtait ?
De retour sur le campus, assaillies par les souvenirs et par les remords, Ambrosia et Sully reçoivent des messages de plus en plus menaçants. Celui ou celle qui les écrit ne cherche pas seulement à connaître la vérité, mais à se venger. À se venger de ce que les deux filles ont fait dix ans plus tôt, et dont Ambrosia réalise enfin toute la cruauté.

Alternant entre le récit du premier semestre d'Ambrosia sur le campus et celui de son retour dix ans plus tard, Nous étions les reines mêle thriller, tragédie, trouble et trahison pour décrire avec brio la brutalité et la perversité des jeux amoureux, à un âge où l'on ne réalise pas qu'il n'y a parfois qu'un souffle ténu entre l'amour et la mort.


Mon avis



« Nous étions les reines » de Laurie Elizabeth Flynn commence comme un feel good dans lequel des étudiantes découvrent leur campus ! Mais la comparaison s'arrête très vite au bout de quelques pages. En effet Ambrosia va vivre sa première année d'université de façon très particulière ! Elle va rencontrer Flora et Sully qui vont interférer parfois malgré elles dans son avenir.
« J'allais partager une chambre pour deux pendant ma première année à l'université, dans la résidence Butterfield C, au premier étage. Un édifice comme un point d’interrogation tracé autour d'une cour centrale, où je me voyais déjà, assise avec un livre, le vent dans les cheveux. »
Je ne peux en dire plus sur l'intrigue sans en divulguer trop tant l'histoire est originale ! Mais je peux parler des personnages ! Ils sont magnifiquement dépeints, j'imagine très bien leur allure et leurs gestes. Par petites touches, l'auteure nous décrit l'atmosphère avec une écriture simple mais précise. Chaque lecteur aura sa préférence et pour ma part, j'ai accroché avec Sully qui a une personnalité très complexe. Pourtant méfiance puisque toutes les filles ont une part d'ombre et elles savent surprendre. D'ailleurs la fin ne déroge pas à cette trame mystérieuse : une des protagonistes nous scotche jusqu'à la fin. Bien sûr le stratagème de Laurie Elizabeth Flynn ne sera pas forcément appréciés de tous mais l'histoire étant bien ficelée, ça passe très bien.

samedi 11 septembre 2021

Maxbarteam : " Russe, rousse et rosse "

 


Cairn Editions

384 pages


4 ème de couverture



Bordeaux. Il fait bon vivre. La belle endormie, le port de la Lune, le Sud-Ouest, tapas sur les quais au bord du fleuve, non loin de Bacalan et de son commissariat. Le jeune capitaine de police Lou Leister se désenchante harcelé par le tortionnaire commissaire Blanc. Secondé par deux lieutenants fantasques et antonymes il lutte contre la déprime. Un serial killer insaisissable repère ses proies parmi les jolies créatures du trottoir et lui pourrit la vie.
Irina, la slave écrivaine libérée brûle la vie par les deux bouts sans tabou et s’invite à la fête organisée par le monstre. Un avocat interlope, une nymphomane, des motards louches, une boîte de nuit échangistes. En tapinois Irina tire les ficelles de toutes ces marionnettes et donne le tempo d’une danse macabre. Mais dans quel but ?


Mon avis



« Russe, rousse et rosse » de Maxbarteam commence comme son titre, de façon rapide, endiablée et ironique. Irina une belle slave entraîne une galerie d'individus dans son sillage sur une affaire de meurtre touchant des jeunes femmes. On ne peut pas résumer cette histoire tant les situations bousculent le lecteur du début à la fin.
« Paco adore sa mère et lui pardonne tout, mais il estime que Cascou exagère alors qu'Anne-Charlotte, qui adore Cascou et lui pardonne tout, trouve souvent que Paco exagère. »
Les personnages sont nombreux et l'auteur parvient à en faire des caractères bien trempés avec des anecdotes et des descriptions frisant le loufoque. Ainsi on peut les suivre dans un rythme effréné qui plaira beaucoup ou qui agacera ! Pour ma part, j'ai parfois été perdu dans ce mélange de personnalités mais en même temps cela contribue à la richesse de l'histoire.

L'humour est omniprésent ainsi que la dérision. Le tout est parfois mêlé à des réflexions très profondes montrant le talent observateur de l'auteur. Toutefois j'ai trouvé que l'intrigue après avoir commencé rapidement s'enlise un peu dans ces descriptions des protagonistes.
« Là, debout devant cette civière lugubre, il se trouve davantage vivant, prend conscience de cet état définitif, soudain et irrévocable, de la vie à trépas, de l'extraordinaire au néant, du superficiel à l'essentiel. »
« Russe, rousse et rosse » est un roman sympathique et bien écrit avec panache mais qui comprend quelques passages inégaux. L'impression générale reste néanmoins très positive puisqu'en le lisant on s'évade et on se détend avec la belle Irina !


L'auteur


Pierre Bourguignon, alias Maxbarteam (en hommage à la BD Jo Bar Team), est un capitaine de gendarmerie à la retraite et écrivain.

Il connaît le succès avec son premier roman publié chez les éditions Cairn, "Balle perdue à Moliets" (2015), suivi de "Palombes, Tursan et sale ami" (2016).

Ses romans, nés de son imagination, entraînent le lecteur dans les enquêtes menées par la gendarmerie avec comme personnages principaux, le maréchal des logis chef Morgan Teillagorry et le gendarme Marcel Parayous.

Il a également publié un essaie, "Les femmes, les hommes et le vélo" (99 histoires sur la bicyclette), aux éditions Gascogne en 2014.

Après le marathon et les courses de grand fond, il pratique le golf, le cyclisme en compétition, la moto.

Il vit à Vielle-Saint-Girons.


vendredi 3 septembre 2021

Charlotte Léman : " Si la vie te donne des citrons, fais-en une tarte meringuée "

 


Editions L'Archipel

300 pages


4 ème de couverture


ON NE PEUT PAS TOUT MAÎTRISER DANS LA VIE MAIS ON PEUT EN CHOISIR LE GOÛT

Clémence chérit l'existence tranquille qu’elle s’est construite : une vie de couple paisible, un fils adorable et un travail d’assistante dont elle connaît tous les rouages. Un si bel équilibre vaut bien quelques concessions. Alors, avec le temps, Clémence a appris à arrondir les angles.

Son petit monde s’effondre le jour où son mari la quitte pour une femme plus jeune. Cerise sur le clafoutis, il lui annonce qu’il reste dans leur appartement tant que celui-ci ne sera pas vendu !

Clémence va devoir choisir : désespérer ou reprendre sa vie en main. Cette épreuve pourrait bien être l’occasion d’une revanche…


Mon avis



« Si la vie te donne des citrons, fais-en une tarte meringuée » est assez éloigné de mes goûts littéraires mâtinés de noir, mais j'avoue avoir pris plaisir (si, si) à lire l'histoire de Clémence. Son auteure, Charlotte Léman manie la plume agréablement afin de nous raconter les déboires d'une femme plaquée par son mari et cela la quarantaine passée.
« -Pour une fois, j'ai envie de prendre des risques, comme tu dis maman, la roue tourne, il faut profiter »
En alternant son récit et les petites réflexions de son héroïne en italique, je ne me suis pas ennuyée une seule minute. Bien sûr, selon les règles du « feel good », on trouve une amie très sympa, une mère envahissante et une fin positive ! Mais grâce à certains traits d’humour voire d'ironie, l'ensemble réserve des surprises savoureuses à l'image des pâtisseries concoctées par Clémence.
« Mon mari me quitte sans préavis pour une fille qui n'était pas née quand on s'est rencontrés, ou alors qui portait des couches, et ce serait à moi de faire des efforts pour le reconquérir? Mais dans quel monde de fous vit-on ? »

dimanche 29 août 2021

Valérie Perrin : " Trois "

 


         

Editions Albin Michel

672 pages


4 ème de couverture



"Une pépite de roman". Le Parisien

« Je m’appelle Virginie. Aujourd’hui, de Nina, Adrien et Etienne, seul Adrien me parle encore.

Nina me méprise. Quant à Etienne, c’est moi qui ne veux plus de lui. Pourtant, ils me fascinent depuis l’enfance. Je ne me suis jamais attachée qu’à ces trois-là. »

1986. Adrien, Etienne et Nina se rencontrent en CM2. Très vite, ils deviennent fusionnels et une promesse les unit : quitter leur province pour vivre à Paris et ne jamais se séparer.

2017. Une voiture est découverte au fond d’un lac dans le hameau où ils ont grandi. Virginie, journaliste au passé énigmatique, couvre l’événement. Peu à peu, elle dévoile les liens extraordinaires qui unissent ces trois amis d’enfance. Que sont-ils devenus ? Quel rapport entre cette épave et leur histoire d’amitié?

Valérie Perrin a ce don de saisir la profondeur insoupçonnée des choses de la vie. Au fil d’une intrigue poignante et implacable, elle nous plonge au cœur de l’adolescence, du temps qui passe et nous sépare.

Ses précédents romans, Les Oubliés du dimanche et Changer l’eau des fleurs, ont connu des succès mondiaux, totalisant plus de deux millions d’exemplaires, traduits dans une trentaine de pays. En 2018, elle a été récompensée par le prix Maison de la Presse et le prix Choix des Libraires du Livre de Poche ; en 2019, par le prix des Lecteurs.



Mon avis



" Trois " est une histoire que j'ai suivi avec intérêt trois personnages, Nina Beau, Etienne Beaulieu et Adrien Bobin. C'est un roman où j'ai ressenti une relation durable entre les héros, une amitié qui ne s'efface pas au contraire elle perdure bien des décennies de la CM2 à la terminale et voire plus…
C'est le temps de l'enfance, de l'adolescence, de l'insouciance et d'une complicité intemporelle.

Mon dieu que j'ai aimé suivre ses protagonistes ! Chacun d'entre eux se complète et cette relation est touchante. Le passé joue un grand rôle dans ce récit. Valérie Perrin voit au delà de ses personnages car elle sait distiller une petite intrigue policière ; une voiture a été retrouvée dans un lac avec une corps méconnaissable à l'intérieur.

Jamais je n'aurai pensé à me lier autant à Etienne, à Nina et à Adrien. Ces trois forment une seule équation où le résultat n'est que l'infini absolu comme une sorte de résolution infaillible et impossible.
" Avec Adrien, on a une théorie. On pense que quand la vie nous prend quelque chose, elle nous donne autre chose en retour. "
Valérie Perrin nous plonge dans une histoire où le temps passe et trépasse inlassablement. Au travers de cette trinité, leurs vies laissent des traces dans ma tête, j'aime être avec eux, ressentir leurs émotions où le bonheur me touche et m'émeut.

Bev Thomas : " Envers et contre Tom "

 


Ed. J.C. Lattès

350 pages


4 ème de couverture


Les mensonges les plus dangereux sont ceux que nous nous racontons à nous-mêmes.


Ruth Hartland est psychothérapeute et directrice d’une unité de thérapie de traumatologie. Son excellence au travail dissimule un profond deuil intime : mère de jumeaux devenus grands, elle est hantée par la disparition de son fils Tom,
un an et demi plus tôt. Le garçon, solitaire et différent, a toujours eu du mal à s’intégrer. Ruth est figée dans l’espoir de son retour.
Lorsqu’un nouveau patient, Dan, fait irruption dans sa vie, elle se sent perdre pied, car ce dernier ressemble comme deux gouttes d’eau à son fils. En tant que thérapeute, Ruth sait qu’elle doit agir dans l’intérêt de l’adolescent et se tenir à distance, mais en tant que mère, elle fait un tout autre choix.
Un choix qui ne sera pas sans conséquences.


Mon avis



C'est le premier roman de l'auteure que j'ai trouvé génial. Très bien et super prenant. J'ai vraiment été surprise par la densité et la justesse de cette histoire. Ruth Hartland est la narratrice et est psychothérapeute dans le service de traumatologie. Malgré la disparition de son fils Tom, Ruth arrive à contenir ses émotions lors de ses entretiens avec les patients.
Tout au long de ce roman, le lecteur va la suivre dans sa façon de travailler auprès de sa clientèle lors des séances. Jusqu'au jour où un nouveau patient arrive et se prénomme Dan Griffin. Ruth est sous le choc car l'allure de Dan fait vraiment penser à son fils Tom.
Je m’arrête net. Et j’ai un mouvement de recul. Le jeune homme – juste un gamin en réalité – me jette un bref regard, l’air absent, avant de baisser les yeux sur ses mains. Je remarque son œil au beurre noir, l’hématome sur sa joue, sa main bandée. Ce n’est pas Tom. J’ai la nausée, je vais vomir. J’attrape la poignée de la porte et m’y agrippe de toutes mes forces. "
Le lecteur est lancé dans une ambiance anxiogène. J'ai eu des difficultés à lâcher ce roman tellement j'ai été prise par cette histoire. J'ai aimé suivre le personnage de Ruth avec ses failles et son passé. J'ai senti qu'il allait se passer quelque chose au fil des pages et je n'ai vraiment pas pensé où l'auteur voulait en venir. " Envers et contre Tom " est vraiment un roman palpitant du début à la fin. Jamais je n'aurais imaginé un tel retournement de situation de la part de l'auteure.


Le thème de la relation psychothérapeute et patient est très bien développé. C'est un premier roman totalement réussi qui se lit avec avidité. " Envers et contre Tom " est un roman addictif à souhait !



L'auteure



Bev Thomas a exercé le métier de psychologue clinicienne au NHS pendant de nombreuses années. Elle travaille actuellement en tant que consultante dans le domaine des soins psychiques. Elle vit à Londres avec sa famille. Envers et contre Tom est son premier roman.

dimanche 22 août 2021

Claire Allan : " Ne la quitte pas du regard "

 


Editions Archipel

340 pages


4 ème de couverture


« Tout au long de ma lecture, une seule question s’est imposée : qui croire ? » goodreads.com

« Haletant. Je l’ai lu d’une traite ! » Marian Keyes

« Ne crois pas ce qu’il te raconte. » Cette note anonyme glissée dans son casier instille le doute dans l’esprit d’Eli, une infirmière enceinte de sept mois. Simple plaisanterie de mauvais goût ou véritable avertissement ?

Le message fait-il allusion à son mari, Martin, qu’elle sent de plus en plus distant depuis le début de sa grossesse ? Un deuxième message lui parvient bientôt, plus explicite mais surtout plus inquiétant. Puis les menaces se précisent…

Dans l’ombre, une femme semble l’épier. Une femme qui souhaite plus que tout devenir mère…

Ne la quitte pas du regard alterne plusieurs voix – dont celle d’Eli, la future maman, et celle de Louise, qui suit une femme enceinte qu’elle ne juge pas digne d’élever la fillette qu’elle attend. Un suspense dont la tension va crescendo, jusqu’au dénouement… inattendu !



Mon avis




" Ne la quitte pas du regard " est un thriller plus ciblé sur la psychologie des personnages. Malgré des chapitres courts, j'ai trouvé que ce roman trainait en longueur. Il faut vraiment atteindre plus de la moitié du livre pour que l'intrigue et l'ambiance me titillent. Eli est infirmière et enceinte ; elle a donc tout ce qu'il faut pour être heureuse ! Mais tout change le jour où elle retrouve des messages anonymes qui lui disent de se méfier et de faire attention à son mari, Martin. 
" Je la déplie et découvre deux simples lignes, rédigées de la même écriture soignée :
Ne crois pas
tout ce qu’il te raconte
Je scrute les mots et les lis à nouveau. Je retourne la feuille, pour m’assurer de ne rien avoir manqué qui pourrait redonner un contexte à cette phrase. Je vais même jusqu’à inspecter l’intérieur de l’enveloppe, je la secoue. Un sentiment étrange m’envahit. "
L'alternance des chapitres donne la parole à la fois à Eli, Angela, la mère d'Eli et à une certaine Louise. On devine aisément que cette dernière souffre de troubles psychiques.

Tout tourne autour de ces trois personnages. Le rythme de ce récit se ressent de ce procédé d'écriture et c'est bien dommage.
Heureusement certains passages sont quand même prenants. Ainsi la fin de l'histoire est assez étonnante mais j'avais deviné où l'auteure voulait en venir.


" Ne la quitte pas du regard " ne sera pas un coup de cœur. 


L'auteure


Claire Allan est une écrivaine.

Diplômée en journalisme à l'Université d'Ulster (1999), elle débute comme reporter au "Derry Journal".

En 2007, elle publie son premier roman, "Rainy Days and Tuesdays", une romance, qui devient un best-seller dès sa sortie.

Après avoir écrit plusieurs romances, elle abandonne le journalisme pour se consacrer à l'écriture.

"Une mère idéale" ("Apple of My Eye", 2019) est son deuxième thriller.

Mariée et mère de deux enfants, elle vit à Londonderry, en Irlande du Nord.

Après une carrière de journaliste au Derry Journal, Claire Allan se consacre à l'écriture de romans à suspense. Dans la lignée des oeuvres de B.A. Paris ou Gillian Flynn, ce roman a connu le succès outre-Manche et aux États-Unis et a figuré en tête des ventes de USA Today.

samedi 21 août 2021

Franck Thilliez : " 1991 "

 

Ed. Fleuve Noir

504 pages


4 ème de couverture



En décembre 1991, quand Franck Sharko, tout juste sorti de l’école des inspecteurs, débarque au 36 quai des Orfèvres, on le conduit aux archives où il est chargé de reprendre l’affaire des Disparues du Sud parisien. L’état des lieux est simple : entre 1986 et 1989, trois femmes ont été enlevées, puis retrouvées dans des champs, violées et frappées de multiples coups de couteau. Depuis, malgré des centaines de convocations, de nuits blanches, de procès-verbaux, le prédateur court toujours.
Sharko consacre tout son temps à ce dossier, jusqu’à ce soir où un homme paniqué frappe à la porte du 36. Il vient d’entrer en possession d’une photo figurant une femme couchée dans un lit, les mains attachées aux montants, la tête enfoncée dans un sac. Une photo derrière laquelle a été notée une adresse, et qui va entraîner le jeune inspecteur dans une enquête qui dépassera tout ce qu’il a pu imaginer…


Mon avis



" 1991 " est un polar qui raconte la première enquête de Sharko dans les années 90. Débarqué depuis peu au 36 quai des Orfèvres, il est sur l'affaire des Disparues du Sud parisien. N'ayant pas d'ordinateur sous la main, Sharko utilise son intelligence et son savoir faire ; ce dossier est loin d'être classé et vite résolu.
Parallèlement à cette enquête, une photo est apportée par un homme, au dos de celle-ci est mentionnée une adresse. Cette photo représente une femme attachée ayant la tête dans un sac. De suite Sharko, ce jeune bleu-bite, s'intéresse de plus près à ce sujet.

Franck Thilliez a une idée ingénieuse de nous présenter la première enquête de Franck Sharko à cette période. La science n'était pas aussi performante qu'aujourd'hui; les comptes rendus étaient encore retranscrits sur format papier. Le début des années 90, c'est l'année où tout le monde écoutait la musique dans son baladeur cassette. J'ai bien aimé ce retour en arrière qui m'a rappelé de très bons souvenirs.

Dans " 1991 " l'affaire décrite est en somme classique si ce n'est l'absence des technologies comme l'ADN, les téléphones portables et réseaux sociaux.

mardi 10 août 2021

Muriel Keuro : " Ne rentre pas trop tard "

 


Editions Flammarion

272 pages


4 ème de couverture


« Je suis mort le mercredi 27 novembre 2019, à moins que cela soit le 26, le médecin légiste n’a pas été formel. L’acte de décès établi par l’officier d’état civil porte froidement la mention : “Décès constaté le 27 novembre 2019, dont la date n’a pu être établie. Le corps a été retrouvé en son domicile.” Le mois dernier, j’avais pourtant tenté de vous prévenir : “Un jour, je vais me foutre en l’air, et vous me retrouverez tout sec étendu sur le sol.” »

Ainsi commence le récit posthume d’Arnaud, vingt ans, retrouvé sans vie dans sa chambre de bonne. En lui prêtant sa voix, Muriel Keuro témoigne du combat de son fils contre la mélancolie. C’est aussi un livre sur les addictions et le drame vécu par les parents qui voient se fermer les portes des médecins dès lors que leur enfant est majeur.

Un récit choc qui dit l’impuissance d’une mère face à un fils qui ne veut plus vivre.



Mon avis




" Ne rentre pas trop tard " est le témoignage d'Arnaud retrouvé mort dans une chambre de bonne à l'    âge de 20 ans. La perte d'un enfant est la pire chose qui puisse arriver dans la vie. Muriel Keuro a eu beaucoup de courage pour écrire ce récit.

Majeur, Arnaud n'a pas su se démêler de ses démons ; la dépression, l'alcool et la drogue font partie intégrante de sa vie. Malgré les suivis des médecins et des psychiatres, Arnaud rechute et sombre à petit feu. Sa mère n' a jamais désaimé son fils malgré son état. Comment réagir et faire face aux addictions de son enfant ?
Mais Arnaud bascule toujours  dans une profonde spirale dépressive. J'ai senti le désespoir de cette maman face à la souffrance de son fils. 

" Heureusement, il y a la bière.
Le week-end, à la sortie de l’internat, je découvre ses effets apaisants et désinhibants.
En semaine, les bouteilles et les canettes circulent sous le manteau.
Je deviens un autre.
Sûr de lui, drôle, sociable.
Le gars ultra-populaire qui ambiance les soirées parisiennes.
Envolés, les complexes et les doutes. Quelques verres suffisent pour que je m’aime enfin. "
" Ne rentre pas trop tard " est un récit qui m'a secouée; l'auteure décrit parfaitement le mal être psychique d'Arnaud. C'est un témoignage criant de vérité. 
Muriel Keuro fait de ce roman un bel hommage ! 

L'auteure


Muriel Keuro est mère de deux enfants.

Après des années de lutte contre la dépression, la drogue et l'alcool, son fil Arnaud a mis fin à ses jours à l'âge de 20 ans, en 2019.

"Ne rentre pas trop tard" (2021), un livre en hommage à son fils, est son premier récit.


lundi 9 août 2021

Claire Norton : " Celle que je suis "

 


Editions Robert Laffont

432 pages


4 ème de couverture



Une bouleversante histoire de résilience qu’on lit le cœur battant dans l’espoir que son héroïne s’en sorte.

Valentine vit dans une petite résidence d’une ville de province. Elle travaille à temps partiel au rayon librairie d’une grande surface culturelle. Les livres sont sa seule évasion ; son seul exutoire, le journal intime qu’elle cache dans le coffre à jouets de son fils. Et son seul bonheur, cet enfant, Nathan, qui vient de souffler ses six bougies. Pour le reste, Valentine vit dans la terreur qu’au moindre faux pas, la colère et la jalousie de son mari se reportent sur Nathan…
L’arrivée d’un couple de voisins âgés dans l’appartement d’en face va complètement bouleverser sa vision du monde. Car comment résister à la bonté de Guy, qui se conduit avec Nathan comme le grand-père qu’il n’a jamais eu ? Comment refuser la tendresse de Suzette, cette femme si maternelle, elle qui a tant manqué de mère ? Peu à peu, Valentine se laisse apprivoiser.
Jusqu’au jour où elle commet une minuscule imprudence aux conséquences dramatiques… Mais une chose change tout, désormais : elle n’est plus seule pour affronter son bourreau et reconstruire sa vie volée.



Mon avis



" Celle que je suis " est un roman qui m'a véritablement touchée. Les thèmes abordés sont les violences conjugales, l'emprise et  l'incompréhension. J'ai suivi le calvaire de Valentine, cette jeune femme sous l'emprise de son mari. Son seul échappatoire est son travail à mi temps dans une grande surface aux rayons livres. Mais elle se confie davantage dans son carnet intime caché dans la chambre de son jeune garçon prénommé Nathan. Tous les deux ont peur de la réaction du mari et papa à la fois.
C'est en comptant sur la présence de leurs voisins Suzette et Guy que Valentine et Nathan prendront un  peu de bien être et de de réconfort auprès d'eux.

Claire Norton arrive à me mettre dans un tel embarras ! D'ailleurs quelques scènes m'ont assaillies de douleur mais aussi de colère. Qu'attend Valentine pour réagir et sortir des griffes d'un tel bourreau ?
J'ai ressenti la souffrance de Valentine mais aussi de Nathan ; pourquoi ne quittent-ils pas au plus vite ce foyer où la terreur et la violence se font sentir ?

dimanche 25 juillet 2021

Djamel Cherigui : " La Sainte Touche "

 


Editions J.C. Lattès

256 pages


4 ème de couverture



Des mecs comme Alain Basile, vous n’en croiserez pas tous les jours et pas à tous les coins de rue.C’est dans son épicerie, La Belle Saison, que j’ai fait sa connaissance. Mon père venait de me mettre à la porte et je vagabondais dans les rues en rêvant d’une vie de bohème. Alain, lui, il en avait rien à faire de la bohème et des lilas sous les fenêtres, sa seule ambition était de devenir millionnaire. Pour réussir, il était prêt à tout et avait besoin d’un associé. C’est tombé sur moi. Mais accuser Alain Basile d’avoir chamboulé mon existence reviendrait à reprocher au Vésuve d’avoir carbonisé Pompéi. Sans lui, je n’écrirais pas aujourd’hui.


Si La Sainte Touche raconte les aventures d’un duo improbable avec humour, c’est aussi un pur joyau littéraire, aussi cynique
que romantique. Un roman dans la veine de Karoo de Steve Tesich, de la série Breaking Bad et du film Dikkenek.



Mon avis



Le narrateur est un jeune paumé mis à la porte par son daron. Sur son chemin il rencontre Alain Basile, le gérant d'une épicerie du coin. N'ayant plus de logement Alain lui propose un endroit pour dormir en échange ce jeune garçon dit " L'artiste " va devoir lui rendre quelques services pas très légaux. De cette rencontre il connaitra des dangers mais aussi de belles aventures et de rencontres assez sympathiques. Djamel Cherigui aborde des thèmes d'actualité qui sont la drogue, la vie sociale, l'alcool, le trafic et le sexe.
" C’est le moment où les cafards sortent de leurs trous. Y a plus de gens normaux dans les rues, y a que des marginaux, des alcooliques des flemmards, des chômeurs. Des mecs qui tournent en rond, qui savent pas quoi faire de leur temps, qui n’ont nulle part où aller. "
A travers ses personnages, l'auteur a réussi à alléger la dureté des sujets grâce à un langage et un humour loufoque. Certaines expressions m'ont bien fait rire.

C'est un style que j'ai trouvé en adéquation avec l'histoire et le rôle de chacun des protagonistes. C'est très réussi car l'auteur a su m'emporter dans les délires des personnes. Mais vous saurez que les ennuis commencent quand vous rencontrez sur votre chemin une personne comme Alain Basile.

" La Sainte Touche " est un roman sociétal où certaines valeurs sont décrites. Les conditions et réussites des jeunes amènent à la réflexion. C'est un roman mettant en scène l'aventure de l'artiste et le magouilleur de première, Alain Basile.

Djamel Cherigui a su me divertir avec " La Sainte Touche ". Avec un style brut et humoristique sans fioriture, ce roman est une belle découverte avec une histoire touchante. C'est un premier roman qui mérite qu'on s'y attarde, j'ai vraiment passé un bon moment. C'est un brin décalé !



L'auteur


Djamel Cherigui a 34 ans, il est épicier à Roubaix. Selon ses mots, sa vie était « merdique » jusqu’à ce qu’il découvre la littérature.
Aujourd’hui, passionné de peinture et de musique baroque, collectionneur de livres anciens, l’enfant du Nord reste fidèle à sa région et à ses racines en racontant la vie des laissés-pour-compte. Ceux que l’on n’entend jamais.


vendredi 23 juillet 2021

Sébastien Destremau : " Retour en enfer "

 


XO Editions

272 pages


4 ème de couverture



À défaut de me conduire jusqu’à destination, mon périple m’a mené à l’essence même de mon être. L’âpreté de la lutte et les illusions perdues ont fait tomber mon égoïsme et mes humeurs de vieil enfant…
Le 8 novembre 2020, quatre ans après avoir bouclé mon premier tour du monde, je m’élance pour un second Vendée Globe. J’ai appelé mon bateau Merci, en hommage à tous ceux qui m’ont permis de vivre cette aventure insensée.
Seulement voilà, ma course tourne au calvaire : l’abri de mon cockpit se déchire, mes instruments lâchent, une fissure apparaît à l’avant. Impossible, dans ces conditions, d’attaquer le Pacifique et ses vents violents.
Le 16 janvier, après 70 jours de mer, je décide d’accoster en Nouvelle-Zélande. Ce que je pourrais ressentir comme un échec me réconcilie avec moi-même. La mer m’a vaincu mais j’ai repris la barre de mon destin. Chaque matin qui se lève est comme une page blanche. J’étais seul au monde, je ne serai plus jamais seul…

Le récit d’un incroyable combat
Une leçon de courage et de sagesse.


Mon avis




Sébastien Destremau montre dans " Retour en enfer " que l'on peut parfois transformer un échec en une nouvelle chance, en une expérience positive ! L'auteur a su trouver les mots pour expliquer son parcours durant sa participation au Vendée Globe. Il raconte ses aventures dans l'Océan magnifique mais dangereux ! Ce livre est pour moi comme une allégorie d'un chemin de vie : naviguer parmi les requins et les écueils de l'existence et finalement parvenir à une paix intérieure, un refuge !
" Lors de mon premier Vendée Globe, j’ai compris qu’il n’y avait pas de meilleure façon de me retrouver que de me perdre en mer. "
Son quotidien hors de la navigation n'est pour lui pas plus facile à vivre que sa traversée. La vie est faite de tracas et de pièges qu'il est presque plus facile de maîtriser son embarcation dans les périls maritimes. Je dirais que " Retour en enfer " ressemble au récit d'une résilience. Un livre d'aventure qui frôle donc le roman philosophique tout en employant des termes durs et sans pitié. Le titre lui-même est volontairement trompeur puisque l'enfer mène au bout de la course à une sorte de renaissance.
L'océan aurait-il des vertus libératrices ? Ainsi pour reprendre le titre d'un livre de Houellebecq, y a-t-il la possibilité d'une île ? C'est aux lecteurs de juger. Faut-il être un adepte des sports nautiques pour apprécier ce livre ? Je crois qu'il faut quand même s'y intéresser un peu. Sinon l'auteur réussi au fil des pages avec sa plume acerbe et directe à donner une idée de ce que représente le Challenge du Vendée Globe. Ce serait dommage de bouder le plaisir d'une virée en mer !


L'auteur


Sébastien Destremau, né le 24 août 1964 est un navigateur et un skipper français. Il a participé au Vendée Globe 2016-2017 : sur 29 concurrents, il termine 18ᵉ.


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