lundi 13 août 2018

Gérard Sévin: " Ecrasées"




Editions Fleur Sauvage
288 pages


4 ème de couverture


Lucca Palavèse, commissaire de police constamment obsédé par le meurtre de sa femme, est sur la piste d'un tueur en série surnommé « l’écraseur ». La tête des victimes, féminines, n’étant plus qu’une bouillie informe.
Depuis plusieurs années, Chif tire les ficelles de ce monstre qu’il pense avoir fabriqué. Faute d’avoir raté son élimination, il a maintenant le devoir de le nourrir. Mais souvent, une création vous explose entre les mains...

Gérard Sévin entre dans la cour des grands avec ce polar de haute volée, tendu et angoissant.



Mon avis




Gérard Sévin dans " Ecrasées" nous fait participer à la traque de L'écraseur, un tueur qui visiblement prend plaisir à éclater et écraser le crâne de ses victimes féminines. Lucca Palavèse suit de près l'affaire car sa femme Charlotte semble avoir était la proie de ce tueur. Des années après la mort de son épouse, la douleur est toujours très vive.

Ce roman est au départ assez classique car on suit l'enquête d'une équipe soudée autour de son chef, Le Corse, Lucca. Là où l'auteur parvient à se distinguer, c'est dans la psychologie de ses personnages. Gérard Sévin fait merveille quand il entre dans l'esprit de chacun d'entre eux. Ainsi les motivations sont décortiquées sans rendre la lecture ennuyeuse.
Tout n'est pas noir ou blanc et j'en suis arrivée parfois à me demander qui est véritablement coupable dans l'enchainement de la violence. Ainsi qu'est-ce que l'innocence? Qu'est-ce que la réelle culpabilité? Du début jusqu'à la fin, le doute plane. Et cela fut une belle surprise pour moi.

Dans " Ecrasées", l'action est haletante et j'ai pris beaucoup de plaisir à suivre les recherches des enquêteurs ainsi que les exactions commises. Le style est direct et vif. Cependant, j'ai relevé quelquefois un manque de délicatesse dans les formulations au détours de certains paragraphes. C'était heureusement rare et n'a pas contribué à ralentir l'intrigue. Evidemment le sujet étant dur, je ne m'attendais pas à un style poétique mais j'aurais aimé quand même plus d'élégances lors de certaines descriptions.

Sinon, l'ambiance est lourde à souhait, et c'est l'essentiel. J'ai justement apprécié l'alternance entre la vie familiale corse de Lucca et son métier. L'ensemble est lié mais voir cet homme accablé par l'existence, et plonger dans son histoire familiale est un plus non négligeable. J'ai pu de cette façon mieux supporter la noirceur des crimes perpétrés, certains personnages étant vraiment dérangeants.

" Le lendemain mercredi, Lucca se leva à l'aube. A l'ouverture des volets, un flot de clarté se déversa dans la pièce noyant l'ombre de la nuit. Sa chambre se situait dans la partie de la maison dévolue à son aîné. Ses deux filles dormaient chez Albina et Vito. Après le déjeuner qu'il prit en silence entre Antone et son père, Lucca retrouva vite les automatismes de la vie pastorale. "

Ce roman n'est pas dénué d'humour non plus. L'auteur sait bien ponctuer ses traits ironiques quand il le faut.
Je conseille donc la lecture de "Ecrasées" car je suis persuadée que vous n'allez pas lâcher cette histoire glauque et originale!



Bande annonce



L'auteur



Né à Hénin-Beaumont en 1948, Gérard Sévin, artiste-peintre et sculpteur, vit et travaille dans son atelier à Billy-Montigny dans le Pas-de-Calais.

L'auteur nous offre un premier ouvrage en 2010, intitulé La Baraque à l’Epinette. Cette biographie romancée, mélangeant le réel à l’imaginaire, est basée sur ses souvenirs d’enfant. Par contre, les tragédies historiques vécues par son grand-père résistant et déporté durant la Seconde Guerre mondiale, sont évoquées avec munitie, grâce à une longue et tenace recherche documentaire.

Ce travail littéraire n’aurait pu être qu’une parenthèse dans la carrière artistique de l'auteur et peintre, s’il n’avait pas été contaminé par le virus de l’écriture. Sensible à la musique des mots, il ne peut se résoudre à lâcher la plume. Gérard Sévin nous livre alors en 2014, son premier polar : Esquisses en sous-sol... un roman noir ou plutôt riche en couleur... comme une aquarelle...

Puis en 2016 parait Chairs à Nu, un second roman policIer où crimes et "modèles vivants" s'entrechoquent ! Une académie de dessins fréquentée par des personnages singuliers... Un artiste-peinte bohème qui infiltre le mileu...
Une histoire pleine de suspense, servie par une écriture qui a du rythme !



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