dimanche 25 juillet 2021

Djamel Cherigui : " La Sainte Touche "

 


Editions J.C. Lattès

256 pages


4 ème de couverture



Des mecs comme Alain Basile, vous n’en croiserez pas tous les jours et pas à tous les coins de rue.C’est dans son épicerie, La Belle Saison, que j’ai fait sa connaissance. Mon père venait de me mettre à la porte et je vagabondais dans les rues en rêvant d’une vie de bohème. Alain, lui, il en avait rien à faire de la bohème et des lilas sous les fenêtres, sa seule ambition était de devenir millionnaire. Pour réussir, il était prêt à tout et avait besoin d’un associé. C’est tombé sur moi. Mais accuser Alain Basile d’avoir chamboulé mon existence reviendrait à reprocher au Vésuve d’avoir carbonisé Pompéi. Sans lui, je n’écrirais pas aujourd’hui.


Si La Sainte Touche raconte les aventures d’un duo improbable avec humour, c’est aussi un pur joyau littéraire, aussi cynique
que romantique. Un roman dans la veine de Karoo de Steve Tesich, de la série Breaking Bad et du film Dikkenek.



Mon avis



Le narrateur est un jeune paumé mis à la porte par son daron. Sur son chemin il rencontre Alain Basile, le gérant d'une épicerie du coin. N'ayant plus de logement Alain lui propose un endroit pour dormir en échange ce jeune garçon dit " L'artiste " va devoir lui rendre quelques services pas très légaux. De cette rencontre il connaitra des dangers mais aussi de belles aventures et de rencontres assez sympathiques. Djamel Cherigui aborde des thèmes d'actualité qui sont la drogue, la vie sociale, l'alcool, le trafic et le sexe.
" C’est le moment où les cafards sortent de leurs trous. Y a plus de gens normaux dans les rues, y a que des marginaux, des alcooliques des flemmards, des chômeurs. Des mecs qui tournent en rond, qui savent pas quoi faire de leur temps, qui n’ont nulle part où aller. "
A travers ses personnages, l'auteur a réussi à alléger la dureté des sujets grâce à un langage et un humour loufoque. Certaines expressions m'ont bien fait rire.

C'est un style que j'ai trouvé en adéquation avec l'histoire et le rôle de chacun des protagonistes. C'est très réussi car l'auteur a su m'emporter dans les délires des personnes. Mais vous saurez que les ennuis commencent quand vous rencontrez sur votre chemin une personne comme Alain Basile.

" La Sainte Touche " est un roman sociétal où certaines valeurs sont décrites. Les conditions et réussites des jeunes amènent à la réflexion. C'est un roman mettant en scène l'aventure de l'artiste et le magouilleur de première, Alain Basile.

Djamel Cherigui a su me divertir avec " La Sainte Touche ". Avec un style brut et humoristique sans fioriture, ce roman est une belle découverte avec une histoire touchante. C'est un premier roman qui mérite qu'on s'y attarde, j'ai vraiment passé un bon moment. C'est un brin décalé !



L'auteur


Djamel Cherigui a 34 ans, il est épicier à Roubaix. Selon ses mots, sa vie était « merdique » jusqu’à ce qu’il découvre la littérature.
Aujourd’hui, passionné de peinture et de musique baroque, collectionneur de livres anciens, l’enfant du Nord reste fidèle à sa région et à ses racines en racontant la vie des laissés-pour-compte. Ceux que l’on n’entend jamais.


vendredi 23 juillet 2021

Sébastien Destremau : " Retour en enfer "

 


XO Editions

272 pages


4 ème de couverture



À défaut de me conduire jusqu’à destination, mon périple m’a mené à l’essence même de mon être. L’âpreté de la lutte et les illusions perdues ont fait tomber mon égoïsme et mes humeurs de vieil enfant…
Le 8 novembre 2020, quatre ans après avoir bouclé mon premier tour du monde, je m’élance pour un second Vendée Globe. J’ai appelé mon bateau Merci, en hommage à tous ceux qui m’ont permis de vivre cette aventure insensée.
Seulement voilà, ma course tourne au calvaire : l’abri de mon cockpit se déchire, mes instruments lâchent, une fissure apparaît à l’avant. Impossible, dans ces conditions, d’attaquer le Pacifique et ses vents violents.
Le 16 janvier, après 70 jours de mer, je décide d’accoster en Nouvelle-Zélande. Ce que je pourrais ressentir comme un échec me réconcilie avec moi-même. La mer m’a vaincu mais j’ai repris la barre de mon destin. Chaque matin qui se lève est comme une page blanche. J’étais seul au monde, je ne serai plus jamais seul…

Le récit d’un incroyable combat
Une leçon de courage et de sagesse.


Mon avis




Sébastien Destremau montre dans " Retour en enfer " que l'on peut parfois transformer un échec en une nouvelle chance, en une expérience positive ! L'auteur a su trouver les mots pour expliquer son parcours durant sa participation au Vendée Globe. Il raconte ses aventures dans l'Océan magnifique mais dangereux ! Ce livre est pour moi comme une allégorie d'un chemin de vie : naviguer parmi les requins et les écueils de l'existence et finalement parvenir à une paix intérieure, un refuge !
" Lors de mon premier Vendée Globe, j’ai compris qu’il n’y avait pas de meilleure façon de me retrouver que de me perdre en mer. "
Son quotidien hors de la navigation n'est pour lui pas plus facile à vivre que sa traversée. La vie est faite de tracas et de pièges qu'il est presque plus facile de maîtriser son embarcation dans les périls maritimes. Je dirais que " Retour en enfer " ressemble au récit d'une résilience. Un livre d'aventure qui frôle donc le roman philosophique tout en employant des termes durs et sans pitié. Le titre lui-même est volontairement trompeur puisque l'enfer mène au bout de la course à une sorte de renaissance.
L'océan aurait-il des vertus libératrices ? Ainsi pour reprendre le titre d'un livre de Houellebecq, y a-t-il la possibilité d'une île ? C'est aux lecteurs de juger. Faut-il être un adepte des sports nautiques pour apprécier ce livre ? Je crois qu'il faut quand même s'y intéresser un peu. Sinon l'auteur réussi au fil des pages avec sa plume acerbe et directe à donner une idée de ce que représente le Challenge du Vendée Globe. Ce serait dommage de bouder le plaisir d'une virée en mer !


L'auteur


Sébastien Destremau, né le 24 août 1964 est un navigateur et un skipper français. Il a participé au Vendée Globe 2016-2017 : sur 29 concurrents, il termine 18ᵉ.


mercredi 14 juillet 2021

Sophie Loubière : " De cendres et de larmes "

 


Editions Fleuve noir

352 pages


4 ème de couverture




Madeline, Christian et leurs enfants rêvent depuis longtemps d’un appartement plus grand où chacun aurait son espace. Un rêve rendu impossible par la réalité du marché parisien. Quand l’occasion se présente pour Christian d’obtenir le poste de conservateur au cimetière de Bercy, avec un pavillon de fonction de 180 m2, la famille Mara n’hésite pas et s’y installe au début de l’été 2019. Peu à peu, les enfants se font au panorama. Tandis que Madeline, caporale cheffe sapeur-pompier, sauve les vivants, Christian veille les morts. L’âpreté de son métier réveille bientôt en lui le besoin d’extérioriser ses émotions par la peinture. Au cœur de ce fragile équilibre où les métiers de l’un et de l’autre pèsent lourd, la maison révèle ses fêlures. Lentement. Insidieusement.
Quelque chose menace cette famille recluse au milieu des tombes.
Une menace dont personne ne mesure encore l’ampleur.


Mon avis




" De cendres et de larmes " est une histoire familiale où deux traits de caractère s'opposent. Il sera question de vie et de mort.

Madeline est caporale-cheffe sapeur pompier, d'entrée de jeu elle fait face à Notre-Dame, une scène que personne n'oubliera.
" Madeline leva les yeux : le squelette incandescent de la flèche cédait. Sa pointe bascula telle la cime d’un arbre foudroyé. Des craquements formidables suivis d’un bruit sourd ébranlèrent le toit. Transpercés par sa chute, une partie de la voûte et des échafaudages s’effondrèrent. L’ordre d’évacuer tomba aussitôt. "
Les gilets jaunes sont également cités dans ce roman. Son mari, Christian entretient les parcs et jardins mais saisit une opportunité, être conservateur au cimetière de Bercy. La famille quitte alors un appartement très petit pour une immense demeure n'ayant que des tombes aux alentours de celle-ci. Mais depuis qu'ils sont dans cette maison, tout ne se passe pas comme prévu…

vendredi 9 juillet 2021

Eric Dupuis : " Apaches "

 


Editions Les Presses du midi

256 pages


4 ème de couverture


Si vous voulez sauver l’humanité, laissez tomber.

Un seul homme en est capable. Un personnage très discret dont les aventures défient le temps. Un illustre alchimiste de l’époque de Rubens. Depuis on le croise dans d’insolites affaires qui sont relatées dans la collection « L’Anonyme d’Anvers ».


Pendant que la bande à Bonnot sème la terreur sur la capitale en ce début d’année 1912, des corps d’enfants mutilés, semi-enterrés, sont découverts, alors que des adolescents sont portés disparus dans un orphelinat.

Parallèlement, la Sûreté du 36 quai des Orfèvres combat l’insécurité ambiante et les agressions qui se multiplient dans les rues de Paris, imputées aux Apaches, de jeunes malfrats n’hésitant pas à jouer du couteau et à défier les forces de l’ordre.

L’inspecteur-chef Mortelecq, des brigades du Tigre, subit la pression de sa hiérarchie et ne sait plus où donner de la tête face à ce climat délétère. Débordé, il autorise Éléonore, sa fille journaliste, à poursuivre ses investigations sans imaginer qu’elles l’entraîneraient dans une spirale dévastatrice…

Éric DUPUIS nous livre ici son huitième polar, en nous faisant découvrir à travers ce récit sombre de La Belle Époque, l’évolution des techniques en matière de police scientifique nécessaire à l’éradication des crimes déviants de ce début du XXe siècle.



L'avis de Yannick Dubart



J'attendais de lire « Apaches » de Éric Dupuis car la période de la Belle époque me plaît beaucoup. De plus je compte écrire un roman avec pour cadre cette période de notre Histoire. Aussi, je suis régulièrement les publications de cet auteur depuis ses premiers livres. Autant dire tout de suite que je n’ai pas été déçue ! Est-ce la retraite qui rend son travail encore meilleur ?

Dès les premières pages, j’ai eu l’impression d’entendre en sourdine le générique des « Brigades du Tigre ». L’auteur parvient parfaitement à décrire l’atmosphère du début du XXème siècle. Par petites touches, il distille des renseignements sur la vie quotidienne de l’époque, sur un vêtement ou une expression. L’intrigue se fond bien dans les événements historiques ; un bon mélange de fiction et de réalité ! Cela rend la lecture divertissante. Et c’est une prof d’Histoire qui le dit…
« D’un regard songeur, il observa les attelages et les véhicules circuler sur les grandes artères de la capitale. Les encombrements incessants irritaient les conducteurs qui vociféraient sur leurs chevaux, d’autres s’empoignaient pendant que les derniers s’excitaient sur leur avertisseur sonore à air, en forme de trompette ou de serpent. »
« Apaches » est aussi un thriller de grande qualité. Il n’y a aucun temps mort, les scènes d’action s’enchaînent jusqu’à la fin avec un dosage subtil entre les dialogues et le récit. On sent le connaisseur d’Arts Martiaux dans la façon de représenter les combats divers. Les personnages sont originaux et correspondent entièrement à leur époque. J’ai beaucoup apprécié Eléonore qui représente un beau rôle féminin. Justement je vois bien ce roman adapté à la télévision comme « Le bazar de la Charité ».

mardi 6 juillet 2021

Noël Sisinni : " Fucking melody "

 


Editions Jigal Polar

264 pages


4 ème de couverture


Elle a quinze ans, est en soins dans une clinique spécialisée et se fait appeler Fiorella. Pas sûr que ce soit son vrai prénom… Elle ment beaucoup, s’invente des passés, traficote le présent, et ne se projette pas dans l’avenir vu qu’elle vient d’apprendre que le sien est limité. Une saloperie quelque part dans la moelle épinière selon les médecins. Alors, il lui faut vivre, vivre passionnément et vite… Et comme toutes les filles de son âge, elle veut connaître l’amour. Alors elle jette son dévolu sur Boris, le compagnon de Soline, son amie qui officie comme clown dans la clinique. Boris, dessinateur de bandes dessinées, est un personnage lunaire qui vit dans son monde. Un coup de foudre pour Fio. Pris en otage par la jeune rebelle qui, pour aller au bout de son rêve, n’hésite pas à éliminer tout ce qui se met en travers de son chemin, Boris se retrouve dans l’obligation de fuir avec elle pour échapper au rouleau compresseur à leur poursuite. Mais plus ils avanceront vers l’ouest, plus l’horizon va s’obscurcir…



Mon avis



Avec « Fucking melody », Noël Sisinni offre un début complètement speedé à l'adrénaline ! Il ne s'embarrasse pas de longues présentations, j'ai tout de suite été plongée dans l'histoire. Fiorella est atteinte d'une maladie grave et rencontre Boris par le biais d'une amie plus âgée qu'elle. La jeune malade a le coup de foudre et pense que celui-ci ressent la même chose pour elle alors que son but est tout autre... Des quiproquos glaçants vont dès lors aboutir à enchaînement de situations inattendues. Impossible de savoir jusqu'où l'auteur veut emmener le lecteur !
« L'endroit est très agréable, il fait bon, c'est un de ces moments qu'on a envie de cacher dans un congélo pour les ressortir les jours où ça ne va pas. »
Noël Sisinni ne cherche pas à impressionner avec des phrases alambiquées, il va droit au but avec une économie de mots mais le tout reste toujours d'une puissance qui m'a scotchée jusqu'à la fin.

lundi 5 juillet 2021

Angela Marsons : " Nos monstres "

 

Editions Belfond
400 pages


4 ème de couverture



Un homme est retrouvé mort à la sortie d’un pub des Midlands, son corps lacéré de coups de couteau. Un ex-taulard, condamné pour viol. Chargée de l’affaire, l’inspectrice Kim Stone débusque rapidement la coupable : Ruth, une ancienne victime. Simple vengeance ? Sauf que quelque chose ne colle pas.
Pour comprendre les raisons de ce passage à l’acte, la policière se tourne vers Alex Thorne, une psychiatre reconnue qui suivait Ruth depuis des mois.
Dès lors, leurs chemins n’en finissent plus de se croiser. D’autres meurtres vengeurs, sauvages, d’autres assassins aux profils inattendus, avec un lien en commun : Alex Thorne.

Que se passe-t-il dans le cabinet du Dr Thorne ? Quelle thérapie propose-t-elle à ses patients ? Et pourquoi Kim se sent-elle menacée par cette psychiatre qui semble si bien la connaître ?



Mon avis



Je ne connaissais par l'auteure et " Nos monstres " m'a littéralement plu. C'est la deuxième aventure de l'inspectrice Stone mais cela ne gène pas de lire ce titre. Dès les premières pages du roman, j'ai accroché au style de l'auteure ; l'enquête est bien construite et bien ficelée.
Angela Marsons va à l'essentiel. J'ai adoré suivre le personnage Kim Stone. Il est question de manipulation et de vengeance, d'ailleurs méfiez-vous de certaines personnes car elles cachent bien leur jeu. Je n'en dirais pas plus de peur de déflorer l'histoire. " Nos monstres " est un thriller psychologique où le suspense est à son comble. Le passé trouble de l'inspectrice sera mis à rude épreuve. 
" De temps à autre, elle aime taquiner ses démons intérieurs et provoquer les Moires à qui elle a échappé en refusant de mourir avec son frère.
Ils finiront par la rattraper. Ce n’est qu’une question de temps. "

mardi 29 juin 2021

L. Secq/ T. Maugenest : " Toutes les mers sont nomades "

 




Editions Amok
136 pages

4 ème de couverture




Ce roman à deux voix met en lumière le trouble d’un homme après sa rencontre avec une femme qu’il pense avoir croisée par hasard. Chaque soir, celle-ci l’entraîne dans un étrange jeu de rôle qui devient un prélude sexuel. Ce scénario, dans sa récurrence maladive, fera que tous deux resteront des inconnus l’un pour l’autre. Chacun des deux récits répondra sans le savoir aux questions obsédantes de l’autre. À mesure que le voile se lève, le lecteur découvre que seuls les épisodes d’une vie meurtrie peuvent expliquer les mystères du passé.



Mon avis




« Toutes les mers sont nomades » de Lætitia Secq et Thierry Maugenest est une publication des éditions Amok qui se spécialisent dans le roman court. En effet, l'histoire est brève mais les auteurs jouent surtout sur l’intensité. La présentation est originale puisque Lætitia Secq et Thierry Maugenest font le récit d'une même rencontre et le lecteur doit retourner le livre pour lire la version de chacun. Ce procédé m'a beaucoup séduite d'autant plus qu'ils parviennent à jouer sur le parallèle entre chaque situation. Et ce n'est qu'à la fin du roman que je m'en suis rendu vraiment compte.

L'écriture est magnifique dans les deux cas et contribue à la magie de ce petit roman. J'ai été surprise par tant de passages qui sont de véritables merveilles. Chacun sait parfaitement décrire la passion et les doutes qu'engendre les relations amoureuses.
« L'aurait-elle troublé s'il n'y avait eu ces questions sans réponses ? Il ne saurait le dire. Mais il ne l'exclut pas : l'amour se nourrit parfois du tourment, comme la peur se nourrit de la nuit, et la solitude du silence. »
« Elle est partout. J'avais envie d'être cette femme qui n'avait peur de rien et que tout le monde désirait. Je me sentais rapace, je me voulais vorace. »
Les deux personnages dont on ne sait pas tout sont assez perdus. On nous donne un peu plus d’indications sur la jeune femme mais ce qui compte ce sont les moments que ces deux-là ont passé ensemble et les conséquences de ces instants intenses. Si j'en dis davantage sur l'histoire, je risque de dévoiler les émotions de ce roman. Je peux seulement vous dire que les sujets abordés sont très forts ; dépression, les secrets, la peur… les auteurs savent bien manier les non-dits mais je déplore justement de ne pas en avoir assez appris sur les deux protagonistes. C'est bien sûr le risque de ce genre d'exercice basé sur un récit particulièrement bref.

J'ai apprécié ces quelques moments passés avec deux personnages assez troublants et empreints de sensualité sous le ciel de l'Italie. De grandes qualités littéraires ressortent de « Toutes les mers sont nomades »  ! Les auteurs nous invitent si bien à parcourir les rues de Naples…
« L'orage éclata sur les pentes du Vésuve. Le ciel semblait noir de cendres. La pluie qui crépita autour d'eux les surprit sur le chemin de la Villa des Mystères.»

 




samedi 26 juin 2021

Roy Braverman : " Pasakukoo "

 

Editions Hugo suspense

414 pages


4 ème de couverture



Lac Pasakukoo, dans le Maine des été indiens. Le corps noyé d'une jeune romancière prometteuse, égérie annoncée d'une nouvelle génération d'écrivains. De chaque côté du lac, la résidence de deux auteurs à succès, meilleurs ennemis du monde. Un shérif qui ne les aime pas, et un village où aucun secret ne résiste à la douceur de vivre apparente. Un avocat noir et théâtral qui débarque. Une secrétaire à faire pâlir Venus en personne. Un assistant littéraire appliqué et ambitieux. Un manuscrit dont la seule existence fait frémir les familles les plus puissantes de la région. Des mots qui deviennent des armes, et des pages blanches des linceuls. Et soudain, une série de violences qui se déchaînent entre les rancoeurs d'hier et les menaces de demain.



Mon avis




Roy Braverman a dû bien s'amuser en écrivant « Passakukoo » ! J'ai trouvé ce roman très léger même si les thèmes abordés sont assez graves ; la mort, les relations amicales difficiles, les trahisons… L'histoire peut faire penser à ces livres sortant en été pour divertir les lecteurs sur les plages. Mais quand on connaît l'auteur, on devine qu'il va tordre les clichés afin de nous faire grincer des dents. Et en effet, c'est le cas !

Déjà, il faut voir Dempsey et Akerman, les deux protagonistes écrivains... Les héros du roman ? Non pas vraiment puisqu'il n'y a pas réellement de personnages principaux dans « Passakukoo » mais une nuée de caractères riches et inspirants. Alors, ces deux romanciers nous emmènent dans une intrigue mettant en scène la mort d'une jeune beauté. L’auteur égratigne le milieu littéraire en passant.
« C’est Dempsey et son sens de la formule. Je dois lui reconnaitre ça. Il s’applique à rester écrivain jusque dans son quotidien. »
Bien sûr, il va y avoir une enquête mais pas que… Roy Braverman profite de ce crime afin de nous plonger tour à tour dans des questions existentielles et des histoires d’ego et d'amour. J'ai réussi à détester et à aimer la même personne sur une cinquantaine de pages tant l'auteur parvient à visiter l'âme humaine dans ce qu'elle a de plus noir mais aussi de plus courageux. À cet égard, j'ai beaucoup apprécié Abigail qui à elle seule représente de nombreuses femmes. Je regrette pourtant de ne pas en savoir plus sur quelques protagonistes, sur leur passé et ce qu'il va leur arriver après.

vendredi 25 juin 2021

Danielle Thiéry : " L' ange obscur "


 Editions Syros

480 pages


4 ème de couverture


Qui joue un rôle ? Qui ment ? Après Cannibale, le nouveau polar de Danielle Thiéry, terriblement efficace.


Une équipe de cinéma débarque à Épinal pour tourner un film inspiré d’un fait divers tragique : la disparition, dix ans plus tôt, de deux jeunes filles de la région, dont l’une a été retrouvée morte. Fait notable, Vince de Mestre, reconnu coupable du meurtre et bientôt libre, y incarne son propre rôle. Olympe, la fille du capitaine Marin, vit, elle, un rêve éveillé : elle a été retenue lors du casting. Mais lorsque Vince disparaît en plein tournage, et avec lui Olympe et Gala, l’assistante de production, il semblerait que le pire des scénarios soit en train de se rejouer…



Mon avis



" L'ange obscur " n'est pas véritablement la suite de " Cannibale " mais on retrouve le duo, le capitaine Marin et Olympe, sa fille. Elle participe à un casting à Epinal par la production Bluelight Productions. Sans attendre le consentement de ses parents et n'étant pas majeur, Olympe participe à un casting et va découvrir le monde du cinéma. 
" Olympe avait aussitôt posé sa candidature. Elle cochait toutes les cases pour décrocher un petit rôle. Par-dessus tout, elle voyait dans cette annonce une formidable opportunité de réaliser son rêve secret: entrer dans le monde magique des acteurs. Elle n’avait pas la moindre idée de ce que cela représentait mais elle sentait que ce monde était le sien. Incarner un personnage, se glisser dans sa peau, dans sa tête, faire comme si on était quelqu’un d’autre... "
Mais ce qui est étrange ; un certain acteur appelé Vince de Mestre joue son propre rôle de meurtrier. Auparavant il avait été reconnu coupable du meurtre de jeune fille en forêt.

Mais tout ne se passe pas comme prévu. Vince de Mestre, Olympe et une autre personne de la production disparaissent. Commence ainsi un compte à rebours infernal dans cette histoire. Le scénario tourne mal et le capitaine Marin est à bout de nerfs et tente d'en savoir un peu plus sur Vince de Mestre appelé " Lange obscur ".

Danielle Thiéry décrit un univers fascinant qu'est le cinéma. Elle expose également  dans ce roman deux mondes parallèles entre fiction et réalité à travers ses personnages. Elle explore aussi le passé en mettant en scène le véritable meurtrier en tant qu'acteur et jouant aussi son propre scénario.

dimanche 20 juin 2021

Sonja Delzongle : " Le dernier chant "

 


Editions Denoël

480 pages



4 ème de couverture



Et si les animaux n’étaient que de malheureuses sentinelles…

« C’est le bruit, qui tue. Le dernier chant. Il apporte la mort. » Telle est la prédiction de la vieille Innu devant l’immense cimetière qu’est devenu le fleuve Saint-Laurent en ce matin d’août 2021. A perte de vue, des marsouins, des bélugas, quelques orques, flottent le ventre en l’air. Une hécatombe sans précédent.
Deux mois après, dans une réserve du Congo, les gorilles succombent eux aussi à un mal inexpliqué. Et, chose stupéfiante, les survivants, prostrés semblent pleurer…
Quel lien entre ces phénomènes qui se multiplient dans le monde ? A qui profite la disparition de ces êtres vivants ? C’est ce que se demande Shan, chercheuse à l’Institut de virologie de Grenoble, en découvrant le dossier déposé sur son bureau par un stagiaire.
La voilà décidée à mener l’enquête, seule. Mais déjà, des yeux la surveillent, quoi qu’elle fasse, où qu’elle s’envole... Et à l’approche de la vérité, Shan mettra en jeu non seulement ses convictions, mais aussi sa propre vie.

Entre peurs ancestrales et angoisses de fin du monde, une plongée vertigineuse aux confins de l’humanité. Un thriller intense et bouleversant.


L'avis de Yannick Dubart


C'est toujours avec plaisir que je partage l'avis de Yannick Dubart sur le dernier roman de Sonja Delzongle intitulé " Le dernier chant ". Elle est fan de l'auteure et la suit depuis ses débuts.

Allons voir ensemble ce qu'elle en pense !



J'ai ressenti beaucoup de tristesse en disant adieu à Hanah Baxter, l'héroïne récurrente des romans de Sonja Delzongle. Ainsi j'attendais fébrilement son nouveau thriller sans mon personnage fétiche. Eh bien dans « Le dernier chant », j'ai fait timidement la connaissance de Shan. Timidement car cette jeune chercheuse d'origine vietnamienne ne se laisse pas apprivoiser facilement. Elle dévoile peu à peu ses faiblesses et ses blessures… Et j'ai fini par l'adopter grâce à son charme et son intelligence et grâce à beaucoup d'autres raisons issues de la plume de Sonja Delzongle.

Le style, d'abord, est toujours aussi incisif et précis. Les phrases coulent dans les pages du roman et nous couvrent d'effroi et d'émotion. L'auteure glisse dans ses propos des petites phrases qui sautent à la gorge. Et puis elle repart sur son intrigue, l'air de rien comme ça, en passant.

Ensuite, les thèmes abordés y sont très fouillés. L'écologie reste une priorité pour Sonja Delzongle qui connaît bien son sujet. Elle nous alerte des méfaits de l'humanité sur la faune et la flore. Bien sûr nous en sommes conscients mais elle nous les envoie en pleine figure : ça fait mal et c'est un bien pour nous faire réfléchir. L'amour et l'amitié ont une part non négligeable dans cette histoire hors du commun. La sensibilité de l'auteure affleure dans chaque chapitre qui donne parfois les larmes aux yeux surtout si on aime les animaux comme moi. La beauté du monde animal est mise en valeur tout en finesse et sensibilité.
« Mais son chant rendait quelque chose de différent. De la tristesse en émanait. Une tristesse inhabituelle, qui ressemblait davantage à une profonde détresse. Liam en recevait chaque vibration, chaque trémolo, comme autant de coups de poignard dans le ventre et sentait sa gorge rétrécir. »

samedi 5 juin 2021

Carine Bausière : " Le trésor de la sorcière "

 


Editions amanite

132 pages


4 ème de couverture



Mais qu’est-il passé par la tête de la maman d’Arthur pour qu’elle le confie à Tante Émilie pour les vacances ? En arrivant, les sorcières sur le rond-point à l’entrée du village de Templeuve-en-Pévèle lui ont donné des sueurs froides. Dès la première nuit, il a reçu une visite aussi surprenante qu’inattendue : Maki, le chat noir sans queue. Heureusement, la cousine Zoé n’a pas tardé à le rejoindre… juste à temps pour apprendre que la pierre des sorcières, monument du village, a été dérobée ! Zoé la téméraire, Arthur le trouillard se retrouvent dès lors plongés dans une aventure des plus mystérieuses, dans les pas de Marie la sorcière.

Que va découvrir le lecteur ?

L’histoire de Marie Navart et le sort que l’on réservait à celles que l’on accusait autrefois de sorcellerie. Leur rôle dans la société d’alors et les craintes qu’elles inspiraient. Et ce qu’elles sont devenues ; car, qu’on se le dise, les sorcières n’ont jamais cessé d’exister…


Mon avis




Comme ça fait du bien de lire un roman jeunesse c'est totalement dépaysant et mon choix s'est porté sur celui de Carine Bausière. Dans cette histoire, il sera question d'une sorcière et pas n'importe laquelle : celle qui habitait Templeuve non loin de chez moi, elle s'appelait Marie Navart. C'est une sorcière du XVII ème siècle qu'on accusait de sorcellerie et fut brulée vive en 1656.

Le lecteur va suivre Arthur , un parisien qui passe ses vacances chez sa tante Emilie avec son chat,  Maki, pas si ordinaire que ça.
Sa cousine, Zoé, arrive également. Ses deux enfants vont par la suite suivre la trace d'un voleur ayant dérobé la pierre des sorcières. Ainsi l'aventure commence pour nos jeunes héros.

Je n'ai pas pour habitude de lire ce genre de livre mais ça vaut vraiment le détour ! Les lieux que décrit l'auteure m'interpellent forcément car je n'habite pas très loin des contrées visitées par Arthur et Zoé.
Carine Bausière a merveilleusement réussi à mettre en scène des personnages attachants dans un monde presque fantastique basé sur un fait existant. Arthur, pas si gaillard et Zoé, la tornade, vont ainsi résoudre le vol de cette pierre.

" Le trésor de la sorcière" est un roman jeunesse qui se lit merveilleusement bien. Je me suis projetée sur la place de Templeuve et visité le château de Baratte. C'est une sacrée aventure pour les cousins.

L'intrigue est bien construite à travers une ambiance à la fois fantastique et étrange. C'est une belle découverte pour moi et je compte lire prochainement du même auteure  " Qui décide d'allumer tous les soirs les étoiles ? " une histoire d'un tout autre genre !




L'auteure


Carine Bausière est née à Roubaix où elle a suivi ses études jusqu’au bac. Parallèlement à ses études d’histoire, elle a commencé à écrire des articles sportifs pour le journal La Voix du Nord, où elle a été embauchée comme journaliste en 2000.
En 2016, s’appuyant sur son histoire personnelle et ses souvenirs roubaisiens, elle publie son premier roman jeunesse « Qui décide, tous les soirs, d’allumer les étoiles ? », suivi, deux ans plus tard de « Famille en kit cherche mode d’emploi ».
Avec « Le trésor de la sorcière », elle explore un nouveau genre, le polar jeunesse.

Quand elle n’écrit pas, il n’est pas rare de la retrouver assise sur une valise en train de parcourir le monde. Mais elle sait aussi s’octroyer des moments de récupération entourée de ses chats et de ses poules.



vendredi 4 juin 2021

Diego Arrabal : " Alice doit mourir "

 


Editions Cairn

336 pages


4 ème de couverture


Pour régler la succession de sa grand-mère qui vient de décéder, Alice revient dans le hameau des Pyrénées où, petite, elle passait toutes ses vacances. Une fois sur place, prise de nostalgie et en proie à une profonde remise en question, elle décide de s'installer dans la propriété familiale plutôt que de la vendre. Commence alors une série d'événements étranges, de plus en plus graves, dont certains voisins lui attribuent l'origine, sous-entendant qu'elle serait une sorcière. L'entente au sein de la petite communauté vole en éclat, tandis qu'Alice qui se sent surveillée est directement menacée de mort par un énigmatique corbeau.



Mon avis



Il règne sur « Alice doit mourir » de Diego Arrabal comme un air de nostalgie. Pourtant le passé va être bien malmené dès les premiers chapitres. Ceux-ci mettent en scène Alice, qui revient dans le village de son enfance. L'histoire semble assez classique et il faut attendre encore un peu pour découvrir davantage la jeune femme.
« Elle ressentait la solitude de la vieille femme qui s'exprimait à travers cette invitation à s'installer en ce lieu. Sans que cela soit dit, Alice comprenait que sa grand-mère lui déconseillait de vendre. Pourquoi cet attachement à cette maison ? À ces terrains et forêts? Pourquoi vouloir qu'elle, sa petite fille, conserve tout cela ? »
J'ai eu un peu de difficultés à me laisser envoûter par cette histoire qui tourne pourtant autour de la sorcellerie. Mais dès qu'Alice découvre ce que lui a laissé sa grand-mère qui vient de mourir, j'ai apprécié l'écriture de Diego Arrabal. Son style prend toute son épaisseur lors des descriptions d'une nature foisonnante. Ainsi la sensualité est très présente au fil des pages, les odeurs, les couleurs et le textures de la flore sont magnifiées. L'écriture est de grande qualité mais je déplore que Diego Arrabal ne laisse pas une plus grande place à la fantaisie ou à l'humour. Évidemment cela n'engage que moi d’autant plus que les dialogues sont très réussis.

mercredi 26 mai 2021

Noël Boudou : " Et pour le pire "

 

Taurnada Editions

256 pages


4 ème de couverture


Bénédicte et Vincent auraient pu vieillir paisiblement ensemble. Malheureusement, le destin en a décidé autrement, il y a vingt ans…
Vingt ans. Vingt ans à attendre… à attendre que les assassins de sa femme sortent de prison.
Depuis vingt ans, Vincent Dolt n'a qu'une seule idée en tête : venger sa douce Bénédicte…
Depuis vingt ans, seule la haine le maintient en vie.
Mais une vengeance n'est jamais simple, surtout à 86 ans.
Il a vécu le meilleur, il se prépare au pire…



Mon avis



Noël Boudou offre avec « Et pour le pire » un roman très original à plusieurs niveaux. Il est difficile de définir cette histoire mettant en scène Vincent, un vieil homme qui a perdu sa femme vingt ans auparavant. Il a durant tout ce temps ruminé sa vengeance et sa haine envers le coupable qui va sortir de prison ! C'est alors que commence véritablement « Et pour le pire ».
" Vingt ans de rage qui marine, ça fait mal, c’est comme la gnôle. "
On pourrait sous-titrer ce thriller « Tonton fait de la résistance à l'oubli ». En effet ne cessent de tourner dans sa tête les conditions horribles dans lesquelles sa femme est morte. Le style de Noël Boudou fait mal pour justement faire comprendre pourquoi le pardon est impossible. Sa plume est épicée, alcoolisée et chamboule tout sur son passage.
" L’alcool a ce dangereux pouvoir de faire fuir les démons, les mauvais souvenirs, les douleurs et les insomnies. Je deviens peut-être alcoolique, mais je m’en fous. A mon âge, devenir dépendant n’est pas vraiment grave. Je serai mort bien avant que cette dépendance ne devienne dangereuse. "

vendredi 21 mai 2021

Elly Griffiths : " Mortelle dédicace "

 


Editions Hugo Thriller

411 pages


4 ème de couverture



La mort de Peggy Smith, âgée de quatre-vingt-dix ans, n’a rien, a priori, de suspect... C’est ce que tout le monde pense jusqu’au moment où Natalka, son aide de vie, découvre que la vieille dame se sentait suivie...
Au moment de ranger les affaires et les nombreux romans policiers de la défunte en vue de la vente de son appartement, Natalka découvre une curieuse carte de visite sur laquelle il est écrit : Peggy Smith, consultante en meurtres. Elle remarque aussi que de nombreux livres lui sont dédicacés : « À PS : merci pour les meurtres ». La nonagénaire avait donc pour habitude d’aider les auteurs de romans policiers en panne d’inspiration...
Natalka, prête à tout pour découvrir ce qui est arrivé à Peggy Smith, embarque avec elle dans sa quête de la vérité les amis de Peggy Smith : Benedict (qui a renoncé à devenir prêtre pour finalement tenir un café) et Edwin (ancien journaliste de quatre-vingt ans). Lorsqu’elle se fait menacer par une personne masquée et armée venue récupérer un mystérieux ouvrage, elle prévient la lieutenant Harbinder Kaur afin qu’elle mène l’enquête. Cette mort est finalement très suspecte...


Mon avis



« Mortelle dédicace » d'Elly Griffiths a été un grand plaisir de lecture. Mais attention, il ne faut pas s’attendre à des grandes scènes d'action ou à du gore. Au contraire l'auteure prend son temps pour raconter une histoire très complexe. Je suis ravie de voir en ce moment le retour de ce genre de polar dans lequel une part importante est consacrée aux atmosphères et aux références littéraires. Elly Griffiths glisse agréablement des réflexions sur les règles du roman policier classique.
« Mais pour la plupart des auteurs, ça signifie sûrement avoir un ordinateur dans sa chambre, pas une villa de cinq chambres au bord de la mer (coût approximatif : 3,4 millions de livres). Elle n’imaginait pas qu’écrire puisse rendre aussi riche. »
Les dialogues sont savoureux même si parfois quelques pages sont un peu trop bavardes. Pourtant l'auteure parvient à rebondir très rapidement sur l'intrigue et ça ne m'a pas déstabilisée. La trame de ce roman est assez originale malgré une façon classique de faire mener l'intrigue par ses personnages. Les descriptions sont d'une élégance admirable sans être mièvres. De nombreux points d'humour se mêlent à des passages poétiques avec habilité.

dimanche 16 mai 2021

Yannick Dubart : " La fille qui se faisait des films "

 


Editions LBS noir

272 pages


4 ème de couverture


Suite à une attaque cérébrale, Emma partage sa chambre d'hôpital avec Marie-Ange, une vieille femme qui lui fait le récit d'histoires étonnantes, dont la mort mystérieuse d'une belle opportuniste dans les années 50.

Affaire qui n'a jamais été résolue. D'abord hésitante, Emma se prend au jeu et va aller de découverte en découverte.


Mon avis


Emma se retrouve à l’hôpital suite à un AVC ; une maladie qu’on ne voit pas forcément mais provoque par la suite des séquelles physiques et cérébrales. Elle partage sa chambre avec une vieille dame prénommée Marie-Ange. Sa seule préoccupation est de regarder Derrick ou Navarro. Un jour elle confie un secret à Emma.

" Vous savez jeune fille, je sais qui a commis le meurtre… "
A partir de là, Emma commence à douter de la santé mentale de Marie-Ange, d'autant plus que ce secret est assez ancien.
Marie-Ange a-t-elle inventé cette histoire?
Pour ce faire Emma va mener l'enquête malgré sa fragilité due à son AVC.
Mais au vue de sa santé, il se pourrait bien qu'elle invente elle-même cette histoire de toute pièce.
N'a-t-elle pas perdu le sens de la réalité, sa mémoire ne fait-elle pas défaut?
" Certains mettent des années avant de retrouver une vie normale et toi ça fait à peine 6 mois que tu es revenue de l’hôpital. Ton cerveau a souffert. C'est normal que tu imagines des choses. "
" La fille qui se faisait des films" est comme une bobine de film que l'on déroule au fil du récit.
D'ailleurs les titres de chaque chapitre font référence à quelques films.
Yannick Dubart distille son intérêt cinématographique à travers le personnage d'Emma.
" Pourtant ce n'est pas un Joker hilarant ni un Hannibal Lecter affamé qui se penche sur elle. La tête du type au-dessus d'elle n'a rien de cinématographique: juste clinique, blanc. "

vendredi 14 mai 2021

Stephen King : " Les Langoliers "

 


Editions Albin Michel Wiz

512 pages



4 ème de couverture



« Les Langoliers arrivaient. Pour les paresseux, les incapables, exactement comme son père l’avait prédit. »

À bord d’un vol vers Boston, dix personnes se réveillent, seules dans l’avion. Le reste des passagers s’est volatilisé. L’avion se tient sur un tarmac désert du Maine.

Attentat, complot, faille temporelle ? Chacun a une théorie, mais c’est sans doute Dinah, une petite fille aveugle, qui en sait le plus long.


Et c’est elle qui, la première, entendra ce bruit sourd, qui se rapproche…


Mon avis



" Les Langoliers " est un roman court déjà paru dans un recueil de nouvelles intitulé Minuit 2. Les passagers du vol 29 prennent l'avion à destination de Boston mais tout ne se passe pas comme prévu. Après s'être réveillés, des personnes remarquent l'absence de plusieurs passagers. D'ailleurs chose étrange, ils ont laissé derrière eux quelques effets personnels tels que montres, bijoux voire des atèles en fer.

Dix personnes restent seulement après être sortis de leur profond sommeil. Ils s'interrogent à leur tour sur la disparation des passagers et sur la destination finale du vol. Est-ce un vol qui n'aurait pas dû avoir lieu ? D'autant plus que l'avion n'est pas perçu par les contrôles de radars.

" Les Langoliers " est une nouvelle où le fantastique prédomine. Je me suis laissée prendre au jeu avec cette étrange histoire des Langoliers, des créatures peu ordinaires.
« Il faut que nous partions d’ici. Vite. Parce qu’il y a quelque chose qui vient. Une chose mauvaise, qui fait un bruit de crépitement. »
Entre le réel et le fantastique, Stephen King aborde le thème de l' Espace Temps et de quatrième dimension.

Certes le début du roman est long à démarrer mais l'ambiance m'a littéralement envoutée. Je n'ai pas décroché un seul instant. J'ai pratiquement lu " Les Langoliers" en une journée. 

Michael Fenris : " Diamants sur macchabées "

 


Editions Eaux Troubles

306 pages


4 ème de couverture



Ancien policier devenu détective privé, Jefferson Fergusson tente de survivre en acceptant la plupart des enquêtes qui lui sont confiées. C'est ainsi qu'il fait la connaissance de Véra Llerellyn, dont le frère David a disparu. Alors qu'il est persuadé que le jeune homme est mort et enterré quelque part en ville, Fergusson réalise assez vite qu'il n'est pas seul à s'intéresser à cette disparition soudaine. En particulier son ancien collègue, Bridges, brutal et retors, devenu chef de la police, mais également Tony Di Marzo, un gros patron de la pègre locale. Et si l'affaire était liée à un important vol de bijoux survenu quelques années plus tôt ? Au fur et à mesure qu'il progresse, avec la désagréable impression qu'on cherche à le doubler, Jeff Fergusson soulève certains secrets qui n'ont pas envie d'être révélés, et réveille de vieilles rancœurs. Rien n'est jamais bon lorsqu'on hante les rues de « La Ville ». Surtout lorsqu'on est un ancien flic...




Mon avis



Je vous dis d'entrée de jeu, ce polar est une réussite ! " Diamants sur macchabées" c'est avant tout une histoire aux allures de la série Nestor Burma. Le style des années 50 se fait sentir au fil des pages. Le lecteur va suivre le détective privé Jefferson Fergusson, ancien flic. C'est lors de la visite de la belle Véra Llerellyn que tout va commencer pour notre détective. Il doit enquêter sur la disparition de son frère David, un malfrat en tout genre.
" - Il a disparu.
Je ricane : - Disparaître ici, mademoiselle, c’est plus qu’une évidence !
On disparaît dès qu’on naît dans cette saleté de ville, l’existence même n’est qu’une survie!
- Pas mon frère ! réfute-t-elle. "
Mais il s'agit bien plus d'une disparition. Cette affaire est semée d'embûches. Michael Fenris plante un décor des années 50 dans une Ville dépourvue d'identité. Certains endroits craignent avec ses bars et boites de jazz peu fréquentables. Au volant de sa Pontiac, Jeff est sur la trace de David. Il s'est attaché d'ailleurs d'une junkie, April, qu'il a rencontrée dans l'immeuble de David.

samedi 1 mai 2021

Sébastien Didier : " Ce qu'il nous reste de Julie "

 


Editions Hugo Thriller

427 pages


4 ème de couverture


Vingt ans.

Cela fait vingt ans que Sébastien a quitté Sainte-Geneviève, sa petite ville natale du sud de la France. Trop de démons l'y tourmentaient. Aujourd'hui, comble de l'ironie pour un écrivain, c'est un livre qui le renvoie à ce passé qu'il s'est toujours efforcé d'oublier.
Le Temps d'un été.
Tout dans ce roman, qui s'annonce comme le succès littéraire de l'année, lui fait penser à Julie. Des références troublantes, des anecdotes qu'elle seule connaissait... À tel point qu'il en est persuadé : c'est elle qui l'a écrit.
Julie, son amour d'adolescent.
Celle qui a tant compté.
Mais qui est morte il y a vingt ans, assassinée par un tueur en série.


Mon avis



Sébastien Didier commence « Ce qu'il nous reste de Julie » de façon assez classique. On plonge dans la vie d’un auteur, Sébastien, pour qui tout semble aller bien. Il a l’occasion de lire un livre qui lui rappelle son amour de jeunesse. L’auteur paraît en effet bien connaître la vie de Julie, cette jeune fille disparue une vingtaine d’année auparavant. Le mystère s’insinue dans la vie de Sébastien et de ses amis d’enfance.
« Et en effet, j’avais manqué « La nouvelle révélation britannique », comme l’annonçait fièrement le bandeau rouge en précisant le nombre pharaonique de ventes déjà réalisées. Je devais bien reconnaître que je n’avais entendu parler ni du roman, ni de son auteur, L.J. Dexley. »
L’auteur emploie un langage assez soutenu et sait par ailleurs mettre de la vie dans ses nombreux dialogues. Ceux-ci sont dynamiques et la langue y est judicieusement adaptée aux différents personnages. Les mots font mouche tout en sobriété. Des références à certains thrillers rendent hommage aux grands de la littérature dans ce domaine.

jeudi 29 avril 2021

Ellen Marie Wiseman : " La vie qu'on m'a choisie "

 

Editions Faubourg Marigny

527 pages


4 ème de couverture



1931. Lilly n’a jamais quitté la petite mansarde de Blackwood Manor qui lui tient lieu de chambre. C’est pour sa sécurité lui répète sa mère, car Lilly fait peur. Mais une nuit, elle sera emmenée en dehors de la propriété pour être vendue à un cirque de passage dans la région.

Deux décennies plus tard, Julia, récemment orpheline, hérite du manoir de son enfance. Comment pourrait-elle retourner à Blackwood Manor, qu’elle a fui et avec lui tous ses mauvais souvenirs ? Au fil des jours, les mystères se dévoilent tandis que les portes et les tiroirs verrouillés de la bâtisse s’ouvrent un à un. Elle découvre une chambre d’enfant cachée derrière une tapisserie et va comprendre que les vrais monstres ne sont pas ceux que l’on croit…

Ellen Marie Wiseman, publiée dans près de vingt pays, signe un roman inoubliable et poignant, à l’atmosphère gothique, qui vous transporte dans les plus sombres secrets de la famille Blackwood et de l’âme humaine…



Mon avis




" La vie qu'on m'a choisie " est un roman qui relate l'histoire de Lilly et celle de Julia à travers deux temporalités différentes.
Le récit débute en juillet 1931 ; Lilly Blackwood est une petite fille âgée de 9 ans ayant pour seul compagnon une chatte appelée Abby. Blackwood Manor est une propriété qui cache bien des secrets. Lilly est enfermée dans le grenier par ses parents car ils veulent la protéger des regards des autres. Sa mère n'a pas d'amour pour sa fille, très stricte, elle impose certaines règles et conduites à sa fille. 
Mais pour sa mère, Lilly est une véritable abomination et sa fille ne comprend pas pourquoi elle est traitée comme un monstre. Seul son père lui donne un peu d'amour et lui raconte comment est le monde extérieur.

"- La grille est là pour te protéger, disait Maman. Si quelqu'un entrait, il aurait peur de toi et essaierait de te faire du mal. Quand elle demandait pourquoi quelqu'un pourrait bien avoir peur d'elle, Maman lui répondait que c'était parce que Lilly était un monstre, une abomination. Lilly ne savait pas ce qu'était une abomination, mais ça avait l'air d'être quelque chose de très grave."  
Mais un soir en l'absence de son mari, la mère tyrannique emmène sa fille vers un lieu que Lilly avait aperçu par la fenêtre de sa chambre. C'est un endroit où tous les enfants rêvent d'aller un jour. Il s'agit d'un cirque celui des Frères Barlow. Restée prisonnière depuis longtemps Lilly n'avait qu'une hâte de le découvrir et de vivre comme tout le monde. Mais sa joie ne sera que de courte durée. Sa mère la vend à Merrick ( référence au nom d' Elephant Man ) . Pourquoi l'avoir abandonnée ? Lilly arrivera-t-elle à s'intégrer dans ce monde forain ? Parviendra-t-elle à se faire véritablement de nouveaux amis malgré sa différence ? 

mardi 20 avril 2021

Nils Barrellon : " Vol AF 747 pour Tokyo "

 


Editions Jigal polar

240 pages


4 ème de couverture


Ce n’est pas de gaîté de cœur que Pierre Choulot est dans cet avion en direction de Tokyo : le billet lui a été offert par ses collègues à l’occasion de son départ à la retraite. Lui qui adorait son boulot de commandant à la Brigade financière de la PJ parisienne, n’a accepté ce voyage que pour faire plaisir à son épouse, d’origine japonaise. Mais en plein vol, quand on retrouve le cadavre du pilote, seul, dans le cockpit verrouillé, le commandant Choulot va vite reprendre du service. Très rapidement, il découvre qu’aucune autre issue ne permet d’accéder au poste de pilotage ! Suicide ou assassinat ? L’enquête commence et chacun des cinq cents passagers, chacun des vingt membres d’équipage devient un suspect potentiel. Comment élucider ce qui ressemble – dixit son épouse, grande amatrice de roman policier – à un meurtre en chambre close ? Peut-être en prenant la raison et l’avion par le bon bout...




Mon avis




« Vol AF 747 pour Tokyo » de Nils Barrellon est un polar délicieusement retro. Pierre Choulot, commandant à peine à la retraite doit faire face à une énigme en plein ciel !

Les personnages sont très bien dessinés. D'abord, Pierre Choulot est haut en couleurs et possède un talent d'enquêteur à l'ancienne. Il est coriace sous ses allures de monsieur-tout-le-monde, il n'est pas du genre John Mclane mais plutôt du style Hercule Poirot. Il réussit à maîtriser le temps du vol pour résoudre l'affaire.
« Tout devait rester mobile, déplaçable, au grès des indices, des impressions récoltées, des témoignages. Tout devait pouvoir glisser, disparaître même. Une enquête se devait d'être prise par le bon bout de la raison. Il ne fallait pas forcer les faits à rentrer dans un cadre préconçu, il fallait trouver la version où les faits se disposaient d'eux-mêmes, harmonieusement. »
Son épouse d'ailleurs est une fan des auteurs de grands classiques de la littérature policière et notamment d'Agatha Christie. Justement, elle parle à son mari de sa dernière lecture qui s’avère être un roman « à meurtre en chambre close ». Et à partir de là, on assiste à une apothéose de références et d'hommages au genre policier. C'est réjouissant et amusant.

samedi 17 avril 2021

Gilles Paris : " Certains cœurs lâchent pour trois fois rien "


 Editions Flammarion

220 pages


4 ème de couverture



« Les cliniques spécialisées, je connais. Je m’y suis frotté comme on s’arrache la peau, à vif. Les hôpitaux psychiatriques sont pleins de gens qui ont baissé les bras, qui fument une cigarette sur un banc, le regard vide, les épaules tombantes. J’ai été un parmi eux. »

Une dépression ne ressemble pas à une autre. Gilles Paris est tombé huit fois et, huit fois, s’est relevé. Dans ce récit où il ne s’épargne pas, l'auteur tente de comprendre l’origine de cette mélancolie qui l’a tenaillé pendant plus de trente ans. Une histoire de famille, un divorce, la violence du père. Il y a l’écriture aussi, qui soigne autant qu’elle appelle le vide après la publication de chacun de ses romans. Peut-être fallait-il cesser de se cacher derrière les personnages de fiction pour, enfin, connaître la délivrance. «Ce ne sont pas les épreuves qui comptent mais ce qu’on en fait », écrit-il. Avec ce témoignage tout en clair-obscur, en posant des mots sur sa souffrance, l’écrivain nous offre un récit à l’issue lumineuse. Parce qu’il n’existe pas d’ombre sans lumière. Il suffit de la trouver.



Mon avis



« Certains cœurs lâchent pour trois fois rien » m'a fait sortir de ma zone de confort. Il m'a fortement impressionnée et déconcertée.

Grâce à ce roman, j'ai pu comprendre différents éléments sur la dépression. J'ai saisi que cette maladie était très complexe. Gilles Paris sait très bien expliquer au travers de "ses éclats de vie" que ses causes sont multiples et pas évidentes à définir. Il raconte la vie difficile de ceux qui connaissent la dépression pour le malade lui-même mais aussi pour son entourage ; une vie en montagnes russes avec noirceurs et embellies.
" Il vient une heure où chacun doit affronter ses démons pour mieux s'en libérer. J'aime être un parmi tous. Un anonyme dans la foule. Un inconnu célèbre que personne ne reconnaît. Je me suis défendu contre la bête, pas question d'être dominé par elle. Entrez dans ma vie, comme on entre dans une danse. "
Son style abrupte permet des suivre le parcours d'un homme face à cette maladie. Parallèlement, au fil des pages on perçoit les lambeaux d'une existence passionnante jalonnée de vraies réussites. Ainsi, sans pathos, l'auteur offre un roman qui montre que malgré la dépression, on peut connaître de magnifiques moments. Il dépeint une vie professionnelle très riche dans le monde de la presse littéraire. Mais bien sûr, la mort n'est jamais loin !

vendredi 16 avril 2021

François-Xavier Dillard : " Prendre un enfant par la main "

 


Editions Belfond

336 pages


4 ème de couverture



Lorsque vous lâchez la main de votre enfant, êtes-vous certain de pouvoir la serrer de nouveau un jour ?

Quatre ans après la disparition de leur fille Clémentine dans le naufrage d'un voilier, Sarah et Marc sont rongés par la culpabilité et la tristesse.
Jusqu'à ce que de nouvelles voisines emménagent sur le même palier avec leur enfant, Gabrielle, dont la ressemblance avec Clémentine est troublante. Au contact de cette adolescente vive et enjouée, Sarah reprend peu à peu goût à la vie.
Mais lorsque le destin de Gabrielle bascule dans l'indicible, les démons que Sarah avait cru pouvoir retenir se déchaînent une seconde fois.

Prends ma main, mon cœur. Ne la lâche pas, quoi qu'il arrive. Serre-la fort !


Mon avis



Comment ai-je pu passer à côté de ce roman ? Je ne connais absolument rien des écrits de cet auteur mais il n'est jamais trop tard pour le lire. Pourquoi avoir choisi ce titre et non pas un autre ? Tout simplement parce qu'il était sur un des présentoirs de la médiathèque et la couverture m'a attiré.

Marc Cygnac part en bateau avec son épouse et ses deux enfants mais une tempête s'annonce et malheureusement Clémentine, leur fille, est emportée par les vagues déferlantes. Depuis ce jour, plus rien n'est pareil. Un grand vide s'installe au sein de ce couple.
" Marc est bouleversé. Ces quatre dernières années, il a été comme absent de sa propre existence, il le comprend à présent. Et il imagine les dégâts que cela a pu provoquer chez ses enfants. Et chez sa femme. "
Un couple Hélène et Leila et Gabrielle emménagent dans un nouvel appartement non loin du couple Cygnac. L'arrivée de ces dernières vont perturber plus particulièrement Sarah ; la jeune Gabrielle ressemble étrangement à Clémentine. Ainsi les souvenirs reviennent.

mardi 13 avril 2021

Armelle Carbonel : " L'empereur blanc "

 


Editions Mazarine

414 pages


4 ème de couverture


Cinq auteurs de romans noirs à l’imagination débordante enfermés dans une maison isolée au passé lugubre.

Un écrivain acculé dans cette même maison par le Ku Klux Klan en 1965.
Un récit à double tranchant où se mêlent fiction et réalité, où s’efface la limite entre vérité inacceptable et mensonge salvateur.
Cinq auteurs de romans noirs se retrouvent à Crescent House, une maison isolée, érigée au creux d’une vallée perdue de l’Arkansas pour un week-end de création dans une ambiance propice à l’imagination la plus lugubre. De fait, la rumeur locale prétend qu’en 1965, un écrivain, nommé Bill Ellison, y aurait été assassiné par des membres du Ku Klux Klan. D’autres disent qu’il aurait lui-même tué son épouse avant de se donner la mort.
Alors que le week-end passe, les nouveaux habitants de Crescent House disparaissent l’un après l’autre … Une famille entière, bien sous tous rapports, est massacrée dans la ville voisine. Quel est le lien entre passé et présent, entre locataires d’hier et d’aujourd’hui – entre légende et réalité ?



Mon avis



Armelle Carbonel est une auteure que je suis depuis ses débuts. Pas un seul de ses romans ne se ressemble, l'auteure a le don de se renouveler sans cesse. " L'empereur blanc" crée incontestablement une ambiance anxiogène. L'écriture dégage un univers très noir et pesant. Armelle Carbonel sait dépeindre une atmosphère poétique et désœuvrée. Les phrases sont magnifiques et percutantes, enrobées de noirceur.

Ce que j'aime avant tout chez cette auteure est la construction de ses romans ; elle développe un univers propre à elle. Les personnages sortent de l'ordinaire. Tout est ordonné et c'est aussi une des qualités que j'apprécie aussi dans ses histoires.

Cette vieille demeure Crescent House est également un personnage à part entière. Ainsi se met en place un huis clos glaçant, effrayant et très étrange.
" Crescent House est une demeure séculaire enclavée au creux d'une montagne surplombant le village d'Eureka Spring. Auparavant, personne ne s'y aventurait sciemment, non par crainte de son apparence glaçante, mais par méconnaissance de son existence. "  

dimanche 11 avril 2021

Marie Compagne : " Interview "

 


Après avoir lus La nuit avalera le mal " et " La mémoire dans le sang " j'ai voulu en savoir plus sur Marie Compagne. Voici l'interview afin de mieux connaitre son univers.


1. Comment vous définiriez-vous ?

Je dirais que je suis une hypersensible qui fait ce qu’elle peut. Ce n’est pas toujours facile mais avec le temps, j’apprends à me protéger. En ce sens, l’écriture est une bénédiction parce qu’elle me permet parfois de mettre de la distance entre moi et certaines émotions. Un peu à la façon d’un prisme, je prends de plein fouet et je rends de façon différente, déstructurée et restructurée autrement.


2. Comment vous est venue l’idée d’écrire ?

« Idée » n’est pas vraiment le terme approprié. « Besoin », « sensation » me semble plus juste. J’ai très tôt été séduite par la musique des mots, ce qu’ils permettaient de donner à voir, aussi, à imaginer. Pour moi, écrire, ce n’est pas juste raconter une histoire ; c’est plus que ça ; c’est composer un rythme, une mélodie, un chant. J’ai écrit pas mal de poèmes ; j’en garde le goût pour la phrase bien ciselée, harmonique, si j’ose dire. Fluide, je l’espère.


3. Quels sont vos auteurs préférés ?

Les deux premiers qui me viennent sont Stefan Zweig et Jacqueline Harpman. Dans les deux cas, la psychologie des personnages est particulièrement fouillée. Ce qui n’est pas très étonnant lorsqu’on sait que Zweig était un ami de Freud et Harpman psychanalyste. Et quel style ! J’aime également beaucoup l’auteur japonais Haruki Murakami, ses univers oniriques et tellement bien construits. Cet homme est un génie. C’est ce que je me suis dit en fermant le dernier tome d’1Q84. Quelle imagination, et quel souffle ! Après… Il y a beaucoup d’auteurs de grand talent. Et notamment dans le polar.


4. Quel est votre film préféré ?

C’est assez difficile à dire. J’ai adoré le « Dracula » de Coppola qui est un film très esthétique. Très esthétique aussi, le « Giorgino » de Laurent Boutonnat qui n’a pas eu le succès qu’il méritait. J’ai un souvenir très fort également d’un film que j’ai vu « dans ma jeunesse », « La mort en direct » avec Romy Schneider. Dans un autre genre, je pourrais citer « Le silence des agneaux ». Et dernièrement, l’indispensable « Hors normes » de Nakache et Toledano, forcément…


5. " La nuit avalera le mal " et '' La mémoire dans le sang " sont deux romans que j'ai littéralement dévorés. Comment avez-vous construit ces deux histoires ?

Pour La nuit avalera le mal, j’avais envie de parler d’une technique assez particulière, la communication facilitée (ou psychophanie) qui me tient à cœur. Le polar me paraissait se prêter parfaitement au sujet. J’ai très vite imaginé qu’un enfant mutique était témoin d’un meurtre. Après, tout s’est enchainé de façon assez naturelle. Une orthophoniste névrosée qui ne peut que se décrédibiliser, une enquêtrice curieuse et bienveillante…

Pour La mémoire dans le sang, j’avais envie d’explorer le thème du vampirisme, à ma façon. Et il me semblait qu’Emma, l’orthophoniste de La nuit avalera le mal, était le meilleur des vecteurs pour cela. Sombre, torturée, originale, capable de se mettre dans les situations les plus extravagantes même si elles sont dangereuses – et peut-être même, inconsciemment, surtout si elles le sont… Elle était parfaite pour le rôle ! Et puis, j’avais laissé mes deux héroïnes sur un guet qu’elles allaient peut-être traverser ensemble. J’ai eu envie de les retrouver quelques mois plus tard.

vendredi 2 avril 2021

Roy Braverman : " Sunset Manhattan "

 


Editions Hugo Thriller

363 pages


4 ème de couverture


Un New York sombre et violent, avec des rues comme des canyons dans lesquels la vie se perd et la mort s'engouffre. Avec fracas parfois, comme lorsqu'elle vient saisir une petite fille, retrouvée assassinée, le corps mutilé, au milieu d'un amas d'épaves de voitures.

En équilibre précaire, accroupi tout en haut d'une pile de carrosseries déglinguées, Pfiffelmann interroge son partenaire, l'inspecteur Donnelli : " Alors, tu en dis quoi ? " Un début d'enquête somme toute normal.

Sauf que " Pfiff " est un fantôme, qui exige lui aussi la vérité sur les circonstances de sa mort. Comme si Donnelli n'avait pas déjà tout son soûl de crimes, d'obsessions et de vengeances. Comme si la ville ne lui avait pas déjà arraché un lourd tribut.

Pourtant, une fois par an, New York lui offre aussi un instant magique, lorsque le soleil couchant symétrique et flamboyant du Manhattanhenge prend la 42e rue en parfaite enfilade. Une illumination divine, comme la révélation d'un indice éclaire un crime d'une lumière nouvelle. Avant que tout, la ville comme la vie de Donnelli, ne sombre à nouveau dans la nuit.

Un polar noir et puissant, dans une ville que l'on croit connaître mais dont Roy Braverman fait un portrait inédit, aussi tragique et attachant que ses autres personnages, aussi à l'aise dans l'humour que dans le suspense, et porté par une écriture remarquable.


Mon avis




Roy Braverman fait passer ses lecteurs des bayous de la Louisiane à l'asphalte new-yorkais. Ayant préféré me balader du côté de la Nouvelle-Orléans, je n'ai pas pour autant boudé mon plaisir avec ce nouvel opus, « Manhattan Sunset ».

Dès le début, l'histoire est déstabilisante, plantant une scène sordide dans une casse quasi-apocalyptique. Une enfant y est retrouvée dans un état qui laisse les flics sans voix, eux qui sont pourtant habitués à l'horreur quotidienne. Les dialogues s’insèrent d'emblée dans ces visions de chaos. Dès lors, j'ai été emportée par le roman.

On plonge littéralement dans le décor de cette ville gigantesque. La couverture se révèle d’ailleurs être un personnage du roman à part entière ; solaire tout en étant d'une noirceur absolue. J'ai souvent pensé à l'atmosphère de ces séries américaines montrant l'ambiance de commissariats submergés par la violence urbaine. L'inspecteur Donnelli est un ces anti-héros que l'on pourrait rencontrer dans un épisode de NYPD blues. C'est un personnage désenchanté qui a perdu beaucoup et qui va continuer à souffrir. Il est entouré d'une équipe d'enquêteurs de qualité et poursuivi par... le fantôme de son ex coéquipier mort dans des circonstances assez bizarres. J'ai apprécié de retrouver le schéma du vieux flic désabusé à qui on impose une nouvelle recrue, ce qui renforce mon sentiment d'évoluer dans le cinéma des années 70. « Manhattan Sunset » est aussi une histoire d’amitié au relent de désenchantement.

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