samedi 17 avril 2021

Gilles Paris : " Certains cœurs lâchent pour trois fois rien "


 Editions Flammarion

220 pages


4 ème de couverture



« Les cliniques spécialisées, je connais. Je m’y suis frotté comme on s’arrache la peau, à vif. Les hôpitaux psychiatriques sont pleins de gens qui ont baissé les bras, qui fument une cigarette sur un banc, le regard vide, les épaules tombantes. J’ai été un parmi eux. »

Une dépression ne ressemble pas à une autre. Gilles Paris est tombé huit fois et, huit fois, s’est relevé. Dans ce récit où il ne s’épargne pas, l'auteur tente de comprendre l’origine de cette mélancolie qui l’a tenaillé pendant plus de trente ans. Une histoire de famille, un divorce, la violence du père. Il y a l’écriture aussi, qui soigne autant qu’elle appelle le vide après la publication de chacun de ses romans. Peut-être fallait-il cesser de se cacher derrière les personnages de fiction pour, enfin, connaître la délivrance. «Ce ne sont pas les épreuves qui comptent mais ce qu’on en fait », écrit-il. Avec ce témoignage tout en clair-obscur, en posant des mots sur sa souffrance, l’écrivain nous offre un récit à l’issue lumineuse. Parce qu’il n’existe pas d’ombre sans lumière. Il suffit de la trouver.



Mon avis



« Certains cœurs lâchent pour trois fois rien » m'a fait sortir de ma zone de confort. Il m'a fortement impressionnée et déconcertée.

Grâce à ce roman, j'ai pu comprendre différents éléments sur la dépression. J'ai saisi que cette maladie était très complexe. Gilles Paris sait très bien expliquer au travers de "ses éclats de vie" que ses causes sont multiples et pas évidentes à définir. Il raconte la vie difficile de ceux qui connaissent la dépression pour le malade lui-même mais aussi pour son entourage ; une vie en montagnes russes avec noirceurs et embellies.
" Il vient une heure où chacun doit affronter ses démons pour mieux s'en libérer. J'aime être un parmi tous. Un anonyme dans la foule. Un inconnu célèbre que personne ne reconnaît. Je me suis défendu contre la bête, pas question d'être dominé par elle. Entrez dans ma vie, comme on entre dans une danse. "
Son style abrupte permet des suivre le parcours d'un homme face à cette maladie. Parallèlement, au fil des pages on perçoit les lambeaux d'une existence passionnante jalonnée de vraies réussites. Ainsi, sans pathos, l'auteur offre un roman qui montre que malgré la dépression, on peut connaître de magnifiques moments. Il dépeint une vie professionnelle très riche dans le monde de la presse littéraire. Mais bien sûr, la mort n'est jamais loin !

vendredi 16 avril 2021

François-Xavier Dillard : " Prendre un enfant par la main "

 


Editions Belfond

336 pages


4 ème de couverture



Lorsque vous lâchez la main de votre enfant, êtes-vous certain de pouvoir la serrer de nouveau un jour ?

Quatre ans après la disparition de leur fille Clémentine dans le naufrage d'un voilier, Sarah et Marc sont rongés par la culpabilité et la tristesse.
Jusqu'à ce que de nouvelles voisines emménagent sur le même palier avec leur enfant, Gabrielle, dont la ressemblance avec Clémentine est troublante. Au contact de cette adolescente vive et enjouée, Sarah reprend peu à peu goût à la vie.
Mais lorsque le destin de Gabrielle bascule dans l'indicible, les démons que Sarah avait cru pouvoir retenir se déchaînent une seconde fois.

Prends ma main, mon cœur. Ne la lâche pas, quoi qu'il arrive. Serre-la fort !


Mon avis



Comment ai-je pu passer à côté de ce roman ? Je ne connais absolument rien des écrits de cet auteur mais il n'est jamais trop tard pour le lire. Pourquoi avoir choisi ce titre et non pas un autre ? Tout simplement parce qu'il était sur un des présentoirs de la médiathèque et la couverture m'a attiré.

Marc Cygnac part en bateau avec son épouse et ses deux enfants mais une tempête s'annonce et malheureusement Clémentine, leur fille, est emportée par les vagues déferlantes. Depuis ce jour, plus rien n'est pareil. Un grand vide s'installe au sein de ce couple.
" Marc est bouleversé. Ces quatre dernières années, il a été comme absent de sa propre existence, il le comprend à présent. Et il imagine les dégâts que cela a pu provoquer chez ses enfants. Et chez sa femme. "
Un couple Hélène et Leila et Gabrielle emménagent dans un nouvel appartement non loin du couple Cygnac. L'arrivée de ces dernières vont perturber plus particulièrement Sarah ; la jeune Gabrielle ressemble étrangement à Clémentine. Ainsi les souvenirs reviennent.

mardi 13 avril 2021

Armelle Carbonel : " L'empereur blanc "

 


Editions Mazarine

414 pages


4 ème de couverture


Cinq auteurs de romans noirs à l’imagination débordante enfermés dans une maison isolée au passé lugubre.

Un écrivain acculé dans cette même maison par le Ku Klux Klan en 1965.
Un récit à double tranchant où se mêlent fiction et réalité, où s’efface la limite entre vérité inacceptable et mensonge salvateur.
Cinq auteurs de romans noirs se retrouvent à Crescent House, une maison isolée, érigée au creux d’une vallée perdue de l’Arkansas pour un week-end de création dans une ambiance propice à l’imagination la plus lugubre. De fait, la rumeur locale prétend qu’en 1965, un écrivain, nommé Bill Ellison, y aurait été assassiné par des membres du Ku Klux Klan. D’autres disent qu’il aurait lui-même tué son épouse avant de se donner la mort.
Alors que le week-end passe, les nouveaux habitants de Crescent House disparaissent l’un après l’autre … Une famille entière, bien sous tous rapports, est massacrée dans la ville voisine. Quel est le lien entre passé et présent, entre locataires d’hier et d’aujourd’hui – entre légende et réalité ?



Mon avis



Armelle Carbonel est une auteure que je suis depuis ses débuts. Pas un seul de ses romans ne se ressemble, l'auteure a le don de se renouveler sans cesse. " L'empereur blanc" crée incontestablement une ambiance anxiogène. L'écriture dégage un univers très noir et pesant. Armelle Carbonel sait dépeindre une atmosphère poétique et désœuvrée. Les phrases sont magnifiques et percutantes, enrobées de noirceur.

Ce que j'aime avant tout chez cette auteure est la construction de ses romans ; elle développe un univers propre à elle. Les personnages sortent de l'ordinaire. Tout est ordonné et c'est aussi une des qualités que j'apprécie aussi dans ses histoires.

Cette vieille demeure Crescent House est également un personnage à part entière. Ainsi se met en place un huis clos glaçant, effrayant et très étrange.
" Crescent House est une demeure séculaire enclavée au creux d'une montagne surplombant le village d'Eureka Spring. Auparavant, personne ne s'y aventurait sciemment, non par crainte de son apparence glaçante, mais par méconnaissance de son existence. "  

dimanche 11 avril 2021

Marie Compagne : " Interview "

 


Après avoir lus La nuit avalera le mal " et " La mémoire dans le sang " j'ai voulu en savoir plus sur Marie Compagne. Voici l'interview afin de mieux connaitre son univers.


1. Comment vous définiriez-vous ?

Je dirais que je suis une hypersensible qui fait ce qu’elle peut. Ce n’est pas toujours facile mais avec le temps, j’apprends à me protéger. En ce sens, l’écriture est une bénédiction parce qu’elle me permet parfois de mettre de la distance entre moi et certaines émotions. Un peu à la façon d’un prisme, je prends de plein fouet et je rends de façon différente, déstructurée et restructurée autrement.


2. Comment vous est venue l’idée d’écrire ?

« Idée » n’est pas vraiment le terme approprié. « Besoin », « sensation » me semble plus juste. J’ai très tôt été séduite par la musique des mots, ce qu’ils permettaient de donner à voir, aussi, à imaginer. Pour moi, écrire, ce n’est pas juste raconter une histoire ; c’est plus que ça ; c’est composer un rythme, une mélodie, un chant. J’ai écrit pas mal de poèmes ; j’en garde le goût pour la phrase bien ciselée, harmonique, si j’ose dire. Fluide, je l’espère.


3. Quels sont vos auteurs préférés ?

Les deux premiers qui me viennent sont Stefan Zweig et Jacqueline Harpman. Dans les deux cas, la psychologie des personnages est particulièrement fouillée. Ce qui n’est pas très étonnant lorsqu’on sait que Zweig était un ami de Freud et Harpman psychanalyste. Et quel style ! J’aime également beaucoup l’auteur japonais Haruki Murakami, ses univers oniriques et tellement bien construits. Cet homme est un génie. C’est ce que je me suis dit en fermant le dernier tome d’1Q84. Quelle imagination, et quel souffle ! Après… Il y a beaucoup d’auteurs de grand talent. Et notamment dans le polar.


4. Quel est votre film préféré ?

C’est assez difficile à dire. J’ai adoré le « Dracula » de Coppola qui est un film très esthétique. Très esthétique aussi, le « Giorgino » de Laurent Boutonnat qui n’a pas eu le succès qu’il méritait. J’ai un souvenir très fort également d’un film que j’ai vu « dans ma jeunesse », « La mort en direct » avec Romy Schneider. Dans un autre genre, je pourrais citer « Le silence des agneaux ». Et dernièrement, l’indispensable « Hors normes » de Nakache et Toledano, forcément…


5. " La nuit avalera le mal " et '' La mémoire dans le sang " sont deux romans que j'ai littéralement dévorés. Comment avez-vous construit ces deux histoires ?

Pour La nuit avalera le mal, j’avais envie de parler d’une technique assez particulière, la communication facilitée (ou psychophanie) qui me tient à cœur. Le polar me paraissait se prêter parfaitement au sujet. J’ai très vite imaginé qu’un enfant mutique était témoin d’un meurtre. Après, tout s’est enchainé de façon assez naturelle. Une orthophoniste névrosée qui ne peut que se décrédibiliser, une enquêtrice curieuse et bienveillante…

Pour La mémoire dans le sang, j’avais envie d’explorer le thème du vampirisme, à ma façon. Et il me semblait qu’Emma, l’orthophoniste de La nuit avalera le mal, était le meilleur des vecteurs pour cela. Sombre, torturée, originale, capable de se mettre dans les situations les plus extravagantes même si elles sont dangereuses – et peut-être même, inconsciemment, surtout si elles le sont… Elle était parfaite pour le rôle ! Et puis, j’avais laissé mes deux héroïnes sur un guet qu’elles allaient peut-être traverser ensemble. J’ai eu envie de les retrouver quelques mois plus tard.

vendredi 2 avril 2021

Roy Braverman : " Sunset Manhattan "

 


Editions Hugo Thriller

363 pages


4 ème de couverture


Un New York sombre et violent, avec des rues comme des canyons dans lesquels la vie se perd et la mort s'engouffre. Avec fracas parfois, comme lorsqu'elle vient saisir une petite fille, retrouvée assassinée, le corps mutilé, au milieu d'un amas d'épaves de voitures.

En équilibre précaire, accroupi tout en haut d'une pile de carrosseries déglinguées, Pfiffelmann interroge son partenaire, l'inspecteur Donnelli : " Alors, tu en dis quoi ? " Un début d'enquête somme toute normal.

Sauf que " Pfiff " est un fantôme, qui exige lui aussi la vérité sur les circonstances de sa mort. Comme si Donnelli n'avait pas déjà tout son soûl de crimes, d'obsessions et de vengeances. Comme si la ville ne lui avait pas déjà arraché un lourd tribut.

Pourtant, une fois par an, New York lui offre aussi un instant magique, lorsque le soleil couchant symétrique et flamboyant du Manhattanhenge prend la 42e rue en parfaite enfilade. Une illumination divine, comme la révélation d'un indice éclaire un crime d'une lumière nouvelle. Avant que tout, la ville comme la vie de Donnelli, ne sombre à nouveau dans la nuit.

Un polar noir et puissant, dans une ville que l'on croit connaître mais dont Roy Braverman fait un portrait inédit, aussi tragique et attachant que ses autres personnages, aussi à l'aise dans l'humour que dans le suspense, et porté par une écriture remarquable.


Mon avis




Roy Braverman fait passer ses lecteurs des bayous de la Louisiane à l'asphalte new-yorkais. Ayant préféré me balader du côté de la Nouvelle-Orléans, je n'ai pas pour autant boudé mon plaisir avec ce nouvel opus, « Manhattan Sunset ».

Dès le début, l'histoire est déstabilisante, plantant une scène sordide dans une casse quasi-apocalyptique. Une enfant y est retrouvée dans un état qui laisse les flics sans voix, eux qui sont pourtant habitués à l'horreur quotidienne. Les dialogues s’insèrent d'emblée dans ces visions de chaos. Dès lors, j'ai été emportée par le roman.

On plonge littéralement dans le décor de cette ville gigantesque. La couverture se révèle d’ailleurs être un personnage du roman à part entière ; solaire tout en étant d'une noirceur absolue. J'ai souvent pensé à l'atmosphère de ces séries américaines montrant l'ambiance de commissariats submergés par la violence urbaine. L'inspecteur Donnelli est un ces anti-héros que l'on pourrait rencontrer dans un épisode de NYPD blues. C'est un personnage désenchanté qui a perdu beaucoup et qui va continuer à souffrir. Il est entouré d'une équipe d'enquêteurs de qualité et poursuivi par... le fantôme de son ex coéquipier mort dans des circonstances assez bizarres. J'ai apprécié de retrouver le schéma du vieux flic désabusé à qui on impose une nouvelle recrue, ce qui renforce mon sentiment d'évoluer dans le cinéma des années 70. « Manhattan Sunset » est aussi une histoire d’amitié au relent de désenchantement.

jeudi 1 avril 2021

Marie Compagne : " La mémoire dans le sang "

 


Editions Amanite

348 pages



4 ème de couverture



Lille. Église Saint-Maurice.

Derrière le rideau rouge du confessionnal, une femme nue, agenouillée, le front posé sur ses mains jointes. Morte. Le corps est d’une pâleur spectrale. Au creux du cou, deux incisions évoquent le baiser d’un vampire… Et dans la croix en bois qui pend sur sa poitrine, des vers d’un autre temps. « Dans ton sang, ma chérie, je bois l’éternité… »

Un étrange tableau pour une intrigue addictive.

Après La nuit avalera le mal, c’est au cœur d’une palpitante chasse aux vampires que nous emmène Marie Compagne. Une course contre le passé qui réserve à la capitaine Sybille Lievič son lot de sinistres surprises…



Mon avis



Après " La nuit avalera le mal " , j'ai poursuivis les aventures du capitaine Lievič. Cette fois-ci, le lecteur est plongé dans une histoire de vampirisme. Divers corps sont trouvés dans une église. Le modus operandi fait penser à Lestat, ce fameux personnage dans Dracula.

Lille est en bain de sang. L'équipe de Lievič fait tout pour retrouver la trace de ce satanique mais la capitaine prend cette affaire vraiment au sérieux, elle s'investit davantage au point de mettre en péril sa vie et celle d' Emma.
Les cadavres s'accumulent, l'enquête piétine. C'est une affaire redoutable pour Sybille. Marie Compagne a l'art de construire une intrigue parfaitement cousue. Les indices dans ce roman sont sacrément bien dispatchés tout au cours de l'histoire. L'ambiance est à son comble. Difficile de trouver le pourquoi du comment.
" Ces vers ont été retrouvés sur une scène de crime et j'aimerais savoir qui les a écrits et si, justement, ils sont tout ou juste un extrait. "
J'aime l'écriture de l'auteure ; tout est ordonné et admirablement bien construit. Les personnages sont bien mis en relief. Rien n'est laissé au hasard. Les lieux sont parlants pour moi car le récit se passe dans les Hauts de France.

J'ai hâte de retrouver les personnages de Sybille et d'Emma dans une prochaine aventure. Je suis bien surprise de ne pas avoir tant d'échos sur les écrits de Marie Compagne et c'est bien dommage.

Alors n'hésitez pas à vous plonger dans cette aventure vampirique si le cœur vous en dit ! 



Book Trailer



samedi 27 mars 2021

Gérard Carré : " Tarmac Blues "

 


Editions Jigal Polar

368 pages


4 ème de couverture



Léonard Delevigne est le tout jeune patron de la BAND, branche spéciale de la brigade des Stups de Paris en charge de la lutte contre le narco-djihadisme. Milovan Milosevic, commandant dans la même unité, est le « presque » frère de Léonard que ses parents ont adopté lorsqu’ils étaient adolescents. À l’inverse de Léonard, Milo est un homme d’action, pulsionnel et intuitif, pour qui la fin justifie souvent les moyens. Salomé Delevigne, une brillante avocate d’origine juive hongroise, a rencontré ces deux hommes de sa vie le même jour, une vingtaine d’années auparavant. Elle les a aimés l’un et l’autre, incapable de choisir entre le cérébral et l’aventurier, jusqu’à ce que Milo s’engage dans les casques bleus de l’ONU pour laisser le champ libre à ce « presque frère » envers qui il se sent redevable. Jüri Ostnik, alias Viking, est le parrain d’un important cartel, incarcéré à Fleury pour détention et trafic de drogue. Afin de faire pression sur son mari, Viking donne l’ordre à ses hommes d’enlever Salomé qui est enceinte et prête à accoucher de jumeaux…



Mon avis




« Tarmac Blues » de Gérard Carré est d'une grande richesse. Je vais donc tenter d'être précise sans en dire trop afin de laisser les lecteurs se prendre eux-mêmes au jeu.
Déjà dans les premières pages, l'action est plantée ; la femme enceinte d'un grand flic est prise en otage et on va suivre les dommages collatéraux de cette situation qui semble inextricable.
« Une terreur pure. Primitive. Terriblement humaine. Bien au-delà de la souffrance ou de la peur de mourir. Une terreur qui atteint son paroxysme lorsque la voiture s'arrête brusquement de rouler. Tout comme le temps dans la poitrine de Salomé. »
Les personnages sont tour à tour mis en avant afin de faire ressentir les émotions et réactions de chacun. Des flash-backs donnent un éclairage sur le passé des protagonistes. Ce procédé a un peu freiné ma lecture au tout début, m'empêchant d'entrer complètement dans l'atmosphère du récit. Mais très vite, cette impression a fait place à un plaisir de lecture et j'ai compris que c'était une façon de ne pas être perdue dans la valse des nombreux protagonistes.

Le style de Gérard Carré contribue au rythme alternant scènes intimes et scènes d'action. Les mots sont durs et font mouche au fil des chapitres et soulignent des émotions fortes avec talent. Les dialogues claquent comme des sentences. Des phrases, parfois courtes, sonnent comme un pistolet mitrailleur Uzi et ça m'a laissée à chaque fois à bout de souffle.

samedi 20 mars 2021

B.A. Paris : " Le Cercle de Finsbury "

 


Editions Hugo Thriller

300 pages


4 ème de couverture



Alice croyait avoir trouvé la maison de ses rêves...
Quand Léo et elle emménagent au Cercle de Finsbury, une résidence haut de gamme en plein Londres, la jeune femme est persuadée de prendre enfin un nouveau départ. Et tant pis si les choses sont allées un peu vite avec Léo et si celui-ci a pris en charge leur emménagement
sans véritablement la consulter. La maison est parfaite, la résidence idéale, et les voisins semblent si accueillants !
... Mais ce fut celle de ses pires cauchemars.
Lorsqu'Alice apprend que Nina, qui vivait dans la maison avant qu'ils n'emménagent, y a été sauvagement assassinée, le vague sentiment d'insécurité qu'elle ressentait jusqu'alors se transforme en peur, puis en terreur. Une présence étrange semble hanter les murs et ni Léo, qui semble lui cacher beaucoup de choses, ni les voisins, qui consacrent le plus clair de leur temps à s'épier les uns les autres, ne la rassurent.
Et puis l'on passe bien trop facilement d'une maison à l'autre, à l'intérieur du Cercle, pour pouvoir y dormir en paix.



Mon avis




" Le Cercle de Finsbury " est un thriller domestique que j'ai beaucoup apprécié. Le lecteur va suivre Léo et Alice. Depuis peu en couple, Léo a réussi à trouver un joli nid douillet se situant dans une résidence Londonienne. Celle-ci comprend 12 maisons près de Finsbury Park. Tout est sécurisé, c'est vraiment la maison idéale et parfaite. Mais tout n'est qu'illusion...
" Elle est encore un peu trop nette et austère pour moi avec ses lignes épurées et ses placards astucieux qui dissimulent tout à la vue. Donc je ne déteste pas la maison, c'est plutôt son atmosphère que je n'aime pas. "
Alice apprend la véritable histoire sur son nouveau foyer. Un meurtre a été commis et le corps n'est autre que celui de Nina Maxwell. Depuis cette macabre découverte, des phénomènes étranges se produisent. Alice commence à se sentir mal à l'aise et à s'interroger sur son couple et ses voisins. Les doutes et les questionnements d'Alice s'enchainent.

jeudi 11 mars 2021

Michel Embareck : " Trois cartouches pour la Saint-Innocent "

 


Editions l'Archipel

200 pages


4 ème de couverture



Jeanne Moreau – rien à voir avec l’actrice – a tué son mari qui la maltraitait depuis des années. Trois balles dans le dos en guise d’épitaphe.

Le soutien des réseaux sociaux et des associations de lutte contre les violences faites aux femmes lui a valu de n’effectuer qu’une partie de la peine à laquelle elle a été condamnée aux assises et de bénéficier d’une grâce accordée... le jour de la Saint-Innocent.

Explorant un angle mort de l’affaire, un journaliste à la retraite décide de rouvrir le dossier. La septuagénaire – que certains proches surnomment « la Ravajou » – est-elle bien la victime que les médias se sont plu à dépeindre ?



Mon avis




Michel Embareck se moque du politiquement correct dans « Trois cartouches pour la Saint-Innocent ». Il ne prend pas de gants pour dénoncer les stéréotypes qui accablent notre époque.

Ses personnages sont justement la base de l'histoire. Jeanne Moreau, une criminelle septuagénaire, et un ancien journaliste des faits divers sont les deux piliers d'une intrigue mêlant le tragique et la légèreté. Michel Embareck sait très bien décrire les êtres et les lieux pour nous faire entrer dans des univers multiples. Il parvient à faire le portrait d'un personnage et d'une époque en quelques lignes à l'aide de mots ou d'expressions parfaitement adaptés.
« Dans un monde d'hommes, Jeanne Moreau avait porté la culotte sans jamais faire sa chochotte. Née à la libération de Vesoul, on l'avait jugée avec la morale de notre siècle alors qu'elle relevait de celle du précédent. »
Alors qu'il nous fait profiter d'une contre-enquête, Michel Embareck n'hésite pas à s’attaquer avec cocasserie à des sujets d'actualité comme les réseaux sociaux, la désertification des campagnes ou la justice. Ainsi, il détourne des faits réels sans les nommer mais facilement reconnaissables afin de donner son avis sur notre société. Ce n'est jamais agaçant et souvent amusant !
« Condamnée à la grande fureur de son avocate lilloise, la mère Legendre avait été blanchie par le tribunal du Net, cette foire aux fausses nouvelles en promotion où des vengeurs masqués érigent leur opinion frelatée en vérité d'airain. »
Le style est jalonné de poésie avec des descriptions des paysages et des répliques cinglantes. Le tout fait de « Trois cartouches pour la Saint-Innocent », un véritable plaisir de lecture !
« -Comme partout, des employés communaux déguisés en gardiens de la galaxie et juste bons à emmener pisser l'écureuil de la Caisse d’Épargne. » T'as d'autres anecdotes sur le procès de la mère Legendre ? »


mercredi 3 mars 2021

Gilles Vidal : " L'art de la fuite est un secret "

 


Editions La Déviation

120 pages


4 ème de couverture



Victor est peintre. Il abandonne sur son chevalet une toile abandonnée pour fuir un danger mortel. Lequel ? Il prend le premier train pour n’importe où – mais vers le sud tant qu’à faire – et désactive son portable.
Est-ce parce que le narrateur est peintre ? La lumière occupe une place importante dans le récit où les ambiances et les lieux insolites se succèdent. Chacun est très évocateur et renvoie le lecteur à ses propres souvenirs ou rêveries : ville de province inconnue, station-service hors d’âge, maison inoccupée, ville portuaire…
Un récit en un seul chapitre, à lire d’une traite mais sans précipitation. Gilles Vidal joue avec les codes du polar comme avec ceux du récit initiatique, manie habilement les symboles, impose son rythme dans un jeu complice avec son lecteur.
Au bout de la fuite : la mort… ou l’amour ?


Mon avis



Gilles Vidal avec « L'art de la fuite est un secret », emmène ses lecteurs dans un road-movie assez court qu'il jalonne de descriptions poétiques.

L'auteur emploie de longues phrases dans pratiquement tout le roman et utilise la première personne du singulier. Ceci donne une intimité sensuelle à l'histoire. Cependant, j'aurais davantage apprécié que cet effet de style ne soit pas systématique, l'action me semblant laisser la place à l'introspection. Mais j'ai finalement trouvé dans ma lecture la raison de ce choix d'écriture : l'anxiété ! On retarde les événements parfois par peur d'y être confronté.
« Je lui demandai, ce qu'il fit sans se faire prier et ce, avec de longues phrases de prosateur exalté qui n'en finissaient pas de se dérouler, parsemées d'incises précipitées qui témoignaient de son anxiété sous-jacente et, parfois, d'envolées embrouillées sur les bords»

Au fil des pages, la poésie du quotidien s'étale dans les moindres gestes du quotidien même les plus anodins. Dans « L'art de la fuite est un secret », mettre de l'essence, manger une pâtisserie relèvent de l'élégance la plus pure. 

lundi 1 mars 2021

Douglas Kennedy : " Isabelle, l'après-midi "

 


Editions Belfond

312 pages


4 ème de couverture



Paris, début des années 1970. Dans une librairie de la rive gauche, un jeune homme rencontre une femme. Il est américain, étudiant, sans le sou, et a tout quitté pour assouvir ses fantasmes de la Ville Lumière ; elle est française, un peu plus âgée, sophistiquée, mystérieuse et... mariée. Entre Sam et Isabelle, c'est le coup de foudre. Commence alors une liaison tumultueuse, des cinq à sept fiévreux, des rendez-vous furtifs, des moments volés.
Mais Sam veut plus. Isabelle lui a ouvert les portes d'une autre vie mais est-elle prête à tout lui sacrifier ? La passion saura-t-elle résister au quotidien, aux épreuves et au temps qui passe ?

Symphonie du hasard, Douglas Kennedy nous offre une oeuvre sensuelle, délicate, nostalgique, sur les amours contrariées, le destin que l'on se forge et les regrets qui peuvent jalonner l'existence. C'est aussi sa déclaration d'amour à Paris, ville de tous les possibles et de toutes les réinventions.

Avant Isabelle, je ne savais rien du sexe. Avant Isabelle, je ne savais rien de la liberté.
Avant Isabelle, je ne savais rien de la vie.



Mon avis



Quelle douceur ce roman !
Douglas Kennedy nous raconte une histoire où une passion sans faille se passe entre Samuel, un étudiant américain, et Isabelle une femme plus âgée et resplendissante.

C'est une rencontre qui a eu lieu par hasard lors d'une soirée littéraire ; Samuel a le coup de foudre pour Isabelle lui laissant ainsi son numéro de téléphone.

Samuel n'y croit pas. Il tente de la revoir par la suite. Isabelle est mariée et impose des conditions à Samuel ; la règle du cinq à sept dans un appartement se situant à Bernard Palissy. Tous les deux vont se connaître davantage mais Samuel en veut plus. Mariée à Charles, Isabelle ne peut se résoudre à le quitter.

Samuel rencontrera d'autres femmes dans sa vie mais son cœur bat toujours pour la belle Isabelle. La passion pour Isabelle est plus forte que tout, même si tous les deux mènent chacun leur propre vie.

Dans ce roman, Douglas Kennedy décrit une histoire passionnelle entre deux êtres où la tristesse de chacun s'en ressent.
L'érotisme y est présent mais les scènes sont dépeintes sans vulgarité. On sent que l'auteur a une grande admiration pour les femmes. Il les décrit avec beaucoup de respect.

" Isabelle, l'après-midi " est un roman que j'ai beaucoup aimé. L'amour entre ses deux êtres est vertigineux. Samuel voue une véritable passion pour Isabelle.

dimanche 28 février 2021

Isabelle Villain : " À pas de loup "

 

Editions Taurnada

256 pages



4 ème de couverture



Lorsque Rosalie, Philippe et leur petit Martin, âgé de six mois, décident de s'installer à La Barberie, un éco-hameau niché en plein cœur des Alpes-de-Haute-Provence, c'est bien pour fuir un quotidien devenu trop pesant. Pour tenter une expérience audacieuse. Vivre autrement. En communion avec la terre et en harmonie avec les saisons.

Mais l'équilibre de cette nouvelle vie va un jour se fissurer. Un grain de sable va s'infiltrer, déstabiliser et enrayer cette belle mécanique.
Et ce très beau rêve va se transformer peu à peu en un véritable cauchemar.
Votre pire cauchemar…



Mon avis




Bienvenue à La Barberie enfin presque ! Loin de la ville, cette petite communauté connait la réussite ; plusieurs familles s'installent pour fuir le stress et le confort de la ville. Le but est de retourner à l'essentiel mais jusqu' à quel prix ?

C'est sur l'histoire de Philippe et de Rosalie que l'auteure va principalement s'appuyer et ainsi nous plonger dans la perversité humaine.

" Fuir la ville pour venir habiter à La Barberie fut une excellente décision. Pour elle, pour Martin. Pour s'offrir une vie meilleure. Un choix qu'elle n'est pas près de regretter. Elle en est désormais convaincue. "

Grâce à Michel, cet hameau collectif recueille diverses familles pour vivre en harmonie et en autarcie. Loin de la toxicité de la société, cette communauté située dans les Alpes de Haute Provence connaitra un chamboulement à la mort de Michel.

Je n'en dévoilerai pas plus sur l'histoire car je ne veux pas spoiler l'intrigue. Ce roman traite d'un sujet encore d'actualité et Isabelle Villain a fait beaucoup de recherches pour ce dernier. Elle n'a pas pour habitude d'écrire du thriller sa cible étant le polar mais l'auteure s'en sort plutôt bien.

dimanche 21 février 2021

Inma López Silva : " Quand nous étions de mauvaises filles "

 


Editions Solanhets

512 pages


4 ème de couverture


Dans un centre pénitentiaire de Galice, au nord-ouest de l’Espagne, se côtoient une prostituée toxicomane, une jeune Colombienne arrêtée à l’aéroport et séparée de son petit garçon, une religieuse condamnée pour ses agissements passés en tant qu’infirmière, une surveillante habitée par le doute et une écrivaine apparemment perturbée, qui ne sait plus trop ce qu’elle invente ou ce qu’elle vit réellement.
Les histoires et les destinées de ces cinq femmes, si différentes et d’une certaine façon si proches, se croisent et se répondent entre les murs de la prison que, chacune à sa manière, elles aspirent toutes à quitter.



Mon avis



Inma López Silva avec « Quand nous étions de mauvaises filles » propose un roman très particulier. Mais est-ce vraiment un roman ? Un témoignage ou une série de portraits ? Même en fin de lecture, j’étais incapable de définir ce livre.

En ce qui concerne le contexte, par contre, aucune hésitation ! Nous sommes bien dans l'univers carcéral. Chaque chapitre est consacré à une femme qui vit dans une même prison espagnole. Progressivement on les retrouve à tour de rôle et finalement certaines réapparaissent dans les paroles des autres. Ce procédé est ingénieux mais un peu gêné par l'abondance des personnages qui interviennent. L'importance donnée aux prénoms instille encore davantage une couleur féminine et chaleureuse au récit.

J'ai été perturbée par le style de l'auteure qui emploie des phrases trop longues à mon goût. Bien sûr cela contribue à montrer la lourdeur de l’incarcération et la tristesse des détenues. Et si Inma López Silva a voulu exprimer l'étouffement de ces femmes ? La mission est plutôt accomplie !  Donc même si je n'ai pas su adhérer à ce roman, je dois reconnaître que l'auteure est très habile pour expliquer la pression de ses personnages.

mercredi 10 février 2021

David Joy : " Ce lien entre nous "

 


Editions Sonatine

304 pages


4 ème de couverture



" Joy a tout d'une future légende américaine. " Le Point

Caroline du Nord. Darl Moody vit dans un mobile home sur l'ancienne propriété de sa famille. Un soir, alors qu'il braconne, il tue un homme par accident. Le frère du défunt, connu pour sa violence et sa cruauté, a vite fait de remonter la piste jusqu'à lui. Un face à face impitoyable s'engage alors.

Avec Ce lien entre nous, David Joy esquisse un nouveau portrait noir des Appalaches. Quelle rédemption pour ces régions violentes et magnifiques, réduites au désespoir ? Seul un grand écrivain est capable de nous donner une réponse.



Mon avis



J'avais déjà découvert l'auteur avec le titre suivant " Là où les lumières se perdent ", et je suis tombée par hasard sur ce roman intitulé " Ce lien entre nous ".

Darl Moody chasse même si ce n'est pas la saison. Alors il arpente les terres des Appalaches en Caroline du Nord. De quoi ramener un cerf ou un sanglier à la maison. Ainsi il vise un sanglier mais cette cible n'est autre qu'un homme s'appelant Carol Brewer. Que faisait ce dernier sur les terres du vieux Corward ? Darl se trouve donc plongé dans une sale affaire ; la seule solution est de contacter son meilleur ami Calvin afin de se débarrasser du corps de Carol . Il sait que le frère de ce dernier, Dwayne, est un homme redoutable et vaut mieux ne pas avoir d'ennui avec lui.

David a l'art et la manière de créer une atmosphère à la fois étouffante et dérangeante. C'est une histoire qui va basculer vers une vengeance absolue.

La culpabilité est aussi un des thèmes abordés dans ce roman. Mais ce que j'aime avant tout chez cet auteur c'est la place qu'occupe la nature. Sans en faire de trop, David Joy nous plonge dans un climat naturel où la vengeance vire au cauchemar. Les pages ressortent la noirceur suite à la perte d'un être cher.
" T'as pris tout ce que j'aimais .Je l'ai vu glisser entre mes doigts comme de l'eau .T'as volé la seule chose que j'aimais dans ce monde. "

samedi 30 janvier 2021

Gwenael Le Guellec : " Armorican Psycho "


 Editions Pocket 

784 pages


4 ème de couverture



À Brest le temps est à la tempête. Ce qui n’est pas pour déplaire à Yoran Rosko, le photographe des conditions hostiles. Il aime cette ville et ne craint pas la fureur des éléments dont les excès nourrissent son travail. Sans doute aussi parce qu’atteint d’achromatopsie, maladie qui lui fait craindre la lumière et l’empêche de percevoir les couleurs, il préfère l’opacité. Jusqu’à ce que Claude Garrec, son ami et mentor, disparaisse. De Brest au cercle polaire, Yoran se retrouve confronté au « Tailleur de sel », un tueur en série insaisissable, aux motivations obscures qui va l’entrainer jusqu’aux confins de la nuit polaire…




Mon avis



Yoran Rosko est photographe mais il est un peu particulier ; il voit le monde en noir et blanc. Sa maladie visuelle l'empêche de vivre normalement le jour. Alors la nuit est sa principale destinée. Il apprend que son ami Claude a disparu et qu'un cadavre a été retrouvé dans son appartement. Ce dernier est à priori un ancien capitaine de cargo norvégien, disparu en mer en 1995.Yoran n'a qu'une obsession retrouver au plus vite son meilleur ami. Ce cadavre serait l'œuvre d'un tueur redoutable intitulé " Le tailleur de sel "....


" Armorican Psycho" est un véritable pavé de plus de 700 pages, cela me freinait à le lire mais une fois les premières pages tournées, j'ai plongé avidement dans l'histoire. J'ai découvert Brest et ses environs, une pluie battante à chaque instant où la mer se déchaine inlassablement.
" Chaque Brestois avait une histoire à raconter à propos du quartier de Recouvrance, dont le pont constituait le lien privilégié avec le centre-ville. D’un côté, la vieille tour Tanguy et le jardin des Explorateurs, de l’autre, le château de Brest, régnant sur la cité du haut de ses dix-sept siècles, et l’Arbre emphatique d’Enric Ruiz Geli et ses sept plantes. L’alliance, si brestoise, entre passé regretté et avenir espéré. "

mercredi 27 janvier 2021

Victor Margueritte : " La garçonne "

 


Editions Archipoche

342 poche


4 ème de couverture



Issue de la bourgeoisie parisienne, Monique Lerbier s’apprête à épouser Lucien Vigneret, un ingénieur à l’avenir prometteur. Ses parents sont aux anges. M. Lerbier, surtout, qui compte sur l’apport financier de son gendre pour redresser sa société.


Mais à la veille du grand jour, Monique apprend que son fiancé continue d’entretenir une maîtresse. Humiliée, révoltée, elle refuse de se soumettre et sacrifie sa virginité au premier inconnu. Chassée de sa famille, la voilà résolue à mener, comme un homme, une vie libre et indépendante. Une vie de garçonne. Monique, devenue une décoratrice à la mode, se livre dès lors à tous les excès, à tous les plaisirs…


Une vie dissolue est-elle le destin de la femme émancipée? L’égalité des sexes est-elle l’égalité des vices? La conjugalité et la maternité sont-elles réservées aux filles résignées? Questions soulevées par ce roman dont l’audace fit scandale, moins par l’affirmation d’un féminisme ambigu que par sa peinture des mœurs d’un certain milieu.


Mon avis




« La garçonne » sort en 1922, date à laquelle il a fait scandale. Son auteur Victor Margueritte en a même été radié de la Légion d'honneur. J'avais donc hâte de découvrir ce fameux roman. Je me demandais pourquoi son auteur avait été qualifié de pornographe et de féministe.

Tout d’abord, au niveau de la qualité littéraire, rien à redire ; c'est bien écrit et le style est plein de finesse. L'écriture est très sensuelle. J'ai eu l'impression de ressentir des relents de poudre de riz et de rouge à lèvres ! Le contexte festif et dépravé des années folles est bien rendu avec des références à peine voilées à de vraies célébrités de l'époque comme Mistinguette. Le vocabulaire désuet pour nous lecteurs du XXIème siècle est amusant, j'ai découvert des mots que je ne connaissais pas ; horions, grabouiller par exemple.

Et puis qu'en est-il de la pornographie ? Pour notre époque bien évidemment, il n'y a plus rien de choquant et même « Cinquante nuances de Grey » paraît torride à côté de cette pauvre « Garçonne ». On peut comprendre bien sûr que les scènes osées pour les années 20 et des allusions aux drogues aient fait bondir le lectorat. Quant au féminisme, c'est autre chose ! L'auteur estime que la femme peut se comporter comme un garçon, d'où l'emploi du féminin dans son titre, et c'est très bien ! Mais il fait de Monique, son héroïne, une pauvre chose qui ne parvient à trouver le bonheur que dans l'amour d'un homme fort et dans la maternité. Il y a bien quelques passages qui prévoient que le destin des féministes va s'améliorer mais c'est très limité.

mercredi 20 janvier 2021

Chrystel Duchamp : " Le sang des Belasko "

 


Editions Archipel

240 pages


4 ème de couverture


Cinq frères et sœurs sont réunis dans la maison de famille, la Casa Belasko, une vaste bâtisse isolée au cœur d’un domaine viticole de Provence.

Leur père, un vigneron taiseux, vient de mourir. Il n’a laissé qu’une lettre à ses enfants, et ce qu’il leur révèle les sidère : leur mère ne se serait pas suicidée – comme l’avaient affirmé les médecins six mois plus tôt. Elle aurait été assassinée…

Au cours de la nuit, non-dits, jalousies et frustrations accumulés au fil des années vont se déverser. Mais le pire reste à venir. D’autant que la maison, coupée du monde extérieur, semble douée de sa propre volonté…



Mon avis



" Le sang des Belasko " est un roman bien différent de ce que l'auteure a pu écrire auparavant. " L'art du meurtre " m'avait déjà bien touchée et avec ce nouveau titre, Chrystel Duchamp a su se renouveler davantage. Quelle construction et mise en scène ! Je n'exagère pas quand je dis ça car c'est comme si les protagonistes jouaient devant moi. Effectivement ce roman se scinde en plusieurs actes. Les acteurs que sont les personnages sont empreints de haine, de rancœur, de jalousie et de désinvolture.
C'est un huis clos où les révélations de cette fratrie au départ sympathique va littéralement changer la donne. L'attirance que j'avais pour les personnages s'est métamorphosée en haine et mépris ! Cette histoire d'héritage n'a fait qu'accroitre le dégout des uns et des autres.
" Dans certaines situations où les banalités n'ont plus leur place, mieux vaut s'abstenir de tout commentaire."
Ce roman met en scène tout un pan d'histoire des Belasko. D'ailleurs la demeure est baptisée la " Casa Belasko " , une maison où les pins et le domaine des vignes font d'elle une magnifique et bien belle bâtisse.

lundi 18 janvier 2021

Marc Sandhomme : " Le 7ème jour "

 


Editions Eaux Troubles

281 pages


4 ème de couverture


Victor pourrait être un homme ordinaire, un de ceux qu'on croise tous les jours dans la rue, s'il n'avait ce visage défiguré. Rejeté par ses pairs et surtout par les femmes : mis au ban de la société, il va lentement basculer dans une forme de démence. Un univers où les désirs ne tiennent plus compte des réalités. Pourtant, il se défend d'être un psychopathe, un détraqué sexuel ou un schizophrène.
Il veut simplement pouvoir parler aux femmes et partager quelques moments avec elles. C'est dans ses mains que Capucine va tomber et voir sa vie basculer un soir de février. Le jour où elle fera le pas de trop dans le salon de Victor. Elle n'aura alors que trois options pour se sortir de cette fâcheuse situation : parvenir à s'enfuir par la force, le séduire et l'amadouer pour mieux le prendre par surprise, ou faire ce qu'il lui demande.
Mais que lui demande-t-il ?



Mon avis



" Le 7 ème jour " est un huis clos sacrément bien amené et efficace. Le lecteur va suivre principalement deux personnages Capucine, la victime, et Victor, le kidnappeur. Ce dernier a été défiguré suite à une morsure de son chien durant sa jeunesse. Handicapé physiquement, Victor n'arrive pas à se lier d'amitié avec une femme. Alors il décide de mettre en place un piège afin de prendre dans ses filets une femme qu'il a repérée sur les réseaux sociaux. La victime se prénomme Capucine. Ainsi commence cette histoire bien machiavélique.
" Las de ne pouvoir approcher les femmes, il avait décidé de les amener de force vers lui. En dépit de son self-control, il ne pouvait s'empêcher de les désirer, mais ne voulait pas en abuser sexuellement; Pourtant, ce n'était pas l'envie qui lui manquait. " 
Chaque chapitre annonce le décompte de la vie de Capucine. Il faudra 7 jours pour que Victor décide du sort de Capucine. Les deux personnages vont se connaître, se parler sans animosité. D'ailleurs ils ont un  point commun qu'est la littérature. En effet Victor est prévenant envers Capucine, il prend bien soin de sa victime mais pourquoi attendre 7 jours ?

Au delà de cette histoire, l'auteur aborde les thèmes du syndrome de Stockholm et du syndrome de Lima.

mercredi 6 janvier 2021

Victor Guilbert : " Douve "


 Editions 298 pages


4 ème de couverture


Le gamin a Douve dans les veines."


Cette phrase, prononcée par son père quand il n'était encore qu'un enfant, l'inspecteur Hugo Boloren ne l'a jamais oubliée. Alors quand il apprend qu'un meurtre a eu lieu à Douve, il y voit un signe. Son père est mort, l'Alzheimer a dilué les souvenirs de sa mère ; c'est sa dernière chance de comprendre en quoi ce village perdu au milieu d'une forêt de sapins lui coule dans les veines.

Tout ce qu'il sait, c'est que son père, policier lui aussi, a été envoyé à Douve il y a quarante ans pour enquêter sur la fuite médiatisée d'un Islandais accusé de meurtre, et que sa mère, journaliste, l'a accompagné pour écrire un livre sur l'affaire.

Que s'est-il passé là-bas et pourquoi ont-ils toujours refusé d'en parler ?

Armé du livre écrit par sa mère, Hugo Boloren va plonger dans ce village peuplé d'habitants étranges, tous unis par un mystère qui semble les hanter. Au fil de son enquête, une question va bientôt s'imposer : et si le meurtre qui a récemment secoué le village était lié au séjour de ses parents, quarante ans plus tôt ?


Mon avis



Quand on vous dit boite de chocolat, vous pensez peut-être à Forrest Gump, avec « Douve » de Victor Guilbert, vous penserez maintenant à Hugo Boloren ! C'est inexplicable, il faut le suivre pour le croire.

Dans ce roman, le vert domine, on le remarque tout de suite en regardant la couverture. Douve, un village niché au milieu d'une dense végétation qui sent le pin mais aussi le sapin pour les individus qui ont le malheur d'y faire un tour. L'ambiance est dès le début bien soulignée. L'auteur s'amuse beaucoup avec le nom de cette bourgade qui est pratiquement un personnage tout au long du récit.
« Un hameau terne et marécageux planté au bout d'une route de campagne. Peut-être le seul village non montagneux dont la traversée ne mène nulle part. Douve est une impasse, le dernier village avant le néant. »
Hugo Boloren est un flic qui tient plus de Columbo que de l'inspecteur Harry. Il est apprécié de ses collègues, sérieux mais il doit attendre LE déclic pour comprendre et résoudre une affaire. J'ai adoré ce personnage qui rapidement m'a semblé très attachant. J'aimerais d'ailleurs que son auteur en fasse un héros récurrent.
« Cette écriture que j'ai reconnue, où est-ce que je l'ai déjà vue ? Embrumés par Douve et les vapeurs d'alcool matinales, mes neurones pataugent. »
Je ne peux pas en dire trop sur l'histoire tellement elle est étonnante et inimaginable. La fin est à cet égard particulièrement réussie. Victor Guilbert prend son temps pour mettre en place l'intrigue, rien n'est laissé au hasard. Et pourtant on ne s'ennuie pas une seconde, tout est magistralement orchestré.

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