lundi 31 août 2026

Kathryn Stockett : " Le Calamity Club "


Editions Robert Laffont

682 pages


4 ème de couverture


Meg, onze ans, a appris à ne compter sur personne. Depuis que sa mère l'a abandonnée, elle fait partie des grandes filles " inadoptables " de l'orphelinat, où elle se bat chaque jour pour garder espoir malgré le mépris et la cruauté de la présidente.
Birdie, missionnée d'aller retrouver sa sœur récemment mariée à un riche banquier pour sauver sa famille ruinée, découvre un foyer parfait en apparence mais qui repose en réalité sur un tissu de mensonges.
Charlie, internée de force dans un asile après avoir été jugée " faible d'esprit ", est prête à tout pour récupérer sa fille perdue et retrouver sa dignité.
Trois destins qui vont se rencontrer par la force du hasard autour de l'orphelinat du comté de Lafayette, puis converger avec celui d'un groupe de femmes intrépides qui élaborent un plan audacieux : le " Calamity Club ". Mais dans une ville où règne l'hypocrisie, le moindre acte de défi vous expose à tous les dangers… Quel sera le prix à payer pour leur désobéissance ?


Mon avis


Je me suis lancée dans ce roman pour une lecture commune avec Lolo Brodeuse. Je ne suis pas rentrée directement dans l'histoire. Après plus de cent pages lues, le déclic se fait. Me voilà embarquée dans le récit de trois femmes Birdie, Meg et Charlie. Trois femmes qui vont voir leur vie se réunir dans le Mississippi des années 1930. Une communauté où les blancs ne se mélangent pas avec les noirs. L'interdiction d'alcool est prohibé. La loi sur la stérilisation des femmes noires est au programme touchant celles des classes ouvrières et celles des femmes faibles d'esprits.

C'est un roman qui m'a touchée de part les thèmes abordés par l'autrice : du droit des femmes, des inégalités sociales et de la pauvreté.

J'imagine que même les riches aiment bien avoir du personnel gratuit, peut-être plus que les gens normaux. Comme ça, ils restent riches. "
Une histoire dont j'ai aimé suivre les personnages à la fois touchants mais aussi désinvoltes.

Je n'étais pas au bout de mes peines dans cette aventure des protagonistes car il se passe toujours quelque chose dans leur vie. C'est à la fois intéressant donnant de l'épaisseur et du relief au récit.

Ainsi je me plonge inlassablement dans les vies intimes de ces femmes où leur vie est trépidante.

Je ne me suis point lassée de ces femmes. Chacune se complète pour vivre et relater cette histoire merveilleuse mais parfois chaotique.

L'autrice maintient le lecteur en détaillant parfaitement le destin et le périple de ses trois femmes. Elles donnent expressément du piment à ce récit. Je vais de surprise en surprise au fil des pages. Toutes les personnes rencontrées et détaillées dans "Le Calamity Club " vont se confronter et se compléter pour survivre et se donner une nouvelle image d'elles-mêmes.
Un roman fleuve qui coule comme le Mississippi, dans ce coin des États-Unis, ce sud que l'on dit profond. Le rythme lascif de ce fleuve ne laisse pas indifférent ceux qui en ont senti les effluves et en ont craint les zones dangereuses comme les personnages de ce " Calamity Club".

Les héroïnes de ce deuxième roman de Kathryn Stockett se croisent dans ces lieux étouffants et beaux à la fois. Les eaux boueuses charrient une atmosphère digne des grands romans américains. Les trois femmes sont confrontées à une vie encore engluée dans les préjugés et les inégalités d'une société qui ne les épargne pas.

" Birdie ?Meg?
C'est quoi exactement, une femme faible d'esprit?
Elle baisse son balai et réfléchit. Quelqu'un qui est... toqué.
Ça veut dire fou?
Sans doute, mais tu sais, la folie, c'est relatif. Je veux dire par là qu'on est tous un peu fous, mais on pense que ce sont les autres qui le sont. C'est l'histoire de la paille et de la poutre. Mais il y a aussi de vrais fous dans ce monde. "

Cependant leur force et leur courage vont peu à peu redonner l'espoir. C'est ce que raconte magnifiquement l'autrice. Après « La couleur des sentiments », elle a réussi encore une fois à m'enchanter. Ses personnages sont bien dessinés, ils m'ont beaucoup émue.

Il y a bien quelques ruptures dans le récit mais cela ne m'a pas gêné au final. Cette histoire est aussi addictive qu'un thriller. Les pages ne cessent de tourner dans ma tête même après avoir terminer ma lecture. Comme les caprices du Mississippi...

« Le Calamity Club » est empreint de tendresse, d'aventure et de surprises. Ce roman vibrera encore longtemps en moi à l'image de « La couleur des sentiments ». Des destins de femmes fortes sachant combattre la misère et l'injustice sociale dans un passé pas si lointain. Nul doute que le cinéma va s’intéresser à ce nouvel opus, si ce n'est déjà pas fait ! À vous d'imaginer quelles actrices tiendront le rôle de ces trois magnifiques héroïnes !

jeudi 27 août 2026

Claudie O. Wetterwald : " Ce qui dort sous le camélia "

 


Les Editions du Gros Caillou

456 pages


4 ème de couverture


« Si ceux qui veulent nous intimer le silence sont furieux contre nous, ce n’est pas pour nos crimes, mais parce que nous leur avons fait le plus terrible des affronts. Nous avons survécu. »
Elles sont 254, alignées sur les bancs des prévenues d’un procès extraordinaire. Des femmes de tous âges, de tous milieux, accusées d’avoir commis le pire au cours du Désastre. Parmi elles, il y a Lisenn Delors. Jamais on ne la soupçonnerait du moindre crime. Et c’est peut-être cela qu’on lui reproche le plus.
Pour la défendre, Rym Kettani, son avocate, replonge dans ses souvenirs de cette période sombre. Elle aussi y a survécu, mais le monde d’après semble encore pire.
Dans ce roman aux personnages profondément humains, Claudie O.Wetterwald nous confronte à nos propres dilemmes. Elle décrit avec finesse la fragilité d’une société quand survient le chaos et envoûte son lecteur jusqu’au mot fin.
Le destin de deux femmes qui devront lutter pour survivre au cœur du chaos. Une fresque bouleversante !


Mon avis



C’est le deuxième roman de l’autrice et je la découvre avec ce titre. Je ne sais pas si j'ai apprécié l'ensemble de ce récit, car l'écriture est prenante, mais quant à l'histoire, elle est enrobée de noirceur et assez étrange.
Les protagonistes sont très bien campés. Nous suivons les caractères des uns et des autres. Leur évolution dans le récit vont permettre de comprendre les tenants et les aboutissants de l'histoire. Je n'ai pas lâché le récit car j’ai été fascinée par le côté mystérieux ; panne de courant, plus d'essence, plus d’électricité. Le monde devient hostile. C’est le chaos total.

" J’ai seulement eu confirmation que nous n’étions pas les seuls à être affectés par « la Panne », que nous ne tarderions pas à renommer « le Désastre ». Il en allait de même à Lyon et à Grenoble. Les trains n’avaient pas circulé de toute la journée dans la petite ville la plus proche de chez nous, et les grandes surfaces avaient gardé leurs stores baissés. C’était assez dingue de voir à quel point tout semblait paralysé par une simple coupure de courant. J’aurais aimé pouvoir dire, le cœur léger, que j’allais en profiter pour jardiner un peu, me plonger dans un bon bouquin ou même récurer les placards de la cuisine. "

lundi 24 août 2026

Tom Newlands : " Ici, maintenant "

 


Editions Métaillé

368 pages


4 ème de couverture


« Béton, baston et fiente dans ta frange, c’était ça Muircross. » Ce n’est pas simple d’être une adolescente en banlieue de Glasgow : Cora Mowat a 14 ans au milieu des années 1990 et ses amies ne la comprennent pas, mais qui peut comprendre quoi que ce soit dans cette petite ville balnéaire où les fous, les chômeurs et les mouettes font la loi ? Et l’emménagement du nouveau petit ami de sa mère, Gunner, un type apparemment bien intentionné, mais chauve et borgne et secret, n’arrange pas les choses. La seule solution : partir ? Mais où et comment ?
Ce premier roman fracassant, émouvant, férocement drôle et débordant d’empathie, signe la naissance d’un grand auteur. En explorant la pauvreté, la violence, le besoin d’ailleurs et les liens d’amour filial et amical dans un coin paumé de l’Écosse, Tom Newlands crée un personnage inoubliable, aussi surprenant et attendrissant que la vie elle-même.


Mon avis



Comme j'ai adoré ce roman et le personnage principal ! L’héroïne, Cora Mowat du haut de ses 14 ans est une fille dynamique, touchante et solaire. Je ne suis pas prête de l'oublier ! L'auteur exploite le thème TDAH à travers cette adolescente. En effet Cora est atteinte de cette maladie. Elle veut vraiment fuir de chez elle, cette banlieue où la misère est omniprésente. 

D'autres thèmes tels que la toxicomanie, la pauvreté et les mauvaises conditions de vie sont abordés.

Certains dialogues sont drôles, allégeant ainsi la souffrance de Cora.
"Je vais te confier un secret, ma grande, c'est offert par la maison. Ceux-là qui se mêlent de leur cul, y vivent plus longtemps que les autres."
Depuis la perte de sa maman, elle est fragilisée et ne se sent pas bien moralement. L'auteur arrive à se mettre vraiment dans la peau de cette fille.

vendredi 21 août 2026

Cécile Baudin : " Deuil de sel "


Les Presse de la Cité

400 pages 

4 ème de couverture


Les actes du passé laissent immanquablement des traces dans le présent...
1960.
La paisible commune de Salins-les-Bains est le théâtre d'étranges événements : disparition de chats, lettres d'un corbeau... Bientôt, un accident aux allures de suicide secoue la ville, puis un meurtre est perpétré. Le coupable est arrêté, mais Christian Roche, le jeune curé de la paroisse, décide de suivre une autre piste : n'est-il pas celui à qui tous se confessent ?
2025.
Claire Le Vaillant, généalogiste successorale à Lyon, se voit confier un dossier important. Avec l'aide de " Junior ", son assistant, elle doit reconstituer la généalogie d'une défunte sans héritiers connus, dont elle découvre que la mère se serait suicidée en 1960 à Salins-les-Bains. Leur enquête, complexe, va recouper celle du père Roche, et leurs propres recherches éclaireront d'un jour nouveau les événements de cette année fatidique.
Première enquête de Claire Le Vaillant. Une intrigue parfaitement maîtrisée, étayée par des recherches documentaires scientifiques et patrimoniales pointues.

Mon avis


Le résumé du roman en dit parfois trop sur l'histoire, alors je parlerais plutôt de ce que j'ai aimé dans ce polar sacrément bien ficelé ! 

J'ai rencontré cette autrice lors du salon du polar à Lens. Je n'ai pas pour habitude de lire un polar historique et généalogique, mais je peux vous dire que " Deuil de sel " a été pour moi un grand plaisir de lecture. Deux temporalités sont décrites et, par la suite, tout va s'enchaîner à la perfection. Cécile Baudin a un véritable don pour nous projeter dans la commune de Salins-les-Bains et Lyon. Des disparitions inquiétantes de chats et de chiens, des messages anonymes et surtout des personnages passionnément décrits.

Un pan d'histoire tel que le décor de la Grande Saline est aussi développé par l'autrice. 

" On construisit donc des thermes, puis des hôtels pour accueillir les curistes, puis un parc pour les promener l’après-midi, et un casino pour les occuper le soir. La ville était entrée dans une ère moderne, riche, prospère et joyeuse. Les commerces s’installèrent, les industries fleurirent (on compta jusqu’à quarante moulins sur la Furieuse, des faïenceries, des gypseries, des scieries et des fromageries), les nobles familles s’établirent, et édifièrent plus d’une douzaine d’hôtels particuliers. Les flancs abrupts furent colonisés par les viticulteurs, de part et d’autre de la ville, pour fournir de quoi fêter une telle réussite. "

jeudi 20 août 2026

Maud Ankaoua : " Tu m'avais promis "

 


Editions Eyrolles

400 pages


4 ème de couverture


Luce compte les jours depuis trois ans ! Son père, Gabin, lui avait fait la promesse de l'emmener en voyage pour ses huit ans. Malgré ses appréhensions, le quadragénaire sait qu'il doit honorer son engagement, et la décision est prise : ils s'envoleront bientôt pour rejoindre la tante de la petite fille en mission vétérinaire au Kenya. Mais le départ a un goût doux-amer : l'absence de Julie, la maman de Luce et la femme de Gabin, leur serre le cœur à tous les deux. Elle a disparu il y a déjà sept ans, sans que jamais sa trace soit retrouvée. Gabin est prisonnier de cette incertitude, ignorant s'il a le droit ou non de conserver une forme d'espoir.

Lorsqu'ils atterrissent à Nairobi, il est loin de se douter que les semaines qui l'attendent ne seront pas seulement l'occasion pour lui de partager un beau voyage avec sa fille, mais le cadre d'une transformation intérieure, sur le chemin de la résilience et de la joie profonde.

Entre rires et larmes, rencontres bouleversantes et révélations, ce roman puissant sur la force de l'âme nous rappelle que même dans nos plus grandes blessures se cachent les graines de notre renaissance. Une leçon d'espoir et de sagesse qui touche au cœur de ce qui nous rend profondément humains.


Mon avis



Étant en vacances, je me suis dit : "Allez, je vais choisir un livre qui me fera du bien, qui me fera voyager." Et j'ai sorti de ma PAL (pile à lire) le titre suivant " tu m'avais promis " de Maud Ankaoua.

L'histoire est celle de Gabin et de sa fille Luce. À l'âge de 5 ans, son père lui avait promis de faire un voyage. Et c'est au moment de ses 8 ans que Gabin s'est décidé à partir au Kenya voir sa sœur, Jeanne, en mission là-bas en tant que vétérinaire.

Mais c'est difficile pour Gabin de devoir partir ailleurs de chez lui. Depuis la disparition soudaine de sa femme, Julie, le monde s'est quelque peu arrêté. Car oui, elle est partie et n'est jamais revenue. Gabin a toujours l'espoir qu'elle reviendra un jour.

Quand cette famille arrive au Kenya, cette nouvelle contrée ouvre des portes à Gabin grâce au sage Jumbo. Le voyage à Nairobi procurera diverses sensations à Gabin. L'apaisement, la résilience sur soi seront au rendez-vous. Les blessures au cœur vont s'atténuer pour laisser une certaine renaissance et une nouvelle étincelle de bonheur.
" Il m'a dit que nous, les occidentaux, nous passons notre vie à anticiper le lendemain plutôt qu'à habiter le présent, que lorsque nous souffrons, nous nous enfermons dans la douleur au lieu d'élargir notre champs de vision. Puis il m'a parlé de la possibilité de changer de réalité." 

mercredi 19 août 2026

Philippe Beylac : " Le manoir "

 


Aubane Editions

200 pages


4 ème de couverture


Le manoir de la rue Louis Blanc domine le village de Wissant depuis bien des décennies. Abandonné, envahi par le lierre et les fantasmes, il fascine autant qu’il effraie. À la recherche d’un bijou perdu, deux enfants s’introduisent dans la demeure. Ce qu’ils découvrent dépasse leurs pires cauchemars. Dans l’âtre d’une immense cheminée, un cadavre. Dans la bouche de la victime est enfoncé un mystérieux crucifix. Appelé sur les lieux, le commandant Carsanti comprend rapidement que ce crime est lié à un passé que tout le monde s’efforce d’effacer. Chaque regard fuit la vérité, chaque témoignage est suspect. Derrière les portes closes se cachent des secrets de famille, des non-dits et des silences complices. À mesure que l’enquête progresse, le manoir révèle peu à peu ses parts d’ombre. Car certains secrets valent plus qu’une vie…



Mon avis


Je reprends petit à petit mes avis de lecture après une longue absence. J'avais un peu de mal à jongler avec mon travail très prenant et mon blog. De plus, le moral revient.
J'ai lu la dernière parution de chez Aubane Editions dont le titre est le suivant: " Le manoir " de Philippe Beylac. J'étais complètement immergée par cette histoire. L'intrigue se déroule à Wissant où la scène de crime se situe dans un manoir. Un cadavre a été découvert par deux jeunes enfants, Théa et Paul Sonneville. Tous les deux sont partis à la recherche de la médaille en or perdue de Théa dans cette ruine.

Les deux enfants ont trouvé un squelette encastré dans l’âtre de la cheminée. Revenus chez eux, ils ont tout raconté à leurs parents. Ils étaient tellement effrayés par ce qu'ils ont vu. Aussitôt le père se rend dans ce bâtiment délabré et se rend compte qu'il y a effectivement des ossements.

L'affaire est donc confiée au commandant Charles Carsanti, gendarmerie de Marquise, avec l'aide du brigadier Lambert. Tous les deux vont comprendre que cette enquête déterre un passé que les villageois ne veulent pas évoquer. Que cache donc cet endroit ?

samedi 25 juillet 2026

R.J. Ellory : " Les invisibles "- l'avis de Yannick Dubart

 



Sonatine Editions

552 pages


4 ème de couverture


1975, Syracuse, État de New York. Rachel Hoffman, nouvelle recrue de la police locale, est appelée sur sa première scène de crime : une institutrice vient d'être assassinée. À côté du corps, un étrange message tiré de La Divine Comédie de Dante. Peu après, une deuxième victime est découverte. C'est le début d'une série d'homicides à laquelle Rachel va être intimement mêlée, nouant une relation très particulière avec le mystérieux assassin. Cinq ans plus tard, alors que l'affaire semble close, une nouvelle vague d'assassinats frappe New York, étonnamment similaires à ceux de Syracuse. Rachel, qui s'apprête à rejoindre l'unité d'analyse comportementale du FBI, ignore encore qu'il lui faudra plus d'une décennie, avec nombre d'autres meurtres à la clé, pour peut-être résoudre cette enquête très personnelle qui, peu à peu, va virer à l'obsession, à la paranoïa, et la mener aux confins de la folie.


L'avis de Yannick Dubart


Durant la lecture d'un roman de R.J. Ellory, j'ai souvent l'impression d'en apprendre beaucoup sur ma propre existence. Ses livres me donnent l'occasion de réfléchir à des moments intimes. Parfois, ça répond à des questions qui me taraudent. Je me sens de toute façon un peu moins idiote...

Avec son dernier roman, « Les invisibles », R.J. Ellory dépeint le parcours d'une jeune enquêtrice sur plusieurs années. Ainsi, on suit à la fois les progrès de carrière de Rachel et sa volonté d'arrêter un tueur qui sait se faire discret. Elle doit affronter sa hiérarchie qui ne la croit pas toujours. Au cours de son cheminement, elle rencontre des gens plus ou moins de bonne foi qui l'aident. Ils enrichissent en même temps la galerie de personnages très bien dessinée comme toujours chez cet auteur. En quelques lignes, le pedigree d'un protagoniste se plante dans l'esprit du lecteur. On visionne la scène et on est encore davantage harponné par le récit.

Depuis « Seul le silence », j'apprécie les écrits de R.J. Ellory. Je suis très sensible à sa façon humaine de se pencher sur les maux de la société américaine. J'ai lu une bonne partie de sa bibliographie et ne m'en lasse pas. Il sait choisir des sujets attractifs en restant dans sa veine narrative toujours proche des héros parfois déchus mais toujours courageux. Avec « Les invisibles », je ne suis pas déçue.
On retrouve dans ce roman des thèmes chers à l’auteur comme les tueurs en série, le quotidien des policiers et toute une faune d'individus terriblement attachants... ou complètement déséquilibrés.

mercredi 27 mai 2026

Line Dubief : " La danse des folles sur l'île d'Oléron "

 


Editions Geste Noir

248 pages


4 ème de couverture


Au XVIIème siècle, Margaux, accusée de sorcellerie pour avoir osé défier les hommes, pratiquer son art et revendiquer sa liberté, est brûlée vive sur la place du Château-d`Oléron. Quatre siècles plus tard, Mélina, ostréicultrice sur l`île, est retrouvée morte au pied des fortifications de la citadelle dans des circonstances troublantes. Sa fille Rosa échappe de justesse à un incendie aux origines mystérieuses. Le commissaire Eustache et son ami Oscar plongent alors dans une enquête où jalousies, rivalités, rancunes familiales et violences faites aux femmes s`entremêlent. Au coeur des parcs à huîtres et des anciens marais salants, là où l`homme se plie à la puissance de l`océan, passé et présent s`intriquent, faisant remonter à la surface les échos de l`histoire oubliée de Margaux.


Mon avis


C'est toujours un plaisir de lire cette autrice car j'aime beaucoup ses histoires avec le commissaire Eustache. Dans " La danse des folles sur l'île d'Oléron " le lecteur suit deux temporalités ; deux époques qui vont parfaitement aboutir à une enquête historique.

L'histoire ancienne est celle de Margaux, la guérisseuse, qui utilise des onguents et ornements avec des herbes pour ainsi guérir les maux de son entourage. Mais Margaux est accusée de sorcellerie et de signer le pacte avec le Diable. Alors pour éradiquer la sorcellerie sur cette île, elle est exécutée et brûlée vive aussitôt sur le bûcher de la place publique du Château.
" Ces fioles, ces amulettes et ces herbes ont été trouvées chez toi. Ce sont les preuves de tes pratiques occultes. "

Le temps passe et le lecteur se retrouve en 2023 où le corps de Mélina, ostréicultrice, est retrouvé sur l'île d'Oléron au pied des fortifications de la citadelle. Les circonstances de la mort sont troublantes. D'autant plus que sa fille, Rosa, a échappé à l'incendie criminel de sa maison. Le commissaire Eustache avec l'aide d'Oscar vont suivre l'affaire de près.

Line Dubief décrit un récit enrobé de noirceur. Les thèmes évoqués ne laissent pas les lecteurs indifférents. A travers ces deux mouvements temporels, l'autrice a réussi à me transporter. J'avais l'impression de vivre intensément avec les personnages. Le décor et l'ambiance font de ce livre une réussite. La description des parcs à huîtres est bien développée.

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