jeudi 11 octobre 2018

Fabio M. Mitchelli: " Le dernier festin"



French Pulp Editions
382 pages



4 ème de couverture



Clarisse est morte. Elle ouvre les yeux sur son corps mutilé, entouré par la police scientifique qui s’affaire sur la scène de crime de son propre meurtre, quelque part sur une route de montagne des Alpes françaises… Elle va se remémorer les heures qui ont précédé sa mort, afin de confondre son meurtrier. Des indices portent à croire qu’un tueur, recherché par la police depuis des années serait dans la région… 

Trouver son meurtrier une fois mort, le seul moyen d’accéder au repos éternel…


Mon avis



Fabio M.Mitchelli s'inspire des comportements de tueurs en série dans ses romans; c'est d'ailleurs son image de marque. Dans "Le dernier festin", la démarche reste la même mais l'histoire n'en demeure pas moins un vrai roman et non une biographie d'un tueur sanguinaire. Je trouve que justement Fabio Mitchelli y met beaucoup de lui-même.

Le début est fracassant et ensuite énormément d'adjectifs me viennent en tête pour décrire ce qui ressort de ma lecture.

Haletant! L'action se succède sans repos pour les héros et le lecteur. Ici, pas la peine de vouloir reprendre son souffle. L'auteur ne m'en a pas laissé la possibilité. Les personnages sont nombreux et ont tous leur minute de gloire. Même les morts ont leur mot à dire! Les fantômes du passé rongent au fil des pages l'esprit des protagonistes.

Fantastique! Pour le genre qui se mélange au thriller... Pour moi, l'ensemble est bien dosé afin de faire la part belle au suspense sans pour autant insister sur le côté fantastique trop lourdement. Un bon point pour moi qui préfère le thriller au fantastique.

Documenté! Certains passages, en effet, m'ont appris beaucoup sur les étapes d'une enquête policière, surtout sur les termes techniques de l'autopsie. Un sujet souvent traité dans le polar mais Fabio Mitchelli y ajoute sa touche perso à la fois gore et pertinente. Oui, les deux sont possibles, cet auteur nous le prouve.

"Chris laissa s'éloigner le gros bonhomme aux cheveux grisonnants, ce vieux flic qu'une vie passée à massacrer des macchabées avait vacciné.
Voilà, ma dépouille allait être déposée au centre médico-légal afin que l'ont me découpe dans les règles de l'art."

dimanche 7 octobre 2018

Cathy Galliègue: " Et boire ma vie jusqu'à l'oubli"



Editions Emanuelle Collas
246 pages




4 ème de couverture



Betty s'efforce de vivre mais, à la nuit tombée, elle se cache et boit pour oublier la mort de son mari, Simon, et pour se souvenir de sa mère. Elle s'abrutit et s'effondre. Dans sa quête de la vérité, les images reviennent peu à peu. Des clichés tendres de l'enfance, une mère trop belle pour être vraie, des souliers rouges... et cette question lancinante : " Elle est où, maman ? "



Mon avis


Cathy Galliègue nous narre un récit dont le sujet est parfois difficile à aborder tel que l'addiction à l'alcool.

Dans " Et boire ma vie jusqu'à l'oubli", j'ai suivi l'héroïne, Betty avec compassion.
A la suite de la mort de son mari, Simon, et de sa mère disparue, Betty s'enfonce chaque soir dans l'alcool. C'est sa seule échappatoire pour braver la solitude et tenter d'oublier son être aimé.
Mais chaque matin, la réalité refait surface. Pourquoi la fuir? Pourquoi ne pas tenter de connaître enfin la vérité?
C'est sûr qu'il est difficile de faire aussitôt le deuil de son époux parti trop tôt laissant un fils derrière.

" Je me suis traînée hors du lit, la tête lourde, la tête basse, le squelette broyé. La culpabilité est un fardeau bien plus encombrant que la gueule de bois. Pourtant chaque soir, le même traitement: abrutir le chagrin, trouver le sommeil, les rêves peut-être, et n'avoir plus peur de la nuit. "

Les peines, les chagrins sont si forts que le seul remède est de boire jusqu'à l'oubli.
Mais il ne faut pas oublier les proches.
Afin d'éclater la vérité, Betty visite sa maison d'enfance et le passé va ressurgir laissant quelques interrogations en suspens.

" Elle a bien dû faire des choses, cette mère qui a vécu là. Elle est partie. C'est tout ce que je sais. Tout ce qu'on m'a dit."

Cathy Galliègue raconte cette histoire avec beaucoup d'amour et de délicatesse.
Il est très difficile de parler de ce tabou mais l'auteure parvient à le faire  de façon envoûtante .

Le deuil et les souvenirs sont des thèmes assez touchants. Avec des mots enrobés de poésie, l'écriture ne peut être que majestueuse et d'une extrême justesse.
J'ai vraiment été touchée par le personnage de Betty et par l'histoire des souliers rouges.
La sensibilité ressort au fil des pages et certains passages du roman ne font qu'accroître  les émotions.

" Et boire ma vie jusqu'à l'oubli" est un bijou rempli de sentiments. A lire sans aucun doute!


L'auteure



Cathy Galliègue aborde dans Et boire ma vie jusqu'à l'oubli un sujet tabou, celui de l'alcoolisme féminin, et nous offre un roman sans filtre sur la mémoire et le deuil, un diamant brut plein d'humanité et d'espoir. Après une carrière dans l'industrie pharmaceutique en France, elle est partie vivre en Guyane, où elle a animé pendant un saison une émission quotidienne littéraire sur la chaîne Guyane1ère et où elle se consacre désormais à l'écriture. Son premier roman, La nuit, je mens (Albin Michel, 2017), a remporté un succès d'estime, il est sélectionné pour le Prix Senghor 2018. Et boire ma vie jusqu'à l'oubli est son deuxième roman.


Interview: " Jacques Pons"




Jacques Pons publie son premier roman " Organigramme "  chez Hugo Thriller. Il reçoit le coup de cœur RTL 2018. Voici une petite interview afin de mieux le connaitre.


1- Présentez-vous en 3 mots?

Papa - Parisien - Passionné


2- Comment vous définiriez-vous?

Question difficile ! Je dirais que je suis quelqu'un d'extrêmement curieux et actif. Mon rêve ultime est d'avoir plusieurs vies, mon ambition est de parvenir à en vivre le plus possible ! 
Je suis très tourné vers autrui, très perméable aux histoires individuelles autant qu'aux histoires inventées. Je me nourris de songes et de réalité.


3- L'histoire cible une maison de mode mêlant le côté thriller et un sujet actuel. Pourquoi avoir mélangé ces deux sujets?

La maison de mode est un contexte qui présente plusieurs avantages, du point de vue narratif : elle permet d'introduire un peu d'humour, en jouant sur des clichés (dont il faut d'ailleurs préciser qu'ils sont tous réels !) et sur des dialogues futiles, mais elle représente également un univers dur, soumis à une double exigence d'authenticité esthétique et de résultat économique ; cette double exigence est parfois inconciliable, et c'est de ce hiatus que peut naître le thriller, c'est-à-dire la douleur, la mauvaise intention, et donc l'exploration d'une volonté de destruction quand on pousse l'étude au paroxysme.


4- D'où vous est venue l'idée d'écrire un tel roman?

Au départ, j'ai commencé à écrire "à froid", à la première personne. Si je me mets dans la peau d'un personnage qui rejette ce système qui le broie tout en le nourrissant, si ce personnage voit monter en lui une volonté implacable de destruction de ce système et de ces acteurs, essayons de voir jusqu'où on peut aller, en respectant un principe de réalisme dans la description de l'organigramme en tant que tel, et dans les rapports que celui-ci induit, joués sur différentes tonalités de violence. 
Ensuite, j'ai essayé de composer une histoire plus large, en suivant différentes partitions, et en construisant une sorte d'enquête plus classique dont les questions fondamentales sont : QUI ? POURQUOI ? COMMENT ?
Mon ambition est à la fois de divertir le lecteur, mais aussi de le toucher et de le faire réfléchir sur ces problématiques malheureusement très actuelles, liées au burn out et à la souffrance au travail.


5- " Organigramme" fait l’unanimité, je n'ai vu que des avis positifs, partageriez-vous tous les ressentis même s'ils sont négatifs?

Bien sûr ! D'une part parce que je suis un débutant dans l'écriture et le roman, donc des avis négatifs me permettraient d'améliorer mon style, mes techniques narratives, en d'autres termes d'arriver à écrire un meilleur roman. Et d'autre part parce que pour moi, des ressentis négatifs sont aussi des propos qui légitiment les avis positifs.
Mais je suis infiniment reconnaissant de cet accueil enthousiasme des débuts. C'est un carburant formidable pour mes prochains projets d'écriture !


mercredi 26 septembre 2018

Ilaria Tuti: " Sur le toit de l'enfer"




Editions la Bête Noire
416 pages



4 ème de couverture



« Les tueurs voient l’enfer que nous avons sous nos pieds, tandis que nous, nous ne voyons que les fleurs… »


Dans les montagnes sauvages du Frioul, en Italie, le commissaire Teresa Battaglia, la soixantaine, la langue acérée et le coeur tendre, est appelée sur les lieux d’un crime pour le moins singulier : un homme a été retrouvé mort, les yeux arrachés. À côté de lui, un épouvantail fabriqué avec du cuivre, de la corde, des branchages… et ses vêtements ensanglantés.
Pour Teresa, spécialiste du profilage, cela ne fait aucun doute : le tueur frappera à nouveau. Elle va devoir rassembler toute son énergie et s’en remettre à son expérience pour traquer cette bête humaine qui rôde dans les bois. Si tant est que sa mémoire ne commence pas à lui faire défaut…
Une auteure au talent magistral.
Un thriller au rythme implacable.
Une héroïne d’une extraordinaire humanité. 
« L’Italie tient enfin sa reine du thriller ! » Sandrone Dazieri.
« Inoubliable ! » Donato Carrisi.



Mon avis


Quand je lis derrière la 4 ème de couverture " l'Italie tient enfin sa reine du thriller" d'après Sandrone Dazieri, je peux vous dire je suis bien d'accord!
C'est une auteure qui promet d'être suivie. L'histoire se déroule dans chef lieu de province, le bourg de Travenì. Une série d'homicides a lieu; les cadavres sont retrouvés de façon abominables.

" L'auteur du meurtre l'a énucléé avec les doigts et nous n'avons jamais retrouvé ses globes oculaires. Une femme a été agressée alors qu'elle rentrait du travail à son domicile. A elle aussi, il lui manque une partie du visage. "

La commissaire Teresa Battaglia et le jeune inspecteur Massimo Marini sont sur cette affaire. La paysage montagnard prédomine dans ce roman. L'atmosphère est glaciale.

" Au fond des sous-bois, entre les pins des Alpes et les ronciers de myrtilles, jaillissaient des torrents aux eaux transparentes qui s'écoulaient avec agilité entre les rochers, les stalactites et une mousse odorante... "

lundi 24 septembre 2018

Jacques Pons: " Organigramme"




Editions Hugo Thriller
379 pages


4 ème de couverture




La vision sans exécution n’est qu’hallucination.
Telle est la devise du célèbre patron de la Maison Louis Laigneau, fleuron du luxe français. Martelée en chaque occasion, de séminaires de créativité entre beautiful people en conference calls des membres du CoDir, elle va également devenir celle d’un tueur dont le seul but est d’anéantir de façon brutale, méthodique et cruelle l’intégralité de l’entreprise et de ses salariés.
Quelles sont ses motivations ? Quelles sont réellement ses cibles ? Pourquoi un tel déferlement de haine froide ?
Une chose est sûre: rien ni personne ne sera épargné dans la réalisation de ce mortel projet.

Passionné de littérature, de voyages et de gastronomie, Jacques Pons travaille depuis plus de quinze ans dans l’univers de la mode. C’est cette expérience qui lui a inspiré l’écriture d’Organigramme, dans le cadre du concours du meilleur thriller 2018 présidé par Michel Bussi 2018, pour lequel il a reçu le Coup de cœur RTL.
Organigramme est son premier roman.


Mon avis



Je me méfie toujours des bandeaux rouges " Coup de cœur", mais " Organigramme" est véritablement un thriller maîtrisé et abouti.
Jacques Pons cible l'histoire sur l'entreprise Louis Laigneau spécialisée dans la mode. Dès le début, le ton est donné; une exécution a eu lieu.
S'ensuivent des disparitions inquiétantes, des meurtres et d'étranges situations. Qui est derrière tout ça? Pourquoi s'acharner sur les salariés?

" La vision sans exécution n'est qu'une hallucination répétait notre président à l'envi. Mantra repris par tous les membres du comité exécutif, puis par le middle management, puis par les consultants, les prestataires, les actionnaires. Exécuter, exécuter, exécuter. Peu importe le reste. Ils ne seront pas déçus. Aujourd'hui j'exécute. "

Il semble que ce soit l'oeuvre d'un serial killer redoutable semant la peur et l'angoisse parmi les salariés de cette grande Maison.

" Il va falloir que je redouble d'imagination. CRÉATIVITÉ- VISION- EXÉCUTION. "

Jean-Luc Luciani: " Et mon cœur dévasté ne te veut que du bien"




Editions LBS Sélection
152 pages


4 ème de couverture



A la mort de leurs parents, Markus revient s’occuper de son frère Luka qui vit replié sur lui-même suite à un traumatisme subit durant son enfance. Un soir de Nouvel An, Markus parvient à le convaincre de sortir affronter le monde extérieur. Au milieu de la foule, ils rencontrent Jade qui n’a pas pu rentrer chez elle en Nouvelle Zélande à cause d'un avion raté. Entre Markus et Jade, c'est le coup de foudre. Quelques semaines après le départ de la jeune femme, une terrible nouvelle arrive. Markus s'envole alors à l'autre bout du monde.


Mon avis



L'impression générale que me laisse " Et mon cœur dévasté ne te veut que du bien" est une impulsion de vie.

" Puis, il descendit la vitre de la voiture et sentit le vent s'engouffrer dans ses cheveux avant de hurler son prénom à elle. Tout fort, le plus fort possible. "

Les liens amoureux sont mis sur un piédestal. L'auteur fait part du caractère irréel du sentiment amoureux.

" Mais c'est seulement lorsque Jade se pencha sur lui et l'embrassa tendrement sur la bouche qu'il comprit que tout ce qu'il avait entrepris jusqu'alors, tous ses actes, ses choix, les routes prises, les décisions, tout cela n'avait en fait qu'un seul but, le mener jusqu'à cet instant précis. "

Les traumatismes suite à de gros problèmes familiaux du héros sont dévoilés et décortiqués avec des mots simples. Justement l'écriture est agréable, elle est faite d'images et de descriptions très parlantes. Cette variété est bien venue.

vendredi 21 septembre 2018

Coin & Kwapinski: " Kiaï"



Editions Lucien Souny
224 pages


4 ème de couverture



Un violent incendie a ravagé un orphelinat religieux. Les pensionnaires sont évacuées et Marie, l’une des jeunes filles, est placée d’office dans un hôpital psychiatrique à Auxerre. À des centaines de kilomètres de là, à l’exception des morts qu’il a laissés derrière lui et des années qu’il a passées dans la Légion comme tireur d’élite, rien ne distingue Fabrice des autres habitants de ce village en pays cathare où il s’est désormais retiré. Jusqu’au jour où Peter Wolff, son vieux complice de randonnée, biker au look de Viking et prêtre défroqué, va attirer sur eux les foudres d’un groupe activiste catholique. Les méthodes de l’Inquisition renaissent de leurs cendres. En quoi cette croisade mortelle concernerait-elle Marie ? Pourquoi elle seule pourrait y mettre un terme ? Une intrigue vertigineuse, un thriller sobre, acéré et addictif.


Mon avis



Tout commence sans un espace qui aurait dû rester calme. Pourtant au fil des pages ce ne sera jamais le cas. L'atmosphère est lugubre à souhait. J'ai ressenti la pesanteur des lieux. J'ai frissonné comme si le froid et la noirceur du décor m'étaient très proches.

" La lumière rougeâtre qu'il répandait conférait une atmosphère inquiétante à ce corridor déjà lugubre. Les chambres qu'il distribuait étaient en fait des cellules de neuf mètres carrés comportant une douche minuscule et un lavabo. "

L’héroïne Marie se bat avec ses souvenirs. Elle ne sait plus comment appréhender le passé et le présent.
Les longueurs sont utiles; elles se calquent à merveille sur les paysages montagneux. Le style est une prouesse quand on sait que le roman a été écrit à quatre mains.
J'ai découvert des types de tortures se rapportant au Moyen Age et à l'Inquisition. C'est difficile à supporter mais impressionnant à lire.

mercredi 19 septembre 2018

Mike Horn: " L'Antarctique, le rêve d'une vie"



XO Editions
286 pages


4 ème de couverture



“Traverser l’Antarctique, c’était mon rêve d’enfant. J’ai décidé d’affronter cette immensité blanche en empruntant un itinéraire jamais exploré, le plus long que l’on puisse envisager : 5 100 km d’une trace presque rectiligne, avec, devant moi, la solitude, les champs de crevasses, les tempêtes de neige, les températures glaciales.

Cette traversée m’obligera, je le sais, à battre des records de vitesse pour ne pas être englouti par l’hiver. On me prédit l’enfer, une course contre la mort. Après trois semaines de bateau pour rejoindre le continent au milieu des icebergs, je plante fermement mes bâtons dans la glace, mes skis bien parallèles, un traîneau de 256 kg fixé aux épaules.

L’espace d’un instant, mon cœur se serre. Comme un début de vague à l’âme. Je repense alors à Cathy, ma femme, qui, avant de rejoindre les étoiles, m’avait soufflé : « Vis pour moi, Mike, vis pour nous deux. » Je ne me retournerai plus. Je regarderai devant. Armé de mon seul ski-kite et de mes mollets, je suis loin d’imaginer l’épreuve qui m’attend.”



Mon avis


Je me lance cette fois-ci dans un roman d'aventure et pas n'importe lequel; c'est celui du célèbre aventurier Mike Horn. C'est un homme qui fait des exploits incroyables voire vertigineux!
J'ai choisi ce roman car je voulais lire autre chose que mon périmètre littéraire.
" L'Antarctique, le rêve d'une vie" est un roman que j'ai beaucoup apprécié. Ainsi le lecteur suit les péripéties de Mike Horn à bord du Pangaea mais pas que...
Cet homme décide de traverser le Pôle Sud; depuis déjà l'âge de 8 ans, Mike Horn en rêvait de ce voyage.
En 2015, il a perdu sa femme, Cathy, à la suite d'une maladie. Ses derniers mots prononcés ont été: " Vivre, encore et toujours. "

" Le plus beau cadeau que tu puisses me faire, c'est de continuer à vivre pour moi. Comme avant, comme toujours. Demain encore plus fort qu'hier. Vis pour moi, Mike! Vis pour nous deux..."

Son rêve de traverser le Pôle Sud, Mike Horn avait commencer à y travailler avec sa femme sur le sujet.
Ces deux filles, Jessica et Annika, l'ont amenées à faire de ce projet une réalité. Il quitte le Cap en novembre et se lance dans la plus belle des aventures. Jamais un homme n'a accompli cette traversée en solitaire!

A travers ce voyage, il rencontrera bien des dangers; les glaciers font parfois barrage sur sa route. La seule solution est de garder son sang froid et de prendre son mal en patience. Vous l'aurez compris cette traversée s'avère dangereuse. Les conditions climatiques sont extrêmes. Il fait très froid -50°C. Il ne faut pas faire de fausses manœuvres, la moindre erreur peut être fatale.

lundi 17 septembre 2018

Hervé Mestron: " Gazon Paillasson"



Editions LBS Sélection
168 pages


4 ème de couverture



Youcef Hamidi, jeune prodige du ballon rond, va connaître l’ascension de sa vie. Repéré par un club de Ligue 1, il obtient tout ce dont il a pu rêver, la célébrité, le loft dans les beaux quartiers, ses entrées dans les clubs les plus chics de la capitale et une rencontre mystérieuse avec une fille au charme redoutable, Gaëlle.

Mais la consécration a un prix : le diktat de la performance physique, la pression et les rivalités sur le terrain, ou encore les journalistes lâchés à ses trousses. Devenu personnage public et produit marketing, tour à tour haï et adulé par la clameur de la foule, Youcef est incapable de reprendre le contrôle de son existence.


Mon avis


Dans " Gazon paillasson", le foot est à l'honneur voire au déshonneur. Les remarques sont acerbes sur ce milieu, les personnages ne sont pas épargnés par la plume virulente de l'auteur. Hervé Mestron a les mots justes qui correspondent bien au thème footballistique et à la jeunesse des héros.

" Un gars qui réfléchit trop, sur le terrain il est mort. Alors il imite Kevin et Roberto qui matent du côté des trois filles empaquetées dans des fringues Jennyfer et maquillées comme des tracteurs volés. Nous, ce qu'on aime chez les filles, c'est pas le côté masculin. "

Les rapports à l'argent sont souvent soulignés. Je trouve que c'est parfois un peu trop mais heureusement l'humour domine la plupart du temps. Le personnage principal Youcef Hamidi ne me parait  pas toujours sympathique car son arrogance me semble mal placée.

vendredi 14 septembre 2018

Marie Neuser: " Délicieuse"



Editions Fleuvenoir
480 pages



4 ème de couverture




L’histoire commence ainsi : une femme parle à l’homme qu’elle aime.
Devant elle : les restes d’un repas.
Plutôt que le papier, elle a choisi l’écran.
À l’intimité d’une lettre, elle a préféré la vidéo et la multitude des réseaux sociaux.
Cette femme, c’est Martha Delombre, psychologue criminelle habituée aux confessions les plus abominables.
C’est désormais à son tour de se confesser. L’impudeur ? Peu lui importe, car tout le monde doit savoir. À commencer par lui. Le traître.
Peut-on dire adieu à vingt ans d’amour fou en succombant à la première inconnue qui passe ? C’est ce qu’il croyait. Au rythme des likes et des partages, traquant la fréquence des connexions, scrutant le pouls des commentaires, Martha la ténébreuse se montrera prête à tout pour continuer d’exister sans baisser la garde, jusqu’au point de rupture. Celui qu’on n’attendait pas et qui a le pouvoir de redistribuer les cartes..



Mon avis



" Délicieuse" est un roman malicieux et divinement bien écrit. C'est la première fois que je lis cette auteure et c'est une véritable découverte. L'histoire est originale; l’héroïne principale est Martha Delombre. Elle se confie devant un écran à propos de son mari, Raph.
Comment a-t-il osé briser 20 années de mariage pour une plus jeune? C'est ce sujet qui porte tout le livre. Martha va faire en plus le buzz de cette histoire en utilisant les réseaux sociaux. Il est question d'amour, de haine mais aussi de trahisons.
Marie Neuser a une façon bien étrange de décrire et de faire ressentir certaines émotions. Quant à l'écriture, elle est sublime, étonnante et directe. L'auteure décortique minutieusement chaque trait de ses personnages. C'est comme si j'entrais directement dans leur propre cortex. L'auteure ne laisse pas de place au dialogue, ceci est judicieux car j'ai l'impression de recevoir la voix de Martha en pleine figure.

jeudi 30 août 2018

Caroline Noël: " Haut les cœurs! "






Editions Charleston
304 pages


4 ème de couverture





Les amies, les amours, les enfants, un boulot passion, sans compter le succès de son blog de voyages... La vie de Chloé était si belle jusqu'à ce qu'elle assiste, incapable de réagir, à un événement bouleversant. En l'espace d'une seconde, la jeune femme sait que plus rien ne sera comme avant...

Sous le choc, elle décide de ne rien dire. À personne. Mais le silence est un lourd fardeau à porter. Désormais, tout semble s'enrayer dans sa vie. Comme si on lui avait coupé les ailes.

En pensant compter sur ses amies proches, Ada, Jess, et Mila, Chloé va se rendre compte que certaines décisions ne peuvent être prises qu'en solitaire. Leur amitié tiendra-t-elle le choc ? Et qu'en sera-t-il de son couple ?

« ATTACHEZ ET AJUSTEZ VOTRE CEINTURE, VOUS ALLEZ DÉCOLLER POUR UN MOMENT DE LECTURE RAFRAÎCHISSANT ET AUTHENTIQUE (...) ! CE LIVRE VA ILLUMINER VOTRE JOURNÉE. »
Angélique, du blog Les lectures de Lily
 
 
Mon avis



Je voulais lire un autre genre que thriller et policier et j'ai jeté mon dévolu sur les " Hauts les cœurs! "
C'est un premier roman d'une blogueuse " Carobookine".

Cette histoire va nous présenter Cloé, 35 ans, mère de trois enfants, hôtesse de l'air qui tient un blog de voyage Clollidays.com.
 
" J'ai pour habitude de dire que j'ai trois costumes: celui de maman, de blogueuse et d’hôtesse. "
 
Elle a une vie bien remplie et épanouie mais un matin en plein footing, Cloé va voir sa vie basculée. Traumatisée par cet événement du matin, ses meilleures amies, Ada, Jess et Mila et son mari Maxime vont commencer à s'inquiéter de son état. Son comportement a véritablement changé...

Je me suis attachée à cette mère qui commence à perdre pied. L'amitié, l'amour et la famille sont les principaux moteurs du roman. " Haut les cœurs! " est un roman qui dénote totalement de mes lectures actuelles. Caroline Noël nous relate un récit plein d'amour où les confettis de bien-être et de fraicheur viennent nous tomber délicieusement dessus.

lundi 27 août 2018

Maurice Gouiran: " L'Irlandais"



Editions Jigal Polar
240 pages


4 ème de couverture



GRAND PRIX LITTÉRAIRE DE PROVENCE 2018 
Lorsqu’on découvre le peintre Zach Nicholl, le crâne fracassé dans son atelier marseillais, son ami Clovis n’a qu’une pensée en tête : aider Emma, en charge de l’enquête, à retrouver l’assassin ! Zach s’était illustré dans le street art avant de devenir bankable et de fuir Belfast vingt ans plus tôt. C’est donc en Irlande du Nord que Clovis va chercher ce qui se cache derrière ce crime. Zach était l’un des artistes républicains auteurs des célèbres murals, ces peintures urbaines, outils de mémoire et de propagande. Mais pourquoi avait-il quitté son pays juste au lendemain des accords de paix de 1998 ? Ce sont des femmes, étonnantes et déterminées, toutes liées à Zach – Aileen, son épouse, Ghetusa, la veuve ad vitam æternam de son frère, et Breena, combattante féministe au sein de l'IRA – qui donneront peut-être à Clovis les premiers indices…


Mon avis



Maurice Gouiran avec "L'Irlandais" raconte non seulement une enquête policière mais aussi des moments de l'histoire de l'IRA et des bribes du street art. L'ensemble est cohérent et tient en haleine.

Zach Nicholl est retrouvé le crâne fracassé, c'est Emma qui est en charge de l'enquête sur l'assassinat de ce peintre du street art. Elle va être aidée malgré elle par le journaliste Clovis. Ils ont une liaison en pointillé dont on ressent l'influence sur l'affaire.

Il y a beaucoup d'humour dans ce roman. Des phrases plaisantes jalonnent l'ensemble du récit. La poésie n'est pas absente non plus. Ainsi "L'Irlandais" procure des bons moments de lecture au-delà de l'intrigue elle-même.

lundi 13 août 2018

Luca D'Andrea: " L'essence du mal"



Editions Denoël
464 pages



4 ème de couverture



En 1985, dans les montagnes hostiles du Tyrol du Sud, trois jeunes gens sont retrouvés morts dans la forêt de Bletterbach. Ils ont été littéralement broyés pendant une tempête, leurs corps tellement mutilés que la police n’a pu déterminer à l’époque si le massacre était l'œuvre d’un humain ou d’un animal. 
Cette forêt est depuis la nuit des temps le théâtre de terribles histoires, transmises de génération en génération. 

Trente ans plus tard, Jeremiah Salinger, réalisateur américain de documentaires marié à une femme de la région, entend parler de ce drame et décide de partir à la recherche de la vérité. À Siebenhoch, petite ville des Dolomites où le couple s’est installé, les habitants font tout – parfois de manière menaçante – pour qu’il renonce à son enquête. Comme si, à Bletterbach, une force meurtrière qu’on pensait disparue s’était réveillée.



Mon avis



Attention, je tiens tout de suite à vous avertir que ce thriller est une véritable perle littéraire! Pour un premier roman l'auteur, Luca D'Andrea a une sublime et étonnante écriture! L'histoire est à la fois glaçante et étrange. Deux périodes d'histoires s'entremêlent et l'intrigue est superbement ficelée. Les paysages sont très bien décrits; je suis rentrée directement dans un décor où les montagnes, les tempêtes sont hostiles.

" L'essence du mal" est l'histoire de jeunes randonneurs retrouvés massacrés dans le Bletterbach. Cette affaire n'a jamais été résolu. Jeremiah Salinger, scénariste confirmé, après un accident d'hélicoptère, va enquêter sur cette histoire datant de plus de trente ans. Elle devient obsessionnelle au point de le conduire dans un état démentiel.

" La folie stratifie et ensuite la haine la griffe jusqu'à faire naître une soif de sang. Un processus lent et froid. " 


J'ai lu ce roman en deux jours; j'ai adoré la façon dont l'auteur parvient à  faire monter l'angoisse et le suspense. Le point fort de ce thriller résulte dans l'aspect psychologique des personnages. J'ai suivi avec intérêt le récit de Werner à Jeremiah. Je n'ai trouvé aucune longueur au contraire au fil des pages, l'horreur commence lentement à s'immiscer.

Gérard Sévin: " Ecrasées"




Editions Fleur Sauvage
288 pages


4 ème de couverture


Lucca Palavèse, commissaire de police constamment obsédé par le meurtre de sa femme, est sur la piste d'un tueur en série surnommé « l’écraseur ». La tête des victimes, féminines, n’étant plus qu’une bouillie informe.
Depuis plusieurs années, Chif tire les ficelles de ce monstre qu’il pense avoir fabriqué. Faute d’avoir raté son élimination, il a maintenant le devoir de le nourrir. Mais souvent, une création vous explose entre les mains...

Gérard Sévin entre dans la cour des grands avec ce polar de haute volée, tendu et angoissant.



Mon avis




Gérard Sévin dans " Ecrasées" nous fait participer à la traque de L'écraseur, un tueur qui visiblement prend plaisir à éclater et écraser le crâne de ses victimes féminines. Lucca Palavèse suit de près l'affaire car sa femme Charlotte semble avoir était la proie de ce tueur. Des années après la mort de son épouse, la douleur est toujours très vive.

Ce roman est au départ assez classique car on suit l'enquête d'une équipe soudée autour de son chef, Le Corse, Lucca. Là où l'auteur parvient à se distinguer, c'est dans la psychologie de ses personnages. Gérard Sévin fait merveille quand il entre dans l'esprit de chacun d'entre eux. Ainsi les motivations sont décortiquées sans rendre la lecture ennuyeuse.
Tout n'est pas noir ou blanc et j'en suis arrivée parfois à me demander qui est véritablement coupable dans l'enchainement de la violence. Ainsi qu'est-ce que l'innocence? Qu'est-ce que la réelle culpabilité? Du début jusqu'à la fin, le doute plane. Et cela fut une belle surprise pour moi.

Dans " Ecrasées", l'action est haletante et j'ai pris beaucoup de plaisir à suivre les recherches des enquêteurs ainsi que les exactions commises. Le style est direct et vif. Cependant, j'ai relevé quelquefois un manque de délicatesse dans les formulations au détours de certains paragraphes. C'était heureusement rare et n'a pas contribué à ralentir l'intrigue. Evidemment le sujet étant dur, je ne m'attendais pas à un style poétique mais j'aurais aimé quand même plus d'élégances lors de certaines descriptions.

jeudi 9 août 2018

Gilbert Gallerne: " Sous terre, personne ne vous entend crier"



French Pulp Editons
353 pages


4 ème de couverture



Sale journée pour le commissaire Jonzac. L’interpellation du Serbe a mal tourné. Un de ses hommes est à l’hôpital entre la vie et la mort. Tension au 36…
On l’appelle pour un meurtre dans les catacombes. La jeune fille à ses pieds est salement mutilée, à moitié dévorée. 
Sa nièce. Pour lui, la descente aux enfers commence…

Dans les ténèbres des couloirs du métro parisien, la bête est tapie, attendant sa proie.


Mon avis


Soyez les bienvenus dans les catacombes de Paris! C'est un endroit où certaines personnes cherchent à ressentir des émotions fortes et d'autres préfèrent s'y engouffrer pour être différents des gens de " au dessus". C'est le cas de Mikael; il connait les sous-sols comme sa poche, il est en quelque sorte le maître des lieux.

" Lui est né sous terre. Le royaume souterrain lui appartient. Traqué, c'est là qu'il se cache pour panser ses blessures. "

Mais les souterrains sont dangereux; un corps a été retrouvé et la circonstance de la mort est assez étrange. Le commissaire Lionel Jonzac se charge d'enquêter sur cette affaire. Il existe un lien de parenté entre le corps et lui-même; il s'agit de sa nièce.

Le lecteur est en totale apnée dans les sous-sols et est plongé dans le noir le plus absolu. Parcourant les carrières profondes et nauséabondes, le lecteur suit la trace du meurtrier. Lionel Jonzac ne lâche rien même si l'affaire est confiée à Nadia Brochard. Sa férocité se fait sentir, si bien que l'adrénaline s'intensifie au fil des pages. C'est un véritable et infernal labyrinthe! Avec 40 années de service, il ne veut pas se laisser intimider.

Gilbert Gallerne fait passer l'angoisse et l'horreur en baladant tour à tour le lecteur dans le monde " au-dessus" et " en-dessous".

mardi 7 août 2018

Laurence Martin: " L'eau de Rose"



Editions Publishroom
172 pages



4 ème de couverture




À la sortie d'un cimetière, une femme meurt dans les bras de Rose et lui confie son carnet...

« Elle me pointe un petit carnet qui gît le long du caniveau et murmure :
- Dites-leur pour moi que je les aime.
Je demande :
- À qui ?
Elle convulse.
Je pleure.
- À qui ?
Elle est partie.
La femme qui sortait du cimetière est venue mourir dans mes bras... Je souffle « Je le leur dirai » comme une promesse indestructible.
Rose ne sait pas que cette promesse va bouleverser son existence.

Au fil des pages de ce carnet, elle remettra en question sa solitude. Elle ira chercher ses réponses, contestera les lois familiales qui érigent le silence sur sa mère disparue il y a vingt ans. Elle apprendra combien la vie peut être belle et l’amour un nouveau départ.
Mais, quand l’adversité s’entête, la peur reprend parfois ses droits et la mort ses prérogatives.
Rose trouvera-t-elle sa vérité ? Osera-t-elle enfin le bonheur ? »

Une intrigue familiale émouvante.


Mon avis



J'adore découvrir des auteurs peu connus et c'est grâce à une publication de Laurent Fabre, un lecteur féru de livres auto-édités que je me suis penchée sur ce roman. La couverture m'a attirée; elle est très jolie.
Que ceux et celles qui me suivent, mes principales lectures sont portées sur les thrillers et polars et " L'eau de Rose" est d'un autre style. C'est un roman familial où les thèmes prédominants sont le deuil, le bonheur et l'amour.

C'est l'histoire de Rose qui a perdu sa mère depuis 20 ans.Elle a eu très peu de tendresse de la part de son père. Sa disparition va l'affecter ainsi que son père, Georges et Anna. Sa sœur ne dit pas tout sur cette mort, elle cache bien des choses. Son père, Georges, porte un lourd fardeau...

" Un homme à qui l'on se confiait et dont on respectait l'avis, mais qui n'avait pas été père, n'avait pas même tenté de l'être. "

C'est lors d'une courte rencontre avec Victoire que Rose va voir sa vie basculer. Cette femme inconnue confie à Rose un carnet retraçant tout l'amour et la vie de ses proches mais pas que... Seul l'amour doit être vécu quoiqu'il en suive les événements. Rose fera la rencontre de Darius, elle se sent mieux dans sa peau et revoit sa façon de penser quant à son père et à sa sœur. Par la suite certaines vérités seront dévoilées et seront acceptées ou pas.

lundi 6 août 2018

Philippe Hauret: " Je suis un guépard"



Editions Jigal Polar
216 pages


4 ème de couverture



Le jour, Lino, employé anonyme d’une grosse boîte, trime sans passion au 37e étage d’une tour parisienne. La nuit, dans son studio miteux, il cogite, désespère, noircit des pages blanches et se rêve écrivain… Un peu plus loin, Jessica arpente les rues, fait la manche et lutte chaque jour pour survivre. Deux âmes perdues qui ne vont pas tarder à se télescoper et tenter de s’apprivoiser, entre désir, scrupule, débrouille et désillusion… Jusqu’au jour où Jessica fait la connaissance de Melvin, un jeune et riche businessman qui s’ennuie ferme au bras de la somptueuse Charlène. Deux univers vont alors s’entremêler pour le meilleur et surtout pour le pire…


Mon avis


" Je suis un guépard" de Philippe Hauret est un roman court mais assez dense. Lino, Jessica ou Melvin ne sont pas satisfaits de ce qu'ils vivent à juste titre ou pas. L'auteur, par petites touches, suit ces personnages qui se rejoignent pour quelquefois mieux se détacher.

J'ai beaucoup apprécié l'approche sociale que l'on retrouve souvent chez Jigal. Philippe Hauret sait plonger le lecteur dans l'ambiance de ses personnages, traçant leur quotidien et leur état d'esprit.

"... Ils avaient pleinement conscience de la médiocrité de leur vie, se doutaient qu'ils pourraient disparaître du jour au lendemain sans que personne ne s'en émeuve, mais pas le choix, il fallait continuer, car au moindre écart, la bête risquait de les avaler. Une absence prolongée, un retard de paiement et le frigo se vidait, la lumière se coupait, le logement sautait."

L'histoire est pleine de surprise car je ne savais jamais ce que les protagonistes allaient décider de faire. Leurs réactions sont vives et inattendues. Cela donne un rythme original à ce roman.

jeudi 2 août 2018

Jean-Christophe Grangé: " La terre des morts"



Editions Albin Michel
560 pages



4 ème de couverture



Quand le commandant Corso est chargé d’enquêter sur une série de meurtres de strip-teaseuses, il pense avoir affaire à une traque criminelle classique.
Il a tort : c’est d’un duel qu’il s’agit. Un combat à mort avec son principal suspect, Philippe Sobieski, peintre, débauché, assassin.
Mais ce duel est bien plus encore : une plongée dans les méandres du porno, du bondage et de la perversité sous toutes ses formes. Un vertige noir dans lequel Corso se perdra lui-même, apprenant à ses dépens qu’un assassin peut en cacher un autre, et que la réalité d’un flic peut totalement basculer, surtout quand il s’agit de la jouissance par le Mal.



Mon avis



Je suis fan de cet auteur; ayant lu pas mal de ses titres, jusqu'au jour où j'ai entamé Kaiken et le rendez-vous livresque s'est interrompu. Les lectures de ses romans sont devenues absentes, mais on m'a offert " La terre des morts". Je le commence et la magie a à nouveau opéré. Comme ses tous premiers romans, j'ai retrouvé le Grangé. Grâce à ce titre, je me suis de nouveau réconciliée avec l'auteur.

" La terre des morts" est un thriller trash et cru; les thèmes portent sur le SM, le bondage, le shibari et sur la perversité humaine.

" La démence est un fil rouge, elle suit sa propre logique et ne s'en écarte jamais. "

Le lecteur suit le commissaire Corso enquêtant sur les meurtres de deux strip-teaseuses Sophie Sereys et Nathalie Desmora du Squonk.

Les victimes sont retrouvées ligotées avec leurs sous-vêtements, sur leurs visages, les lèvres sont coupées jusqu'aux oreilles. Au fond de leur gorge est enfoncée une pierre. C'est un mode opératoire assez effrayant. Stéphane Corso et son équipe vont devoir s'armer de patience pour tenter de résoudre au mieux l'affaire. Un certain Philippe Sobieski serait suspecté...

" Nue et ligotée avec ses sous-vêtements, la jeune femme avait été défigurée d'une manière horrible. "

lundi 30 juillet 2018

Amélie De Lima: " Voix nocturnes"



Auto-édités
141 pages



4 ème de couverture



Quand la mort frappe à la porte, personne ne peut y échapper… Mai 2005, deux corps enlacés dans une mare de sang, sont retrouvés dans la cuisine d’un appartement HLM de Roubaix, où vivent Cathy, une femme divorcée depuis 17 ans et son fils Laurent.

D’apparence heureuse et épanouie, Cathy garde un lourd secret qui la ronge de l’intérieur. Quand vient la nuit, de vieux démons apparaissent et l’empêchent de dormir. Enfermée à double tour dans sa chambre, elle prie pour ne pas être en proie à ses pires cauchemars.

Pourtant, une nuit de printemps, tout ce qu’elle redoutait, finit par se réaliser…

Qu’a-t-il bien pu se passer derrière les murs de cet appartement ?


Mon avis



Après " Le silence des aveux", Amélie De Lima se lance cette fois-ci dans une nouvelle très longue mais quelle noirceur dans ces pages! Je l'ai lue d'une traite et c'est prenant et glaçant à souhait!

L'histoire se déroule dans un immeuble d' HLM, rue de l’épeule à Roubaix. Catherine Roche et Laurent, son fils, y habitent depuis pas mal de temps. Tous les soirs à 20 heures, Laurent, quitte le cocon familial, enfin ce qu'il en reste. Depuis que le père a quitté le foyer pour les beaux yeux d'une autre, Catherine ne sait plus comment mener une vie sereine. Elle est angoissée à chaque virée nocturne de son fils. Catherine vit un véritable calvaire à cause de son fils tant choyé.

" Catherine, ou Cathy pour les intimes, était une femme coquette de la cinquantaine à l'allure ordinaire. Elle prenait néanmoins le temps de prendre soin d'elle, c'était pour elle un moyen d'exister, bien loin de ses tracas quotidiens. "

Que fait Laurent chaque soir? Pourquoi rend-t-il sa mère si malheureuse? Pourquoi vit-elle dans la peur une fois la nuit tombée?

Dans " Voix nocturnes", la tension monte d'un cran au fil des chapitres. L'angoisse s'intensifie tellement que le lecteur ressent de la crainte pour cette mère. J'ai aimé la façon dont est construite cette nouvelle; on y trouve des dépositions de témoins telles que les coiffeuses de Catherine, son mari Sami et certains voisins. Au travers les arguments de chacun, la vie de Catherine se dévoile et ce n'est pas tout beau tout rose.

jeudi 26 juillet 2018

Danielle Thiéry: " Féroce"



Editions Flammarion
544 pages



4 ème de couverture



Un inconnu suit une petite fille. Il l'observe comme un animal. Il la veut. il l'aura.

Des ossements sans têtes sont découverts au zoo de Vincennes dans l'enclos des lions. Des enfants. Alix de Clavery, la criminologue de l'OCRVP, fait immédiatement le lien avec la jeune Swan, dont la disparition au zoo de Thoiry six ans auparavant continue à l'obséder. S'agit-il du même prédateur? Alors que les forces de l'Office sont mobilisées pour démanteler une filière pédophile, les voilà atteintes en plein cœur : l'adjoint de la commissaire Marion est retrouvé inconscient, les mains en sang, et une brigadière a disparu. Mais le pire est encore à venir. Une alerte enlèvement est déclenchée : il s'agit d'une petite fille...

De l'homme ou de l'animal, on ne sait qui est le plus féroce.


Mon avis



" Féroce" est un roman regroupant plusieurs histoires. Les personnages sont multiples si bien qu'au début de ma lecture, je me suis sentie perdue. Au fil des pages, les protagonistes commencent à se mettre en place. C'est encore une aventure avec le commissaire Marion Edwige mais cette fois-ci l'histoire est plus centrée sur Alix de Clavery, psycho-criminologue qui a un sens d'analyse à en faire pâlir plus d'un. Le lecteur va suivre différentes histoires: la première se passe au Zoo de Vincennes; des ossements sont retrouvés sur les lieux. Les recherches vont ainsi permettre de rouvrir  certains dossiers datant de six ans tels que la disparition de Swan retrouvée dans le parc animalier de Thoiry.
La deuxième histoire se focalise sur un réseau de pédopornographique et pour finir la disparition  de Zénard, un membre de l'équipe que je n'ai pas trouvé  utile à ajouter dans le roman.

" Pour la traque de la cyber-pédopornographie, la loi classait les photos répandues sur le Net en trois grandes catégories : les enfants habillés, même légèrement et même arborant des poses ambiguës, les enfants nus mais sans connotation sexuelle avérée ni intervention d’un adulte, les enfants nus et apparaissant sur la photo au cours d’un abus sexuel par un ou plusieurs adultes évidemment dissimulés."

mercredi 25 juillet 2018

Jean Hegland: " Dans la forêt"



Editions Gallmeister
380 pages


4 ème de couverture



Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours présentes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, remplie d’inépuisables richesses.

Véritable choc littéraire aux États-Unis, best-seller mondial, un roman d’apprentissage sensuel et puissant.



Mon avis



Ayant entendu beaucoup parlé de ce roman, j'ai profité de sa sortie en poche. De plus la superbe couverture m'a convaincue de mettre " Dans la forêt" dans ma bibliothèque. Le bandeau annonce " 150000 lecteurs conquis", j'espère qu'ils ne se trompent pas.

Sa parution date de 1996 et je suis heureuse qu'il soit réédité par les éditions Gallmeister.
" Dans la forêt" c'est Nell, une fille âgée de 17 ans, qui raconte l'histoire sous forme d'un journal. Elle l’enrichit par la vie courante de sa famille. Sa sœur de 18 ans, Eva, a une passion dévorante pour la danse. Suite à la disparition des parents, les deux sœurs habitent dans les profondeurs de la forêt. Coupées du monde de Redwood, une ville assez proche de leur habitation, Eva et Nell vont devoir survivre et grâce aux richesses de la forêt elles vont parvenir à  se subvenir à leurs besoins. De toute façon elles n'ont guère le choix car il n'y a pas plus d’électricité ni d'essence.
Que feront-elles et comment parviendront-elles à tenir le coup seules dans les bois?

Eva ne cesse de danser sans musique excepté le métronome dans son studio. Nell  se plonge dans les livres et l'encyclopédie sera son unique livre et sa principale ressource. Comment se contentent-elles de si peu?

" Je n’ai jamais vraiment su comment nous consommions. C’est comme si nous ne sommes tous qu’un ventre affamé, comme si l’être humain n’est qu’un paquet de besoins qui épuisent le monde. Pas étonnant qu’il y ait des guerres, que la terre et l’eau soient polluées. Pas étonnant que l’économie se soit effondrée. "

mardi 24 juillet 2018

Sandrine Destombes: " Les jumeaux de Piolenc"



Editions Hugo Thriller
400 pages



4 ème de couverture



Août 1989. Solène et Raphaël, des jumeaux de onze ans originaires du village de Piolenc, dans le Vaucluse, disparaissent lors de la fête de l’ail. Trois mois plus tard, seul l’un d’eux est retrouvé. Mort.

Juin 2018. De nouveaux enfants sont portés disparus à Piolenc. L’histoire recommence, comme en macabre écho aux événements survenus presque trente ans plus tôt, et la psychose s’installe. Le seul espoir de les retrouver vivants, c’est de comprendre enfin ce qui est arrivé à Solène et Raphaël. Au risque de réveiller de terribles souvenirs.


Mon avis



Sandrine Destombes réussit avec "Les jumeaux de Piolenc" un roman original et haletant. J'ai suivie cette histoire avec grand intérêt. Solène et Raphaël, deux jumeaux disparaissent en 1989. Ceci n'est que le début de l'intrigue qui va se développer de façon incroyable. Des personnages, comme Victor Lessage, le père des jumeaux et les représentants des forces de l'ordre vont alors être confrontés à la mort de Solène. Et aux suites de ces événements tragiques...

Le tragique, donc, n'a cessé de tarauder la lectrice que je suis. Le sujet autour de la mort d'enfants est très dérangeant mais permet à l'auteur de s'interroger sur les dégâts que de telles horreurs peuvent causer sur les proches.

Pour nous accrocher à son histoire, Sandrine Destombes a eu la bonne idée de faire référence à des moments connus du public de ces trente dernières années. Elle commence ainsi le roman en évoquant la chute du mur de Berlin. On peut donc facilement se repérer dans le riche imbroglio des pistes et des rebondissements qui jalonnent " Les jumeaux de Piolenc". En découle un parfum de réalité qui m'a beaucoup plu.

" Cet air, Jean ne le connaissait pas. C'était nouveau. Victor Lessage était depuis trois décennies un homme en colère. Un homme révolté, provocateur, parfois même accusateur, mais un homme abattu, jamais. Jean s'en voulait d'avoir posé la question mais les éléments jouaient contre lui et l'ignorer n'était pas lui rendre service. "

jeudi 19 juillet 2018

Roy Braverman: " Hunter"



Edition Hugo Thriller
352 pages


4 ème de couverture



Plus personne ne s’arrête à Pilgrim’s Rest. Une vallée perdue dans les Appalaches. Un patelin isolé depuis des jours par le blizzard. Un motel racheté par le shérif et son frère simplet. Un bowling fermé depuis longtemps. Et l’obsédant souvenir d’une tragédie sans nom : cinq hommes sauvagement exécutés et leurs femmes à jamais disparues. Et voilà que Hunter, le demi-sang indien condamné pour ces crimes, s’évade du couloir de la mort et revient dans la vallée. Pour achever son oeuvre ? Après douze ans de haine et de chagrin, un homme se réjouit pourtant de revenir à Pilgrim’s Rest. Freeman a compris le petit jeu de Hunter et va lui mettre la main dessus. Et lui faire enfin avouer, par tous les moyens, où il a caché le corps de Louise, sa fille, une des cinq disparues. Pilgrim’s Rest sera peut-être le terminus de sa vengeance, mais ce que Freeman ignore encore, au volant de sa Camaro rouge qui remonte Murder Drive, c’est qu’il n’est pas le seul à vouloir se venger. Et que la vérité va se révéler plus cruelle et plus perverse encore. Car dans la tempête qui se déchaîne et présage du retour de la terreur, un serial killer peut en cacher un autre. Ou deux….


Mon avis



" Hunter" de Roy Braverman ne peut être raconté tellement l'histoire est complexe et les personnages nombreux et hyper-intéressants. Tout est possible à Pilgrim's Rest, un coin perdu des Appalaches.
La nature de cet endroit reculé des Etats-Unis est étouffante malgré le froid, elle est aussi fantomatique. La neige est omniprésente comme un voile de mystère sur cette histoire très noire.


" L'appentis ouvre à l'arrière du Denise's et il en sort discrètement, attendant avant de démarrer que les bourrasques plaquent sur le carénage noir une couche de neige blanche et collante. Puis il glisse au ralenti dans la direction de Medlock Pass et aussitôt des vents contrariés chahutent les flocons qui s'affolent et changent de direction comme des bancs de poissons fantomatiques et paniqués."

L'écriture est magnifique. Les phrases glissent et atterrissent avec fracas au fil des pages. Telle l’arbalète du tueur, les mots font mouche.

" Marvelias ne répond pas tout de suite. Il garde son regard planté à distance dans celui de Freeman, comme s'il voulait maintenir la connexion, télécharger le disque dur de son cerveau."

mardi 17 juillet 2018

Mehdy Brunet: " Le fruit de ma colère"




Taurnada Editions
230 pages



4 ème de couverture



Le jour où Ackerman vient demander de l'aide à Josey Kowalsky, le compte à rebours a déjà commencé.
Il faut faire vite, agir rapidement.
Josey n'hésite pas un seul instant à venir au secours de cet homme qui, par le passé, a su le comprendre.
Ensemble, ils vont découvrir que la colère et la vengeance peuvent prendre bien des visages.
Et s'il était déjà trop tard?


Mon avis



Dans "Le fruit de ma colère" Mehdy Brunet a concocté une histoire assez originale dans laquelle se mêle vengeance et poursuite ininterrompue. Ackerman, ancien flic et Kowalsky recherchent le frère du premier.

Dès le début le mal est mis en avant. J'ai ressenti le malaise de Paul Ackerman car les mots claquent immédiatement et justement on attend la suite avec impatience et effroi. Mehdy Brunet met son lecteur dans l'intrigue très vite. C'est là le principal atout de cet auteur.

" Et, comme les autres visages avant lui, il pousse un cri de terreur en même temps que ses tortionnaires referment la porte dans un claquement sec."

Dans " Le fruit de ma colère", la méfiance règne tout au long de l'histoire. L'ambiance est noire, un peu comme le début des films de Clint Eastwood que Mehdy Brunet semble apprécier. En effet j'ai cru comprendre que Kowalsky était le nom du personnage principal de "Gran Torino". De plus Kowalsky se prénomme Josey... sans doute en référence à un autre film du grand réalisateur. Donc désir de vengeance, individus troubles et blessés... Tout pour faire un bon thriller.

"- C'est pour ne pas oublier qu'autour de nous gravitent des chiens enragés et qu'ils peuvent briser votre vie à tous moments."

vendredi 13 juillet 2018

Arno Strobel: " Souvenirs effacés"



Editions L'Archipel
330 pages


4 ème de couverture



Et si vous aviez été rayée de la mémoire de vos proches ?

L’enlèvement de son fils… Sa fuite nocturne a travers le parc… Le coup sur la tête… A son réveil d’un coma de deux mois, Sibylle a l’impression de se souvenir de tout. Elle a 34 ans, vit avec son mari dans une ville voisine.
Étrangement, le médecin a son chevet lui assure qu’elle n’a jamais eu d’enfant. Sibylle décide alors de fuir l’hôpital en pleine nuit pour rentrer chez elle.
Une automobiliste stoppe et la raccompagne jusqu’a son domicile. Mais, lorsque son mari ouvre la porte, il ne la reconnaît pas, malgré les détails intimes qu’elle lui livre.
A qui Sibylle peut-elle faire encore confiance ? Et qui est-elle vraiment ?
Avec Souvenirs effacés, le thriller qui l’a propulse au premier rang des maîtres allemands du suspense, Arno Strobel signe un roman qui vous fera douter de tout, jusqu’au bout.


Mon avis



Après " Enterrées vivantes", Arno Strobel revient avec un thriller où l'intrigue est au summum. " Souvenirs effacés" est un roman psycho-thriller bien construit et assez trépidant.

Sibylle Aurich, la principale héroïne du roman, se retrouve enfermée dans la cave d'un hôpital. Après deux mois dans le coma, elle ne se souvient de rien ni pourquoi elle est dans cet endroit étrange. Une seule image ressurgit de sa mémoire c'est celle de la disparition de son fils Lukas.

" D'un coup, tout lui parut étrangement irréel. Ses sens furent arrachés à cette horrible scène, comme tirés en arrière par un long élastique tendu à craquer, et flottèrent un instant dans un monde intermédiaire entre rêve et réalité. Désorientée, Sibylle ouvrit les yeux et secoua la tête pour ranimer son esprit engourdi. Elle était allongée dans une pièce sombre baignée d’une lueur verdâtre. 

mercredi 27 juin 2018

Denis Zott: " Maudite! "



Editions Hugo Thriller
414 pages


4 ème de couverture



Marseille. En face du stade Vélodrome, le dixième étage des Mimosas est en flammes. C’est l’appartement de Tony Beretta, petit dealer mais légende parmi les supporters ultras de l’Ohème. Une jeune femme, blessée, parvient à s’échapper du brasier. Luce, seize ans, une gueule d’ange, enceinte jusqu’aux yeux, n’est pas partie les mains vides : elle s’est enfuie avec l’argent et la drogue de Tony.

Et l’argent et la drogue, ça attire du monde. Canari, le flic pourri de la BAC. Les hommes de main de Tony. Ceux du Libyen, jeune caïd qui a pour ambition de renverser les anciens, tel le vieux Topin. Et même Yasmina, l’infirmière trop belle pour être innocente, qui veille sur Luce et ses jumeaux. Impossible, pour Luce, d’espérer se sortir seule de ce piège qu’est devenue sa ville.

Mais à qui faire confiance, et comment survivre et protéger ses bébés, quand sa propre mère dit d’elle qu’elle est maudite, et que son ange protecteur pourrait bien s’avérer être un démon ? Pour trouver la lumière, Luce n’aura d’autre choix que de faire face à ses pires cauchemars.


Mon avis



Après " La chute du cafard" que j'ai totalement adoré, je me lance dans ce nouveau roman intitulé " Maudite! ". Totalement différent de son précédent, Denis Zott nous livre cette fois-ci une histoire à la fois dérangeante et très noire.

C'est l'histoire de Luce, une jeune fille à peine âgée de 16 ans, enceinte de jumeaux vivant avec Tony Berretta. Dealer et ancien leader des Lunatics de l'Ohême, on le surnomme la Légende.

" Une ombre le fait frémir. Ses poils se dressent.
Le Vélodrome. Cratère muet, volcan froid, apaisé.
Un jour, il va mourir là. Se faire enterrer sous la pelouse. On jouera sur sa tombe. Son rêve ultime. Ou alors sous le virage Nord. Avec son maillot, son short, son écharpe. "

Un soir tout dérape dans l'appartement des Mimosas, Tony lors d'un match de foot ne se contrôle plus.
" Parer les coups de mes petites mains, de mes bras trop fins. Protéger mon ventre. Mon ventre rond comme un ballon. Le pied de Tony décolle. "
L'appartement prend feu et Luce s'enfuit avec le butin de Tony, argent et dope.
Il n'y a pas que Marseille qui est en ébullition, les nerfs de Tony sont vifs!

dimanche 24 juin 2018

Patrice Quélard: " Fratricide"



Editions  Les Amazones
497 pages


4 ème de couverture



1915 - premier grand conflit mondial.
James Mac Kendrick est nord-irlandais et catholique. Sur un coup de tête, il s'engage dans une unité de soldats protestants de sa province et va découvrir que son pire ennemi n'est peut-être pas là où il croyait le trouver.
Émile Buffet est un conscrit français et un jeune homme bon vivant, transpirant l'assurance. Face aux horreurs de la guerre, il tente de résister jusqu'au jour où une lettre lui parvient et le fait vaciller.
Ludwig Halpern est un sous-officier allemand promis à une carrière militaire d'exception et fait partie des rares à trouver une forme d’épanouissement personnel dans cette guerre.
Ces trois hommes l'ignorent encore, mais la barbarie de la guerre et de ses marionnettistes va lier leurs destins à tout jamais.

- PRIX DES LAURIERS D'OR 2017 -



Mon avis


" Fratricide" de Patrice Quélard emmène le lecteur au cœur de la première guerre mondiale. Le destin de trois hommes va s'y croiser. Il est impossible d'en dire plus sur l'intrigue sans dévoiler cette histoire très complexe. 
Le livre commence comme un roman de terroir mais j'ai compris par la suite que l'auteur ne s'arrêterait pas à ce genre littéraire, digne d’intérêt par ailleurs. Ensuite l'histoire aborde le roman historique et va vers une aventure humaine faisant intervenir les trois personnages principaux: le nord-irlandais et catholique James Mac Kendrick, le conscrit français Emile Buffet et le sous-officier allemand Ludwig Halpern. Patrice Quélard  offre aussi des passages philosophiques sur les horreurs de la guerre. Ce mélange des genres est assez déstabilisant mais l'auteur s'en sort très bien à ce niveau assez risqué.

"Oui, Buffet et tous les autres avaient changé de métier et étaient devenus des tueurs. Ils n'avaient pas eu le choix. Se souviendraient-ils des hommes qu'ils étaient avant, de ce qu'ils faisaient avant?Emile saurait-il encore semer et moissonner? Il se le demandait souvent. Redeviendrait-il un jour le même?Reviendrait-il un jour lui-même? "

jeudi 21 juin 2018

Alexis Aubenque: " La fille de la plage"



Editions Hugo Roman
465 pages


4 ème de couverture



En ce début d’été, Jason, Nathan, Keith et Sandy fêtent la fin de l’année universitaire.

Si certains sont issus des plus riches familles de Santa Barbara, la ville de tous les excès, et d’autres sont moins fortunés, un lien indéfectible les unit depuis leur enfance. La soirée s’annonce sous les meilleurs auspices. Mais la découverte de Chelsea, jeune fille retrouvée inconsciente sur la plage, s’apprête à changer à tout jamais leur existence.

Avec une candeur désarmante, elle s’immisce dans chacune de leurs vies. Prodiguant des conseils à Sandy, fragile et peu sûre d’elle, mais aussi à Nathan en proie à un inquiétant maître-chanteur.

Quant à Keith, totalement envoûté par Chelsea, il est prêt à tout pour la défendre.

Mais en vaut-elle vraiment la peine ? Est-elle aussi ingénue qu’elle en a l’air ? Jason, seul à émettre des craintes à son endroit, a-t-il raison de se méfier alors que les trois autres sont tombés sous son charme ?

Au travers de cette rencontre, les quatre étudiants vont se retrouver en proie au doute. Et chacun va se remettre en question et se confronter à ses désirs et à ses contradictions, pour au final relever le défi le plus exigeant qui soit : la découverte de soi-même.


Mon avis



" La fille de la plage" est un roman " feel good". Alexis Aubenque met de côté les codes du thriller pour laisser place à un roman moins angoissant à lire. C'est l'histoire d'une bande d'adolescents menant une vie mondaine à Santa Barbara.

Mais ce n'est pas que cela car une apparition sur une des plages va chambouler la vie des personnages. Quelle est la véritable identité de cette jeune fille retrouvée? A-t-elle vraiment perdu la mémoire?

Chelsea parait comme une fille simple et commence à rentrer dans le groupe de ces jeunes adolescents: elle se lie d'amitié avec Nathan, Jason, Sandy, Keith mais aussi avec Dodi.

C'est grâce à la fête des lauréats des " Class Awards" que l'histoire commence. Alexis Aubenque prend le temps de décrire chacun des adolescents. Ils sont liés pour la vie et se connaissent depuis très longtemps. L'amitié est mise à l'honneur. Ils forment une sacrée équipe si bien qu'ils se sont jurés de tout dire, un pacte a été conclu entre eux.

" Jason ouvrit sa main droite et regarda la cicatrice qu'il s'était faite en s'entaillant la main alors qu'il n'avait que douze ans. Chacun avait fait de même avant de se serrer la main. Un pacte de sang qui avait scellé leur amitié. "

Lors d'un soir sur une des plages californiennes, Nathan et Laura décident de passer à l'acte mais une ombre apparaît: une jeune fille s'est évanouie. Nathan demande de l'aide auprès de ses amis.

" Parcourant les derniers mètres, il reconnut le corps d'une femme, la tête presque enfouie dans le sable mouillé du rivage. Immobile, alors que les vagues venaient lui lécher les pieds. " 

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