vendredi 30 novembre 2018

Thierry Declercq: " Les chiens de la baie"



Editions Ravet- Anceau
320 pages


4 ème de couverture



De la poudreuse jusqu’aux genoux, le commandant Vidal s’enfonce dans les mollières de la baie de Somme. Deux chasseurs ont retrouvé le cadavre d’un homme, déchiqueté par des chiens. Leurs crocs puissants ont déchiré la trachée de la victime puis se sont acharnés sur son corps. Comme s’ils étaient déterminés à la tuer. Le cadavre est celui du p’tit Freddy, un gars bien connu du coin et qui habite Cayeux avec son épouse Audrey. Si Vidal s’accroche à la thèse de l’accident, son adjudante Camille Maxime n’est pas de cet avis. Son expérience passée en brigade cynophile lui indique une autre voie. Déjà tendues, les relations entre les deux gendarmes de Saint-Valery deviennent détestables. La jeune femme reste pourtant convaincue que dans les brumes de la baie se cache un autre meurtrier.



Mon avis



Dans " Les chiens de la baie", Thierry Declercq nous fait voyager dans la baie de Somme et nous fait découvrir des gendarmes face à une affaire très complexe.
Ce roman est très original dans la manière de voir les enquêteurs que sont le commandant Vidal et l' OPJ, Camille Maxime. Leur vie interfère dans les affaires en cours. L'intrigue principale justement montre l'emprise des problèmes personnels des gendarmes dans la recherche de vérité.

" Il avait fait le trajet jusqu'à la caserne l'esprit embourbé dans des pensées éparses. Il avait le sentiment d'être cerné de toutes parts. "

L'auteur prend sont temps dans le déroulement de l'intrigue afin de mieux développer ces personnages. Ils sont l'épine dorsale de son récit.

Comme chez Simenon, oui j'ai lu énormément de livres de cet auteur étant plus jeune, les personnages sont très bien détaillés. Thierry Declercq a une particularité de mettre en lumière la société dans cette partie de la baie de Somme. Avec certains traits humoristiques, l'auteur souligne les méfaits de l'alcoolisme.
Les relations familiales et professionnelles sont souvent soulignées. J'ai mieux compris les motivations des habitants de la baie de Somme.


" Pour fabriquer de la haine, il fallait de la matière. Maxime était cette matière; et le grand art consistait à la soumettre sans la briser, l'humilier sans l'écraser et alors la magie opérait: la haine se fabriquait. "

L'action secondaire est intelligemment répartie pour arriver à un final inattendu. Le tout est glaçant et piquant, le lecteur ne s'attend pas à cette chute bluffante.

Quant au style, Thierry Declercq a sa marque de fabrique; il parvient à mêler à la fois l'action et ses personnages. Chaque élémen a sa place.

Pour moi, ce roman est l'un des meilleurs romans Polars en nord que j'ai lus. Chaque paragraphe contient un trait d'esprit pimentant l'intrigue.

" Comme si être moche et mal fichue n'était pas suffisant, il fallait en plus qu'on la croie sale! Depuis, elle ne sortait jamais sans vérifier dans le miroir que sa tenue était irréprochable. Moche, oui. Mal fichue, sans aucun doute. Cradoque, sûrement pas. "

Thierry Declercq n'est pas à son premier coup d'essai. Il en a déjà écrit deux précédents dont un qui sortira de nouveau chez Amanite éditions. Cette fois-ci l'auteur se lance dans sa propre maison d'éditions. Alors amis lecteurs, découvrez non seulement ce titre mais suivez aussi les romans de cet auteur. Ça vaut vraiment le détour!


L'auteur


Ancien directeur technique issu du milieu de l’industrie et de l’environnement, Thierry Declercq consacre aujourd’hui une partie de son temps libre à l’écriture. Son sujet de prédilection ? Les gens du peuple, madame et monsieur Tout-le-Monde et en particulier leur part d’ombre. Ses autres passions : la lecture bien sûr, se retrouver seul en pleine nature, la photographier ou simplement s’émerveiller de ce que l’être humain n’a pas encore « irrémédiablement saccagé ». Il l’affirme : « La bêtise est partout. »


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