jeudi 11 juillet 2019

Sébastien Didier: " Je ne t'oublie pas"



Editions Hugo Poche
599 pages


4 ème de couverture



Bellevue Park. Ses villas d’architecte, ses espaces verts, ses prestations luxueuses… Pour Marc Vasseur, c’était un rêve. Mais lorsque sa femme disparaît en ne laissant qu’un simple SMS pour toute explication, le rêve tourne au cauchemar.

Les autorités ne tardent pas à classer l’affaire. Un abandon de domicile conjugal comme il s’en produit des milliers chaque année. Mais Marc en est sûr, Sandra ne les aurait jamais quitté ainsi, lui et leur fille Lisa.

Trois mois plus tard, alors que tout espoir semble s’être évanoui, il reçoit une photo qui va bouleverser toutes ses certitudes. Celle d’une jeune fille, une inconnue, qui arbore un médaillon.

Ce bijou, Marc en est persuadé, c’est celui de Sandra. Celui qu’elle ne quittait jamais.



Mon avis



Ça y est, la maison d'édition Hugo Thriller a eu l'idée de se lancer dans le format poche et je trouve que c'est l'occasion de découvrir à petit prix des inédits et des pépites!

" Je ne t'oublie pas" est un thriller psychologique superbement ficelé. Marc Vasseur ne comprend pas pourquoi sa femme, Sandra, a disparu en lui envoyant un seul message sur son téléphone.

" A 00 h 12, un message laconique de Sandra :
J'ai besoin de faire une pause.
Je n'y arrive plus.
Je veux prendre un peu de distance.
Sandra. "

Après quinze ans de vie commune, Sandra laisse derrière elle un mari aimant et sa fille.
Son mari tente de savoir pourquoi. Pour se faire il va mener lui même l'enquête qui le conduira hors des sentiers battus.
Ce roman est un pavé, plus de 600 pages, mais qui se lit à merveille. C'est rythmé, dynamique et sacrément bien construit. Les rebondissements de chaque chapitre tiennent en haleine le lecteur. L'ambiance est sombre et amène le lecteur vers des pistes trompeuses. Le passé de Sandra va ainsi ressurgir...

mardi 9 juillet 2019

Davide Calì et Marco Somà: " L'appel du marais"





Editions Passepartout
32 pages

4 ème de couverture



Lors d’une balade au bord d’un marais, un homme et une femme trouvent le petit Boris, seul et abandonné. Ce couple, qui désirait depuis longtemps un enfant, décide de le recueillir et de l’élever, sans se préoccuper de ses écailles ou de ses drôles de grands yeux. Les années passent sereinement, Boris grandit. Mais un jour, comme un appel inexorable, il ressent le besoin de repartir vers le marais, là où il pense qu’est sa vraie maison. Il s’interroge. Mais après avoir retrouvé ses semblables, Boris va se rendre compte finalement que pour s’aimer, se ressembler n’est pas forcement la chose la plus importante. Et que l’amour inconditionnel de sa famille d’adoption est ce qu’il a de plus précieux.


Mon avis



Des parents ont trouvé un nouveau né près du marais. N'ayant pas d'enfant ils décident de l'adopter. Ils le prénomment Boris. C'est un enfant très différent des autres car il possède des branchies. Boris s'adapte très bien à sa nouvelle vie, il va à l'école comme les autres enfants. Mais un jour, l'odeur du marais est plus forte, il se décide à nouveau de rejoindre son marais. Il rencontre d'autres personnes comme lui possédant également des branchies. Il sait que son monde à lui est celui du marais. Il a connu une vie différente mais une fois plongé dans son marais, il se sent chez lui.

Ses parents adoptifs ne l'ont jamais oubliés, Boris trouve des messages d'eux, ils sont nostalgiques depuis qu'il est parti. Mais si son bonheur est d'être dans le marais, ils sont heureux...

" Est-ce que les personnes qu'on aime doivent forcément nous ressembler? "

Telle est la question que nous propose ce livre illustré. La différence et l'acceptation d'un autre que soi sont les thèmes centraux de cette histoire. C'est beau, touchant et si réel!
" L'appel du marais" est un album riche en émotions où les images sont superbes et criantes de vérité!

" Si tu es heureux là où tu es, alors nous sommes heureux aussi".





mercredi 3 juillet 2019

Emilie Autumn: " Asylum"



Editons Hugo Roman
416 pages


4 ème de couverture



Violoniste à l’aube d’une belle carrière, Emilie souffre de troubles bipolaires. Après une tentative de suicide, elle est hospitalisée, puis internée dans un service psychiatrique. En dépit de ses protestations, la voici traitée comme une criminelle, gavée de médicaments, privée des libertés les plus élémentaires, coupée du monde. Et de surcroît, en butte au harcèlement du sinistre docteur Sharp. Pour ne pas basculer dans la folie, elle entreprend de consigner le quotidien de sa détention. Et découvre dans son petit carnet noir le message de détresse d’une jeune femme séquestrée dans un asile de fous de l’Angleterre victorienne. Une Emily qui lui ressemble en tous points. Une porte sur un autre monde s’est ouverte, un monde étrange où fleurissent les idylles entre détenues, où les spectres bruissent sous le papier peint, où des rats de haute éducation s’expriment dans une langue des plus châtiée. Réalité, ou divagations ?



Mon avis


Emilie est découverte dans une prairie après avoir tenté de se suicider. Elle se retrouve ainsi en hôpital psychiatrique pour divers examens. Selon le psy, elle est très malade et souffre de plusieurs troubles mentaux. Mais Emilie ne veut rien entendre, elle n'est pas folle à ce point.

" - Eh bien je pense, voyez-vous, qu'en plus du syndrome bipolaire dont vous souffrez, que vous êtes également sujette à ce qu'on appelle le trouble de la personnalité bordeline. Il s'agit d'un syndrome qui trouve ses racines dans l'enfance et qui expliquerait pourquoi votre personnalité se fragment en différentes facettes qui ... s’opposent les unes aux autres. " 

Très trouble, l'atmosphère d' « Asylum » d’Émilie Autumn ! En dehors du surréalisme qui file le long du roman, il faut souligner le côté fascinant du personnage principal, Émilie. Elle est très étrange mais si réelle par moment.

L'impression de proximité par rapport à cette héroïne rend le récit très prenant. L'histoire est assez étrange puisque l'auteure parle d'elle-même, elle se dévoile purement.
En parallèle, je découvre également l'histoire d'une autre Emily qui lui ressemble étroitement. Cette dernière vit dans un asile pour jeunes filles rebelles. Des années les séparent puisque cela se passe à une époque victorienne. Elles sont toutes deux accusées de folie. Leur seul moyen; échanger quelques paroles entre elles pour ainsi fuir les médecins tels que le docteur Sharp, responsable du service psychiatrique.

lundi 1 juillet 2019

Sonja Delzongle: " Cataractes"




Editions  Denoël
400 pages


4 ème de couverture



Il y a quarante ans, le petit Jan Kosta, trois ans, a été l’un des rares survivants de la terrible catastrophe de Zavoï. Lors d’un gigantesque glissement de terrain, ce village des Balkans a été littéralement englouti sous des torrents de boue. Sauvé par son chien qui l’a traîné, inconscient, hors de l’eau fangeuse, Jan a perdu toute sa famille. 
Devenu hydrogéologue, Jan reçoit un coup de fil alarmé d’un ami ingénieur. Il se passe des choses étranges dans et autour de la centrale construite sur les flancs de la montagne de son enfance. Les gens ont des comportements imprévisibles, parfois violents. Les moines du monastère voisin ont tous disparu, et les bâtiments délaissés accueillent désormais un institut psychiatrique. 
Vladimir demande à Jan de venir étudier les faits. Que le mal vienne de la centrale, de la montagne ou des hommes, si un nouveau drame est sur le point de se produire, seul un survivant de Zavoï aura une chance de pouvoir tout arrêter.


L'avis de Yannick Dubart



« Cataractes » de Sonja Delzongle vient tout de suite après « Boréal » qui est une réussite indubitable. Donc pas facile d'égaler un tel succès. L'auteure a su contourner cette difficulté en racontant une histoire totalement différente et surtout d'une manière qui ne ressemble en rien au récit précédent. Mais comme Sonja Delzongle a sa propre personnalité, ses thèmes de prédilection ressortent quand même ! Seulement, elle a su approfondir et se renouveler. Jan Kosta, un hydrogéologue est appelé par un ami de longue date afin qu'il donne son avis de spécialiste sur de mystérieux phénomènes autour d'un barrage des Balkans.

L'écologie et les aléas climatiques sont récurrents. L'auteure a su trouver des mots originaux pour magnifier la nature et le mal que les humains peuvent lui faire. La beauté du désert ou de la forêt souffle le chaud et le froid comme l'ensemble de l'intrigue de « Cataractes ». On peut bâtir des villes dans des endroits improbables, encore faut-il savoir en subir les conséquences!

« Pris au dépourvu lors de la forte tempête de sable du 2 avril 2015 qui a soufflé sur les Émirats, Jan est désormais armé. Seulement cette fois, le phénomène semble d'une ampleur inédite. En moins d'une demi-heure, le sable a envahi la ville et, sous la force du vent, cingle les voitures, les façades, les fenêtres des tours et les quelques passants égarés qui tentent de protéger leur visage et chaque parcelle de peau dénudée. »

L'eau, comme le titre l'indique, a beaucoup d'importance. Jan Kosta est un spécialiste en hydrogéologie. Il sait écouter l'écoulement de cet élément dans la nature! L'auteure est capable de faire passer les explications scientifiques et donc je n'ai jamais été perdue dans les considérations hydrologiques! Au contraire, l'eau et ses mystères sont magnifiés et offrent des pages très sensuelles et poétiques. J'avais la sensation d'entendre les bruits entourant les personnages et de respirer l'atmosphère minérale!

mercredi 26 juin 2019

Edmonde Permingeat: " Sans mon ombre"



Editions L'Archipel
433 pages

4 ème de couverture



Dangereux reflets

Alice a tué Célia, sa jumelle.
Son reflet, un alter ego inversé dont elle enviait la vie de rêve. Alors que, célibataire, elle doit gagner sa vie en enseignant la philosophie, sa jumelle, épouse et mère comblée, mène l'existence oisive des riches, dans le luxe et un magnifique cadre de vie au bord de la mer. Mais la mort de Célia va permettre à Alice de prendre sa place.
Du moins le croit-elle. Car au "pays des merveilles", ce n'est pas le bonheur mais le désenchantement qui l'attend.
La vie d'Alice de l'autre côté du miroir va tourner au cauchemar… jusqu'à lui faire réaliser, mais un peu tard, que le beau miroir était celui des alouettes…


Mon avis




" Sans mon ombre" est une histoire axée sur la gémellité. Quand Alice tue Célia, sa propre jumelle, vous pouvez être sûr qu'Alice prendra la place de Célia. Tel un jeu de miroir, elle se glisse dans la peau de Célia avec perfection. Mais elle découvre que la vie de sa sœur n'est pas toute rose; elle va découvrir les failles et les faiblesses de  celle-ciqu'elle n'a pas remarqué auparavant.
Au fond, est-ce que l'on sait tout de sa jumelle? Ce n'est pas parce que l'on se ressemble comme deux gouttes d'eau que l'on partage le même point de vue, la même vie. La différence existe mais sous d'autres coutures.

" Alice avait besoin d'écraser l'autre pour devenir elle-même. Pour exister non plus comme une moitié, mais entière. Unique. "

L'auteure décrit une histoire familiale où se glisse un jeu pervers. Edmonde Permingeat fait d'Alice, un personnage hors norme. Je l'ai aimé et détesté.
Rivalité et jalousie sont également des thèmes au cœur de ce roman. Les clins d’œil à l'auteur, Lewis Carroll pimentent le suspense. C'est comme si j'entrais de l'autre côté du miroir, telle Alice au pays des merveilles.

mardi 11 juin 2019

Frédéric Coudron: " La Suerte de Matar"



Editions Vauvert
256 pages


4 ème de couverture



Lise, journaliste féministe et anticorrida, doit réaliser pour TF1 le portrait d’un torero à la réputation de séducteur irrésistible, le légendaire Manuel Ortega.
Découvrant qu’Ortega est mêlé à une affaire de meurtre, persuadée de sa culpabilité, elle profite du reportage pour enquêter sur le torero. Et se retrouve plongée au cœur d’un univers qu’elle pensait exécrer.
Mais le charisme du mystérieux torero opère à son corps défendant…


Mon avis



Frédéric Coudron est un auteur que je connaissais déjà par les chroniques du commissaire Calderon.
Dans " La Suerte de Matar", il nous propose un tout autre genre. Ce livre est un mélange d'érotisme et de thriller. C'est pour cela que ce titre me tentait bien. J'aime quand les auteurs prennent des risques en explorant un autre style.
Dans " La Suerte de Matar" , le thème essentiel est la tauromachie. C'est un sujet que je n'affectionne pas particulièrement car je n'aime pas voir souffrir les animaux. Mais Frédéric Coudron a su titiller ma curiosité sur ce thème. J'ai appris les règles et les pratiques de la tauromachie. Dans ce récit, l'intrigue est omniprésente; Manuel Ortega, le Matador du monde, est coupable d'un meurtre mais l'affaire date.
Lise, journaliste d'investigation, spécialisée dans les affaires criminelles doit faire un reportage sur la corrida et principalement sur la star de la corrida qu'est Manuel Ortega.
Le suspense est au programme mais la relation entre Lise et le beau ténébreux Manuel va être troublante.

Les scènes érotiques vont ainsi pimenter l'intrigue. Frédéric Coudron arrive à développer la sensualité avec beaucoup de charme et de prestance. Ainsi la fusion entre le thriller et l' érotisme est un risque à prendre mais l'auteur a réussi pleinement son contrat.

vendredi 7 juin 2019

R.J. Palacio: " Wonder"



Editions PKJ
410 pages


4 ème de couverture



Ne jugez pas un livre (garçon) sur sa couverture (son apparence).
"Je m'appelle August. Je ne me décrirai pas. Quoi que vous imaginiez, c'est sans doute pire."
Né avec une malformation faciale, August, dix ans, n'est jamais allé à l'école. Aujourd'hui, pour la première fois, ses parents l'envoient au collège... Pourra-t-il convaincre les élèves qu'il est comme eux? Dans la lignée du Bizarre incident du chien pendant la nuit, un petit bijou de sensibilité et de drôlerie. Un roman irrésistible sur le destin peu ordinaire d'August Pullman, un enfant différent.


Mon avis



" Wonder" est l'histoire d'un petit garçon prénommé Auggie, August Pullman. Il n'est pas comme les autres; il a un visage avec de nombreuses cicatrices suite à une malformation faciale.

Auggie est né comme ça. La plupart des petits garçons le considèrent comme un monstre du fait de sa difformité. C'est en entrant au collège qu'il va comprendre qu'il va devoir se battre et faire face aux autres garçons " normaux".

" J'aimerais bien que ce soit tous les jours Halloween. On porterait tous des masques. Comme ça, on pourrait prendre le temps d'apprendre à se connaître avant de dévoiler nos visages. "

Sur sa route, il croisera des gentils tels que Jack et Summer et des méchants.
Sa souffrance se fait ressentir au fil des pages. C'est grâce au soutien de sa famille et de certains amis qu'il fait son bonhomme de chemin.

mercredi 29 mai 2019

Matthieu Dixon: " La dernière couverture"



Editions Jigal
208 pages


4 ème de couverture



Voir une de ses photos en première page d'un magazine, affichée sur tous les kiosques, pour Raphaël, jeune reporter, c'est le graal. Mais en travaillant avec Bernard, célèbre photographe devenu son mentor, il comprend très vite que les choses ne sont jamais aussi simples et que les apparences sont parfois trompeuses. En enquêtant sur la mort de celui-ci, tragiquement disparu dans le crash de son hélicoptère, Raphaël va se retrouver seul, en première ligne, à devoir jongler entre rumeurs, paranoïa, business, corruption, hommes de l'ombre et affaires d'État. Seul aussi à devoir slalomer entre intégrité et vérité... 
« À l'image des stratégies de guerre, déjà évoquées par Sun Tzu dans son fameux traité L'Art de la guerre, il s'agit de créer un brouillard d'informations pour masquer la vérité. » 


Mon avis




Dans « La dernière couverture », Matthieu Dixon décrit le parcours de Raphaël, un jeune reporter qui doit faire face à de nombreux événements en peu de temps. La mort de Bernard, un photographe qui lui a appris beaucoup dans le métier, est à la base de l'intrigue. 

Le style de l'auteur saute à la gorge dès les premières lignes. En effet, j'ai vite compris que Raphaël utilisait son objectif comme une arme de combat dans un métier où règne une vive concurrence. Il doit faire continuellement ses preuves et rêve de devenir un des meilleurs. 

« Dans le viseur l'image s'affiche sans hésitation, fidèle, brute, honnête. » 

D'ailleurs, il résume son métier en quelques mots qui claquent : 
« Pour tout retour, un simple mot : « Patience. » Métier étrange où il est urgent d'attendre. L'impression d'être un enfant qui joue à 1, 2, 3, soleil. » 

Le métier de reporter est omniprésent, comme un personnage invisible qui plane sur l'ensemble de l'action. L'auteur frôle ainsi la réalité ; j'ai eu parfois l'impression de reconnaître des individus du monde médiatique. Matthieu Dixon pose un regard désabusé sur ce milieu en évoquant l’hypocrisie et les « affaires » troubles qui seraient cachées au grand public. 

jeudi 16 mai 2019

Yann Déjaury: " Ce n'était qu'une simple promesse"





Auto-édition
326 pages


4 ème de couverture




1995, Bretagne, six amis passent leurs vacances ensemble. Grande insouciance, petits bonheurs, l'envie de ne jamais se séparer et une promesse scellée dans le granit: celle de se retrouver dans 20 ans, qu'importe les aléas.2015, la vie les a rattrapés et, le jour venu, un seul a tenu son engagement. Malgré cet acte manqué, il organise un séjour ludique dans une demeure somptueuse. Simple assouvissement de curiosité de ce que chacun est devenu ou douce envie de retrouver leur connivence perdue ? De non-dits en secrets, sa véritable motivation bouleversera leur existence à jamais.


Mon avis



Je vous parle aujourd'hui d'un roman intitulé " Ce n'était qu'une simple promesse" de Yann Déjaury. C'est un auteur que j'ai rencontré lors d'un salon proche de chez moi.
Nous avons discuté et m'a proposée de lire son roman en échange d'une critique.

En 1995, six amis ont fait la promesse de se revoir après 20 ans. Mais ont-ils tenu pour autant celle-ci?

Avec une alternance de chapitres datant de 1995 et 2015, l'auteur, Yann Déjaury aborde diverses réflexions notamment sur le questionnement du sens de la vie. C'est à travers ces deux époques que l'on va découvrir certaines révélations sur les protagonistes.
En 1995, le lecteur va suivre cette bande de potes en Bretagne dans le camping de Plélo.

La drague, l'alcool et leur blague sont au rendez-vous. Les six amis s'entendent à merveille au point de faire un pacte: se retrouver vingt ans plus tard.
En 2015, six amis se réunissent de nouveau suite à une invitation qu'ils ont reçue mais quelle est la personne qui se cache derrière cette lettre?

Le lieu est dans une demeure somptueuse tout frais inclus. Sauf qu'ils ne pourront pas faire ce qu'ils veulent! Certaines règles sont à respecter. Mais lesquelles?

lundi 13 mai 2019

David Coulon: " Interview"




Après avoir lus Trouble passager" aux éditions French Pulp et Dernière fenêtre sur l'aurore " aux éditions Hélios noir, voici une interview de David Coulon.


1. Comment vous définiriez-vous?

Ouh là ! Question difficile ! Brun, yeux verts taille moyenne. Ah non, c'est pas ça... Faut se dévoiler. Argh. Alors on va dire mec sympa mais avec des goûts littéraires un peu bizarre.


2. Comment vous est venue l’idée d’écrire?

A vrai dire je ne sais pas. J'ai toujours aimé la poésie, le théâtre, les BD. Puis, plus tard, les romans. La lecture a sans doute favorisé l'écriture, comme chez beaucoup d'auteurs. J'ai toujours ressenti l'écriture comme un besoin, une envie, une passion. Je ne m'oblige à écrire que lorsque la discipline du roman est là : ne pas lâcher les personnages, les situations, écrire tous les jours. En dehors de cette discipline, écrire a toujours été spontané, ludique. Un plaisir.


3. Quels sont vos auteurs préférés?

J'en ai beaucoup. Au théâtre, Mark Ravenhill et Sarah Kane. En roman, Bukowski, Chuck Palahniuk, David Peace, Bret Easton Ellis, Jonquet, Ketchum. Graham Joyce. J'apprécie particulièrement mes contemporains qui ont des choses à dire sur les gens et la société. Pas simplement nous faire frémir pour nous faire frémir. Faut que ça parle. Dans le fond comme dans la forme. A titre d'exemple, le dernier Jacques Saussey, "Enfermé.e" est un bijou.


4. Quel est votre film préféré?

J'en ai plusieurs, là encore... Disons "Délivrance". Et "Martyrs", de Pascal Laugier. Et puis "Shining", de Kubrick, malgré tout le mal qu'en pense Stephen King. Ah et puis, il y a "De battre mon coeur s'est arrêté" de Jacques Audiard. Dans ce film, il y a tout. L'expression de soi, les empêchements, l'amour, la mort, la rédemption. Un film-monde.


5. Est-ce que votre métier en tant que psychologue a une influence sur vos écrits?

Oui, incontestablement. Il me permet de sonder sans trop d'inconstance irréaliste, les tréfonds de l'âme humaine. Pour la construction de mes personnages, ma formation m'est très utile. Mais notez que je ne m'inspire jamais de situation réelles rencontrées pendant mes entretiens. La psychologie ne me sert qu'en tant qu'outil. Comme un texte d'auteur pour un metteur en scène.


6. Comment avez-vous créé le personnage Rémi Hutchinson?

Je voulais un personnage solitaire (un écrivain) avec des zones d'ombres dans sa vie. Je voulais quelqu'un de polytraumatisé (par son père, et par la perte de sa fille). Un personnage hors du commun, qui devait se sortir d'une situation pas commune non plus.


7. Dans « Trouble passager », le récit est violent. N’avez-vous pas eu peur de choquer les lecteurs ?

Non. Pour tout dire, je m'en fiche. Je ne m'autocensure jamais. Si le lecteur est choqué, il a la liberté de refermer le bouquin et de me mettre 0/5 sur Babelio. Ça s'arrêtera là. Dans la vraie vie - qui est beaucoup plus violente car réelle - il ne peut pas faire ça. Ce serait faire insulte aux lecteurs et à leur liberté que de craindre de les choquer. Ça serait leur dire : "vous voyez, je vous épate, je vous gerbe". Non. Ce que je cherche est beaucoup plus simple et moins pervers. Je creuse l'âme noire humaine. Et je vais au bout. Et c'est tout.


8. Quel est le moment le plus propice pour écrire? 

Ça dépend des romans et de la phase d'écriture. Pour "Trouble Passager", j'ai écrit tôt le matin. Ou dans la journée, dans des lieux bondés et bruyants, qui contrastaient avec le confinement du roman. Et j'ai corrigé pendant la nuit, dans le silence.


9. Quelles sont vos passions en dehors de l’écriture?

Le théâtre (j'écris pour plusieurs compagnies), le rugby, le cinéma. Les randonnées. L'Islande.


10. Préparez-vous déjà votre prochain roman? 

Oui, j'en écris deux en parallèle. Motus sur les sujets pour le moment. J'ai la sensation ridicule que cela me porterait malheur ! J'aimerais bien écrire pour la jeunesse aussi. J'ai des idées de synopsis. Faut que je m'y mette.


11. Libre à vous de conclure cette interview.

Merci à vous pour ces questions !



vendredi 10 mai 2019

Estelle Tharreau: " Mon ombre assassine"


Editions Taurnada
260 pages


4 ème de couverture



En attendant son jugement, du fond de sa cellule, Nadège Solignac, une institutrice aimée et estimée, livre sa confession.
Celle d'une enfant ignorée, seule avec ses peurs.
Celle d'une femme manipulatrice et cynique.
Celle d'une tueuse en série froide et méthodique.
Un être polymorphe.
Un visage que vous croisez chaque jour sans le voir.
Une ombre. Une ombre assassine.



Mon avis



Nadège, quel doux prénom! De plus cette créature a une profession qui inspire confiance puisqu'elle est enseignante. Et pourtant, dans « Mon ombre assassine », Estelle Tharreau nous fait entrer dans le
cheminement d'une tueuse en série.
J'ai été intéressée par les mécanismes qui auraient conduit à l'escalade d'une tueuse. Attention, rien n'est certain car l'auteure n'affirme rien mais laisse des pistes pour le lecteur. Cette démarche fait l'originalité de ce roman.

Le cadre provençal est bien dépeint dans toute son âpreté et fait partie de la personnalité de Nadège. Tout aurait pu être idyllique mais ce n'est pas si simple, il y a eu maldonne et on ne sait pas forcément
pourquoi!
L'ensemble est étouffant et j'y ai rarement trouvé des éléments pour alléger l’atmosphère de mort. Nadège se raconte et se livre aux lecteurs : ceci contribue à un certain malaise. De plus l'utilisation du « je » amplifie la proximité par rapport à cette femme. La tueuse nous fait douter mais pour ma part, l'effroi domine et persiste au fil des pages.

lundi 6 mai 2019

Vincent Hauuy: " Dans la toile"



Editions Hugo Thriller
395 pages


4 ème de couverture



Isabel Gros est une miraculée. Seule survivante d'une fusillade, elle a passé deux semaines dans le coma. Contrainte d'abandonner sa carrière de critique d'art et ne supportant plus la vie citadine, elle quitte Paris avec son mari, pour s'installer dans leur nouveau chalet, au coeur des Vosges. Souffrant de graves séquelles, Isabel pense se reconstruire grâce à la peinture. Mais le malaise qu'elle ressent dès son arrivée va rapidement se transformer en terreur.

" Un vrai talent d'écriture. " Michel Bussi


Mon avis



Vincent Hauuy est un auteur que je suis depuis ses écrits. " Dans la toile", l'auteur se met dans la peau d'une jeune femme, Isabel Gros, fragilisée suite à une fusillade. Il s'est approprié ce rôle féminin avec beaucoup d’authenticité; les émotions qui en émanent sont très réalistes. Avec une alternance des passages passé présent, le lecteur va suivre progressivement cette héroïne et comprendre ses failles.
Restée quelques semaines dans un coma, elle tente de se reconstruire. Son lobe frontal et temporal étant touchés, son mari veut le bien être pour sa femme. Ils décident donc de quitter Paris pour habiter dans un chalet isolé, au milieu de nulle part dans les Vosges, à Plainfaing.

" Une grande maison d'architecte contemporaine en bois sombre, clôturée par une enceinte de pierre culminant à deux mètres. Une lourde porte noire en fer forgé barre l'accès à la cour intérieure. Belle, mais froide. Glaçante. " 

Mais des visions assez étranges et son état de santé basculent Isabel vers un combat contre ses démons. Elle ressent des choses assez étranges dans ce chalet malsain.
Le milieu montagnard apporte une touche sombre correspondant bien au caractère  angoissé de l’héroïne; profondeur du décor et vertige de la jeune femme.

vendredi 3 mai 2019

Nicolas Lebel: " Dans la brume écarlate"




Editions Black Lab
389 pages



4 ème de couverture



Une femme se présente au commissariat du XIIe et demande à voir le capitaine Mehrlicht en personne.. Sa fille Lucie, étudiante, majeure, n'est pas rentrée de la nuit. Rien ne justifie une enquête à ce stade mais sait-on jamais... Le groupe de Mehrlicht est alors appelé au cimetière du Père Lachaise où des gardiens ont découvert une large mare de sang. Ils ne trouvent cependant ni corps, ni trace alentour. Lorsque, quelques heures plus tard, deux pêcheurs remontent le corps nu d'une jeune femme des profondeurs de la Seine, les enquêteurs craignent d'avoir retrouvé Lucie. Mais il s'agit d'une autre femme dont le corps exsangue a été jeté dans le fleuve. Exsangue ? Serait-ce donc le sang de cette femme que l'on a retrouvé plus tôt au Père Lachaise ? La police scientifique répond bientôt à cette question : le sang trouvé au cimetière n'est pas celui de cette jeune femme, mais celui de Lucie... Un roman gothique dans un Paris recouvert de brouillard à l'heure où un vampire enlève des femmes et les vide de leur sang. Un roman choral qui laisse la parole à plusieurs protagonistes : à ceux qui perdent ou ont perdu, à ceux qui cherchent, à ceux qui trouvent ou pensent trouver. Un roman qui est l'histoire de six hommes qui aiment ou croient aimer chacun une femme : celui qui la cherche, celui qui l'aime de loin, celui qui veut la venger, celui qui la bat, celui qui la veut éternelle, et celui qui parle à ses cendres. Un roman parle des femmes comme premières victimes de la folie des hommes, même de ceux qui croient les aimer.


Mon avis



J'ai un très mauvais caractère,
je ne supporte pas les stagiaires,
je ressemble à Paul Préboist,
je suis, je suis, je suis...
Je suis Daniel Mehrlicht, l'anti-héros iconique de Nicolas Lebel.

Et il revient pour la cinquième fois avec « Dans la brume écarlate ». Toujours dans les brumes de la fumée de ses cigarettes ! Cependant il va devoir faire ressortir la vérité d’un brouillard sanglant et machiavélique. Il n'est pas obligatoire d'avoir lu les romans précédents pour comprendre ce nouveau thriller. Mais bien sûr le plaisir est accru quand on se prend à détecter les gimmicks qui jalonnent les autres aventures de Mehrlicht et son équipe d'enquêteurs. Cette fois la vie privée des héros est moins présente. Il faut dire que l'affaire qu'ils ont à traiter est compliquée, l'auteur se devait donc d'être méticuleux. Les personnages secondaires sont nombreux et pourtant je ne me suis jamais sentie perdue dans les méandres de l'histoire ! Le regard de Mehrlicht est toujours désabusé mais laconique.

" Il poussa la porte. Dans la zone de combat qu'était cette pièce, dans ce fatras indicible où toute trace de civilisation avait été consciencieusement effacée, où crépitait une musique manifestement interprétée à la Kalachnikov et au mortier lourd, Mehrlicht discerna, par delà le nuage de fumée Marlboro, son fils hirsute affalé devant l'écran de son ordinateur. "

Dans un Paris ombrageux, des femmes souffrent et meurent. Les brumes gênent les policiers dans leur travail car le moindre mouvement est entravé par la quasi obscurité. Le titre, à cet égard, colle bien au sujet : du sang entachant une atmosphère embrumée et omniprésente. En bon linguiste, Nicolas Lebel sait manier un vocabulaire riche et évocateur. Le registre lexical est brillant car il parvient à trouver des métaphores et des mots très divers pour désigner la météo plombante qui courre du début à la fin du roman. Les différences de générations sont montrées au travers du vocabulaire, ce qui offre des dialogues souvent cocasses.

" Un coup de fil à son amie Cathy, peut-être, parce qu'il fallait dire le malheur qui les frappait. Alors rien ne devait entamer sa tristesse, ni amollir sa culpabilité, encore moins faire taire sa colère. Demain parce qu'il n'y aurait pas un jour de plus, il coffrerait l’assassin pour de bon. "

jeudi 25 avril 2019

David Coulon: " Trouble passager"



Editions French Pulp
288 pages



4 ème de couverture



Rémi Hutchinson est écrivain, un livre qui a plus ou moins bien marché. Plutôt moins que plus, d’ailleurs…Depuis il tente d’écrire LE best-seller. Sans succès.
Pas facile lorsque l’on se remet de la disparition de sa fille…

Rémi met le doigt dans un engrenage et tombe dans un piège. Il est séquestré par une gamine qui l’accuse de crimes horribles.

Pourquoi lui ?
Pourquoi le prendre pour un tel monstre ?
Rémi est absorbé dans une spirale infernale, arrivera-t-il à s’en sortir ?



Mon avis



" Trouble passager" est un roman dérangeant et qui percute de plein fouet dès les premières pages.
J'avais déjà découvert les écrits de l'auteur avec le titre " Dernière fenêtre sur l'aurore ". Son style d'écriture était déjà tranchant mais avec " Trouble passager", David Coulon aime de nouveau entrer dans une folie effroyable.

Le lecteur va poursuivre principalement l'histoire de Rémi Hutchinson. Par curiosité il décide de prendre un chemin et de suivre une adolescente de 15 ans sans la connaitre mais Rémi tombe tout droit dans un filet où il sera la principale proie.

Ainsi débute le récit: " Tu veux qu'on s'occupe de toi? Sois une victime. Tu veux obtenir quelque chose de quelqu'un? Sois un bourreau. " 

Je sais que rien qu'à la lecture de ces phrases,  je vais directement rentrer dans un cataclysme noir et totalement horrifique voire obsédant.

C'est troublant car David Coulon s’intéresse au thème de pédophilie. Certes il est difficile d'aborder ce dernier car c'est un sujet assez délicat. Le lecteur peut être offusqué de lire un tel roman d'autant plus que l'auteur le traite sans fioriture. Victime ou bourreau? C'est la question qui m'a sans cesse taraudée l'esprit au fil des pages. Et c'est là que David Coulon est très fort car il parvient à semer sans cesse le doute dans ta tête.

" La grande balance du monde tient en équilibre grâce au va-et-vient constant entre l’état de victime et celui de bourreau. "

" Trouble passager" est un roman que j'ai littéralement dévoré malgré le thème abordé. Par des mots forts, crus et angoissants, l'auteur me laisse à la dérive car les questions sont restées sans réponse.
Je continue ainsi la lecture et je suis curieuse de savoir comment la fin va être amenée.

Je me sens toute retournée en fermant ce roman. Waouh! ce roman ne m'a pas laissé indifférente. Au travers d'une écriture assez particulière composée parfois d'un seul mot ou de phrases courtes, l'ambiance est directement mise en action. David Coulon entre dans le vif du sujet. C'est violent et trash à la fois.

Vous serez sans doute troublés à la lecture de " Trouble passager" mais aussi en état de peur absolue.
Âmes sensibles s'abstenir!



L'auteur


David Coulon est psychologue et romancier.Né dans le sud de France en 1974, David Coulon a commencé par écrire beaucoup de nouvelles, en publier en revue papier (L’ours Polar, Lignes Noires, etc…) et à la radio (RTBF). Puis, il est devenu psychologue, metteur en scène de théâtre (compagnies La Fille Du Guignol, et Kopasker), comédien. Sur son site, vous trouverez quelques uns de ses écrits, mais pas tous, fort heureusement pour votre santé mentale, et la sienne ! Vous trouverez également des infos/actus sur les pièces de théâtre en cours de création, ou en jeu. Il vit désormais en Normandie où il exerce toujours la profession de psychologue. A côté de cela, il dirige plusieurs ateliers théâtre et ateliers d’écriture.


Son premier roman, « Dernière fenêtre sur l’aurore », a été publié en juillet 2013, aux Editions Asgard. Intéressé par les individus en phase de rupture mentale dans un univers social qui les broie, ses écrits font le grand écart entre univers très noir, mais parfois aussi humour. Il en va de même pour les pièces mises en scène dans le cadre de la compagnie Kopasker.



lundi 22 avril 2019

Paul Colize: " Un jour comme les autres"



HC Editions
348 pages


4 ème de couverture



Un matin comme les autres, Éric Deguide prend les clés de la voiture, lance un dernier regard vers Emily, hésite et part sans se retourner. Depuis, réfugiée sur les bords du lac Majeur, Emily ne peut se résoudre à cette disparition, d’autant que la police semble avoir classé le dossier. Elle, continue de chercher des traces d’Éric, d’essayer de comprendre. Jusqu’au jour où Alain Lallemand, journaliste d’investigation au Soirprend contact avec elle. Lui aussi a connu Éric, et lui non plus ne veut pas se résoudre.

Plonger dans un roman de Paul Colize, c’est plonger dans les profondeurs de l’âme humaine, là où se cachent ses secrets les plus noirs. Un Jour comme les autres navigue avec finesse entre silence et vérité, ombre et lumière, humour et émotion.


Mon avis



D'après la couverture de « Un jour comme les autres » de Paul Colize, les chiffres semblent importants dans l'ensemble de l'histoire. Ce fait m'a beaucoup intriguée. Il fallait que je sache à quoi cela pouvait correspondre !

Comme ses précédents romans, l'auteur s'appuie sur un type d’œuvre musicale. Dans celui-ci, l'opéra est mis à l'honneur. La présentation des chapitres y fait référence. Emily, la compagne d’Éric Deguide, disparu, exerce régulièrement au chant. Le tragique se mêle ainsi à son quotidien lui-même empreint de drame de la disparition.

« Le tic-tac de l’horloge est le bruit le plus insupportable de ma vie. Mon téléphone sonnera avant que le clocher de l'église égrène les douze coups de minuit. »

Les chiffres, les bruits et la musique rythment le récit. « Était-ce un de mes jours-clés ou un alignement favorable des astres? » Peu à peu j'ai eu mes réponses sur la composition de la couverture mais je n'en dirai pas plus ! Ce sera aux lecteurs de se prendre au jeu afin de le découvrir.

vendredi 19 avril 2019

Anne Tyler: " La danse du temps"



Editions Phébus
272 pages


4 ème de couverture



À soixante et un ans, Willa Drake mène une existence réglée comme du papier à musique en Arizona. Jusqu’à un coup de fil venu de l’autre bout du pays lui apprenant que la compagne de son fils s’est fait tirer dessus. Sa petite-fille a besoin d’elle ! Tant pis s’il s’agit d’une erreur de numéro, Willa abandonne tout et file à Baltimore devenir grand-mère.



Dans La Danse du temps, Anne Tyler nous rappelle avec humour et tendresse qu’il n’est jamais trop tard pour choisir sa vie.



Mon avis



" La danse du temps" est un roman où le lecteur suit Willa Drake de son enfance à l'âge adulte.
Cette femme a rencontré pas mal de déboires dans sa vie. Avec un père trop gentillet et une mère avec ses sautes d'humeur, Willa tente de vivre pleinement sa vie. Elle épouse très vite Derek. De ce fait elle abandonne ses études pour suivre son mari. C'est une première partie du roman que l'auteure développe scrupuleusement le personnage principal étant Willa. Cette jeune épouse choisit de rester femme au foyer. Elle tente de chercher le bonheur, l'amour et une certaine sérénité. Etre discrète avant tout.

C'est lors de la deuxième partie du roman que tout va se décider autrement. Willa reçoit un coup de fil d'une inconnue; elle doit s'occuper de Cheryl, la fille de Denise. Denise est l'ex-amie de son fils aîné. Elle est à l’hôpital. Chose étrange pour Willa car elle n'a jamais rencontré Cheryl ni Denise. Elle n'a donc pas le choix, elle s'en va à destination de Baltimore avec Peter, son deuxième mari.

L'ensemble du roman est parsemé de doutes et questionnements. Quel est le but de Willa? Sa vie est fragmentée d'un manque d'amour envers ses deux enfants. Elle recherche une certaine harmonie mais préfère ne rien faire. Quant à sa sœur, elle renonce à suivre sa famille.

Willa donne de l'affection aux autres mais n'en reçoit pas en échange notamment de son mari et de ses deux enfants.

" La danse du temps" met en relief un portrait de femme perdue dans sa vie jusqu'au jour où elle rencontre une famille à Baltimore. Tout va se bousculer. Pour une fois, Willa décide de prendre des décisions qui lui semblent primordiales. 
C'est un roman qui se lit merveilleusement bien et j'aime beaucoup le style de l'auteure. L'écriture est prenante. J'ai aimé le portrait de Willa à la fois maladroite au départ mais qui a su changer au fil des événements.
La vie américaine est mise en avant dans ce récit et Anne Tyler brosse de jolis personnages en tout genre.


lundi 15 avril 2019

Gaëlle Perrin-Guillet: " Haut le chœur"



Editions Taurnada
244 pages


4 ème de couverture



« Quand je sortirai, tu seras la première prévenue… Je saurai te retrouver. »
Depuis qu'Éloane Frezet, la tueuse en série la plus abjecte de ces dernières années, a prononcé ces mots, Alix Flament vit dans l'angoisse que la criminelle sanguinaire s'évade de prison...
Alors, quand la journaliste reçoit un coup de téléphone d'Éloane en pleine nuit, elle comprend que la meurtrière va honorer sa promesse...
Une promesse de sang...



Mon avis



" Haut le chœur" est à la fois un véritable jeu de massacre et jeu macabre. Eloane est une tueuse en série qui fait froid dans le dos. Redoutable, intelligente elle me fait  beaucoup penser à une araignée vénéneuse. Elle tente de pousser dans sa toile ses prochaines victimes.
Elle s'évade de prison et contacte la journaliste Alix Flament, celle qui l'a interviewée pendant deux ans. L'objectif d'Eloane est de poursuivre son oeuvre machiavélique. Les cadavres s’amoncellent sur le chemin de la journaliste.

Dans " Haut le chœur", rien n'est laissé au hasard, l'auteure se glisse dans la peau de cette serial killeuse. La chasse est ouverte. Pour Eloane, Alix est la prochaine proie. La journaliste sait très bien que sa vie sera totalement différente depuis l'évasion d'Eloane. Le lecteur entre petit à petit dans l’abîme et la noirceur de l'âme humaine.

" Cette femme est dangereuse. Et pas seulement parce qu’elle tue avec autant de plaisir qu’elle bouffe une glace, mais parce qu’elle t’a dans le collimateur et te connait par cœur. Ne te laisse pas avoir. Sois vigilante, s’il te plait. "

samedi 13 avril 2019

Stephen King: " Élévation"



Le Livre de poche
160 pages



4 ème de couverture



Dans la petite ville de Castle Rock, les rumeurs circulent vite. Trop vite.
C’est pourquoi Scott Carey ne veut confier son secret à nul autre que son ami le docteur Bob Ellis. Car avec ou sans vêtements, sa balance affiche la même chose, et chaque jour son poids diminue invariablement. Que se passera-t-il quand il ne pèsera plus rien ?
Scott doit également faire face à un autre problème : les chiens de ses nouvelles voisines ont décidé que sa pelouse était le lieu idéal pour faire leurs besoins. Entre le couple et Scott, la guerre est déclarée. Mais lorsqu’il comprend que le comportement des habitants de Castle Rock, y compris le sien, envers les deux femmes mariées met en péril le restaurant qu’elles ont ouvert en ville, il décide de mettre son « pouvoir » à contribution pour les aider.

Un roman joyeux, exaltant et teinté de tristesse. Entertainment Weekly.

Édition illustrée.

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Michel Pagel.


Mon avis



" Élévation" est une novella inédite extraordinaire! 160 pages qui se savourent et vous laissent en émoi à la fin du livre!
Stephen King se renouvelle sans cesse. Dans " Élévation", l'hémoglobine et l'horreur, qui sont des thèmes chers à l'auteur, sont absents. " Élévation" est une histoire fabuleuse remplie d'intenses émotions.
Scott Carey est un homme corpulent d'une quarantaine d'années.Il maigrit chaque jour sans que son physique ne change. Il raconte ce phénomène étrange à Bob Ellis, un médecin à la retraite. A Castle Rock, les habitants se moquent de Deirdre McComb et de Melissa Donaldson, deux lesbiennes qui ont ouvert ensemble un restaurant.
C'est lors d'une course "Le Trot des Dindes" que Scott et DeeDee vont enterrer certains désaccords du voisinage. Une grande amitié va ainsi naître.

" Il n'y avait plus que McComb et lui à présent, tous les deux courant aveuglément à travers le déluge, et Scott n'avait jamais été aussi heureux de sa vie. Quoique le mot heureux fût trop faible; ce qu'il découvrait en explorant les limites ultimes de sa résistance, c'était un autre monde. " 

 " Élévation" est une nouvelle qui parle de différence mais pas que...
Stephen King est très fort pour conter un récit à la fois touchant et profondément humain. Les personnages sont agréables à suivre. Ils sont assez authentiques et chacun a sa propre histoire. Et c'est grâce à Scott que la tension à Castle Rock va s'alléger. La fin m'a profondément touchée, j'ai ressenti beaucoup de tristesse.

" Élévation" est comme un ciel rempli d'étoiles qui scintillent. A la lecture de ces 160 pages, l'émotion va vous submerger. Stephen King est capable de vous faire passer de la douceur à la poésie avec beaucoup de talent.
" Élévation" est une novella qui tient ses promesses jusqu'au dénouement.




lundi 8 avril 2019

Sebastian Fitzek: " Le colis"




Editions l'Archipel
320 pages



4 ème de couverture



Vous n'auriez jamais dû accepter ce colis !


Psychiatre, Emma Stein a été victime d’une agression nocturne dont elle s’est miraculeusement sortie. Depuis, elle vit recluse dans sa maison, de peur de croiser à nouveau la route de ce psychopathe que la presse a surnommé le Coiffeur.

Un jour, son facteur lui demande d’accepter un colis pour l’un de ses voisins. Emma connaît tous ceux qui habitent dans sa rue.
Or, jamais elle n’a entendu parler de cet homme…
 
 
 
Mon avis
 
 
 
J'attendais avec impatience la prochaine sortie du roman de Sébastian Fitzek. Le trailer de ce livre est juste hallucinant et laisse présager un excellent moment de lecture. La couverture en jette, ce qui me donne envie de savoir ce que contient ce colis étrange.
Alors sans hésitation je me plonge dans ce thriller d'un de mes auteurs préférés.
 
Dans " Le colis", l'histoire est principalement ciblée sur Emma Stein, une jeune psychiatre, vivant désormais et totalement chez elle. Elle ne sort plus depuis qu'elle a été agressée par  le prénommé le " Coiffeur". A cela s'ajoute le facteur, Salim, qui lui remet un colis pour son voisin qu'elle ne connait absolument pas. Quelle étrange atmosphère qui se dégage de ce roman! La paranoïa s'installe petit à petit pour développer une plongée dans la folie. L'entourage d'Emma lui dit fermement qu'elle commence à perdre la raison. Ses crises d'angoisse se font de plus en plus fortes. L'auteur délivre parfaitement le mal être et la peur de cette jeune psychiatre.
 
" La peur l'envahit. La fuite fut la première chose à laquelle elle pensa en voyant les mots. Sur le miroir de la salle de bains. Des lettres bien nettes, tracées en diagonale sur la glace embuée, proclamaient: FICHE LE CAMP. AVANT QU'IL SOIT TROP TARD! "
 
Sebastian Fitzek met en scène de façon prodigieuse cette psychiatre; sa psyché humaine et son inconscience sont totalement mises en avant.C'est un des points qui m'a particulièrement plus dans " Le colis".

jeudi 4 avril 2019

Susanne Jansson: " Les âmes englouties"




Editions Presses de la Cité
320 pages


4 ème de couverture



Surgie des tourbières scandinaves, une nouvelle voix du polar nordique
Pour travailler à sa thèse de biologie, Nathalie retourne vivre dans sa région natale, au cœur d’une Suède humide et reculée. Dans la petite maison qu’elle habite en forêt, elle se laisse rappeler à son enfance douloureuse, à l’époque où la disparition de la jeune Tracy avait inauguré une succession de drames. Un jour, un cadavre est retrouvé dans la tourbière. Dix années auparavant, déjà, une jeune fille momifiée avait été découverte au même endroit. Bientôt, de nouveaux cadavres affleurent. Alors que la police se met en quête d’un serial killer, Göran, ancien
professeur de physique, est convaincu que l’endroit est peuplé de revenants. Cette théorie intrigue aussi Maya, photographe judiciaire. Les trajectoires de Nathalie et de ces deux enquêteurs de l’ombre vont se mêler… et de nombreux secrets seront déterrés.

Angoissant et précis, un thriller atmosphérique à la rare puissance suggestive, qui conjugue tentations surnaturelles, croyances populaires, explications scientifiques et fines analyses psychologiques.



Mon avis



Nathalie Ström est biologiste et prépare une thèse de doctorat sur le réchauffement climatique planétaire. Elle quitte Göteberg afin de se rendre à Fengerskog. C'est un endroit où les tourbières sont omniprésentes. Mais le passé de Nathalie va rapidement ressurgir au sein de ce lieu sombre et glaçant...

Le roman aurait pu s'intituler « Noir Tourbière » tant j'ai ressenti les odeurs d'une nature étrange et tant je me suis perdue dans une noirceur glaçante et intrigante!

" C'est la raison pour laquelle les tourbières sacrificielles avaient la réputation d'être à la fois dangereuses et sacrées. Un lieu à craindre et à vénérer en même temps. "

J'ai été agréablement surprise par les apports culturels et historiques de ce thriller. J'ai ainsi appris beaucoup sur les découvertes archéologiques de cette région suédoise notamment aux alentours de ce manoir . Ma curiosité en a été émoussée.

mercredi 3 avril 2019

Roy Braverman: " Crow"



Editions Hugo Thriller
364 pages

4 ème de couverture



Hunter et Crow, deux fugitifs accusés de crimes odieux, décident de se soumettre d’eux-mêmes à l’esprit de la loi en s’isolant au coeur des Brooks Range.
Mais les flics locaux et le FBI, dont l’obsession est d’appliquer la loi à la lettre, les laisseront-ils faire ? L’obstination d’un ex-agent du FBI, devenu serial killer pour l’occasion, déclenche une chasse à l’homme haletante et sans pitié à travers les paysages sauvages de l’Alaska. Une terre rude et immense où tout chasseur devient un jour la proie de quelqu’un d’autre.
Tour à tour chassés ou chasseurs, Hunter et Crow vont poursuivre, croiser ou fuir une shérif amoureuse d’un orignal, une agent spéciale du FBI surnommée Fiasco suite à l’échec de sa dernière mission, une trappeur romantique qui ne craint ni les loups ni les ours, un collecteur de dettes arménien et mélomane, un gang de rednecks qui carbure à la bière locale, un pilote de brousse hippie fan de Jefferson Airplane… Tout ça pour sauver sa peau, appliquer la loi ou mettre la main sur un butin de plus d’un million de dollars. Voire les trois à la fois !

Plus connu sous le pseudonyme de Ian Manook, Patrick Manoukian alias Roy Braverman est l’auteur de la trilogie Yeruldelgger (385.00 exemplaires vendus) pour laquelle il a reçu le Prix des Lectrices de Elle, le Prix SNCF et le Prix Quais du Polar.
Crow est la suite de Hunter, trilogie entamée aux éditions Hugo Thriller en 2018. Le premier tome Hunter sort conjointement aux éditions Pocket.



Mon avis



Dès les premières pages de « Crow » de la trilogie de Roy Braverman, j'ai senti le mélange des sentiments. Durant tout le roman, j'ai été secouée par le décalage à différents niveaux.
Au début de l'intrigue, l'auteur met en avant des paysages à couper le souffle. Ces territoires souvent extrêmes sont âpres mais purs. On passe de la chaleur au froid d'un chapitre à l'autre.

« Groove hésite à terminer son hot dog dont le ketchup goutte dans la poussière. L'air brûlant. Le soleil, un chalumeau. Autour de la station, quelques maisons dispersées cuisent en contrebas du remblai de la route 90. »

La nature tente de reprendre ses droits difficilement. L'homme rôde et tranche dans cette innocence. Le contraste est parfois cruel mais donne une touche originale à l'intrigue. En quelques lignes, je visualisais parfaitement le décor et le monde dit « sauvage ».

« Il a neigé juste ce qu'il faut. Pas assez pour recouvrir les premières empreintes, mais suffisamment pour bien marquer les nouvelles. Longhorn Sally s'enfonce dans les sous-bois sur le côté de la route, là où l'ourse a disparu deux jours plus tôt. Le tapis de neige est un livre. Elle peut y lire la vie de la forêt depuis la veille au soir. »

L'histoire est secondaire par rapport aux personnages qui sont à la fois truculents, violents et attirants. Je me suis laissée porter par la chasse à l'homme qui est au final une quête d'identité. Qui est recherché et qui est le vrai chasseur ? Tout au long du livre, je me suis posée ces questions ?

L'action se situant aux États-Unis, Roy Braverman y fait évoluer des personnes en manque de repère. Ainsi « Crow » est aussi un constat d'une société américaine en grande mutation et on comprend nettement que ce n'est pas toujours en bien.

dimanche 31 mars 2019

Sandrine Destombes: " Le prieuré de Crest"




Editions Hugo Thriller
347 pages


4 ème de couverture



Jeune sous-lieutenant de la gendarmerie de Crest, Perceval Benoit rêve de missions d’envergure et de grands frissons.
Il ne se doutait pas qu’un simple contrôle routier déboucherait sur une enquête aussi marquante pour sa carrière :
- une enfant victime d’un accident, kidnappée à l’hôpital
- plusieurs meurtres d’hommes retrouvés avec un chiffre gravé sur le front en l’espace d’une semaine
- la descente des Experts du PLGN (Pole Judiciaire de la Gendarmerie Nationale) pour épauler l’équipe
Tous ces évènements mènent inexorablement au Prieuré de Crest, où l’association des soeurs de Marie Fortunée recueille des femmes en détresse....


Sandrine Destombes a remporté, avec Les Jumeaux de Piolenc, le Prix VSD RTL du meilleur thriller français 2018 présidé par Michel Bussi qui s’est vendu à plus de 30.000 exemplaires.
Le Prieuré de Crest est son sixième roman.



Mon avis



Fortement impressionnée par « Les jumeaux de Piolenc », j'attendais avec impatience « Le prieuré de Crest » de Sandrine Destombes. Un simple contrôle routier et la vie du sous-lieutenant Benoit prend un cap inattendu : pour lui, sa carrière et les personnes concernées par l'accident qui en découle. L'auteur plonge ses lecteurs dans le quotidien pour mieux le noyer dans les affres d'une affaire qui, elle, s’avère tout sauf banale !
Tout le roman est haletant grâce à un style clair et sans bavure. Sandrine Destombes s’efface totalement derrière ses mots pour mieux faire surgir les événements. Ainsi les éléments de l'intrigue sont ciselés sans phrases inutiles. Les dialogues sont d'une redoutable efficacité au profit de l'action. 

Ainsi j'ai pu facilement visualiser les contours des personnages tout en me faisant ma propre idée sur les protagonistes. L'auteure n'est jamais dans le jugement, elle raconte et chacun peut se faire sa propre opinion. C'est d'autant plus important que dans « Le prieuré de Crest », un sujet de société est soulevé. Sans divulguer l'intrigue, je peux vous assurer que Sandrine Destombes sait évoquer les thèmes brûlants tout en finesse ! 

Justement l'humour est un levier qui permet dans ce roman de faire passer une histoire grave tournant autour d'une petite fille. Le personnage de Benoit est touchant avec ses réactions parfois maladroites. Ses paroles et ses gestes sont cocasses et inattendues. J'aimerais retrouver ce sous-lieutenant dans d'autres enquêtes. D'ailleurs l'équipe qui travaille sur l'affaire provoquée par le contrôle routier est agréable à suivre ; chacun ayant une personnalité bien soulignée. J'ai apprécié la complicité entre les enquêteurs. 

mardi 26 mars 2019

Amélie Antoine: " Raisons obscures"



XO Editions
384 pages


4 ème de couverture



Deux familles ordinaires à l’heure de la rentrée scolaire.
Deux familles où chacun masque et tait les problèmes pour ne pas inquiéter les autres.
Chez les Kessler, la mère a retrouvé son premier amour.
Chez les Mariani, le père est mis à l’écart dans son entreprise.

Deux familles où règnent les secrets.
Où, sans que personne ne s’en aperçoive, un enfant est progressivement démoli par un autre.
Harcelé, rabaissé, moqué au quotidien.
Détruit dans le silence et l’aveuglement le plus complet.

Deux familles où, en apparence, tout va bien.
Jusqu’à ce que tout déraille…
Pour des raisons obscures.

Un roman sur les non-dits, les faux-semblants, et ce regard que, parfois, l’on ne sait plus toujours porter autour de soi.

Une chronique implacable sur le harcèlement, le silence des victimes, la cécité des proches, servie par une écriture puissante et cinématographique.


Mon avis



" Raisons obscures" est un roman qui m' a sacrément mise en vrac et qui me laisse stupéfaite.
Il y a des romans où tu aimes suivre les personnages; dans cet opus je les ai à moitié aimés. J'ai eu une certaine réticence pour l'un d'entre eux. Je ne citerai pas son prénom car je ne veux pas dévoiler l'histoire.

Pour des " Raisons obscures", ce livre m'a tourmentée et restera longtemps graver dans mon esprit. Mon cœur s'est serré comme s'il était pris dans un étau. Je n'ai pu retenir mon souffle; par moment la crainte, l'effroi ont jailli de moi et j'ai eu peur de savoir ce qui allait se passer par la suite. Rarement j'ai ressenti autant d'émotions dans un roman. L'angoisse s'est développée au fil des pages surtout dans la deuxième partie.

Je prends ainsi conscience de la gravité du récit, les protagonistes ont tous une part de vérité et de responsabilité. Jusqu'où peut-on aller pour se faire entendre, montrer que l'on existe ou que l'on souffre?

lundi 25 mars 2019

Delphine de Vigan: " Les gratitudes"



Editions JC Lattès
192 pages


4 ème de couverture



« Je suis orthophoniste. Je travaille avec les mots et avec le silence. Les non-dits. Je travaille avec la honte, le secret, les regrets. Je travaille avec l’absence, les souvenirs disparus, et ceux qui ressurgissent, au détour d’un prénom, d’une image, d’un mot. Je travaille avec les douleurs d’hier et celles d’aujourd’hui. Les confidences. 
Et la peur de mourir. 
Cela fait partie de mon métier.
Mais ce qui continue de m’étonner, ce qui me sidère même, ce qui encore aujourd’hui, après plus de dix ans de pratique, me coupe parfois littéralement le souffle, c’est la pérennité des douleurs d’enfance. Une empreinte ardente, incandescente, malgré les années. Qui ne s’efface pas. »

Michka est en train de perdre peu à peu l’usage de la parole. Autour d’elles, deux personnes se retrouvent : Marie, une jeune femme dont elle est très proche, et Jérôme, l’orthophoniste chargé de la suivre.


Mon avis



Michka Seld, correctrice dans un grand magasin, est une vieille dame qui commence à avoir des difficultés à rester seule. Atteinte d'aphasie, elle va devoir se reconstruire et s'adapter dans un centre Ehpad. Michka a la visite de sa voisine, Marie qui lui apporte de quoi lire et  Jérôme, l'orthophoniste qui vient deux fois par semaine pour faire quelques exercices.

Mais Michka est sans cesse préoccupée; elle a tout le temps peur et fait beaucoup de cauchemars. Elle n'a pas eu le temps de remercier certaines personnes.

" Perdre ce qui vous a été donné, ce que vous avez gagné, ce que vous avez mérité, ce pour quoi vous vous êtes battu, ce que vous pensiez tenir à jamais. Se réajuster. Se réorganiser. Faire sans. Passer outre. N’avoir plus rien à perdre. "

" Les gratitudes" est un roman éprouvant de par les thèmes cités. A-t-on le privilège de dire à temps ce que l'on pense, de remercier humblement ceux et celles qui nous entourent?

" Vous êtes vous déjà demandé combien de fois dans votre vie vous aviez réellement dit merci? Un vrai merci. L'expression de votre gratitude, de votre reconnaissance, de votre dette.
A qui? "

jeudi 21 mars 2019

Dylan Jones: " David Bowie: A Life"



Editions Ring
745 pages


4 ème de couverture



David Bowie : A life est une biographie kaléidoscope articulée autour de plus de 180 interviews compilées de 1947 à sa mort. Dylan Jones livre des témoignages de première main : amis, rivaux, amants, maîtresses ou encore collaborateurs de l'artiste, s'exprimant parfois pour la première fois. Le journaliste relate les détails de la vie de Bowie, de sa banlieue londonienne de naissance en passant par New York, Los Angeles, Berlin et tous les lieux où il a puisé les innombrables inspirations qui ont façonné son immense carrière. Les anecdotes vont de la chambre à coucher au studio d'enregistrement et nous dessinent les multiples facettes de cet être aussi tourmenté qu'exceptionnel. Bowie lui-même se prête à l'exercice avec de nombreux entretiens donnés à Dylan Jones. Plus qu'une biographie, ce livre retrace le cheminement, souvent tortueux, parfois cruel, mais toujours fascinant de cet artiste unique et inoubliable.


Mon avis


En commençant « David Bowie : A Life » de Dylan Jones , je me suis demandée si j'allais parvenir à lire un tel pavé de plus de 730 pages sans m'ennuyer. En définitive, le voyage fut très agréable. Je suis fan du chanteur mais je n'en connais pas tous les secrets. Ma curiosité en était donc aiguisée!

Tout d'abord, j'ai été étonnée par la façon d'aborder la vie de la star. Tout en respectant la chronologie, l'auteur se met en retrait en faveur d' une série de témoignages. Dylan Jones se permet seulement quelques ajouts non systématiques. Il a en effet connu l'artiste durant une trentaine d'années. Différentes personnalités s'expriment au fil des pages. Certaines reviennent, d'autres sont ponctuelles! C'est assez clair car très souvent de petites notes expliquent qui sont ces personnes. Ainsi, même sans connaître l'histoire du rock, chacun peut s'y retrouver. Cela est aussi une occasion d'en apprendre sur la scène rock et pop depuis les années 60.

David Bowie, né David Jones (non aucun rapport avec l'auteur! ) est un homme plein de surprises. Ce livre nous le montre à la fois charmeur, sympathique et provocateur. Certains le taxent de voleurs d'idées, d'autres de génie créateur. Un homme de légende, finalement! Pourtant, un élément semble certain; Bowie a eu conscience très tôt de devenir important, une star. Cela même s'il a mis longtemps avant de percer définitivement.

« En banlieue vous avez l'impression que culturellement, rien ne vous appartient, que vous êtes en quelque sorte dans cette terre en jachère. Je crois que chacun est habité d'une passion, une sorte de curiosité qui les pousse à s'échapper, à s'enfuir pour se retrouver soi-même, pour se chercher des racines plus profondes.» Bowie.

J'ai été fascinée par les témoignages sur la beauté et la culture de l'artiste. Son exigence de qualité se retrouve dans les dires de nombreuses personnes. Je ne doutais pas de ces qualités-là mais je ne savais pas qu'elles étaient si présentes dans la carrière de David Bowie.

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