mardi 26 mars 2019

Amélie Antoine: " Raisons obscures"



XO Editions
384 pages


4 ème de couverture



Deux familles ordinaires à l’heure de la rentrée scolaire.
Deux familles où chacun masque et tait les problèmes pour ne pas inquiéter les autres.
Chez les Kessler, la mère a retrouvé son premier amour.
Chez les Mariani, le père est mis à l’écart dans son entreprise.

Deux familles où règnent les secrets.
Où, sans que personne ne s’en aperçoive, un enfant est progressivement démoli par un autre.
Harcelé, rabaissé, moqué au quotidien.
Détruit dans le silence et l’aveuglement le plus complet.

Deux familles où, en apparence, tout va bien.
Jusqu’à ce que tout déraille…
Pour des raisons obscures.

Un roman sur les non-dits, les faux-semblants, et ce regard que, parfois, l’on ne sait plus toujours porter autour de soi.

Une chronique implacable sur le harcèlement, le silence des victimes, la cécité des proches, servie par une écriture puissante et cinématographique.


Mon avis



" Raisons obscures est un roman qui m' a sacrément mise en vrac et qui me laisse stupéfaite.
Il y a des romans où tu aimes suivre les personnages; dans cet opus je les ai à moitié aimés. J'ai eu une certaine réticence pour l'un d'entre eux. Je ne citerai pas son prénom car je ne veux pas dévoiler l'histoire.

Pour des " Raisons obscures", ce livre m'a tourmentée et restera longtemps graver dans mon esprit. Mon cœur s'est serré comme s'il était pris dans étau. Je n'ai pu retenir mon souffle; par moment la crainte, l'effroi ont jailli de moi et j'ai eu peur de savoir ce qui allait se passer par la suite. Rarement j'ai ressenti autant d'émotions dans un roman. L'angoisse s'est développée au fil des pages surtout dans la deuxième partie.

Je prends ainsi conscience de la gravité du récit, les protagonistes ont tous une part de vérité et de responsabilité. Jusqu'où peut-on aller pour se faire entendre, montrer que l'on existe ou que l'on souffre?

lundi 25 mars 2019

Delphine de Vigan: " Les gratitudes"



Editions JC Lattès
192 pages


4 ème de couverture



« Je suis orthophoniste. Je travaille avec les mots et avec le silence. Les non-dits. Je travaille avec la honte, le secret, les regrets. Je travaille avec l’absence, les souvenirs disparus, et ceux qui ressurgissent, au détour d’un prénom, d’une image, d’un mot. Je travaille avec les douleurs d’hier et celles d’aujourd’hui. Les confidences. 
Et la peur de mourir. 
Cela fait partie de mon métier.
Mais ce qui continue de m’étonner, ce qui me sidère même, ce qui encore aujourd’hui, après plus de dix ans de pratique, me coupe parfois littéralement le souffle, c’est la pérennité des douleurs d’enfance. Une empreinte ardente, incandescente, malgré les années. Qui ne s’efface pas. »

Michka est en train de perdre peu à peu l’usage de la parole. Autour d’elles, deux personnes se retrouvent : Marie, une jeune femme dont elle est très proche, et Jérôme, l’orthophoniste chargé de la suivre.


Mon avis



Michka Seld, correctrice dans un grand magasin, est une vieille dame qui commence à avoir des difficultés à rester seule. Atteinte d'aphasie, elle va devoir se reconstruire et s'adapter dans un centre Ehpad. Michka a la visite de sa voisine, Marie qui lui apporte de quoi lire et  Jérôme, l'orthophoniste qui vient deux fois par semaine pour faire quelques exercices.

Mais Michka est sans cesse préoccupée; elle a tout le temps peur et fait beaucoup de cauchemars. Elle n'a pas eu le temps de remercier certaines personnes.

" Perdre ce qui vous a été donné, ce que vous avez gagné, ce que vous avez mérité, ce pour quoi vous vous êtes battu, ce que vous pensiez tenir à jamais. Se réajuster. Se réorganiser. Faire sans. Passer outre. N’avoir plus rien à perdre. "

" Les gratitudes" est un roman éprouvant de par les thèmes cités. A-t-on le privilège de dire à temps ce que l'on pense, de remercier humblement ceux et celles qui nous entourent?

" Vous êtes vous déjà demandé combien de fois dans votre vie vous aviez réellement dit merci? Un vrai merci. L'expression de votre gratitude, de votre reconnaissance, de votre dette.
A qui? "

jeudi 21 mars 2019

Dylan Jones: " David Bowie: A Life"



Editions Ring
745 pages


4 ème de couverture



David Bowie : A life est une biographie kaléidoscope articulée autour de plus de 180 interviews compilées de 1947 à sa mort. Dylan Jones livre des témoignages de première main : amis, rivaux, amants, maîtresses ou encore collaborateurs de l'artiste, s'exprimant parfois pour la première fois. Le journaliste relate les détails de la vie de Bowie, de sa banlieue londonienne de naissance en passant par New York, Los Angeles, Berlin et tous les lieux où il a puisé les innombrables inspirations qui ont façonné son immense carrière. Les anecdotes vont de la chambre à coucher au studio d'enregistrement et nous dessinent les multiples facettes de cet être aussi tourmenté qu'exceptionnel. Bowie lui-même se prête à l'exercice avec de nombreux entretiens donnés à Dylan Jones. Plus qu'une biographie, ce livre retrace le cheminement, souvent tortueux, parfois cruel, mais toujours fascinant de cet artiste unique et inoubliable.


Mon avis


En commençant « David Bowie : A Life » de Dylan Jones , je me suis demandée si j'allais parvenir à lire un tel pavé de plus de 730 pages sans m'ennuyer. En définitive, le voyage fut très agréable. Je suis fan du chanteur mais je n'en connais pas tous les secrets. Ma curiosité en était donc aiguisée!

Tout d'abord, j'ai été étonnée par la façon d'aborder la vie de la star. Tout en respectant la chronologie, l'auteur se met en retrait en faveur d' une série de témoignages. Dylan Jones se permet seulement quelques ajouts non systématiques. Il a en effet connu l'artiste durant une trentaine d'années. Différentes personnalités s'expriment au fil des pages. Certaines reviennent, d'autres sont ponctuelles! C'est assez clair car très souvent de petites notes expliquent qui sont ces personnes. Ainsi, même sans connaître l'histoire du rock, chacun peut s'y retrouver. Cela est aussi une occasion d'en apprendre sur la scène rock et pop depuis les années 60.

David Bowie, né David Jones (non aucun rapport avec l'auteur! ) est un homme plein de surprises. Ce livre nous le montre à la fois charmeur, sympathique et provocateur. Certains le taxent de voleurs d'idées, d'autres de génie créateur. Un homme de légende, finalement! Pourtant, un élément semble certain; Bowie a eu conscience très tôt de devenir important, une star. Cela même s'il a mis longtemps avant de percer définitivement.

« En banlieue vous avez l'impression que culturellement, rien ne vous appartient, que vous êtes en quelque sorte dans cette terre en jachère. Je crois que chacun est habité d'une passion, une sorte de curiosité qui les pousse à s'échapper, à s'enfuir pour se retrouver soi-même, pour se chercher des racines plus profondes.» Bowie.

J'ai été fascinée par les témoignages sur la beauté et la culture de l'artiste. Son exigence de qualité se retrouve dans les dires de nombreuses personnes. Je ne doutais pas de ces qualités-là mais je ne savais pas qu'elles étaient si présentes dans la carrière de David Bowie.

vendredi 8 mars 2019

Mickaël Koudero: " Interview"




J'ai le plaisir de partager avec vous, lecteurs, une interview pour mieux connaitre l'auteur Mickaël Koudero.
Après avoir lu " La faim et la soif" j'ai voulu en savoir un peu plus sur cet auteur.


1. Comment vous définiriez-vous?

En quelques mots : homme de 36 ans, passionné et travailleur. Un peu réservé, un peu râleur, un peu borné, un peu solitaire, mais, dans l’ensemble, plutôt sympa. J


2. Comment vous est venue l’idée d’écrire?

Tout a commencé très jeune. À huit ans, je suis allé au cinéma pour la première fois. Quand je suis ressorti de la salle, je savais que c’était ce que je voulais faire, raconter des histoires. Que ce soit pour la TV, le cinéma, le jeu vidéo ou le roman, la volonté reste de divertir, procurer du plaisir, véhiculer des émotions. 


3. Quels sont vos auteurs préférés?

Si je devais n’en citer qu’un, ce serait Jean-Christophe Grangé, qui, à mon sens, a énormément apporté au genre. Ensuite, il y a d’autres auteurs qui me touchent : Thomas Harris, Patrick Graham, Cormac McCarthy, Don Winslow,etc. 


4. Quel est votre film préféré?

Difficile comme question. Je n’ai pas réellement de film préféré. J’aime tous les cinémas et tous les genres. Après, j’ai une préférence toute particulière pour le cinéma de M.Night Shyamalan.[The Village, Signes, Sixième sens].


5. Dans « La faim et la soif », les thématiques sont nombreuses, n’avez-vous pas eu peur pour autant de décrocher le lecteur selon cette construction?

De nos jours, nous sommes tous abreuvés de films ou de séries. Le spectateur ou le lecteur est de plus en plus habitué à des constructions complexes, riches, variées. Traiter un sujet en surface ne m’intéresse pas. Pour parler d’un sujet, d’une période, d’un lieu, j’aime aller chercher le détail qui donnera du sens. Et bien souvent, un sujet en appelle un autre qui en appelle un autre. À la fin, ces éléments forment une toile d’informations qui donne du corps et de la consistance à l’histoire. 


6. Comment avez-vous créé le personnage Raphaël Bertignac?

Je procède toujours de la même façon. Je me mets dans la peau d’un réalisateur qui doit composer le casting de son prochain film ou de sa prochaine série. Je choisis l’acteur que je pense idéal pour incarner mon personnage à l’écran. De là, je calque ses caractéristiques physiques, sa voix, sa gestuelle, etc. Pour ce qui est de son histoire, de son passé, son passif, etc., ça vient au fil de l’écriture et de mes relectures.


7. Quel est le moment le plus propice pour écrire? 

En général, j’écris de 10 h jusqu’à 18 h, tous les jours. Quand l’écriture touche bientôt à sa fin, il m’arrive de commencer à 4 h du matin. Je suis plus productif le matin. Peut-être que mon cerveau est moins « pollué », plus ouvert à la création.


8. Quelles sont vos passions en dehors de l’écriture?

Le cinéma. La peinture. Les musées. L’Histoire, la grande comme la petite. Tout ce qui touche de près ou de loin à la culture.


9. Préparez-vous déjà votre prochain roman? 

Oui, je suis sur le prochain roman. Il se passera au Canada. J’ai dans l’idée d’écrire un Thriller avec des touches horreur/fantastique. Aussi, j’ai des idées pour le quatrième, le cinquième, le sixième… etc. 


10. Libre à vous de conclure cette interview.

Merci Delphine d’avoir pensé à moi pour ce jeu des questions-réponses. J’étais ravi !


dimanche 3 mars 2019

Gilbert Gallerne: " Mauvaise main"



French Pulp Editions
272 pages


4 ème de couverture



Éric, quasiment à la rue avec une femme sur le point d’accoucher, n’a plus de travail.

Il n’a qu’une seule solution pour s’en sortir : quitter la ville pour rejoindre la scierie familiale, perdue en pleine ligne bleue des Vosges.

Un retour aux sources compliqué quand on n’a pas vu les siens depuis des années.

Il y a ça, et surtout les secrets de famille, sans compter les magouilles du frère aîné qui règne en véritable tyran sur le domaine.

Une France profonde et noire où il ne fait pas bon s’aventurer…


Mon avis



Après Sous terre, personne ne vous entend crier ",  Gilbert Gallerne revient avec un polar sombre et  d'une extrême violence.

N'ayant pas de travail tous les deux, Eric et Elise quittent Annecy pour les Vosges, l'endroit où Eric a connu quelque temps la scierie familiale. L'accueil ne sera pas clémente pour ce jeune couple. Après avoir laissé sa famille depuis plus de vingt ans, c'est normal que ses frères Michel et Léo lui  fassent des reproches. En plus il vient avec sa femme enceinte et la scierie se porte mal. Les temps sont durs. L'arrivée de ces derniers n'est pas au beau fixe.

Eric, malgré son handicap, une prothèse à la main suite à un accident à la scierie et se demande si c'est une bonne idée de revenir dans ce lieu tant connu. Là, Eric découvre la scierie mais en mauvais état. Les langues de certaines personnes vont se délier et créer des conflits.

" La lame vrombissait comme un essaim de guêpes en colère. Personne pour le chasser. Il avança. Chercha du regard un morceau de bois à lui offrir. Les appels de sa mère se rapprochaient. Si elle le trouvait ici, il serait bon pour une fessée. Il devait se dépêcher. Là ! Près de l'établi, quelques planches. Une petite ferait l'affaire. Il se penchait sur le bois abandonné quand on le saisit sous les aisselles. Il serra les dents dans l'anticipation de l'impact sur ses fesses. Il n'y eut pas de claque. On le projeta en l'air, droit sur la lame qui hurlait sa faim." 

jeudi 21 février 2019

Mickaël Koudero: " La faim et la soif"



Editions Hugo Thriller
525 pages

4 ème de couverture




Roumanie, décembre 1989.
Le peuple prend les armes, décidé à se soustraire de la dictature de Ceausescu. Tandis que Bucarest se voile de rouge, la Securitate – sa garde rapprochée – abdique devant ce désir de liberté.

Paris, juin 2015.
Dans un appartement aux allures de chapelle, une femme s’est tailladé les veines. Avant de commettre l’irréparable, elle a cherché à s’arracher les yeux. Plus étrange encore, elle a laissé un paquet de feuilles froissées sur lesquelles est griffonné le même nom : Nosferatu. Un mot roumain qui renvoie aux non-morts, aux vampires et au Diable. Quelques mois plus tôt, c’est un jeune Roumain sans papiers qui a été découvert dans un parking en construction. Vidé de son sang. Les organes volés, son corps à moitié dévoré. Deux affaires en apparence distinctes. Et pourtant… Pour Raphaël Bertignac, ancien journaliste d’investigation, un lien existe.
Cannibale, Diable, organes… des mots aux sonorités animales qui poussent Raphaël à mener l’enquête à Paris, à Prague, et jusqu’au tréfonds de la Roumanie.
Dans ces territoires interdits où plus rien ne répond à la raison.
Il comprendra que sous les cendres de la révolution de 1989 et la chute de Ceausescu est née une menace. Intime. Cannibale. Sauvage. La faim et la soif.


Mon avis



" La faim et la soif " de Mickaël Koudero m'a mis l'eau à la bouche dès les premiers chapitres.
Raphaël Bertignac est un ancien journaliste qui a connu beaucoup de déboires dans sa vie. Il est reconverti dans le nettoyage de lieux souillés par des décès. Il est convoqué pour faire son travail chez une jeune femme. Il va dès lors être confronté à une histoire inimaginable. Sa vie va prendre un nouveau virage. L'intrigue le mènera très loin. 

" Un malade s'amuse à bouffer des corps et à revendre certains organes au marché noir. C'est peut-être dingue, mais il en est déjà à trois meurtres. Des victimes directes et collatérales. "             

Le lecteur entre en même temps que ce héros dans un univers époustouflant. Les références aux vampires, le sombre passé politique de la Roumanie et les mystères de la mémoire cellulaire vont se catapulter à un train d'enfer! On pourrait penser que tant de sujets abordés donnerait un aspect décousu au récit! Pour ma part, j'ai réussi à me repérer dans les méandres de cette histoire multiple. Tout est maîtrisé par Mickaël Koudero.

" On a relevé de nombreuses morsures à son cou, ses cuisses et son dos. A certains endroits, on a carrément dévoré sa chair. Quant à ses yeux, ils ont été énucléés. " 

mardi 19 février 2019

Dean Koontz: " La chambre des murmures"



Editions L'Archipel
462 pages


4 ème de couverture



Jane Hawk face à la confrérie secrète

« Il n’est plus temps d’attendre… »
Tels sont les mots qui résonnent dans l’esprit de Cora Gundersun, une enseignante appréciée de tous, au matin du « grand jour ». Juste avant qu’elle commette un attentat-suicide au volant de son 4×4 bourré de jerrycans d’essence.
« Accomplis la mission qui t’incombe… »
L’effroyable contenu du journal intime de Cora corrobore l’hypothèse de la démence. Lorsque de nouveaux cas surviennent, Jane Hawk, inspectrice du FBI en disponibilité, comprend que chaque seconde compte. À jamais marquée par le deuil de son mari, un marine qui s’est mystérieusement donné la mort, elle sait qu’elle n’a plus rien à perdre.
« … et tu seras célèbre et adulée ! »
Sa traque va conduire Jane sur la piste d’une confrérie secrète dont les membres se croient au-dessus des lois. Une quête de justice à la mesure de sa soif de vengeance…


Mon avis



Avant tout, je conseillerais de commencer par lire le premier volet des aventures de Jane Hawk intitulées Dark web". Ça tombe bien il vient de sortir en poche!

Dans " La chambre des murmures", Jane Hawk, ancien agent du FBI est recherchée. Ce roman mêle à la fois les genres anticipation et thriller. La nanotechnologie est au centre de ce roman. Comment avoir le contrôle du cerveau humain?  Mais jusqu'où peut-on aller?

Tout ceci frôle la paranoïa. Dans ce deuxième volet, Dean Koontz prend plus son temps à décrire cette histoire imaginative et prenante. Les rebondissements sont nombreux permettant ainsi au lecteur de ne point décrocher du début à la fin.
Une véritable chasse humaine se fait sentir. Quelques scènes violentes tiennent en haleine le lecteur. Je suis admirative devant Jane Hawk; elle fait face à toutes les situations. L’action est menée tambour battant.

dimanche 17 février 2019

Stephen King: " L'Outsider"



Editions Albin Michel
576 pages


4 ème de couverture



Parfois, le mal prend le visage du bien.

Le corps martyrisé d’un garçon de onze ans est retrouvé dans le parc de Flint City. Témoins et empreintes digitales désignent aussitôt le coupable : Terry Maitland, l’un des habitants les plus respectés de la ville, entraîneur de l’équipe locale de baseball, professeur d’anglais, marié et père de deux fillettes. Et les résultats des analyses ADN ne laissent aucune place au doute.
Pourtant, malgré l’évidence, Terry Maitland affirme qu’il est innocent.

Et si c’était vrai ?

« Un récit foisonnant. L’Outsider rappellera aux lecteurs un des premiers romans de King : Ça. » (Kirkus Reviews)


Mon avis



J'ai pris mon temps pour lire " L'Outsider", plus de deux semaines. Ce n'est pas dans mes habitudes de traîner dans mes lectures surtout qu'il s'agit d'un auteur que j'affectionne le plus.

Alors, vous vous posez la question; pourquoi a-t-elle pris tout son temps?

D'abord parce que je voulais savourer ce dernier. " L'Outsider" est l'un des titres qui m' a le plus enchantée. Stephen King se renouvelle sans cesse même si " Sleeping beauties" ne m' a pas enthousiasmée.

Dans " L'Outsider", l'histoire est superbement ficelée; l'enquête policière que nous propose l'auteur est noire mais bien campée.
Un jeune garçon, Frankie Peterson est retrouvé violé dans un parc.Le suspect n'est autre que Terry Maitland, entraîneur de l'équipe de baseball à West Side.
De nombreuses dépositions et des preuves scientifiques montrent que Terry est bien le coupable. Mais l'est-il pour autant?
Les personnages tels que Ralph Anderson sont attachants.
Ils sont tous attirants, ils ont une part de vérité et accaparent tout votre esprit pour ainsi suivre cette histoire énigmatique.

Vé Erre: " Le sifflet"


Editions Goater
208 pages


4 ème de couverture



De l’Université de Rennes aux plages de Dinard…

Regards croisés sur le viol, le harcèlement, les violences conjugales où se mêlent la voix des victimes et celle de leurs agresseurs.
Sept protagonistes prennent tour à tour la parole, donnant chacun son ressenti, sa version des faits. De nombreux sauts dans le temps permettent, au fur et à mesure de la lecture, de faire des liens, d’éclairer certains passages, jusqu’au dénouement final.


Mon avis



Vé Erre dans « Le sifflet »montre plusieurs personnes confrontées à la violence. Un lieu, le café éponyme « Le sifflet » donne une unité au récit. Chacun a connu des moments difficiles et le lecteur va les entendre comme des témoins.

C'est un livre coup de poing qui peut parfois faire penser aux sujets traités par Virginie Despentes. Il est arrivé dans ma lecture d'avoir comme une nausée tant certains cas sont difficilement supportables. L'auteur a fait le choix du « sans filtre » et se débrouille bien dans cette démarche. On peut se demander si les situations sont de la pure fiction ou si elles sont issues d'expériences réelles voire de la vie de Vé Erre en particulier.

" Des gens à la fac ou dans les sorties étudiantes racontaient que « Chaud-chaud » avait coincé une-telle à la fin du cours, qu’il faisait des compliments sur des décolletés, des critiques sur les « boudins » (le terme qu’il emploie, apparemment, c’est pas de moi) qui portaient des vêtements moulants en rageant que ça devrait pas être permis. On m’a raconté qu’il faisait des blagues aux étudiantes qui portaient le voile, du style : « Ben dis-donc vous n’êtes pas encore mariée ? "

vendredi 15 février 2019

Aliocha Nguyen Canto: " L'étrange Chine du docteur Fu Meng Zhou"



Editions Fleur Sauvage
LBS Editions
192 pages



4 ème de couverture



À deux cent dix ans, l’intrigant docteur Fu Meng Zhou a traversé bien des tumultes de l’histoire de Chine. 
Parvenu à se constituer un empire criminel, le voici confronté au tournant politique pris par la nouvelle direction du pays. 
Du cœur du pouvoir à Beijing jusqu’aux frontières du Yunnan où se tissent d’obscurs trafics, il s’efforce de maintenir et cultiver ses commerces.


Mon avis



Aliocha Nguyen Canto offre un roman très original avec « L'étrange Chine du docteur Fu Meng Zhou ». Je n'avais encore jamais rien lu de tel! Beaucoup de thèmes sont abordés et il m'est impossible de résumer ce livre. 

L'écriture fait partie des particularités de cette histoire. La plume est érudite voire précieuse; j'ai pourtant trouvé que trop de mots savants enlèvent du rythme à l'intrigue. On sent bien sûr que le style de Aliocha Nguyen Canto est très travaillé et c'est tout à son honneur. Cet aspect ressort notamment dans les belles descriptions de paysages visités par ce curieux docteur. 

« Fu et Jiang laissèrent derrière eux les reliefs bas des gisements de terres rares afin de gagner la G65 et filer droit vers l'une des villes champignons chinoises les plus septentrionales. Les étendues de pairies sèches et parfois ravinées défilèrent à nouveau. La présence de troupeaux de moutons et de bœufs à l'ossature saillante agrémentait par moments leur monotonie, ainsi que de vastes parcs solaires bâtis au kilomètre par l'industrie nationale. » 

lundi 11 février 2019

Isabelle Villain: " Interview"





J'ai le plaisir de partager avec vous, lecteurs, une interview pour mieux connaitre l'auteure, Isabelle Villain.
Après avoir lu " Mauvais genre " j'ai voulu en savoir un peu plus sur cette auteure.



1. Comment vous définiriez-vous ?

Une solitaire qui aime la fête. Une Parisienne qui se sent épanouie en pleine nature. Une quinqua active et contemplative. Je peux rester des heures à regarder et écouter la mer.


2. Comment vous est venue l’idée d’écrire ?

Depuis l’enfance, mon passe-temps favori était d’inventer des histoires, si possible policières. Puis un jour, mon cerveau étant sur le point d’exploser, j’ai décidé de coucher tout cela sur le papier.

C’est en voyant mon mari et mon fils sortir d’un cours de plongée sous-marine que j’ai eu l’idée de ma première nouvelle policière. Un meurtre à 30 mètres de profondeur !


3. Quels sont vos auteurs préférés ?

Depuis mon adolescence, j’ai toujours adoré les auteurs russes et notamment les grandes sagas de Tolstoï ou bien de Troyat. J’ai eu l’un de mes premiers coups de cœur avec Hemingway et « Pour qui sonne le glas ». Enfin, je lis depuis toujours des romans policiers : Exbrayat, Christie, Leblanc, Simenon, Izzo, Lemaitre, Giebel, Favan pour ne citer que les plus connus.


4. Quel est votre film préféré ?

Je suis une fan absolue de Romy Schneider. Donc cela se jouera entre « Le vieux fusil » et « César et Rosalie ». Le tragique face à la légèreté. On retrouve toujours cette ambivalence qui me poursuit !


5. Dans Mauvais genre, pourquoi avoir mêlé plusieurs intrigues à la fois?

Le réalisme est un élément que j’affectionne dans la lecture d’un roman, et plus particulièrement dans les policiers. Sentir que ce qu’on lit, même si l’histoire se doit d’être romancée bien entendu, peut se produire dans la vraie vie. Cela permet je trouve de renforcer la tension et le suspens. Travailler sur plusieurs investigations, c’est le quotidien des équipes du 36, c’est donc naturellement que j’ai choisi de mixer deux intrigues. C’est aussi un challenge, car il est parfois compliqué de mettre en scène plusieurs enquêtes sans perdre le lecteur en chemin. C’est un exercice littéraire intéressant.


6. Comment avez-vous crée le personnage commandant de Lost?

Lorsque j’ai abandonné les nouvelles policières régionales pour me recentrer sur le 36 quai des Orfèvres, j’ai décidé d’opter pour un héros récurrent, afin de pouvoir le faire évoluer au grès des histoires. Je pense que le lecteur apprécie de retrouver cette équipe au fil des romans, et se demande entre deux histoires ce qui va bien pouvoir arriver. L’attente est accrue (lorsque le roman est bon, évidemment . Pourquoi Rebecca ? Je voulais une femme à la tête du groupe et j’adore ce prénom !


7. Quel est le moment le plus propice pour écrire ?

À partir de 14 heures.

8. Vous avez déjà écrit auparavant deux livres où l'on retrouve Rebecca de Lost. Pensez-vous écrire un one shot par la suite?

Pour le moment, je reste attachée à Rebecca, en tout cas en ce qui concerne mon prochain roman. J’aimerais beaucoup écrire un one shot dans un autre style, mais toujours dans le polar. Peut-être un roman historique.


9. Quelles sont vos passions en dehors de l’écriture ?

Le cinéma, le théâtre, la musique (le rock, le blues, l’opéra, la pop, le classique).Les voyages pour découvrir des contrées lointaines, encore épargnées par la civilisation.


10. Préparez-vous déjà votre prochain roman? 

J’ai terminé la suite de « Mauvais genre ». Je suis dans la phase de relecture qui est, comme chacun sait, la période la moins drôle dans le métier d’écrivain. Il faut garder le moral, se remettre en question, et corriger encore et encore.


11. Libre à vous de conclure cette interview.

Un très grand merci tout d’abord de donner la parole à travers votre site à des auteurs inconnus du grand public. Depuis que je suis un peu plus addict aux réseaux sociaux, je découvre tellement de personnes bourrées de talent qui n’ont aucune visibilité…C’est un plaisir d’écrire, mais c’est évidemment un plaisir d’être lu. Le métier d’écrivain est un métier solitaire, alors pouvoir échanger lors de salons ou de dédicaces avec des lecteurs est vraiment passionnant.


samedi 2 février 2019

Isabelle Villain: " Mauvais genre"




Taurnada Editions
252 pages


4 ème de couverture



Hugo Nicollini est un garçon différent des autres gamins de son âge. Un père brutal. Une maman protectrice. Un soir, il est témoin d'une dispute entre ses parents. Une de plus. Une de trop. Cette fois-ci, sa mère succombera sous la violence des coups.
Vingt-trois ans plus tard, l'équipe du commandant Rebecca de Lost enquête sur la mort d'une jeune femme, sauvagement poignardée dans son appartement. Pas d'effraction. Pas de vol. Pas de traces de défense. L'entourage de la victime est passé au crible, et l'histoire du petit Hugo va refaire surface bien malgré lui.


Mon avis



" Mauvais genre commence par une scène assez violente, à la limite du soutenable. Hugo assiste au lynchage de sa mère. Son père est une personne qui ne faut en aucun cas décevoir. Il faut être un homme et non pas une mauviette mais Hugo préfère être auprès de sa mère. Le foot ça  ne l'intéresse pas par contre préparer des gâteaux le mercredi est un vrai plaisir.

" Hugo se tient devant l'évier de la cuisine, ses grands yeux verts rivés à la fenêtre. Ce petit gamin de de 12 ans, à l'apparence un peu fragile et au regard triste, n'a pas beaucoup d'amis. Dans la cour de récréation, il est la plupart du temps exclu des groupes de garçons, n'étant pas vraiment attiré par le foot, les billes et la castagne. "

Son père est furieux de ne pas voir son fils sur le terrain de foot. Il le fait savoir, s'installe alors les coups violents sur sa propre femme, Coralie.

Vingt-trois ans plus tard, le commandant Rebecca de Lost enquête sur le cadavre d'une femme sauvagement poignardée dans son appartement mais aucune trace d'effraction. Tout porte à croire que la victime connaissait son assassin.

" Le mode opératoire le plus fréquent dans les homicides volontaires devant l'arme à feu. Pas de mari, pas d'enfants. Une vie sans histoire à première vue. On attend les résultats des réquisitions téléphoniques. "

Si deux enquêtes sont abordées dans ce roman, vous allez comprendre de suite que ces dernières vont s'imbriquer. Mais comment et de quelle manière?

mercredi 30 janvier 2019

Pierre Pouchairet: " La cage de l'albatros"




Editions du Palémon
340 pages


4 ème de couverture



Commandant de police, chef de la PJ finistérienne, Léanne est maintenant bien installée à Brest où elle a retrouvé ses amies d’enfance: Élodie, devenue médecin légiste, et Vanessa, psychologue judiciaire. Noreen, jeune flic fraîchement affectée en Bretagne, apporte du sang neuf à cette équipe de quadragénaires.

Alors que la nouvelle recrue participe à l’interpellation houleuse d’une bande de dangereux malfaiteurs, la gendarmerie découvre au pied de la falaise de la Pointe du Van le corps sans vie de son oncle. Chute accidentelle? Meurtre? Aucune hypothèse n’est à écarter.

La jeune femme, aidée de ses amies, est bien décidée à faire la lumière sur cette mort suspecte. Mais la vérité se trouve rarement où on l’attend et sa quête ne sera pas sans risques. Personne n’en sortira indemne...

Après Haines, cette nouvelle enquête de Léanne et son équipe, entre la Pointe du Van et Landévennec, vous plongera dans un suspense à vous glacer le sang...



Mon avis



Que j'ai aimé suivre ce trio infernal composé de Léanne Vallauri, commandant de police et chef de la PJ, Vanessa, psychologue et Elodie, médecin légiste. Une nouvelle recrue dans le service, Noreen Lebel se lie aussitôt d'amitié avec Léanne. Cette équipe policière est soudée et est prête à tout même si le danger rôde! Traitant d'une affaire assez délicate telle que la saisie d'une tonne de cocaïne, Léanne Vallauri met tout en oeuvre pour stopper les malfaiteurs. Mais elle manque de peu d'être tuée. Sauvée par Noreen, elle a pris un sacré risque. En parallèle à la Pointe du Van, le corps d'un joggeur a été retrouvé. Il s'agit de l'oncle de Noreen appelé Jean-Luc Kernivel. Est-ce une chute accidentelle? Aidée d'Erwan, Léanne et son équipe tentent d'élucider la véritable cause du décès.

" Finalement c'est la nature qui l'abandonne en premier, un craquement sinistre, la branche casse. C'est la chute, il heurte d'abord un bloc rocheux, rebondit dessus, il pousse un cri d'effroi. Le dernier."

" La cage de l'albatros" est une enquête sensationnelle et sacrément bien construite. L'action ne cesse de se développer, je sens que l'auteur a pris un plaisir fou à décrire certaines scènes. D'ailleurs il sait de quoi il parle, il était lui même flic et le réalisme et l'authenticité de certains passages dans ce polar se ressentent. Les personnages sont bien campés, c'est des sacrés bouts de femmes qui ne lâchent rien et se donnent à fond sur le terrain.

vendredi 25 janvier 2019

Olivier Merle: " Libre d'aimer"




Xo Editions
464 pages


4 ème de couverture



Juillet 1942.
Elle s’appelle Esther, elle a vingt ans, elle est juive.
Ses parents ont été arrêtés, elle erre dans les rues de Paris, perdue et terrifiée. Alors qu’elle se repose sur un banc, son regard croise celui d’une femme élégante, plus âgée qu’elle, qui fume de longues cigarettes à la terrasse d’un café.

Esther ne le sait pas encore mais sa rencontre prochaine avec Thérèse Dorval, l’épouse d’un homme cynique et violent qui collabore avec les Allemands, va bouleverser sa vie.

Naissance d’un désir irrésistible, en pleine tragédie. Amour interdit de deux femmes emportées par le feu de la passion.

À Dinard, où elles se réfugient, elles devront, sous la pluie des bombes alliées, décider de leur destin : se séparer pour tenter de survivre ou accepter de mourir par amour.

La brûlante passion de deux femmes sous l’Occupation.

Un hymne à la liberté, contre toutes les oppressions.


Mon avis



Esther, juive, âgée d’une vingtaine d’années se retrouve dans la rue car ses parents ont été arrêtés par la police française.

" Esther savait que la police française embarquait des Juifs, mais elle ne savait pas où on les emmenait ni ce qu'ils devenaient. "

Assise sur un banc, elle contemple une femme d’une admirable beauté et d’une élégance à en faire pâlir plus d’un. Elle n’a d’yeux que pour elle. Tous les jours, Esther se rend sur le même banc tentant d’apercevoir et de revoir cette belle femme. Un jour une main vient se poser sur l’épaule d’Esther. C’est la femme de la terrasse de ce café. Elle s’appelle Mme Dorval. Elle prendra sous son aile Esther en tant que femme de ménage afin de l’aider financièrement.

" Il y avait chez cette femme une promesse de bonheur qui lui avait fait oublier un moment l'horreur de sa situation. A présent, elle y pensait comme à une brève apparition divine, qui lui avait réchauffé le cœur, mais qui n'était plus, relançant avec violence son sentiment d'abandon et d'isolement. " 

Une relation qui se fait naturellement même si ces deux femmes sont de classe sociale différente. Cette entente va bien au-delà. Certes Mme Dorval est mariée, mais elle a une certaine attirance pour les femmes et le fait comprendre assez vite à Esther. Naît ainsi un amour interdit entre elles. Mme Dorval, Thérèse, entraîne Esther vers des lieux improbables voire farfelues. La mondaine n’échappe pas à la violence de son mari.

« Libre d’aimer » est un roman où l’histoire se passe sous l’occupation. A cette époque, la sexualité entre deux même sexe était tabou. Comment peut-on donc braver cette interdiction ? Parvient-on à être libre ?

mardi 22 janvier 2019

Caroline Bongrand: " Vous aimer"



Editions Robert Laffont
180 pages

4 ème de couverture



Il lui dit qu'il la trouvait belle. Qu'il avait regardé son corps, qu'il devinait splendide, ses hanches, ses jambes, ses mains, ses pieds, adorables dans ses chaussures ouvertes, la manière qu'elle avait de tenir sa tête, son rire, sa voix, ses poignets, et son visage, et ses yeux, si merveilleux. Il lui dit qu'elle était rare, unique, une femme, une seule. La seule, la plus belle. Superbe.
Elle manqua de se trouver mal.
Elle n'avait pas touché son assiette, lui non plus. Ils se forcèrent à manger un peu, tout de même, dans le silence.
À la fin du déjeuner elle étendit son bras, et, du dos de sa main, effleura le dos de sa main à lui. Juste un instant. Ils ne pouvaient pas ne pas avoir au moins vécu cela. "

Un homme et une femme se rencontrent lors d'un déjeuner professionnel. Objet des critiques continuelles d'un mari insatisfait, la femme se voit belle dans les yeux de cet homme subjugué par elle et qu'elle adore déjà.
Pour préserver, croient-ils, leurs familles respectives, ils établissent un pacte : ils ne feront jamais, jamais l'amour. Seulement, la retenue a l'effet inverse de celui escompté.


Mon avis



" Vous aimer" est un roman où la passion d'une femme renaît après un rendez-vous professionnel. Âgée d'une quarantaine d'années, elle oubliait d'être coquette; entre le train train habituel et les routines, normal que l'on  n'a guère le temps de s'occuper de soi. Le regard de son mari s'est éteint sur elle. Il est toujours en train de la rabaisser et ses humeurs commencent à la fatiguer. Il lui dit tout le temps qu'elle ne fait plus d'effort pour se sentir jolie. La passion d'autrefois et l'amour sensuel n'existent plus. 

" Il faut une vie pour s'aimer. Se pardonner ce qu'on n'est pas, apprivoiser ses défauts, comprendre enfin qu'ils n'en sont pas, être tendre avec soi. "

C'est lors de ce rendez-vous professionnel que la vie de cette femme va basculer. Le regard d'un autre homme change la donne. Il la trouve jolie. Une certaine sensualité et de la compassion se ressentent.

" Qu'un homme la déshabille ainsi de la tête aux pieds- et surtout, de dos- l'avait fait sourire. Elle était  donc  peut-être encore, et contre toute attente, quelque chose comme une belle femme. " 

lundi 21 janvier 2019

Sonja Delzongle: " Boréal"




Editions Denoël
448 pages


4 ème de couverture



Janvier 2017, au Groenland. Là, dans le sol gelé, un œil énorme, globuleux, fixe le ciel. On peut y lire une peur intense. C’est ainsi que huit scientifiques partis en mission de reconnaissance découvrent avec stupeur un bœuf musqué pris dans la glace. Puis un autre, et encore un autre. Autour d’eux, aussi loin que portent leurs lampes frontales, des centaines de cadavres sont prisonniers du permafrost devenu un immense cimetière. 
Pour comprendre l’origine de cette hécatombe, le chef de la mission fait appel à Luv Svendsen, spécialiste de ces phénomènes. Empêtrée dans une vie privée compliquée, et assez soulagée de pouvoir s’immerger dans le travail, Luv s'envole vers le Groenland. Ils sont maintenant neuf hommes et femmes, isolés dans la nuit polaire. 
Le lendemain a lieu la première disparition.


L'avis de Yannick Dubart



Je vous propose de découvrir l'avis d'une auteure du Nord, Yannick Dubart sur le roman de Sonja Delzongle " Boréal". 

Sonja Delzongle dans « Boréal » instaure un climat soufflant le chaud et le froid virtuellement et concrètement. Ainsi dès les premiers paragraphes, on frissonne d'angoisse et de plaisir livresque. Luv est une spécialiste des mystères liés à la planète. Sa vie de mère joue un rôle prépondérant dans ses choix de carrière. Un ami à elle va faire appel à ses services afin d'éclairer une situation dans une station située au milieu de l’inlandsis, au Groenland. Aura-t-elle suffisamment de force pour faire face à tous les enjeux qui vont jalonner son engagement ?

« Autour de Luv, le silence, dont fait partie le frémissement de l'océan. Elle peut presque entendre le sans couler dans ses veines. La respiration rapide et régulière de Joy fait doucement crépiter le babyphone. Accoudée à la rambarde en acier comme au bastingage d'un navire, la biologiste regarde le soleil décliner dans une brume violacée. À ses pieds, le vide et la masse sombre mouvante. Au-dessus de sa tête, l'espace du ciel qui s'ouvre sur l'univers infini... »

Les considérations écologiques sont d'emblée évidentes. L'auteure s'est bien documentée, permettant de donner de l'épaisseur à l'intrigue elle-même. N'ayant jamais lu Sonja Delzongle auparavant, j'ai donc pris connaissance de sa maîtrise de sujets réels mis au service d'une histoire originale. C'est justement ce que j'attends d'un roman réussi. Apprendre en prenant son pied, c'est mon but de lectrice assoiffée !

La plume est magnifique sans être pesante. Tout est bien dosé afin de suivre une aventure palpitante et une expérience humaine. L'équilibre est une des grandes qualités de « Boréal ». Ainsi, mon attention n'a pas faibli du début jusqu'à la fin.

Les décors sont à l'image de l'histoire. Le blanc fait ressortir la noirceur de la rapacité humaine face à la planète. Les personnages y sont capables de tout. Et heureusement parfois du meilleur. Luv, l'héroïne très particulière de ce livre connaît bien les méfaits des hommes sur l'environnement. Elle est consciente des dangers qu'encoure la Terre. C'est une femme et une mère. Le récit prend également en compte cet aspect : la maternité et ses écueils. On pourrait faire le parallèle entre la Terre et cette notion de maternité, mais peut-être vais-je trop loin dans l’interprétation du texte...

jeudi 17 janvier 2019

Christophe Rouet: " Voyage au pays des vampires"



De Borée Editions
189 pages


4 ème de couverture



Sur les pas de Dracula, cet ouvrage est construit comme un voyage qui mène le lecteur des brumes anglaises au cœur de la Transylvanie encore sauvage... Mythe littéraire et réalité historique se rencontrent ! Passez de l'autre côté du miroir... Magnifiquement illustré, un voyage initiatique pour les amoureux du genre.


Mon avis



Quel beau carnet de voyage que nous propose Christophe Rouet! La préface est écrite par un journaliste, scénariste et romancier qu'est Edouard Brasey. Il ouvre ainsi le bal en proposant aux lecteurs de suivre les routes londoniennes sur les pistes du Comte Dracula.

" Il demeure en tout cas l'un des mythes majeurs du fantastique, tour à tout incarnation du Mal et rebelle à la fatalité de la mort. "

Objet de peur et aussi de fascination, le vampire hante la littérature et les écrans. Dans ce livre, on comprend bien le lien entre mythe et réalité. Grâce aux illustrations et aux anecdotes pertinentes, l'auteur parvient à nous faire connaître Bram Stoker, le créateur de Dracula.
Cet inventeur de la légende du vampire par excellence devient à son tour un héros livresque sous la plume de Christophe Rouet. Personnage de fiction ou de réalité? En tout cas la légende du vampirisme concerne certains pays comme la Roumanie. Christophe Rouet nous fait voyager vers Londres et la Transylvanie, en Brasov.
Pour ainsi dire Bram Stoker manie le mythe du vampire de main de maître. Comme la créature est beaucoup plus célèbre que le créateur, j'ai appris pas mal d’éléments sur un auteur que je ne connaissais pas du tout. Ainsi, saviez-vous qu'il avait commis d'autres écrits ? Moi non plus ! Et cela excite ma convoitise de lectrice.

dimanche 6 janvier 2019

Thierry Declercq: " Mémoires d'un tas de charbon"



Editions Amanite
324 pages


4 ème de couverture



Tiphaine, six ans, est enlevée à sa mère un soir de Fête nationale. Une brochette de personnages atypiques et inquiétants gravite autour de cette disparition : quatre adolescents désœuvrés et assoiffés d’aventures, Adam Rose, marginal habité par des fantômes, Élodie, jeune infirmière égocentrique et sans scrupules, Lorenzo, ouvrier benêt et énamouré ou encore Payen, mari éconduit...

De l’ombre d’un terril aux corons du pays minier, Thierry Declercq embarque le lecteur dans un univers de non-dits et de destins croisés où se mêlent mystère et suspense jusqu’au final complètement déroutant.


Mon avis



Dans « Mémoires d'un tas de charbon », Thierry Declercq offre une histoire morcelée dans laquelle des personnalités semblent se croiser de manière anarchique. Mais bien sûr, il n'en est rien car les rencontres s'avèrent finalement totalement logiques. 


La logique, justement, n'apparaît pas là où on l'attend. C'est ce qui fait l'originalité de ce roman. Les nombreux personnages passent avant l'intrigue ; Thierry Declercq est très à l'aise quand il s'agit de mettre des gens ordinaires au centre d'une histoire. Cette aptitude à l'empathie est un point positif du style de cet auteur.
Cependant, j'aurais apprécié un peu moins de protagonistes. Ils sont certes attachants mais l'histoire s'en trouve quelque peu alourdie. Heureusement, l'écriture de l'auteur est très travaillée. Son sens de la formule et des dialogues grinçant fait mouche. 

« C'est quand même dingue, ce besoin des mourants de vouloir se mettre à la bonne avec le Bon Dieu au moment où, justement, il vous reprend tout ce qu'il vous a donné... »

vendredi 4 janvier 2019

Niko Tackian: " Avalanche Hôtel"



Editions Calman Lévy
270 pages


4 ème de couverture



SURTOUT, NE VOUS FIEZ PAS 
À VOS SOUVENIRS !

Janvier 1980. Joshua Auberson est agent de sécurité à l’Avalanche Hôtel, sublime palace des Alpes suisses. Il enquête sur la disparition d’une jeune cliente avec un sentiment d’étrangeté. Quelque chose cloche autour de lui, il en est sûr. Le barman, un géant taciturne, lui demande de le suivre dans la montagne, en pleine tempête de neige. Joshua a si froid qu’il perd connaissance…

… et revient à lui dans une chambre d’hôpital. Il a été pris dans une avalanche, il est resté deux jours dans le coma. Nous ne sommes pas en 1980 mais en 2018. Joshua n’est pas agent de sécurité, il est flic, et l’Avalanche Hôtel n’est plus qu’une carcasse vide depuis bien longtemps. Tout cela n’était qu’un rêve dû au coma.

Un rêve, vraiment ?

ENTRE SHINING ET JASON BOURNE,
UN THRILLER HYPNOTIQUE SIGNÉ NIKO TACKIAN



Mon avis


J'ai commencé " Avalanche Hôtel" en me disant " il va s'en passer des choses dans cet hôtel", un peu comme dans Shining de Stephen King. Au fil de ma lecture, je m'aperçois qu'il n'en est rien. L'histoire ne se déroule pas uniquement dans ce palace somptueux.

Une pointe de déception se fait sentir mais je ne lâche rien, je continue ma lecture et je commence sérieusement à m'accrocher au récit. Les sujets sur la mémoire et le passage du monde imaginaire au réel ou l'inverse me plaisent. Le personnage Joshua Auberson est assez hypnotique. L'atmosphère est pour le moins étrange et assez énigmatique. " Avalanche Hôtel" me fait beaucoup penser à l'hôtel Overlook.

" Joshua hésita à suivre le géant, mais avait-il vraiment le choix? Retrouver sa mémoire avait un prix et il était prêt à le payer. "

Niko Tackian s'est lancé dans une histoire difficile. La réalité se confond au rêve. Le doute s'installe, qui croire dans ce récit? Ainsi j'entre profondément dans les méandres de " Avalanche Hôtel".

jeudi 3 janvier 2019

B.A. Paris: " Dix petites poupées"



Editions Hugo Thriller
329 pages


4 ème de couverture



LA DISPARITION. Layla a disparu il y a douze ans, en pleine nuit, alors qu’elle rentrait de vacancesen France avec son petit ami, Finn. On ne l’a jamais revue depuis.

LES SOUPÇONS. Lorsque les policiers l’ont interrogé, Finn leur a raconté la vérité sur cette nuit-là. Mais pas toute la vérité. Pas un mot, par exemple, sur la dispute violente qui les a opposés juste avant la disparition de Layla.

LES SOUPÇONS. Finn a refait sa vie. Avec la soeur de Layla. Jusqu’au jour où le passé ressurgit. Quelqu’un croit apercevoir Layla. Et pourquoi les petites poupées russes de son enfance font-elles soudain leur apparition ?

» Dix petites poupées va vous rendre complètement paranoïaque, jusqu’à l’incroyable twist final » (Kirkus)


Mon avis



B.A.Paris présente son nouveau thriller psychologique en mettant en scène un jeu triangulaire entre Finn, Ellen et Layla. Mais son histoire ne tourne pas uniquement autour de ces principaux personnages.
D'étranges poupées matriochka font leur apparition et déstabilisent principalement Finn. N'oublions pas qu'il a perdu sa bien aimée, Layla, sur une aire d'autoroute. Le seul indice est une petite poupée russe retrouvée sur ce lieu. Pourquoi avoir attendu tant d'années pour remuer cette étrange disparition?

" Tu ne devrais peut-être pas y accorder trop d'importance. Ça pourrait être quelqu’un qui nous fait une farce. Une sale farce, mais une farce tout de même. " 

Maintenant Finn au regard de l'apparition de ces poupées gigognes se sent angoissé et devenir fou.
B.A. Paris attire l'attention non pas sur ses personnages mais sur l'apparition des poupées russes. Il faut dire que Finn fréquente depuis peu la sœur de Layla, Ellen. Layla serait-elle en vie?

Vous pourriez prétendre que ce thriller psychologique contient des clichés vus et revus mais l'auteure arrive néanmoins à me transporter dans ce thriller où un véritable jeu pervers et démoniaque s'installe.

Articles les plus consultés