lundi 5 août 2019

Gilles Vidal: " La boussole d'Einstein"



Editions Zinedi
230 pages



4 ème de couverture



Félix Meyer est de retour dans la ville où il a passé son enfance, pour le décès de sa sœur, Carole, écrasée en plein centre-ville. Accident ou meurtre ? Un doute subsiste au vu de l’acharnement du chauffard sur le corps de la jeune femme. Le lieutenant Aurélie Costa s’occupe de l’affaire.

À l’occasion de ses retrouvailles avec la ville, Meyer passe en revue les fantômes du passé, revient sur les moments heureux et malheureux avec sa sœur, dont il ne sait presque rien aujourd’hui. Mais lui-même qu’est-il devenu ? Que signifie cette violence qui couve en lui, prête à exploser à tout moment ? Qui sont ces mystérieux interlocuteurs qui le renseignent tout au long de l’enquête qu’il a entreprise pour découvrir l’assassin de sa sœur ?

Et que vient faire ici la boussole d’Einstein ?



Mon avis



Dans « La boussole d'Einstein », Gilles Vidal nous raconte la quête de Félix Meyer. Celui-ci cherche qui a tué sa sœur, Carole, dans un environnement lui rappelant sa jeunesse perturbée par la mort atroce de son père. Ainsi pour Felix, la vie a débuté en dehors de toute félicité.

Dès le prologue, j'ai été happée par les mots de l'auteur. Je me suis tout de suite sentie attirée par ce début vif malgré une phrase longue mais pas plombante pour autant. 

J'ai vite compris que pour Félix le temps est important et que les heures sont parfois comptées dans une vie de longue errance. Et pourtant, on ne sait rien de Félix. C'est un homme qui charme mais qui ne se laisse pas deviner !

Le style de Gilles Vidal me plaît toujours autant. En une seule phrase, courte ou longue, il parvient à mettre en lumière une situation ou un personnage. Les descriptions sont lapidaires, claires et nettes.

« Pour Félix Meyer l'enfance avait été un origami que la cruelle réalité avait froissé dans son poing.»

« La boussole d'Einstein » offre un chassé-croisé d'existences, comme souvent chez Gilles Vidal que j'apprécie tout particulièrement. Encore une fois, il a su exposer une galerie de personnages attachants et truculents. Le tout permet d'aboutir à une intrigue très bien ficelée et passionnante que j'ai lu avec intérêt. Progressivement, les protagonistes se révèlent pour donner une fin surprenante. 

Les expressions sont élégantes et percutantes mais surtout sans prétention : une qualité appréciable chez un écrivain. Les mots glissent en montrant la laideur et la beauté des situations. Ainsi une scène d'amour est particulièrement réussie. Même les individus du quotidien ont droit à leurs instants de gloire.

« Lucie, donc, avait des traits hideux, de ceux que seule une mère peut trouver jolis. Mais la laideur, à sa manière, pouvait parfois se révéler fascinante. »

Au fil des pages, le mystère s’éclaircit tout en instillant des questions sur la vie des personnages. « La boussole d'Einstein » avance en divulguant par petites touches des informations jusqu'à éclaircir le titre du livre.

Ce roman est une bulle savoureuse d'intelligence qui ne prend pas la tête et qui va droit au but. L'ensemble est divertissant et bien ficelé. Pas besoin de boussole pour le suivre, laissez vous guider par la plume de Gilles Vidal en toute confiance !


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