Editions Pocket
360 pages
4 ème de couverture
Lutte des femmes, lutte des classes, mêmes combats.
Catherine est pauvre. Catherine fait sale. Catherine parle peu. Au Domaine, elle fait partie de ces travailleurs invisibles grâce à qui la ferme tourne.
Monsieur, lui, est riche. Il ne parle pas non plus – il tonne. Et il possède tout. Mais quand sa petite-fille de quatre ans disparaît un jour glacé de 1969, il perd quelque chose d’inestimable.
Dans cette vallée de champs de betterave, deux flics parisiens débarquent alors. Le village entier semble englué dans le silence. À commencer par Catherine, qui est la dernière à avoir vu la petite…
« Louise Mey, désormais une référence incontournable. » Causette
« Un roman puissant, révélateur de la violence des rapports de domination de classe et de genre. » Télérama
Louise Mey vit à Paris. Autrice de roman noir et de thriller, elle a également écrit pour le théâtre et pour la jeunesse. La Deuxième Femme, publié en 2020 aux éditions du Masque, a été finaliste du prix Maison de la presse et du prix Landerneau et a reçu le prix Robin Cook. Son deuxième roman, Petite sale a reçu le Prix Landerneau Polar 2023.
Mon avis
Il fait froid, très froid quand on ouvre le roman de Louise Mey. En entrant dans l'histoire de « Petite sale », on a intérêt à être bien blotti dans un plaid au fond du canapé. Ça tombe bien, c'est la saison. En tout cas, celle durant laquelle je me suis plongée dans la lecture de ce livre hors du commun.
Catherine a froid, elle travaille pour Monsieur. Elle est pauvre et Monsieur est riche. Il est puissant car il posséde beaucoup de terres et fournit des emplois à une grande partie de ce coin de campagne au Nord de la région parisienne. Il fait des jaloux. Mais mérite-t-il qu'on enlève sa petite fille Sylvie ? Et la gamine doit-elle payer ou souffrir à cause de lui ?
De nombreux coupables potentiels font le désarroi des forces de l'ordre. Monsieur est riche ! Alors forcément... Et en plus, il est cruel avec les petites gens, les autres et même les membres de sa famille.
Moi aussi j'ai eu froid dès les premières pages. L'auteure sait merveilleusement happer son lecteur. Je suis entrée dans son univers avec plaisir. Les champs de betteraves à perte de vue et la terre qui colle aux pas de qui s'y aventure. J'ai d'emblée détesté Monsieur. Cet Augustin Demest le patron de la jeune Catherine et de tant d'autres.
L'écriture est rare, originale et impitoyable. Louise Mey n'épargne personne, ni ses protagonistes, ni ses lecteurs. Elle sait décrire l'intime et la réalité d'une époque, de ce milieu paysan de la fin des années 60. Les dialogues sont savoureux tout en demi-teinte. Ils montrent la confrontation des deux policiers à un monde qui leur est étranger. Mais attention, on ne s'attache à eux qu'au bout d'une quinzaine de pages.
En effet, à l'image de cette terre glaciale, les personnages ne se livrent qu'au compte-gouttes. L'auteure les manipule au scalpel. Ça fait mal mais quel délice quand on tombe finalement sous le charme de ces enquêteurs.
Louise Mey nous les rend humains face à une famille engoncée dans la richesse et la tradition.
« C'est à cela que Dassieux et Gabriel passent leur vendredi, leurs chaussures de Parisiens s'alourdissant étape après étape du poids du passé, des renoncements, des regards en biais. À naviguer entre les hangars, les resserres à outils et les serres où on s'active à des semis divers. »
Alors classique, cette histoire de disparition d'enfant ? C'est sans compter sur la maestria de l'auteure qui mène la danse jusqu'au dénouement plus que parfait ! Elle égratigne la société des années 60 avec ses préjugés concernant les femmes et les privilèges. Ainsi, il y a du Simenon dans « Petite sale », car l'intrigue policière se profile et évolue sur fond d'étude sociale.
Je ne connaissais pas cette auteure mais maintenant, je vais me hâter de lire ces autres livres au plus vite !