lundi 26 février 2018

Janis Otsiemi: " Le festin de l'aube"



Editions Jigal Polar
272 pages



4 ème de couverture



En pleine nuit et sous une pluie tropicale, une femme surgie de nulle part vient se jeter sous les roues de la voiture du lieutenant Boukinda. Bouleversé par ce tragique accident, il veut savoir d’où sort cette inconnue, d’autant que son décès semble suspect… Au même moment, à quelques kilomètres de là, plusieurs individus pénètrent dans un camp militaire et s’emparent de nombreuses armes et d’un stock d’explosifs. Plus tard, c’est dans une ville en ébullition, gangrenée par la violence et la pauvreté, qu’un braquage sanglant transforme le quartier en zone de guerre… Les forces de sécurité, en alerte maximum, sont à la recherche de truands visiblement déterminés. Et c’est tout à fait par hasard que ces deux affaires, apparemment sans aucun rapport, vont se télescoper et révéler un terrible complot… Sur fond de haine, de repli identitaire et de crise électorale, flics et gendarmes vont alors devoir s’épauler pour tenter de déjouer cette conspiration…



Mon avis



Louis Boukinda, lieutenant à la Direction générale des Recherches de Librevrille, reprend la route tardivement avec sa femme Jacqueline. Il percute une femme avec sa voiture, sortie précipitamment des forêts. Le lendemain le lieutenant tente de prendre les nouvelles de cette femme à l’hôpital mais malheureusement elle est décédée.

La jeune femme aurait été ligotée, brûlée et battue. Le collègue Hervé Envame et le lieutenant Boukinda vont ainsi enquêter sur cette mort étrange puisque la patiente présentait des morsures de vipère et a succombé à la puissance du venin.

En parallèle de la nuit de cet accident, un arsenal d’armes explosifs a été dérobé dans une base militaire dans le but de braquer un fourgon blindé. Le capitaine Koumba et son collègue Owoula vont se pencher sur cette affaire.

Janis Otsiemi nous raconte deux enquêtes mettant en scène la Police Judiciaire et la gendarmerie.
Ce sont deux affaires qui vont refléter la ville de Libreville.

Le style de l'écriture est direct, le lecteur entre dans le vif du sujet. C’est ciselé et percutant. Tout est brut de décoffrage.

J’ai aimé les citations gabonaises ancrées en dessous de chaque chapitre. Certaines m’ont fait sourire. L’exotisme se ressent ainsi au fil des pages.


" On n'arrache pas une chaise à quelqu'un parce qu'on a des grosses fesses."

" Quand le régime de noix de palme n'est pas encore mûr, les vautours et les perroquets s'en désintéressent."

" L’œil qui ne distingue pas un éléphant n'aperçoit pas un antilope-souris. "
Quant à l’intrigue, c’est bien mené et cela nous donne une seule envie; découvrir l’identité de cet homme prénommé « homme-serpent ».
Librevrille est décrite sous toutes ses formes qu'elles soient politiques ou économiques.

" Cocotier était un bidonville de la capitale de gabonaise bien connu pour sa contestation régulière du pouvoir en place. C'était un fief de l'opposition radicale depuis plusieurs années. "

Je découvre pour la première fois cet auteur avec ce récit tout autant sombre et très noir car la violence apparaît au fil des pages.

N’hésitez pas à vous plonger dans cette histoire mais faites attention à cet « homme-serpent » car certaines morsures ne vont pas vous rater !



L'auteur


Janis OTSIEMI est né en 1976 à Franceville au Gabon. Il vit et travaille à Libreville. Il a publié plusieurs romans, poèmes et essais au Gabon où il a reçu en 2001 le Prix du Premier Roman gabonais. 

« Ses romans se placent dans la veine du Noir urbain… et constituent un document sans égal sur les réalités explosives d'une grande cité africaine… Il incarne l'émergence du genre sur le continent africain…» Marianne. 

Roman social et urbain, style (très) direct, récit émaillé d’expressions savoureuses, Janis OTSIEMI signe des romans miroir de la société gabonaise telle qu’il la vit et la perçoit aujourd’hui ! Il a obtenu le Prix du Roman Gabonais pour "La vie est un sale boulot" UNE RÉVÉLATION…




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