dimanche 25 janvier 2026

David Coulon : " Le murmure des victimes "

 


Editions Fayard

320 pages


4 ème de couverture


Une maison isolée.
Emma, huit ans, a trouvé refuge dans une chaleureuse famille d’accueil, loin de ses parents toxiques. Mais, la nuit, elle entend un monstre rôder derrière les murs, un murmure étouffé que les adultes mettent sur le compte de son imagination.

Une nuit, un drame éclate non loin : un homme assassine sa compagne dans un accès de violence atroce. Poursuivi et acculé par les forces de l’ordre, il se réfugie dans la maison où vit la petite fille, à l’insu de ses occupants. Traqué, il s’y cache, devenant prisonnier invisible de la bâtisse.

Comment ne pas sombrer dans la folie alors qu’il croit peu à peu percevoir des râles et des griffures la nuit ? Emma a-t-elle raison ? Une bête est-elle tapie dans l’ombre ? Mais pourquoi seuls la petite fille et lui semblent-ils l’entendre ?
Les monstres existent-ils ?
Vivent-ils chez nous ?
Dans nos maisons ?


Mon avis


Raconter des histoires de monstres, ce n'est que pour les enfants. Ils imaginent tellement de scènes dans leur tête qu'ils se font peur à eux même. Dans " Le murmure des victimes " , David Coulon prouve le contraire en écrivant cette histoire comme un conte de fée.

Emma est une petite fille dont la vie a connu bien des mésaventures. Sans père et sans mère suite à des maltraitances, elle se retrouve dans une famille d'accueil dont les tutrices sont Naïma et Audrey. Elles vivent toutes les trois dans une maison isolée de tout et proche d'une forêt dans le Morvan. Éloignées de cette société dangereuse et violente.
" Il faut combattre ces choses pas bien. Les faire disparaître. Elles doivent disparaître, précise Audrey. Ce qui te fait peur doit disparaître, on ne peut pas vivre dans la peur, ce n'est pas une vie ça. " 
Le frère d'Audrey, Joachim, a un soir commis l'irréparable. Il a tué sa femme, Karine. Ce n'est qu'un accident, une prise de tête qui a mal tourné !

mercredi 14 janvier 2026

Amy Tintera : " Mens-moi à l'oreille "

 

Editions j'ai lu

446 pages


4 ème de couverture


Il y a cinq ans, Lucy a été retrouvée errant, hagarde, dans les rues de la petite ville de Plumpton, au Texas, les vêtements maculés de sang. Savannah, sa meilleure amie, venait d’être assassinée, faisant de Lucy la principale suspecte. Mais celle-ci n’a aucun souvenir de cette terrible nuit, et la police manque de preuves pour l’inculper.

Depuis le drame, Lucy est partie s’installer à Los Angeles pour fuir ce passé qui la hante et la ville où tout le monde la pense coupable.
Alors que l’anniversaire de sa grand-mère la rappelle à Plumpton, elle est approchée par Ben Owens, un présentateur de podcasts connu pour avoir élucidé certaines affaires enterrées par la police. À mesure que Ben s’immisce dans le passé de Lucy et de Savannah pour en tirer une série d’émissions, secrets et mensonges refont surface. Dans son sillage, Lucy va-t-elle découvrir, comme tout le monde le croit, qu’elle est une meurtrière ?


Mon avis


Avant de partager mon ressenti, je tiens à préciser que ce titre est paru en grand format avec le titre suivant " Ecoute mes mensonges".

Dans ce roman, nous suivons Lucy Chase accusée d'avoir assassiné son amie Savannah, Savvy pour les intimes à Plumpton, sa ville où elle a grandi. Après ce fameux fait divers, Lucy revient pour l'anniversaire de sa grand mère mais le passé est resté ancré dans la mémoire des habitants de cette ville. D'autant plus qu'un podcasteur nommé Ben Owens tente de résoudre cette affaire en interrogeant l'entourage de Lucy et met en ligne les épisodes sous forme de podcasts.
" Est-il vrai que personne ne croit Lucy Chase ? Cache-t-elle quelque chose ou les habitants de Plumpton accusent-ils une innocente de meurtre depuis cinq ans ? "
Tout le monde peut ainsi suivre ce true crime. Lucy est-elle vraiment la principale suspecte ? Comment va-t-elle réagir ? Pour cela elle devra faire équipe avec Ben car les mensonges sur les amis de Lucy sont nombreux.

dimanche 7 décembre 2025

Stéphanie Abadie : " L'enfant du karst "




Editions Gipaète
250 pages


4 ème de couverture

Elle n’avait pas l’air blessée, juste tellement maigre. Ses yeux, noirs comme du charbon, le transperçaient. Elle avait faim. Et il n’avait rien. Ce besoin primordial lui troua soudain le ventre. Il se leva et fouilla les détritus. En vain. Évidemment. Il défit sa combinaison pour palper ses poches. Sa main buta contre un bâtonnet de Dinah. Pouvait-il donner cela à l’enfant ? Avait-elle faim au point de manger de la nourriture pour chien ?”
Qui est cette enfant mutique trouvée dans un repli du karst ? Une sorgina, une sorcière soufflent certains. Alors qu’elle est confiée à Luce et Mayana, le mystère s’épaissit dans la forêt des Arbailles et menace les deux femmes.
Un suspense psychologique qui interroge les liens maternels.

Mon avis



Dans « L'enfant de karst », c'est le milieu naturel qui est le véritable personnage central. D’ailleurs, la couverture montre bien la petitesse de l'être humain par rapport à la roche. Je ne résumerai pas cette histoire car je préfère que vous lisez ce roman empreint de poésie et de sensibilité. " L'enfant du karst " est un roman d'atmosphère où la nature prédomine.
" La prairie humide regorgeait de cardamines. Ces fleurs rose pâle bordaient le ruisseau alors que sur la partie près du bois, le blanc des anémones tranchait avec le vert presque fluorescent des touffes de fétuque. " 
Stéphanie Abadie livre un roman abrupte mais non dénué d'humanité. Seulement, j'ai eu l'impression que les protagonistes ont été modelés par la nature, par l'environnement sauvage et étrange de la forêt des Arbailles, une partie du pays basque.

Au cœur de ce paysage, des thématiques fortes sont abordées. Ainsi la maternité revient au fil des pages. Comment la relation mère-enfant peut-elle interférer dans le quotidien d'un couple ? Comment est encore perçue l'image de l'enfant illégitime, du couple recomposé ?
Les autres sujets abordés sont par exemple la solitude et la vie dans la ruralité. L'auteure maintient une forme de suspense en jouant avec les sentiments.

samedi 15 novembre 2025

Emilie Gardner " Des fourmis dans ma tête "

 


370 pages



4 ème de couverture


Et si 3 jours étaient passés en une fraction de seconde ? »
C’est par cette amnésie brutale qu’Émilie découvre sa réalité : elle vit avec un trouble dissociatif de l’identité (TDI), autrefois appelé “personnalités multiples”.
Un trouble controversé en psychiatrie, encore largement méconnu, où s’entremêlent pertes de mémoire, traumatismes et voix intérieures.

Thérapeute de profession, elle voit son quotidien basculer. Comment continuer à vivre, à travailler, à aimer, quand des parts de soi prennent tour à tour le contrôle ? Comment donner du sens à une vie morcelée par la dissociation et l’oubli ?

À travers ce récit rare et bouleversant, l’auteure nous plonge dans une quête de compréhension et d’acceptation, entre instabilité, pardon et résilience.
Plus qu’un témoignage, c’est une plongée authentique dans l’un des troubles les plus mystérieux et les plus stigmatisés de la santé mentale.



Mon avis



" Des fourmis dans ma tête " est le premier roman d' Emilie Gardner traitant du Trouble Dissociatif de l'Identité TDI. C'est son récit de vie que vous allez découvrir en compagnie de ses " alters ". Ses fourmis ont des prénoms qui paraissent différents les uns des autres. Nath, Nicolas, Lucie, Blanche vont parfois prendre le contrôle du corps d'Emilie. La vie d'Emilie est ainsi perturbée. Comment vivre avec ses "alters " ?

C'est un récit poignant et très intime que nous propose l'autrice. Elle développe ainsi ses traumatismes au travers de ses alters. Mais elle se confie aussi à son thérapeute. Il est difficile de ne pas être autant touchée par cette histoire. Le lecteur rentre totalement dans le cortex d'Emilie. Mais attention à certaines identités, elles prennent parfois trop le dessus !

Je ne connaissais pas trop le thème décrit par Emilie Gardner. J'en ai appris davantage sur le TDI. A la lecture de ce récit, j'en suis sortie toute émue !
Emilie Gardner retrace la réalité de sa vie quotidienne en se heurtant parfois à un alter pas toujours commode.

jeudi 13 novembre 2025

Adam Nevill : " Tous les démons de l'enfer "

 



Editions Elder Craft

304 pages


4 ème de couveture


En une nuit, l’humanité a été décimée, engloutie par le ciel au son d’un glas fatal.
Sous un jour nouveau aux teintes pourpres, les rares survivants sont dispersés et traqués par des créatures invisibles.

Les derniers hommes sont des proies.

Dans ce monde déserté, Karl, un homme ordinaire qui n’a plus rien à perdre, croise deux orphelins. Poursuivis sans relâche par les prédateurs à mesure que le ciel rouge avance inexorablement, et confrontés à d'autres rescapés sans foi ni loi, Karl et ses protégés doivent survivre coûte que coûte, en quête d’une raison d’espérer.
Adam L. G. Nevill, l’auteur à succès de Appartement 16, Le Rituel et Personne ne sort d’ici vivant, adaptés par Netflix, a remporté quatre fois le prix August Derleth du meilleur roman de terreur.
La rencontre de The Last of Us et The Mist, peuplée de créatures d’inspirations lovecraftiennes.

Mon avis


« Tous les démons de l'enfer » est l’archétype du roman post-apocalyptique. Cependant Adam Nevill a su utiliser les ficelles de ce genre littéraire de façon intelligente. Chaque élément est décortiqué afin de plonger le lecteur dans l'enfer d'un monde déserté d'êtres humains. Les derniers d'entre eux ne sont pas sauver pour autant.

En se réveillant d'un état grippal, Karl croit encore qu'il est malade alors qu'il ne croise plus personne. À partir de là, il va rencontrer deux enfants.
Mais comment ce trio va-t-il faire pour survivre dans un univers sans aucun repère mais semé d’embûches ?
Angoisse, stupeur et même curiosité transpirent de « tous les démons de l'enfer ». J'ai trouvé intéressant la personnalité de Karl qui n'a rien d'un Daryl Dixon ou d'un aventurier aguerri. Il se débrouille comme il peut et c'est en ça qu'il est touchant.

Finalement, savons-nous comment nous pourrions réagir en cas de fin du monde ?
L'Humain n'est-il pas la solution ? Quoique... 
L'ensemble pourrait être glacial mais Adam Nevill sait émouvoir tout en écrivant de belles pages empreintes d'horreur.

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