Pages

lundi 18 décembre 2023

Yannick Dubart : " Avec le manque "

 


Editions Maia

250 pages


4 ème de couverture


« Lorsque je commençai à avoir des formes féminines, Tom me compara à des actrices ou des chanteuses. La première qui eut la chance d’assurer la comparaison fut Béatrice Dalle. Celle de 37°2 le matin, lippe vengeresse et créoles indolentes. Sans être vraiment belle, j’avais le charme brut de la jeunesse prolétaire. Une sensuelle, tout un programme ! Encore fallait-il connaître les codes de mon humeur vagabonde. »
Estelle a tout pour avoir un destin prometteur, mais des événements vont lui montrer que l’on tombe très vite dans les limbes de l’addiction. Et, surtout, elle va sentir que c’est difficile de remonter la pente. Des pièges qui peuvent faire souffrir tout un chacun… malheureusement.



Mon avis



C'est un roman plus personnel que nous propose Yannick. J'ai tout lu de cette autrice et quand elle m'a proposée de lire son dernier, je n'ai pas refusé. La seule chose qu'elle m'a dite : " Tu verras il est très différent de mes précédents romans.


" Avec le manque " Yannick Dubart exploite divers thèmes tels que l'addiction aux jeux de casino, aux médicaments mais aussi à l'emprise de l'amour.

Le lecteur va suivre l'histoire d' Estelle Pillot qui dès sa jeunesse est protégée par son meilleur ami Thomas. Pendant les cours de récréation et dès qu'une personne s'approche de trop près d'Estelle, Thomas est prêt à intervenir pour sauver son amie. Ainsi l'amitié s'installe.

Mais les années passent et tous les deux commencent à se perdre de vue. Estelle prend confiance en elle et s'affirme davantage quand des ennuis s'annoncent au point parfois de commettre l'irréparable.

Ainsi la vie n'est pas un long fleuve tranquille car sur son chemin Estelle devra faire face à des choix plutôt aventureux. Elle fait la connaissance de Cédric et de ses deux enfants, Sébastien et Bessie.
Cédric cache bien  "son jeu" car il ne lui dit pas tout ; il est sous l'emprise des jeux casino et incite Estelle à le suivre dans l'univers tentateur des machines … 
C'est un lieu où l'on peut autant gagner que tout perdre. Pour eux cela devient une drogue, une soif de pouvoir gagner sans compter.
" Enchaînés devant les roues du hasard. Oui, je voulais encore vibrer ! D'une manière ou d'une autre. Fuir le vide. Fuir le manque. "

dimanche 19 novembre 2023

David Coulon : " Kintsugi "


 AFITT Editions
363 pages



4 ème de couverture


Le Kintsugi, c’est l’art japonais consistant à réparer un vase brisé à l’aide de poussière d’or.

Le Kintsugi, c’est l’art de réparer un corps ou un esprit marqué par un événement traumatisant, afin que l’individu se reconstruise.
L’événement traumatisant vécu par Marie, jeune prof des écoles, c’est la mort de son mari, Marc et de sa fille, Lila, dans un accident de la route. Un routier inattentif les a percutés et ne leur a laissé aucune chance.
Marie, seule, brisée, doit pourtant continuer à avancer. Ce qu’elle fait, avec l’aide de ses amies proches.
Pourquoi suit-elle le routier qui a commis l’accident, tandis qu’un flic étrange la protège en dehors de toute procédure officielle ?
Pourquoi recherche-t-elle le petit garçon qui a reçu en greffe les organes de sa fille ? Et pourquoi sa belle-mère semble-t-elle la haïr à ce point ?
N’acceptant pas la mort des siens, Marie semble habitée par une colère terrible.
Jusqu’à commettre l’irréparable.
Et si l’irréparable permettait, contre toute attente, la reconstruction, quitte à sombrer dans la folie ?


Mon avis


Pourquoi le choix de ce livre ? Parce que l'un des thèmes m'intéresse, celui du deuil et que David Coulon est un auteur que j'aime beaucoup. J'avais déjà lu deux de ses romans  " Trouble passager " et " Dernière fenêtre sur l'aurore ". Déjà dans ses deux titres, l'écriture de l'auteur est particulière, les phrases sont courtes parfois un seul mot ou phrases sans verbe. Dans " Kintsugi ", le style est identique ; des phrases répétitives soulignant la souffrance de Marie Lyeres.
Marie a perdu deux êtres chers, Lila sa fille et Marc, son mari, dans un accident d'autoroute. Un chauffeur de poids lourds a percuté la voiture de Marc. Le  résultat est tombé les proches de Marie ont succombé à l'accident. Marie voit sa vie s'effrondrer. Pour cette institutrice, c'est un véritable choc.

Comme le prévoit les cinq étapes du deuil selon le modèle d'Elisabeth Kübler-Ross : le déni, la colère, le marchandage, la dépression et l'acceptation, le deuil passe par ces différentes phases. Mais Marie va en concevoir une autre qui mettra le lecteur pantois jusqu'à commettre un acte irréversible. Marie n'arrive pas à se remettre de la mort de Marc et de Lila et pour cela elle mettra tout en œuvre pour se sentir bien, mener sa vie comme auparavant. Le projet futur du médecin y est pour beaucoup.

Arrivera-t-elle à faire surface et mener une vie normale sans son mari et sa fille ?
" La vie, c'est la poussière d'or qui colmate les blessures les plus profondes et les transforme en de superbes chemins, de nouvelles routes. " 

Edouard Bernadac : " Les passeurs d'ombres "

 


Editions du 123

4 ème de couverture


De nos jours, au cœur des Pyrénées ariégeoises, deux randonneurs découvrent le corps d’un octogénaire enchâssé jusqu'au cou dans un étang gelé. L’hypothèse du suicide est aussitôt écartée par la capitaine de gendarmerie Sophie Blandy. Quand Laure Duvernoi apprend que la victime, son grand-père, lui a laissé un important héritage, toutes ses certitudes vacillent. D’où vient cet argent ? Pourquoi le vieil homme refusait-il d’évoquer son enfance sous l’Occupation ? L’intrigue s’obscurcit encore avec l’arrivée du commandant de police Robert Destagne dont l’enquête sur des meurtres rituels l’entraîne au fin fond de cette région magnifique et sauvage.
Secrets de famille et crimes macabres rythment ce grand thriller.


Mon avis



« Les passeurs d'ombres » est un thriller qui m'a littéralement plu. J'ai apprécié l'intrigue et les lieux que l'auteur décrit admirablement bien. L'histoire débute par la découverte d'un octogénaire, Louis Duvernoi, dans un lac gelé et parallèlement à cette enquête, trois corps d'enfants retrouvés dans un jardin.
" Au bout d'un heure, à l'aide de tronçonneuses, les gendarmes réussirent à enfin extraire le corps de Louis Duvernoi. Vêtu d'une veste d'alpinisme, le cadavre était complétement gelé. "  
Deux affaires totalement différentes mais c'est sans compter sur les investigations de Sophie Blandy et de Robert Destagne. Dès lors le lecteur comprendra les tenants et aboutissants de ses deux intrigues.

Laure Duvernoi, petite fille de Louis Duvernoi, tente d'en savoir plus sur la cause de son décès et sur sa véritable histoire.

Édouard Bernadac est comme un cinéaste posant sa caméra selon les points de vue de ses personnages. Dans « Les passeurs d'ombres », il impose de cette façon un rythme qui scotche ses lecteurs. L'action est donc mise en valeur avec une suite de scènes qui au départ n'ont aucun lien entre elles. Différents lieux se retrouvent au centre de deux enquêtes distinctes.

dimanche 5 novembre 2023

Sigrid Nunez : " Et nos yeux doivent accueillir l'aurore "

 

Editions Livre de poche

544 pages


4 ème de couverture


En 1968, Ann Drayton et Georgette George sont colocataires à l’université. Ann vient d’une famille fortunée qu’elle déteste et vit son engagement politique avec romantisme. Georgette, issue d’un milieu pauvre, voit la faculté comme une occasion inespérée de changer de vie. Une amitié paradoxale unit les deux jeunes filles jusqu’à ce qu’une violente dispute les sépare. Des années plus tard. Georgette retrouve la trace de son ancienne amie à la lecture d’un fait divers : elle est condamnée à la prison à perpétuité pour meurtre. Ce drame fait resurgir le passé, les espoirs ainsi que les désillusions politiques et intimes. Georgette réalise combien la rencontre avec cette femme complexe et charismatique a influencé toute son existence. « Je n’ai jamais cessé de penser à elle », confie-t-elle.

Un formidable roman, un livre passionnant d’une intelligence qui combine mélancolie et mordant. Raphaëlle Leyris, Le Monde.



Mon avis



L'histoire se passe dans les années 60. Deux étudiantes, Georgette et Ann, vont partager la même chambre au campus de Barnard. Toutes les deux sont totalement différentes de par leur milieu familial.

Dans ce roman c'est Georgette qui raconte sa vie personnelle, sa famille et sa colocation universitaire avec Ann. L'entente avec elle ne s'est pas faite de suite car Georgette est assez distante. Mais le temps passe et l'amitié s'est installée.

Ces deux étudiantes arrivent à s'entendre jusqu'au jour où un problème les sépare. L'université terminée, Georgette et Ann prennent des chemins opposés. C'est lors d'un événement assez grave que Georgette retrouve la trace d'Ann.

 " Et nos yeux doivent accueillir l'aurore " est un roman qui dépeint la société américaine à travers l'histoire des deux jeunes étudiantes. L'autrice, Sigrid Nunez, aborde les thèmes de la drogue, du mouvement hippie avec la musique des années 70 telle que Bob Dylan et Woodstock .

jeudi 26 octobre 2023

Geoffrey Decoëne : " Les passagers incertains "


 Aubane Editions

245 pages


4 ème de couverture


L'autoroute A16, Marc la connaît par cœur. Il la sillonne depuis des années pour la Sanef, alertant les conducteurs pressés des dangers, des travaux, des intempéries. Mais ça, il ne l'avait jamais vu : un jour de travail banal, il découvre sur le bas-côté de l'autoroute une caisse pour animaux. Avec, à l'intérieur, une enfant apeurée ne parlant pas français. Qui est-elle ? Quelle est son histoire ? Léonie, un agent zélé de la police de l'air et des frontières des Hauts-de-France, enquête. Aidée de Marc et guidée par une inscription sur une mystérieuse camionnette blanche, elle tire toutes les ficelles pour découvrir ce qui se trame sur les routes de l'Oise et du Pas-de-Calais.


Mon avis



Cela fait 11 ans que Marc est agent de la SANEF, et s'occupe de l'autoroute du nord-est de la France. C'est lors d'un appel matinal sur la voie qu'il va se rendre à un endroit précis pour un signalement d'objet sur la chaussée. Mais ce qu'il va découvrir à l'intérieur de la caisse le secouera.
" Il coupa le scotch qui scellait le haut de la caisse. Il avait la sensation d'avoir une boule de pétanque dans l'estomac. "
L'enquête est confiée à Léonie, fonctionnaire de la PAF, Police de l'Air et des Frontières des Hauts-de-France. C'est avec l'aide de Marc, qu'elle tentera d'élucider cette affaire.

« Les passagers incertains » est un livre original pour plusieurs raisons. D'abord, le lieu de l'action, l'autoroute est au centre d'une histoire complète, ce qui est assez rare. Geoffrey Decoëne s'empare intelligemment de l'asphalte et en fait un personnage puisque l'ensemble de l'intrigue gravite autour de ces endroits si fréquemment empruntés. Quand on prend la route pour les vacances, on pense rarement aux mystères et aux éventuelles horreurs qui peuvent s'y dérouler.

mercredi 18 octobre 2023

Rosalie Lowie : " La malédiction de Reggio "

 



Editions Nouveaux Auteurs

298 pages


4 ème de couverture


Une nouvelle enquête de Marcus Kubiak mêlant vendetta et révélations entre la Côte d'Opale et la Calabre italienne...

La vengeance est aveugle, dit-on...

En 1970 , alors que de violents conflits sociaux agitent l'Italie du Sud, Nullo Strongoli, un entrepreneur despotique et brutal de Reggio en Calabre, voit ses locaux incendiés. Il lance une malédiction contre les coupables, les frères Rossano qui, craignant pour leur vie, s'évanouissent dans la nature...

En 2022, à Wimereux, sur la Côte d'Opale, le sympathique tandem d'enquêteurs formé par le policier Marcus Kubiak et son intrépide compagne la journaliste Zoé Rousseau est confronté aux tragiques enlèvements de deux jeunes garçons. Se pourrait-il que ces rapts aient un rapport avec les événements de Reggio, cinquante ans auparavant ? Difficile à imaginer ...

Entre découvertes macabres et vengeances familiales, Marcus et Zoé vont faire face à des péripéties aussi mouvementées que périlleuses !


Mon avis



J'avais lu " Dernier été sur la Côte " il y a plus de deux ans maintenant et je me souviens encore de l'histoire. Pour dire que j'avais littéralement dévoré ce titre. Alors, je me suis précipitée sur " La malédiction de Reggio " et je me suis plongée dans cette nouvelle enquête avec le duo choc Marcus Kubiak et Zoé Rousseau.

Dans le Sud de l'Italie, Reggio de Calabre, en 1970, le propriétaire d'une usine d'huile d'Olive, Nullo Strongoli, voit sa vie basculée lorsque que des émeutes et autres grèves attisent le conflit.
" Y en a marre d'être exploités, de trimer comme des galériens et de ne récolter qu'une misérable liasse de lires ! Les conditions de travail sont inhumaines ! Nous sommes en 1970 ! A présent, le prolétariat a son mot à dire et le patronat doit nous respecter !
L'usine est brûlée. Le patron est un véritable tyran et ne compte pas en rester là et s'en prend aux frères Rossano.

En 2022, Marcus Zoé sont sur l'affaire de l'enlèvement de deux jeunes garçons.
Quel lien entre ces deux affaires ?

Rosalie Lowie sait très bien jouer avec la temporalité afin de distiller un suspense garanti jusqu'à la dernière page. C'est donc en premier lieu, la qualité littéraire qui permet à ce roman d'être efficace. Les phrases sont ciselées et mettent les personnages et le décor naturel en valeur. Ainsi, les chapitres s’enchaînent à vive allure et ne laissent aucun répit aux lecteurs.

Les thèmes abordés tout au long de cette enquête éprouvante sont multiples mais bien menés. On ne perd donc jamais le fil du récit. C'est une prouesse puisqu'en plus on passe d'une époque à une autre sans difficulté. Les douleurs de l'enfance, les luttes ouvrières et les rancœurs ne cessent de malmener les enquêteurs.

samedi 14 octobre 2023

Clarence Pitz : " Les enfants du serpent "

 


Editions Phenix Noir

478 pages


4 ème de couverture


Tout le monde est capable d'aimer. Même les pires ordures.
2012. La brutalité des hommes s’abat sur le village de Bumia, à l’est de la République démocratique du Congo. Un groupe armé surnommé « les arracheurs » commet les pires atrocités. Parmi les victimes, Gloria et sa fille Phionah. L’âme blessée, le corps ravagé, elles parviennent à prendre la fuite, laissant derrière elles un champ de cendres et plusieurs dizaines de morts.
2017. Au cœur de Bruxelles, dans le quartier populaire de Matonge, un homme défiguré et énucléé est retrouvé dans un caniveau. L’inspecteur Karel Jacobs reconnaît la signature des « arracheurs ». A l’approche du procès d’un de ces miliciens, Jacobs craint que les témoins du massacre de Bumia ne soient à nouveau en danger. Engagé dans une course contre la montre, il va devoir se plonger dans ses souvenirs pour sauver la vie des deux rescapées. Mais aussi de ses proches.
Pour son quatrième roman, Clarence PITZ - la lauréate du Prix de l’auteur belge 2022 - Catégorie Thrillers - signe un récit poignant, à la fois dur et profondément humain.


Mon avis



J'ai rencontré plusieurs fois Clarence Pitz dans des salons et je n'avais jamais lu ses romans. C'est lors du salon du polar de Templemars fin septembre que j'ai pu lire un de ses écrits " Les enfants du serpent " sorti récemment.

Dès les premiers chapitres, Clarence Pitz décrit une ambiance noire et tortueuse. Des miliciens sèment la panique dans le village de Bumia. Ils s'en prennent à des femmes et à des filles afin de leur faire subir les pires atrocités. Les hommes du village sont obligés de regarder une telle monstruosité. Sinon ils perdent la vie. Gloria et sa fille, Phionah, ont réussi à fuir la violence de ces soldats.
" Ces ordures se servent de leur corps pour les anéantir, les rendre honteuses, impures, impossibles à marier, incapables d'enfanter. "
En 2017, à Bruxelles une scène de crime est confiée à l'inspecteur Karol Jacobs  de la Police fédérale de Bruxelles. Un homme est retrouvé sans ses yeux à Matonge. Serait-ce l'œuvre " des arracheurs " ? 

" Les enfants du serpent " explore des thèmes toujours d'actualité tels que la violence faites aux femmes et aux enfants en Afrique. Je ne suis pas sortie indemne de cette lecture car ce thème est assez dure et me touche profondément. Clarence Pitz a une écriture vive, remarquable et assez intense. Beaucoup d'actions et de rebondissements se ressentent au fil des pages, si bien qu'il est impossible de lâcher ma lecture.

mardi 26 septembre 2023

Line Dubief : " Je savais que tu m'attendais "

 


Editions Geste Noir

232 pages


4 ème de couverture



40 ans après leur séparation, une femme reprend contact avec son premier amour.

Meurtrie par une rupture récente et pour surmonter un sentiment d’abandon infantile jamais surmonté, elle recherche un absolu dans cette relation amoureuse retrouvée.
Fatalement, sa demande d’amour massive et ses attentes démesurées l’amènent à franchir l’irréparable.
Pourtant, tout avait si bien commencé.



Mon avis



Un roman d'amour ou un thriller psychologique ? « Je savais que tu m'attendais » valse entre les deux au début en tout cas. Mais par la suite, on est happé surtout par l'histoire d'une femme qui a de grandes lacunes affectives. Cette héroïne dont on ne sait pas le prénom raconte à la première personne ses désillusions et ses tentatives pour ne pas se noyer.

L'ensemble peut paraître banal au départ mais la façon dont l'histoire est racontée fait l'attrait du roman. En effet, Line Dubief maîtrise bien son récit tout en maintenant le lecteur en haleine jusqu'au bout.
Comment faire face à un passé douloureux ? Le personnage principal avait rencontré Lucien au Lycée. Ils prenaient le bus ensemble et partageaient des moments de complicité.
" Chaque jour qui suivit, nous apprîmes à nous découvrir davantage. Nos échanges devenaient plus fluides, plus naturels. Plus fournis aussi. Nos mains ne se frôlaient plus, elles se prenaient. Nos silences se vivaient avec autant d'intensité que nos paroles échangées. "  
Mais la jalousie de Lucien fragilise le couple et cela contribue à les séparer définitivement.
" Il s'emporta jusqu'à se montrer agressif. Au fil des temps, ces scènes devinrent de plus en plus fréquentes et prirent de l'ampleur. "
Est-ce que tout peut ressurgir alors que la vie joue un nouveau mauvais tour à cette femme tourmentée ? Elle pensait être tranquille dans sa vie bien rodée mais c'était sans compter sur les mystères de l'esprit et de la mémoire émotionnelle.

vendredi 15 septembre 2023

Will Dean : " Tout ce qui est à toi brûlera "



Editions Pocket
288 pages

4 ème de couverture


Il est son mari. Elle est sa prisonnière.
Il est son mari. Elle est sa chose.

En choisissant l'Angleterre pour y faire ses études, Thanh Dao n'imaginait pas à quoi son univers se limiterait. À cet homme. À cette ferme. Au brouillard des médicaments. À la douleur comme horizon... Fuir ? Elle a essayé bien sûr. Mais chaque fois son geôlier l'a rattrapée. Et chaque fois il lui a fallu, en représailles, brûler l'une de ses maigres possessions, une photo, une lettre... Bientôt, la jeune Vietnamienne n'aura plus rien. Ne sera plus rien.

Mais voilà qu'en elle, elle le sent, la vie grandit.

Voilà qu'à la porte de sa prison, un beau jour, une âme charitable se présente. S'agit-il d'une chance ou d'un piège ?



Mon avis



"Tout ce qui est à toi, brûlera " m'a été recommandé par un ami. Je le remercie d'ailleurs pour l'envoi de ce thriller. Ce dernier parle de séquestration. Je sais que pas mal de romans ont déjà exploité ce sujet maintes fois, mais dans celui-ci l'auteur, Will Dean, se concentre avant tout sur les émotions de ses personnages.
Jane, la prisonnière, n'est pas son vrai prénom, mais sa véritable identité est Than Dao originaire du Vietnam. Elle est arrivée illégalement en Angleterre principalement sur les terres de son tortionnaire.

C'est une personne bourrue qui contrôle constamment Jane. Il la séquestre, mais la nourrit. Il la blesse gravement pour ne pas qu'elle s'échappe et lui donnera des antidouleurs de bétail pour la soulager de sa blessure.

Le moindre faux-pas et il brûlera un des effets personnels de cette jeune vietnamienne. La ferme est loin des regards de tout le monde forcément et les champs cachent en partie l'habitation. La prisonnière n'a pas d'échappatoire et se résout à ce que son tortionnaire lui ordonne. Elle vit un véritable enfer.
" Je suis filmée, observée, surprise, enregistrée, espionnée. Je vis dans une prison ouverte entourée de champs sans murs et de marais sans clôtures. C'est l'immensité du terrain qui me maintient prisonnière. Je suis retenue, incarcérée dans le plus ouvert de tous les paysages. "
Jusqu'au jour où une lueur d'espoir et surtout le courage de cette femme changent la donne.
" Tout ce qui est à toi, brûlera " m'a fait beaucoup penser aux écrits d'une auteure que j'aime beaucoup qui est Karine Giebel.

J'ai lu ce thriller assez vite car l'ambiance est malsaine à souhait et je me suis demandée comment la victime arrivera à sortir des griffes de son bourreau.

mercredi 6 septembre 2023

Xavier Massé : " La route du lac "

 

Taurnada Editions

288 pages


4 ème de couverture


Blaches est un charmant village réputé pour sa tranquillité… Jusqu'au jour où, au lendemain d'une soirée, trois étudiants sont portés disparus.
Que s'est-il passé cette nuit-là ?
Que s'est-il passé sur l'unique route qui mène au lac ?
Amis, voisins, connaissances… pour les enquêteurs, tous sont suspects.
Bienvenue à Blaches.


Mon avis



L'histoire se passe dans le village de Blaches ; un lieu plutôt tranquille avec son lac et ses  abords de forêts. Mais un 21 Avril 2018, le jour de l'anniversaire de Benjamin, les villageois habitués à la sérénité se retrouvent baigner dans une ambiance inquiétante.

Quand plusieurs étudiants disparaissent, le peur sillonne les environs et les habitants commencent à douter de certains d'entre eux.
" Blaches, Blaches, Blaches, chantonna Ramazzy, petit coin tranquille qui respire le bon air. Quelle connerie ! T'as une photo de ce Samuel ? "
L'enquête est confiée à Michel Leroy, capitaine de gendarmerie et au lieutenant Anthony Ramazzy. Tous les deux vont interroger les invités de cette soirée anniversaire fêté dans le bar de la plage. 

J'ai pratiquement lu d'une traite " La route du lac ". Une fois commencée, je n'ai pu me détacher de l'histoire. Les suspense est à son comble et Xavier Massé arrive à tenir en haleine le lecteur. Le lieu dans lequel se passe l'action est superbement bien décrit. Les dialogues sont parfaitement maitrisés et tous les personnages sont intéressants à suivre dans cette affaire assez complexe.

Xavier Massé a une plume acérée mais qui va droit à l'essentiel. Il sème le doute à l'aide des flash-backs bien cousus. Les soupçons et les indices distillés au fil des pages ont de quoi embrouiller le lecteur.

" La route du lac " est un thriller efficace. Sans fioritures, Xavier Massé m'a embarquée dans cette enquête ressemblant étrangement à ma série préférée qu'est Columbo.

A vous de découvrir cette petite perle d'une noirceur trépidante. Soyez également le bienvenu dans le village de Blaches comme le promet la quatrième de couverture !

  

mercredi 30 août 2023

Jean-Christophe Grangé : " Rouge Karma "

 

Editions Albin Michel

592 pages


4 ème de couverture



Hervé, Jean-Louis et Nicole auraient pu être des héros de Mai 68. Ils seront bien mieux : les héros de leur propre destin.
Alors que Paris est à feu et à sang, que la Vème République vacille sur ses fondations, le corps d’une jeune fille est retrouvé, nu, mutilé, dans une position de yoga. Jean-Louis attaque l’enquête – il est flic. Hervé et Nicole le secondent – ils sont les amis de la victime.

Maos, hippies, yogis... Tout y passe. Le trio interroge, tâtonne, et bientôt trouve : le mobile des meurtres – car il y en a eu d’autres – est au bout du monde, en Inde. De Calcutta à Bénarés, les aventuriers remontent le temps et l’espace, jusqu’à, enfin, découvrir la stupéfiante vérité sur les rives du Gange, parmi les palais délabrés et les morts qui brûlent.

C’est tout ? Non : le mot de la fin, celui qui donnera toute sa cohérence à l’histoire, sera prononcé à Rome, sous les dorures et la pourpre du Vatican...

Hervé, Jean-Louis et Nicole auraient pu être des enfants de leur siècle. Ils seront bien mieux : les enfants de leur propre karma.

Un karma rouge sang, comme un cœur prêt à éclater.


Mon avis



Je suis fidèle à chaque parution de ses romans et j'appréhende toujours car certains titres m'ont déçus.
Je me plonge donc dans " Rouge Karma " sans vraiment savoir si ce titre me transportera autant que son précédent roman qu'est Les Promises ".

Mai 1968, une époque historique où les étudiants révolutionnent en masse dans Paris. Jean-Christophe Grangé retranscrit très bien cette période qui est intéressante à suivre. Mais il n'est pas uniquement question de mouvement révolutionnaire. Une enquête policière va faire voyager le lecteur en Inde mais aussi en Italie.

Un corps celui de Suzanne Girardon est retrouvée morte dans la chambre de la rue de l'Epée de Bois. Sa position correspond à celle du Pendu dans le jeu de Tarots. Ainsi l'affaire nous conduit dans l'Hindouisme, le Tantrisme et autre culture sectaire.

Si l'enquête nous balade vers d'autres horizons lointains, j'ai moyennement aimé la tournure que prend par la suite cette histoire. Certes, l'écriture de J.C. Grangé est méticuleuse ; il a une façon à décrire les lieux et à caricaturer ses personnages. Mais certaines scènes sont tirées par les cheveux rendant ainsi le récit un peu invraisemblable.

Les parties du livre sont inégales et il est dommage que la quatrième partie ne fasse que quelques pages.

lundi 28 août 2023

Dennis Lehane : " Le silence "

 

Editions Gallmeister

448 pages


4 ème de couverture


En cet été de 1974, à South Boston, quartier irlandais de Boston, Mary Pat Fennessy mène une existence routinière. Un soir, Jules, sa fille de dix-sept ans, ne rentre pas à la maison et sa trace disparaît dans la chaleur moite de la ville. La même nuit, un jeune Noir se fait mortellement percuter par un train dans des circonstances suspectes. Ces deux événements sans lien apparent plongent les habitants de Southie dans le trouble. D’autant que la récente politique de déségrégation mise en œuvre par la ville provoque des tensions raciales et qu’une grande manifestation se prépare. Dans la recherche effrénée de sa fille, Mary Pat, qui croyait appartenir à une communauté unie, voit les portes se fermer devant elle. Face à ce mur de silence, cette femme en colère devra lutter seule pour faire éclater la vérité, aussi dévastatrice soit-elle.

Grand roman américain, Le Silence met à nu le cœur sombre d’un pays en plein désarroi à travers le portrait d’une mère au cœur brisé.


Mon avis


Je n'ai jamais lu Dennis Lehane mais j'ai vu des films tirés de ses grands romans tels que Shutter Island et Mystic River.

La quatrième de couverture est plutôt alléchante et je me suis dit pourquoi ne pas tenter de découvrir cet auteur.

L'histoire est celle d'une mère Mary Patricia Fennesy qui est à la recherche de sa fille Jules disparue. Le même soir, un jeune noir est mort dans une station de métro. Est-ce une simple coïncidence ? Que s'est-il passé cette nuit ?

Mary n'a plus que sa fille à ses côtés. Ayant perdu un fils à cause de la drogue, elle fera tout pour la retrouver et mènera sa propre enquête.

Ce livre fait partie des meilleurs que j'ai lues! Quel bon portrait de femme, cet auteur nous donne-t-il ! C'est une héroïne qui m'a profondément touché. C'est une mère qui ne lâche rien, une irlandaise prête à tout.

Dennis Lehane aborde également les thèmes de la ségrégation raciale, la politique, la drogue et l'alcoolisme. Les autorités ont mis en œuvre le busing consistant à transporter des élèves noirs américains dans les écoles où les blancs prédominent et inversement. Tout cela crée une véritable polémique.

dimanche 13 août 2023

Gaël Aymon : " Une nuit de mon enfance "

 

Editions Nathan

224 pages


4 ème de couverture


Quand un secret enfoui dans son enfance refait surface, la vie d'Aurore bascule…
Lorsqu’elle avait 6 ans, Aurore a provoqué un horrible accident. À 17 ans, incapable de dépasser sa culpabilité et d’affronter la vie, elle décide de retrouver Trevor, lié comme elle à ce drame et au lac de son enfance. Mais elle découvre de terribles secrets. Que s’est-il réellement passé cette nuit-là ?

Après Et ta vie m’appartiendra, le nouveau thriller psychologique de Gaël Aymon.



Mon avis



J'avais beaucoup aimé " Ma réputation " du même auteur et je suis heureuse d'avoir pu lire son dernier roman " Une nuit de mon enfance " .

Aurore est âgée de 17 ans. Elle est surveillante animatrice à la Petite Ecole internationale. Un boulot qui lui convient sans souci mais elle n'est pas pour autant bien dans sa peau.
" Ce boulot est la planque parfaite pour moi. Hors du temps, hors du monde. Je m'y sens invisible et c'est tout ce que je demande. Une horde d'enfants privilégiés ne sera jamais aussi indomptable que mes cauchemars. "
A l'âge de 6 ans, il s'est passé un événement qu'elle n'oubliera jamais et qui la hantera jusqu'à ses 17 ans. Ses parents ont été propriétaires d'un gîte surnommé " La Bergerie " et c'est un soir près du lac qu'il s'est passé l'irréparable. Un passé qui ressurgit pour Aurore lorsqu'elle rencontre de nouveau un certain Trevor. Les souvenirs reviennent ainsi à la surface. Qu'est-il arrivé ce soir-là alors qu'elle n'était qu'une enfant ? 

A vous de découvrir ce roman jeunesse qui peut intéresser les adultes puisqu'il aborde de nombreux thèmes intéressants. Je n'en dirai pas plus quant à la trame de l'histoire car j'ai peur de spoiler celle-ci.

lundi 24 juillet 2023

Anne Sebba : " Ethel Rosenberg : L'erreur judiciaire qui a bouleversé l'Amérique "

 


Editions Alisio

416 pages


4 ème de couverture


New York, 19 juin 1953, le lendemain de leur quatorzième anniversaire de mariage, Ethel et Julius Rosenberg traversent le couloir de la mort et sont électrocutés à quelques instants d'intervalle pour actes d'espionnage. Aucune preuve n'accable Ethel. Pourtant, aux yeux de l'Amérique, elle est la coupable idéale : communiste, juive, complice de son mari espion. Elle doit payer. 70 ans plus tard, à partir d'archives inédites, la biographe Anne Sebba lève le voile sur l'une des plus graves erreurs judiciaires de l'histoire.
Comment un gouvernement aveuglé par la peur a-t-il si hâtivement scellé le sort d'une femme innocente, mère de deux garçons ? Ce livre est le récit d'une terrible trahison, celle d'un pays et d'une famille. Mais, il est surtout, un vibrant plaidoyer en faveur de la femme Ethel, au courage et à la dignité exceptionnels, qui par amour, refusa de se soumettre.


Mon avis



Le film « Les Rosenberg ne doivent pas mourir » datant de 1975 que j'avais vu à la télé, m'avait déjà donnée une petite idée de cette affaire mais j'étais trop jeune pour comprendre, j'avais seulement retenu le personnage d'Ethel interprété majestueusement par Marie-José Nat. Depuis je n'y avais plus pensé. Et voilà qu'arrive ce livre de Anne Sebba, « Ethel Rosenberg ». Oui, cette affaire des époux Rosenberg a bien marqué la deuxième partie du XXème siècle !
Le 19 juin 1953, Julius et Ethel ont été exécutés sur la chaise électrique pour " espionnage atomique " au profit de l'Union Soviétique de la prison de Sing Sing.
Anne Sebba brosse ainsi un portrait remarquable d'Ethel Greenglass sur sa vie, son couple et principalement sur le jugement porté sur eux.

L'auteure a su bien remettre cette histoire dans son contexte historique tout en étant claire et compréhensible. Anne Sebba s'est très bien documentée sur le sujet et la biographie  contient également quelques photos de ce couple. Elle a réussi à m'intriguer en glissant des allusions sur les relations mère enfants et sur l'intelligence d'Ethel. Et pourtant que cette affaire est compliquée et engluée dans les embrouilles de la guerre froide ! 

mercredi 28 juin 2023

Mes coups seront mes mots - Ibi Zoboi Yusef Salaam

 

Pôle Fiction

368 pages


4 ème de couverture


Amal, lycéen noir américain, ne vit que pour le dessin, la peinture et la poésie. Il suffira d'une bagarre. Juste une embrouille entre garçons pour que son existence bascule...et c'est la prison pour un crime qu'il n'a pas commis. Ce n'aurait pas dû être son histoire. Pourra-t-il la changer ?



Mon avis



Le lecteur va suivre Amal Dawud Shahid, un jeune lycéen qui voit sa vie basculer. Il n'était pas sur le bon territoire, bagarre uppercut et coups sur Jeremy Mathys : ce dernier se retrouve dans le coma. Amal est ainsi derrière les barreaux. Il est donc accusé pour le mal qu'il a fait à Jeremy.
Mais aura-t-il une lueur d'espoir face à cette situation ?
" Et peut-être il y a des petites fissures dans nos murs et on commence à voir un éclat de lumière briller à travers les uns dans les autres. "
Yusef Salaam et Ibi Zoboi nous livrent un roman coup de poing. « Mes coups seront mes mots » vibrent comme un slam, comme une protest song. Le texte en vers libres est très poétique mais pas une poésie à l'eau de rose, ici les mots sont mis au service d'une histoire déchirante.

On suit le quotidien d'Amal purgeant une peine de prison. L'Art lui permet de survivre et de supporter l'injustice. Ce sentiment est très fort puisque l'histoire est tirée d'un fait réel.
« Mes coups seront mes mots » est censé être un roman jeunesse mais il pourra plaire à un public d'adultes aussi. Les différents niveaux de lecture font également la richesse d'un tel roman.

lundi 12 juin 2023

Là où murmure le vent - Cathy Galliègue

 

Collection Terres de France

240 pages


4 ème de couverture


Un jour d’hiver, le vieux Gabin, qui n’a plus toute sa tête, sait pourtant qu’il doit aller, loin du village, dans la combe qui a vu naître et a protégé le grand amour de sa vie. Il pense ardemment à elle, Solange, sa petite. Mais il n’imagine pas qu’après une mauvaise chute elle gît sur le sol froid de la ferme isolée qu’elle a toujours partagée avec son frère, récemment décédé, et dont les murs tremblent encore des cris du père et des drames familiaux ; son chat qui lui fait une maigre compagnie la réchauffe un peu ; elle attend, elle espère. De ces deux-là, le couple a été brisé, il y a si longtemps, mais ils n’ont jamais cessé de penser l’un à l’autre, de vivre l’un pour l’autre.
La danse de leurs souvenirs, au fond de leurs détresses jumelles, saura-t-elle les réunir, enfin ?
Un roman bouleversant sur l’intemporalité de l’amour et la nécessité de le vivre, au cœur des forêts du Haut-Jura.


Mon avis


J'avais déjà lu un des romans de Cathy Galliègue par Et boire ma vie jusqu' à l'oubli " que j'avais littéralement adoré. On y retrouve un thème cher à l'auteure qui est celui du passé et des souvenirs enfouis.
Dans ce roman, le sujet porte sur l'histoire de Gabin frappé par la maladie d' Alzheimer qui tente de retrouver le chemin celui du Cul-du-sac, la Combe, la ferme de Solange.
Solange est seule dans sa maison avec la compagnie de son chat " P'tite merde " mais un soir elle chute en bas de son escalier. Elle attend désespérément que quelqu'un vienne la secourir…
" Elle habite un non-lieu, maintenant qu'elle y est seule. Elle se force à se mettre à table, midi et soir, mais l'appétit n'y est plus. Elle se force, parce que le Riton lui a dit : " Faut pas se laisser aller, ma p'tite Solange, faut manger, surtout par ce froid. "
Cathy Galliègue au fil des pages retrace les souvenirs de Gabin et de Solange en racontant leur jeunesse et leur vieillesse. Le monde rural est très bien dépeint : le travail de la terre va peser sur la vie des protagonistes. Dans ce récit, il est aussi question de la violence du père de Solange.

« Là où murmure le vent » est un de ces romans qui donnent un rôle aux lieux. Ici, c'est le Haut-Jura et ses paysages époustouflants. Comme les personnages, tout semble aride et froid mais l'auteure a su avec ses mots et son style discret réchauffer le temps et les épidermes. Et pourtant qu'il a été dur le chemin de Gabin et de Solange ! Cathy Galliègue se fait l'interprète de ces deux vies en fin de parcours.

lundi 22 mai 2023

La Faussaire - Patricia Delahaie

 


Editions Pocket

384 pages


4 ème de couverture


La cinquantaine, père et mari aimant, Paul Ménard est un médecin dévoué, rassurant, autour de qui gravitent les habitants d’une bourgade beauceronne. Jusqu’à ce jour de printemps 1997 où son regard croise celui d’une femme éblouissante. Camille.
Peu après, la belle se rend au cabinet médical. Les visites se répètent, Paul succombe. Dîner aux chandelles, timbales de saumon. Camille sait vivre, Camille sait aimer.
Mais Camille est mariée. Un militaire toujours en mission. Un homme dur, indifférent, souvent violent. Paul veut la sauver. Il n’en dort plus, divorce, délaisse ses patients, enrage de sa lâcheté.
13 juillet 1998. La France est championne du monde. Et le docteur Paul Ménard prend une décision irréversible…



Mon avis



" La Faussaire " est l'histoire de Paul Ménard, médecin généraliste à Saint Rémy, dans la Creuse. Son regard s'est porté un jour sur une silhouette féminine aux allures de Marilyn Monroe. Difficile de ne pas être subjugué par cette femme : c'est si rare d'apercevoir une telle élégance dans ce village campagnard.
" J'ai croisé une drôle de femme dans la rue. Une blonde habillée tout en blanc. Une apparition. Perchée sur des talons aiguilles. Elle se tenait très droite. Elle marchait comme si elle défilait sur un podium. "
Après la première rencontre si marquante mais furtive dans la rue, cette personne fait de nouveau apparition dans le cabinet de ce médecin. Elle se prénomme Camille Ellis, est mariée à un militaire de l'armée de l'air et a une fille. Camille joue avec ses charmes et séduit de suite le médecin. D'aspect plutôt ordinaire, Paul Ménard doute de son apparence mais commence à changer d'attitude en s'habillant autrement pour plaire à cette nouvelle prétendante, tellement enivré par le physique de cette blonde.
Au fil des pages, le lecteur commence à comprendre que ce médecin est tombé dans un véritable piège machiavélique. Telle une redoutable femme fatale, Camille est prête à jouer de ses charmes pour assouvir ses moindres désirs.
" Mon mari fait une brillante carrière dans l'armée de l'air, confie-t-elle. Il est souvent absent, plusieurs semaines d'affilée, en ce moment même. Il s'amuse et je reste ici, sans famille, sans amis. Je me sens si seule parfois … "
Mais de quelle manière et comment Camille parvient-elle à subjuguer autant Paul ? Pour s'en rendre compte, le lecteur va devoir se plonger dans ce roman diabolique.

" La Faussaire " est un récit tiré d'un fait divers ; l'affaire Zawadzki dans les années 1990. Patricia Delahaie arrive à happer le lecteur dès le début du roman en annonçant de suite un drame.

L'auteure se focalise avant tout sur le médecin tentant de sauver cette belle femme des griffes de son mari. L'amour rend aveugle et Patricia Delahaie le souligne très bien. La psychologie des personnages est finement détaillée.

Tout le long de cette histoire, j'ai été captivée, intriguée si bien qu'à certains passages j'ai eu de la compassion pour Paul mais aussi pour Camille.

Mais cet amour ne rend-t-il pas un moment fou la victime à son insu ?

Je suis sortie toute ébahie par cette lecture assez surprenante. La plume de l'auteure y est pour beaucoup car elle est assez obsédante.

C'est le premier roman de l'auteure et j'adore son style qui est à la fois captivant et passionnant. " La faussaire " est une très belle découverte.


lundi 8 mai 2023

J'aimerais tant que tu sois là : Jodi Picoult

 


Editions Actes Sud

400 pages


4 ème de couveture


La vie de Diana est sur des rails : elle a le petit ami idéal et le job de ses rêves chez Sotheby’s. À bientôt trente ans, il ne lui manque plus que la bague au doigt, et elle est presque sûre que Finn va faire sa demande pendant leur escapade aux Galápagos. Mais, réquisitionné à l’hôpital en ce début 2020, il doit rester à New York et insiste pour qu’elle profite de ce paradis sans lui.
C’est donc à contrecœur qu’elle part – et rien ne se passe comme prévu : bagage perdu, hôtel fermé, wifi inexistant, elle se retrouve coupée du monde et doit sortir de sa zone de confort.
De rencontres en introspection, Diana pourrait bien réaliser que sa vie et son bonheur ne sont pas là où elle le croyait…



Mon  avis



Après avoir adoré " Mille petits riens ", j'ai eu l'opportunité de lire le dernier roman de Jodi Picoult grâce à masse critique privilégiée de Babelio et je tiens à les remercier d'avance.

Avec la couverture de « J'aimerais tant que tu sois là », Jodi Picoult brouille les pistes. On pourrait penser qu'elle nous livre un Feel Good et qu'elle nous invite à un voyage paradisiaque,  les Îles Galápagos. Pourtant, malgré des débuts plutôt légers, elle nous plonge dans une ambiance plus grave qui sort le lecteur de la comédie américaine. D'ailleurs, les sujets qu'elle aborde sont sérieux et bien fouillés.

L'histoire débute en Mars 2020 en plein confinement. Diana, en partant sans son petit ami, Finn, ne s'attendait pas à vivre des moments intenses et surprenants. Son petit ami n'est pas du voyage car étant médecin il doit faire face à la pandémie à New York. 

Dans « J'aimerais tant que tu sois là » j'ai littéralement été basculée dans un tout autre monde, l'île Isabela tellement bien décrite avec sa faune et sa flore. Evitez tout de même de manger certaines choses car vous risqueriez de vous sentir malade. La langue espagnole devrait être maitrisée pour ainsi éviter tout danger. Ainsi Diana explore toute seule cette île mais fera des rencontres improbables avec les animaux mais aussi avec certains habitants.

C'est surtout dans la deuxième partie que je me suis sentie déstabilisée, cependant je ne peux rien divulguer sur l'histoire sans dévoiler son revirement.

Je peux surtout vous dire que le dépaysement a été total pour moi. Les Îles Galápagos avec sa nature envoûtante permettent de s'évader. Justement dans un monde où le COVID empêche la planète de respirer, Diana, involontairement a l'opportunité de se rapprocher de la nature et de s'interroger sur la vie.

vendredi 5 mai 2023

Les disparus de la Durance : Sandrine Destombes

 


Editions Hugo Thriller

400 pages


4 ème de couverture



Le nouveau thriller de l’auteure des Jumeaux de Piolenc (plus de 100 000 exemplaires vendus)

DES AFFAIRES QUI PRENNENT LEUR SOURCE PRÈS D’UN COURS D’EAU...

« – Vous m’avez apporté des pieds sans corps, s’amusa le légiste qui venait de s’ajouter au groupe, vous m’offrez maintenant des corps sans pieds. Capitaine Vaas, laissez-moi deviner : petit, vous aviez besoin de finir vos puzzles, je me trompe ? »

Martin Vaas, officier de la police judiciaire à Paris est appelé sur les quais, en face du 36 Quai des Orfèvres. Des pieds dans des baskets flottent dans la Seine, mais sans aucune trace de cadavres… Il apparaît rapidement que cette affaire fait écho à d’autres cold-cases. Appuyé par son équipe et par le commandant Lazlosevic, à la tête de la nouvelle division UAC3, spécialisée dans l’analyse comportementale et criminelle et des affaires complexes, l’officier Vaas va découvrir que cette affaire prend sa source, il y a plus de vingt ans, sur les rives de la Durance.


L'avis de Yannick Dubart



Avec « Les disparus de la Durance, Sandrine Destombes fait entrer le lecteur dans l'horreur d'une découverte macabre : des pieds coupés contenant encore leurs baskets! Et aussitôt une cascade d'éléments et de révélations vont donner du rythme à ce thriller. De toute façon les fidèles de l'auteure savent bien qu'elle ne perd pas de temps en circonvolutions inutiles.

La rigueur est de mise comme pour ses romans précédents. Aucun mot de trop et de la précision mais cette fois j'ai trouvé que l'humour prend un peu plus de place et c'est tant mieux. En effet, le sujet est rude voire gore. Mais Sandrine Destombes sait faire place nette et la clarté des situations éclabousse la part sombre de l'histoire. Le tout apportant du mystère et des frissons au lecteur qui a osé s'aventurer dans son univers.
« - Il y a des pieds, c'est vrai. Il y en a même un paquet. Mais il n'y a pas de cadavre. »
Les personnages sont bien dessinés avec un duo d'enquêteurs savoureux. Martin le meneur « hyper-anxieux » et Lucas le fougueux séducteur sont aidés par Lazlo plus expérimenté et une petite équipe qui se donne à fond, quoique…

mardi 25 avril 2023

Suspicion (s) - Ophélie Cohen

 

Editions Phoenix Noir

302 pages


4 ème de couverture


Aaron est un petit garçon plein de vie, rêveur et heureux. Le jour de son dixième anniversaire, son monde s’écroule lorsque son père quitte la maison. Rachel est une mère aimante et une épouse dévouée. Elle perd néanmoins pied lorsque, Hugo, son mari abandonne leur foyer pour se réfugier dans les bras d’une autre femme. Hugo aimait Rachel à la folie. Mais la routine a eu raison de ses sentiments. Sans penser aux conséquences de son acte, il retrouve le frisson de la passion dans les bras de Marie.
Nathalie est brigadier-chef. Au menu de son quotidien, violences conjugales, agressions sexuelles et abandon de famille. La découverte d’un corps sans vie, dans le bois de Lèves, va bousculer toutes ses certitudes. Elle se jette corps et âme dans cette affaire, mais en sortira-t-elle indemne ? Quatre personnages. Quatre points de vue. Une histoire sombre. Saurez-vous démêler le vrai du faux de cet enchevêtrement familial ? "Ophélie Cohen signe un formidable roman psychologique qui nous embarque dans les tréfonds de la tragédie familiale".
Stéphanie Hérisson, libraire aux librairies Hérisson de Montargis et Nemours.



Mon avis



D'entrée de jeu, je peux vous dire que ce second titre d'Ophélie Cohen m'a rudement secouée.
Déjà avec son premier roman, elle m'avait marquée mais alors avec " Suspicion (s) " j'ai été scotchée.
Pourquoi me direz vous ? Parce qu'il parle de plusieurs sujets d'actualité. Je ne peux pas rester insensible face à cette histoire. L'écriture est empreinte de noirceur et également enrobée de sentiments humains. Au fil des pages, vous comprendrez que ce récit n'engendre pas la gaieté.

Ophélie Cohen a écrit un roman à quatre voix permettant ainsi de comprendre leur point de vue, leurs émotions négatives et positives. Vous ferez ainsi connaissance de Aaron, un petit garçon de 10 ans, de son père, Hugo, et de sa mère, Rachel. Mais ce trio familial se brise lorsque Hugo quitte le foyer pour les beaux yeux de Marie, sa secrétaire.

Par la suite, certains évènements vont apporter de la haine, des faux semblants et des mensonges. Quand vous lirez cette histoire jusqu'au bout, vous saurez qu'il ne faut pas jouer avec les sentiments des uns et des autres. Vous pourriez en subir les conséquences de vos actes.

mardi 18 avril 2023

Brouillards - Victor Guilbert



Editions Hugo Thriller
320 pages




4 ème de couverture



Marcel Marchand, excentrique espion des services secrets français, est assassiné par des agents de la CIA dans l’immense réserve d’accessoires d’un célèbre théâtre de New York : le Edmond Theater.
Avant de mourir, il a eu le temps de dissimuler, dans le fatras de décors et accessoires de scène, un mystérieux objet que la CIA comme la DGSE veulent récupérer.
Suspectant que l’identité de nombre de leurs agents est tombée entre les mains des renseignements américains à cause de cet espion décédé soupçonné de trahison, les services secrets français veulent envoyer un inconnu hors du circuit pour récupérer l’objet caché. Or, Marchand a eu le temps de griffonner un nom avant de pousser son dernier soupir : « Boloren ». Comme le nom de cet ancien flic, Hugo Boloren, qui s’ennuie dans sa formation de zythologue (« c’est comme œnologue mais pour la bière ») dans un petit village de montagne.
Le colonel Grosset, haut gradé de la DGSE et cousin de l’ancien commissaire d’Hugo Boloren, va donc le convaincre de partir à New York, de s’infiltrer dans le Edmond Theater, d’identifier et de récupérer l’objet caché. Et même si le colonel Grosset lui rappelle que sa mission se limite à retrouver l’objet caché et le rapporter en France, la petite bille qu’Hugo a dans la tête lui souffle de regarder plus loin. Alors qu’au milieu de ces brouillards, la tragédie rôde, prête à frapper Hugo Boloren de plein fouet.



Mon avis




Que se cache-t-il derrière le pluriel de « Brouillards » de Victor Guilbert ? C'est ce que je découvre de page en page avec des chapitres que je déguste comme des carrés de chocolat haut-de-gamme... un véritable délice à l'image des deux romans précédents de cet auteur. Et cela pour de multiples raisons.

Le style est toujours aussi impeccable avec des phrases comme de véritables moments de grâce ( oui, oui, je suis grande fan). 
« Ce sont les gorgées suivantes qui se gâtent, l'alcool a mauvais goût quand il sert à oublier. »
Hugo Boloren, héros récurent de Victor Guilbert, ne fait plus partie de la police mais son esprit de déduction a attiré le service d'espionnage français. Seulement, lui est surtout amoureux de Mathilde qu'il emmène à New York dans sa mission. Cependant le regard qu'il porte sur elle l'éloigne un peu de l'intrigue et influence de façon inattendu le récit.
« Elle a une beauté suspendue dans le vide, un vertige qui attire et foudroie à la fois, je crois que c'est ce qu'on appelle le charme. »
Les traits d'esprit fusent en même temps que les errances à la logique bien perso du héros. Rien n'est à prendre à la légère mais Boloren se perd dans les méandres d'une affaire brumeuse et risque sans cesse de naviguer entre gravité et insouciance. Attention aux pièges tendus par la Grande Pomme ! En effet, un épais brouillard règne sur New York et n'arrange pas non plus les efforts de notre héros pour éclaircir l'énigme dont il a la charge. 
À cela se mêlent les ombres d'un théâtre immense et plein de coins obscures. Encore un frein au bon fonctionnement de la bille vrillant l'esprit de Boloren. Heureusement que celui-ci peut s'accrocher à une logique poétique pour s'en sortir au final. Mais à quel prix ?
« Je n'ai pas de grandes capacités de visualisation sauf quand il s'agit de peaufiner les bénéfices de mes addictions. »

vendredi 14 avril 2023

Nécro - Stephen King

 


Albin Michel Jeunesse

128 pages


4 ème de couverture


« Les gens aiment lire des histoires de mort et ils aiment aussi en écrire.
Je suis bien placé pour le savoir. »

Michael Anderson, journaliste de son métier, découvre avec effarement, mais également attrait, qu’il possède le pouvoir de tuer des gens en rédigeant simplement leurs notices nécrologiques… Et s’il faisait usage de ce pouvoir hors du commun pour débarrasser le monde des pires individus ?


Mon avis


Ce n'est pas une nouveauté puisque ce titre est tiré du recueil " Le Bazar des mauvais rêves " . Je suis fan de cette collection et je ne pouvais pas m'empêcher de me procurer celui-ci. 
Michael Anderson est un journaliste aux allures de véritable geek. Il travaille chez Néon Circus et rédige des nécrologies venimeuses et comiques. Il connait un franc succès puisque ses chroniques sont les plus visitées sur le site.
Alors pourquoi ne pas demander une augmentation auprès de sa rédactrice en chef, Jeroma Whitfield.
Mais cette dernière s'y oppose. Alors Michael tout mécontent, écrit une nécrologie sur elle. Jeroma est retrouvée morte et chose étrange les circonstances de sa mort ont des similitudes avec la nécrologie de Michael.

mercredi 12 avril 2023

J'aurais aimé te tuer - Pétronille Rostagnat

 


Editions Pocket

256 pages


4 ème de couverture


Laura Turrel se présente un matin au commissariat de Versailles pour s’accuser du meurtre de Bruno Delaunay, un homme qui aurait tenté de la violer. Le commandant Damien Deguire et son second, Jonathan Pigeon, recueillent ses aveux. Légitime défense ? Crime prémédité ? Le doute s’installe rapidement dans l’esprit des enquêteurs. Sur place, le corps a disparu et la scène de crime ne correspond pas en tout point aux confidences de la jeune femme. Deguire et Pigeon commencent à entrevoir la complexité de l’affaire et s’interrogent sur les motivations de Laura. Quelles blessures se cachent derrière sa froideur et sa détermination ? Pour quelles raisons obscures chercherait-elle à manipuler l’enquête ?



Mon avis


J'ai rencontré Pétronille lors du salon du Polar de Templemars, de Lens et de Raimbeaucourt et elle est d'une extrème gentillesse et pourtant en contraste ce titre est sacrément machiavélique !
" J'aurais aimé te tuer " est un thriller qui m'a mis K.O. Ce n'est pas le premier roman qu'elle écrit mais j'ai voulu commencer par ce titre car c'est un one-shot. 
C'est l'histoire avant tout de Laura Turrel qui avoue un crime : celui de Bruno Delaunay. Pourquoi se rend-t-elle seule à la police judiciaire de Versailles ? Pourquoi avoir avoué elle-même ce crime ? Je me suis posée autant de questions au début du récit. Le commandant Dequire accompagné de son coéquipier Jonathan Pigeon, tentent de découvrir le pourquoi du comment. Pour cela, ils vont devoir fouiller le passé de la jeune femme et  en savoir plus sur sa vie. Son geste est-il de la légitime défense ?
" - Je souhaiterais parler au commissaire. - Vous pouvez répéter ? Elle prit sur elle pour réitérer sa requête : - Je souhaiterais parler au commissaire. - Avant que je ne dérange un commissaire, il faudrait peut-être m'en dire un peu plus, jeune femme ! - J'ai tué un homme."          
Au fur et à mesure de l'enquête des multiples rebondissements vont montrer que l'affaire est bien plus complexe. Des incohérences vont changer la donne. Le commandant Dequire prêche le vrai du faux et ne sera pas au bout de ses peines.