lundi 22 avril 2019

Paul Colize: " Un jour comme les autres"



HC Editions
348 pages


4 ème de couverture



Un matin comme les autres, Éric Deguide prend les clés de la voiture, lance un dernier regard vers Emily, hésite et part sans se retourner. Depuis, réfugiée sur les bords du lac Majeur, Emily ne peut se résoudre à cette disparition, d’autant que la police semble avoir classé le dossier. Elle, continue de chercher des traces d’Éric, d’essayer de comprendre. Jusqu’au jour où Alain Lallemand, journaliste d’investigation au Soirprend contact avec elle. Lui aussi a connu Éric, et lui non plus ne veut pas se résoudre.

Plonger dans un roman de Paul Colize, c’est plonger dans les profondeurs de l’âme humaine, là où se cachent ses secrets les plus noirs. Un Jour comme les autres navigue avec finesse entre silence et vérité, ombre et lumière, humour et émotion.


Mon avis



D'après la couverture de « Un jour comme les autres » de Paul Colize, les chiffres semblent importants dans l'ensemble de l'histoire. Ce fait m'a beaucoup intriguée. Il fallait que je sache à quoi cela pouvait correspondre !

Comme ses précédents romans, l'auteur s'appuie sur un type d’œuvre musicale. Dans celui-ci, l'opéra est mis à l'honneur. La présentation des chapitres y fait référence. Emily, la compagne d’Éric Deguide, disparu, exerce régulièrement au chant. Le tragique se mêle ainsi à son quotidien lui-même empreint de drame de la disparition.

« Le tic-tac de l’horloge est le bruit le plus insupportable de ma vie. Mon téléphone sonnera avant que le clocher de l'église égrène les douze coups de minuit. »

Les chiffres, les bruits et la musique rythment le récit. « Était-ce un de mes jours-clés ou un alignement favorable des astres? » Peu à peu j'ai eu mes réponses sur la composition de la couverture mais je n'en dirai pas plus ! Ce sera aux lecteurs de se prendre au jeu afin de le découvrir.

vendredi 19 avril 2019

Anne Tyler: " La danse du temps"



Editions Phébus
272 pages


4 ème de couverture



À soixante et un ans, Willa Drake mène une existence réglée comme du papier à musique en Arizona. Jusqu’à un coup de fil venu de l’autre bout du pays lui apprenant que la compagne de son fils s’est fait tirer dessus. Sa petite-fille a besoin d’elle ! Tant pis s’il s’agit d’une erreur de numéro, Willa abandonne tout et file à Baltimore devenir grand-mère.



Dans La Danse du temps, Anne Tyler nous rappelle avec humour et tendresse qu’il n’est jamais trop tard pour choisir sa vie.



Mon avis



" La danse du temps" est un roman où le lecteur suit Willa Drake de son enfance à l'âge adulte.
Cette femme a rencontré pas mal de déboires dans sa vie. Avec un père trop gentillet et une mère avec ses sautes d'humeur, Willa tente de vivre pleinement sa vie. Elle épouse très vite Derek. De ce fait elle abandonne ses études pour suivre son mari. C'est une première partie du roman que l'auteure développe scrupuleusement le personnage principal étant Willa. Cette jeune épouse choisit de rester femme au foyer. Elle tente de chercher le bonheur, l'amour et une certaine sérénité. Etre discrète avant tout.

C'est lors de la deuxième partie du roman que tout va se décider autrement. Willa reçoit un coup de fil d'une inconnue; elle doit s'occuper de Cheryl, la fille de Denise. Denise est l'ex-amie de son fils aîné. Elle est à l’hôpital. Chose étrange pour Willa car elle n'a jamais rencontré Cheryl ni Denise. Elle n'a donc pas le choix, elle s'en va à destination de Baltimore avec Peter, son deuxième mari.

L'ensemble du roman est parsemé de doutes et questionnements. Quel est le but de Willa? Sa vie est fragmentée d'un manque d'amour envers ses deux enfants. Elle recherche une certaine harmonie mais préfère ne rien faire. Quant à sa sœur, elle renonce à suivre sa famille.

Willa donne de l'affection aux autres mais n'en reçoit pas en échange notamment de son mari et de ses deux enfants.

" La danse du temps" met en relief un portrait de femme perdue dans sa vie jusqu'au jour où elle rencontre une famille à Baltimore. Tout va se bousculer. Pour une fois, Willa décide de prendre des décisions qui lui semblent primordiales. 
C'est un roman qui se lit merveilleusement bien et j'aime beaucoup le style de l'auteure. L'écriture est prenante. J'ai aimé le portrait de Willa à la fois maladroite au départ mais qui a su changer au fil des événements.
La vie américaine est mise en avant dans ce récit et Anne Tyler brosse de jolis personnages en tout genre.


lundi 15 avril 2019

Gaëlle Perrin-Guillet: " Haut le chœur"



Editions Taurnada
244 pages


4 ème de couverture



« Quand je sortirai, tu seras la première prévenue… Je saurai te retrouver. »
Depuis qu'Éloane Frezet, la tueuse en série la plus abjecte de ces dernières années, a prononcé ces mots, Alix Flament vit dans l'angoisse que la criminelle sanguinaire s'évade de prison...
Alors, quand la journaliste reçoit un coup de téléphone d'Éloane en pleine nuit, elle comprend que la meurtrière va honorer sa promesse...
Une promesse de sang...



Mon avis



" Haut le chœur" est à la fois un véritable jeu de massacre et jeu macabre. Eloane est une tueuse en série qui fait froid dans le dos. Redoutable, intelligente elle me fait  beaucoup penser à une araignée vénéneuse. Elle tente de pousser dans sa toile ses prochaines victimes.
Elle s'évade de prison et contacte la journaliste Alix Flament, celle qui l'a interviewée pendant deux ans. L'objectif d'Eloane est de poursuivre son oeuvre machiavélique. Les cadavres s’amoncellent sur le chemin de la journaliste.

Dans " Haut le chœur", rien n'est laissé au hasard, l'auteure se glisse dans la peau de cette serial killeuse. La chasse est ouverte. Pour Eloane, Alix est la prochaine proie. La journaliste sait très bien que sa vie sera totalement différente depuis l'évasion d'Eloane. Le lecteur entre petit à petit dans l’abîme et la noirceur de l'âme humaine.

" Cette femme est dangereuse. Et pas seulement parce qu’elle tue avec autant de plaisir qu’elle bouffe une glace, mais parce qu’elle t’a dans le collimateur et te connait par cœur. Ne te laisse pas avoir. Sois vigilante, s’il te plait. "

samedi 13 avril 2019

Stephen King: " Élévation"



Le Livre de poche
160 pages



4 ème de couverture



Dans la petite ville de Castle Rock, les rumeurs circulent vite. Trop vite.
C’est pourquoi Scott Carey ne veut confier son secret à nul autre que son ami le docteur Bob Ellis. Car avec ou sans vêtements, sa balance affiche la même chose, et chaque jour son poids diminue invariablement. Que se passera-t-il quand il ne pèsera plus rien ?
Scott doit également faire face à un autre problème : les chiens de ses nouvelles voisines ont décidé que sa pelouse était le lieu idéal pour faire leurs besoins. Entre le couple et Scott, la guerre est déclarée. Mais lorsqu’il comprend que le comportement des habitants de Castle Rock, y compris le sien, envers les deux femmes mariées met en péril le restaurant qu’elles ont ouvert en ville, il décide de mettre son « pouvoir » à contribution pour les aider.

Un roman joyeux, exaltant et teinté de tristesse. Entertainment Weekly.

Édition illustrée.

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Michel Pagel.


Mon avis



" Élévation" est une novella inédite extraordinaire! 160 pages qui se savourent et vous laissent en émoi à la fin du livre!
Stephen King se renouvelle sans cesse. Dans " Élévation", l'hémoglobine et l'horreur, qui sont des thèmes chers à l'auteur, sont absents. " Élévation" est une histoire fabuleuse remplie d'intenses émotions.
Scott Carey est un homme corpulent d'une quarantaine d'années.Il maigrit chaque jour sans que son physique ne change. Il raconte ce phénomène étrange à Bob Ellis, un médecin à la retraite. A Castle Rock, les habitants se moquent de Deirdre McComb et de Melissa Donaldson, deux lesbiennes qui ont ouvert ensemble un restaurant.
C'est lors d'une course "Le Trot des Dindes" que Scott et DeeDee vont enterrer certains désaccords du voisinage. Une grande amitié va ainsi naître.

" Il n'y avait plus que McComb et lui à présent, tous les deux courant aveuglément à travers le déluge, et Scott n'avait jamais été aussi heureux de sa vie. Quoique le mot heureux fût trop faible; ce qu'il découvrait en explorant les limites ultimes de sa résistance, c'était un autre monde. " 

 " Élévation" est une nouvelle qui parle de différence mais pas que...
Stephen King est très fort pour conter un récit à la fois touchant et profondément humain. Les personnages sont agréables à suivre. Ils sont assez authentiques et chacun a sa propre histoire. Et c'est grâce à Scott que la tension à Castle Rock va s'alléger. La fin m'a profondément touchée, j'ai ressenti beaucoup de tristesse.

" Élévation" est comme un ciel rempli d'étoiles qui scintillent. A la lecture de ces 160 pages, l'émotion va vous submerger. Stephen King est capable de vous faire passer de la douceur à la poésie avec beaucoup de talent.
" Élévation" est une novella qui tient ses promesses jusqu'au dénouement.




lundi 8 avril 2019

Sebastian Fitzek: " Le colis"




Editions l'Archipel
320 pages



4 ème de couverture



Vous n'auriez jamais dû accepter ce colis !


Psychiatre, Emma Stein a été victime d’une agression nocturne dont elle s’est miraculeusement sortie. Depuis, elle vit recluse dans sa maison, de peur de croiser à nouveau la route de ce psychopathe que la presse a surnommé le Coiffeur.

Un jour, son facteur lui demande d’accepter un colis pour l’un de ses voisins. Emma connaît tous ceux qui habitent dans sa rue.
Or, jamais elle n’a entendu parler de cet homme…
 
 
 
Mon avis
 
 
 
J'attendais avec impatience la prochaine sortie du roman de Sébastian Fitzek. Le trailer de ce livre est juste hallucinant et laisse présager un excellent moment de lecture. La couverture en jette, ce qui me donne envie de savoir ce que contient ce colis étrange.
Alors sans hésitation je me plonge dans ce thriller d'un de mes auteurs préférés.
 
Dans " Le colis", l'histoire est principalement ciblée sur Emma Stein, une jeune psychiatre, vivant désormais et totalement chez elle. Elle ne sort plus depuis qu'elle a été agressée par  le prénommé le " Coiffeur". A cela s'ajoute le facteur, Salim, qui lui remet un colis pour son voisin qu'elle ne connait absolument pas. Quelle étrange atmosphère qui se dégage de ce roman! La paranoïa s'installe petit à petit pour développer une plongée dans la folie. L'entourage d'Emma lui dit fermement qu'elle commence à perdre la raison. Ses crises d'angoisse se font de plus en plus fortes. L'auteur délivre parfaitement le mal être et la peur de cette jeune psychiatre.
 
" La peur l'envahit. La fuite fut la première chose à laquelle elle pensa en voyant les mots. Sur le miroir de la salle de bains. Des lettres bien nettes, tracées en diagonale sur la glace embuée, proclamaient: FICHE LE CAMP. AVANT QU'IL SOIT TROP TARD! "
 
Sebastian Fitzek met en scène de façon prodigieuse cette psychiatre; sa psyché humaine et son inconscience sont totalement mises en avant.C'est un des points qui m'a particulièrement plus dans " Le colis".

jeudi 4 avril 2019

Susanne Jansson: " Les âmes englouties"




Editions Presses de la Cité
320 pages


4 ème de couverture



Surgie des tourbières scandinaves, une nouvelle voix du polar nordique
Pour travailler à sa thèse de biologie, Nathalie retourne vivre dans sa région natale, au cœur d’une Suède humide et reculée. Dans la petite maison qu’elle habite en forêt, elle se laisse rappeler à son enfance douloureuse, à l’époque où la disparition de la jeune Tracy avait inauguré une succession de drames. Un jour, un cadavre est retrouvé dans la tourbière. Dix années auparavant, déjà, une jeune fille momifiée avait été découverte au même endroit. Bientôt, de nouveaux cadavres affleurent. Alors que la police se met en quête d’un serial killer, Göran, ancien
professeur de physique, est convaincu que l’endroit est peuplé de revenants. Cette théorie intrigue aussi Maya, photographe judiciaire. Les trajectoires de Nathalie et de ces deux enquêteurs de l’ombre vont se mêler… et de nombreux secrets seront déterrés.

Angoissant et précis, un thriller atmosphérique à la rare puissance suggestive, qui conjugue tentations surnaturelles, croyances populaires, explications scientifiques et fines analyses psychologiques.



Mon avis



Nathalie Ström est biologiste et prépare une thèse de doctorat sur le réchauffement climatique planétaire. Elle quitte Göteberg afin de se rendre à Fengerskog. C'est un endroit où les tourbières sont omniprésentes. Mais le passé de Nathalie va rapidement ressurgir au sein de ce lieu sombre et glaçant...

Le roman aurait pu s'intituler « Noir Tourbière » tant j'ai ressenti les odeurs d'une nature étrange et tant je me suis perdue dans une noirceur glaçante et intrigante!

" C'est la raison pour laquelle les tourbières sacrificielles avaient la réputation d'être à la fois dangereuses et sacrées. Un lieu à craindre et à vénérer en même temps. "

J'ai été agréablement surprise par les apports culturels et historiques de ce thriller. J'ai ainsi appris beaucoup sur les découvertes archéologiques de cette région suédoise notamment aux alentours de ce manoir . Ma curiosité en a été émoussée.

mercredi 3 avril 2019

Roy Braverman: " Crow"



Editions Hugo Thriller
364 pages

4 ème de couverture



Hunter et Crow, deux fugitifs accusés de crimes odieux, décident de se soumettre d’eux-mêmes à l’esprit de la loi en s’isolant au coeur des Brooks Range.
Mais les flics locaux et le FBI, dont l’obsession est d’appliquer la loi à la lettre, les laisseront-ils faire ? L’obstination d’un ex-agent du FBI, devenu serial killer pour l’occasion, déclenche une chasse à l’homme haletante et sans pitié à travers les paysages sauvages de l’Alaska. Une terre rude et immense où tout chasseur devient un jour la proie de quelqu’un d’autre.
Tour à tour chassés ou chasseurs, Hunter et Crow vont poursuivre, croiser ou fuir une shérif amoureuse d’un orignal, une agent spéciale du FBI surnommée Fiasco suite à l’échec de sa dernière mission, une trappeur romantique qui ne craint ni les loups ni les ours, un collecteur de dettes arménien et mélomane, un gang de rednecks qui carbure à la bière locale, un pilote de brousse hippie fan de Jefferson Airplane… Tout ça pour sauver sa peau, appliquer la loi ou mettre la main sur un butin de plus d’un million de dollars. Voire les trois à la fois !

Plus connu sous le pseudonyme de Ian Manook, Patrick Manoukian alias Roy Braverman est l’auteur de la trilogie Yeruldelgger (385.00 exemplaires vendus) pour laquelle il a reçu le Prix des Lectrices de Elle, le Prix SNCF et le Prix Quais du Polar.
Crow est la suite de Hunter, trilogie entamée aux éditions Hugo Thriller en 2018. Le premier tome Hunter sort conjointement aux éditions Pocket.



Mon avis



Dès les premières pages de « Crow » de la trilogie de Roy Braverman, j'ai senti le mélange des sentiments. Durant tout le roman, j'ai été secouée par le décalage à différents niveaux.
Au début de l'intrigue, l'auteur met en avant des paysages à couper le souffle. Ces territoires souvent extrêmes sont âpres mais purs. On passe de la chaleur au froid d'un chapitre à l'autre.

« Groove hésite à terminer son hot dog dont le ketchup goutte dans la poussière. L'air brûlant. Le soleil, un chalumeau. Autour de la station, quelques maisons dispersées cuisent en contrebas du remblai de la route 90. »

La nature tente de reprendre ses droits difficilement. L'homme rôde et tranche dans cette innocence. Le contraste est parfois cruel mais donne une touche originale à l'intrigue. En quelques lignes, je visualisais parfaitement le décor et le monde dit « sauvage ».

« Il a neigé juste ce qu'il faut. Pas assez pour recouvrir les premières empreintes, mais suffisamment pour bien marquer les nouvelles. Longhorn Sally s'enfonce dans les sous-bois sur le côté de la route, là où l'ourse a disparu deux jours plus tôt. Le tapis de neige est un livre. Elle peut y lire la vie de la forêt depuis la veille au soir. »

L'histoire est secondaire par rapport aux personnages qui sont à la fois truculents, violents et attirants. Je me suis laissée porter par la chasse à l'homme qui est au final une quête d'identité. Qui est recherché et qui est le vrai chasseur ? Tout au long du livre, je me suis posée ces questions ?

L'action se situant aux États-Unis, Roy Braverman y fait évoluer des personnes en manque de repère. Ainsi « Crow » est aussi un constat d'une société américaine en grande mutation et on comprend nettement que ce n'est pas toujours en bien.

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