mardi 13 mars 2018

Samuel Sutra: " Coupable[s]"



Editions Flamant noir
241 pages


4 ème de couverture



HAÏTI. 12 janvier 2010 – 16 h 50. Le pays est frappé par le plus meurtrier tremblement de terre de son histoire. Les dégâts sont considérables. Un groupe d'hommes profite des fonds humanitaires parvenant de tous les pays pour monter une mystérieuse affaire. PARIS. Aujourd'hui. Une série de meurtres secoue la ville. Quatre personnes sont retrouvées sauvagement assassinées. Toutes sont liées à un projet baptisé « Kenscoff » . Un cinquième individu est recherché. Lui seul peut éclairer les enquêteurs,mais il semble être la prochaine victime… Pour prêter main-forte à la Brigade criminelle dans cette enquête singulière, un jeune policier rejoint l'équipe. Haïti, il connaît bien. Il y est né.




Mon avis


" Coupable[s]" est un roman noir à souhait mettant en scène principalement le personnage de Jean Ralph'. Lieutenant d'origine haïtienne, il va devoir mener l'enquête sur un dossier reposant sur un quadruple meurtre. Le 36 quai des Orfèvres est de ce fait en émeute.
Les cadavres retrouvés font office d'un même modus operandi et quelques points communs y sont présents tel que Haïti et un projet prénommé " Kenscoff". Serait-ce le signe d'un serial killer?

" Le tueur unique, c'est mes clefs. Je te parle de la piste haïtienne. On a une dagyde sur une des scènes, des débris en croix sur une autre, et on a le dernier type qui s'est fait suriner à coups de machette. " 

A travers les chapitres, l'action et l'adrénaline se ressentent et je peux vous dire que par moment il faut avoir le cœur accroché au vue des atrocités.

Samuel Sutra à une écriture chirurgicale, il arrive à décortiquer et à analyser les gestes de chacun des personnages. Tout est minutieusement détaillé, ne laissant rien au hasard si ce n'est quelques indices de l'enquête.

dimanche 11 mars 2018

Dean Koontz: " Dark Web"



Editions l'Archipel
418 pages



4 ème de couverture



IL FAUT QUE J'EN FINISSE…
C'EST URGENT !

Tels sont les derniers mots d’un homme que la vie semblait avoir comblé… mais qui y a mis fin. Brutalement.
Jane Hawk, inspectrice du FBI, refuse de croire que son mari se soit donné la mort. Pour elle, il y a une autre raison. Sa conviction en sort renforcée lorsqu’elle apprend qu’une vague inexpliquée de suicides frappe le pays.
Quitte à se mettre à dos sa hiérarchie – qui souhaite étouffer l’affaire –, Jane veut des réponses, quel qu’en soit le prix… Or, son enquête dérange. Ses ennemis de l’ombre détiennent un secret si terrifiant qu’ils sont prêts à tout pour l’éliminer.
Mais, bien que seule contre tous, la fugitive la plus recherchée des États-Unis possède pour atouts son intelligence et sa froide détermination. La vengeance est comme l’amour : elle ne connaît aucune limite…



Mon avis



" Dark Web" de Dean Koontz est un thriller de facture classique flirtant avec la SF. L'originalité réside surtout dans les thèmes abordés. Le titre est un peu réducteur car de nombreux sujets sont traités en plus des secrets d'internet. Jane Hawk est une inspectrice du FBI. Elle s'intéresse à une vague de suicides qu'elle juge douteux d'autant plus que son mari est mort dans des circonstances très troublantes.
L'auteur plonge le lecteur dans une histoire qui semble très réelle mais qui se rapporte à la SF. Son art est de savoir jongler entre réalité et fiction : j'ai apprécié cet aspect car je ne suis pas trop fan de romans SF. Jane, l'héroïne elle-même et certains personnages sont transportés dans ce mélange bien dosé.

" -Tout va si vite aujourd'hui, on finit par accepter des vérités qui nous auraient rendu fous autrefois. Le monde était un simple manège, il s'est transformé en montagnes russes."

La profession de Jane lui permet de faire face aux embûches la confrontant à son enquête illégale. Elle ne bénéficie pas de nombreux soutiens et doit donc se méfier de tout. Ainsi parfois elle ressemble à une Lara Croft à la sauce FBI. Elle est capable de beaucoup d'exploits. Heureusement, au travers de flash-back, Dean Koontz laisse entrevoir une femme fragilisée par sa vie privée. Cette humanité et des pointes d'humour donnent une légèreté à cette histoire cruelle. Sans cela, le roman en serait froid et ennuyeux. De plus, une femme belle, forte et intelligente change un peu de ces héros sans peur et sans reproche que la littérature nous sert quelquefois.

mercredi 7 mars 2018

Jacques Bablon: " Jaune soufre"



Editions Jigal polar
192 pages



4 ème de couverture



D’un côté il y a Rafa pour qui le boulot se fait rare et qui, diplôme en poche, se voit contraint d’enchaîner des jobs merdiques. Avec sa chance insolente, il est même possible qu’une bande de cons viennent braquer la caisse de la station-service où il bosse… De l’autre il y a Warren, parti à l’autre bout du pays sur une moto volée à la recherche d’une petite sœur qu’il n’a jamais vue… Elle, c’est Marisa, une forte tête n’ayant que moyennement confiance en l’homme, et qui après avoir incendié un dépôt de nourriture et tenté d’empoisonner les animaux du zoo, ne compte vraiment pas s’embarrasser d’un frère dont elle n’a rien à faire ! Une mère excessive d’un côté, un père tué par balle de l’autre, un pactole qui tombe du ciel, un assassin qui court toujours… Tout est apparemment là pour que les retrouvailles n’aient rien d’un conte de fées et se règlent à coups de flingues…



Mon avis



" Jaune soufre" de Jacques Bablon est une pépite de 191 pages intenses. Un homme est assassiné et le fils de la tueuse va croiser la vie des enfants de ce type pas si sympa que sa descendance pourrait l'imaginer. L'histoire ne se raconte pas, elle se goûte et se respire.
L'auteur sait bien décrire des êtres paumés et violents.

Il n'y a pas de mots en trop dans ce roman, ça déménage! Jacques Bablon ne perd pas de temps. Je suis, dès les premiers mots, entrée dans l'intrigue. J'ai eu le souffle coupé et je vous souhaite de suffoquer à votre tour!

Le thème de la responsabilité est bien traité. Qui doit payer pour le malheur d'être né? Ainsi plus qu'un page turner, j'ai eu l'impression de lire également une satire sociale. L'auteur dessine dans "Jaune soufre" des personnages obligés de se débattre dans un monde impitoyable qui finalement est bien le nôtre.

" Père, mère, il a toujours été le mec qui se démerdait sans, pleurait pas, faisait semblant de ne pas être en carence. Il sent monter une colère. Contre personne. Une rage. Heureusement qu'il n'a plus le flingue, il aurait été tenté d'aller tuer le gendarme à moustache, comme ça, sans savoir pourquoi ce serait à lui de payer..."

Les phrases sont comme des bolides lancés sur une route d'enfer. J'imagine bien ces dialogues faire merveille sur grand écran. Pourtant l'écriture n'est pas prétentieuse. Jacques Bablon est tout simplement efficace grâce à sa culture et à son esprit facétieux.


jeudi 1 mars 2018

Jacques Jung: " Le cordonnier d' Aubusson"



Editions Gestenoir
248 pages


4 ème de couverture



Louis Ducral, un cordonnier, est retrouvé dans son échoppe à Aubusson, une baïonnette plantée dans le thorax. Alors que les premières constatations se dirigent vers un suicide, l’inspecteur Castellon se souvient avoir croisé la victime dans l’affaire Maxime Ténégrier, une précédente enquête restée non élucidée et qui n’a pas cessé de l’obséder.

C’est accompagné d’une jeune stagiaire qu’il retournera dans la Creuse, persuadé que les deux meurtres sont liés. 

Avec sa fraîcheur et sa vivacité, la jeune fille va bousculer les certitudes du policier aguerri et réussira à imposer sa place dans un monde machiste. 

L’action se déroule à la fin des Trente Glorieuses en ces années pompidoliennes marquées notamment par le cessez-le-feu au Vietnam, et en France par le combat des féministes pour le droit à l’avortement.



Mon avis

" Le cordonnier d'Aubusson" de Jacques Jung est une suite de " Vengeances en creuse" mais reste un livre qui peut se lire indépendamment du premier. Un cordonnier est retrouvé mort, une baïonnette dans le thorax. L'inspecteur Castellon va devoir intervenir à nouveau dans les alentours d'Aubusson pour revenir sur les premières constatations.

Ce qui change par rapport à "Vengeances en Creuse", c'est la venue d'une jeune stagiaire. Celle-ci apporte une touche de modernité en ce début des années 70. J'avais pourtant apprécié le côté désuet des années 60 dans le précédent ouvrage. Bien sûr, l'auteur s'attache encore à reprendre des expressions ou des exemples d'artistes de la décennie mais le charme est un peu rompu.
La jeune fille titille parfois l'inspecteur Diégo Castellon sur ses aspects vieille France. C'est parfois amusant mais trop caricatural à mon goût. J'aurais voulu des remarques plus axées sur les débuts de la libération de la femme mais cela n'apparaît que par touches, réussies mais trop rares.

mardi 27 février 2018

Catherine Mckenzie: " Les nouveaux voisins"



Editions Michel Lafon
428 pages



4 ème de couverture



Julie Prentice, son mari Daniel et leurs jumeaux de six ans emménagent à Cincinnati pour échapper à une femme qui a harcelé Julie après la parution de son roman Le Jeu de l’assassin, devenu un best-seller. Un charmant quartier résidentiel semble l’endroit parfait pour un nouveau départ.

Mais la présidente de l’association du quartier ne leur rend pas la tâche facile. À grand renfort d’e-mails et de lettres sur les règles de bonne conduite à suivre, elle régit la vie de tous et oppresse Julie qui doit faire face à la curiosité du voisinage.

Lorsqu’elle reçoit des menaces, Julie prend peur : sont-elles le fait de sa harceleuse ou de voisins malveillants ? Alors que la tension monte, les ennemis se révèlent et le calme apparent d’une rue sans histoires se transforme en cauchemar.



Mon avis



"Au nom de l'association de quartier de Pine Street (l'AQPS), je voudrais vous souhaiter, à tous et à votre famille, la bienvenue dans notre rue. Nous sommes ravis de votre arrivée, et espérons que vous adorerez ici tout autant que nous!"

Eh bien, dans tout le roman, on va vite comprendre que ce souhait est un leurre!
" Les nouveaux voisins" de Catherine McKenzie aurait pu aussi s'intituler " Les nouvelles Desperate housewives". Dans ce roman, en effet, on croise des couples aisés dans un quartier huppé de l'Ohio. Les épouses s'occupent de leurs enfants et des affaires des autres dans un climat de sécurité. Mais pour combien de temps ? Julie Prentice va l'apprendre en emménageant à Cincinnati alors qu'elle vient d'être harcelée suite à l'écriture d'un roman.

J'ai ressenti d'emblée de l'étouffement en compagnie de ces voisins. Ces personnes trop lisses qui vont jusqu'à interdire l’alcool lors de leur soirée. Leurs vies semblent réglées comme du papier à musique, elle est faite de lieux communs et un petit rien peut mettre le feu aux poudres.

"Tout le monde a son lot de complications, dans la vie.
Parfois on les choisit, parfois elles s'imposent.
L'important est de savoir les différencier. "

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