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vendredi 21 septembre 2018

Coin & Kwapinski: " Kiaï"



Editions Lucien Souny
224 pages


4 ème de couverture



Un violent incendie a ravagé un orphelinat religieux. Les pensionnaires sont évacuées et Marie, l’une des jeunes filles, est placée d’office dans un hôpital psychiatrique à Auxerre. À des centaines de kilomètres de là, à l’exception des morts qu’il a laissés derrière lui et des années qu’il a passées dans la Légion comme tireur d’élite, rien ne distingue Fabrice des autres habitants de ce village en pays cathare où il s’est désormais retiré. Jusqu’au jour où Peter Wolff, son vieux complice de randonnée, biker au look de Viking et prêtre défroqué, va attirer sur eux les foudres d’un groupe activiste catholique. Les méthodes de l’Inquisition renaissent de leurs cendres. En quoi cette croisade mortelle concernerait-elle Marie ? Pourquoi elle seule pourrait y mettre un terme ? Une intrigue vertigineuse, un thriller sobre, acéré et addictif.


Mon avis



Tout commence sans un espace qui aurait dû rester calme. Pourtant au fil des pages ce ne sera jamais le cas. L'atmosphère est lugubre à souhait. J'ai ressenti la pesanteur des lieux. J'ai frissonné comme si le froid et la noirceur du décor m'étaient très proches.

" La lumière rougeâtre qu'il répandait conférait une atmosphère inquiétante à ce corridor déjà lugubre. Les chambres qu'il distribuait étaient en fait des cellules de neuf mètres carrés comportant une douche minuscule et un lavabo. "

L’héroïne Marie se bat avec ses souvenirs. Elle ne sait plus comment appréhender le passé et le présent.
Les longueurs sont utiles; elles se calquent à merveille sur les paysages montagneux. Le style est une prouesse quand on sait que le roman a été écrit à quatre mains.
J'ai découvert des types de tortures se rapportant au Moyen Age et à l'Inquisition. C'est difficile à supporter mais impressionnant à lire.


" Un appareillage la maintenait en position fœtale, pliée en deux, la tête, les poignets et les chevilles prises dans des armures métalliques reliées entre elles par deux barres latérales. " Cette citation se nomme la torture " la fille du boueur".

J'ai relevé quelques éléments de la culture japonaise qui tranchaient avec la cruauté de l'action. Ainsi j'ai découvert les subtilités de la cérémonie du thé.

Certaines scènes sont  à la limite de l'insoutenable voire glauques. La fin du roman est particulièrement dérangeante et étonnante. Je ne me suis pas attendue à un tel final!
Au-delà de l'ambiance obscure, je me dois d'évoquer un petit passage croustillant voire sexuel totalement réussi. De quoi alléger cette ambiance très noire!

" Kiaï" est un roman  aux sensations d'effroi qui ne laisse pas indifférent. Cette écriture à quatre mains est une expérience à suivre.




Les auteurs



Alexandra et Erik vivent dans l’Yonne mais ils se réfugient dès qu’ils le peuvent dans un village niché, dans l’Aude, en terre cathare. Ils ont pratiqué les arts martiaux. Lui, a fait un détour chez les commandos avant d’enseigner la philo. Elle, a exercé plusieurs petits boulots avant de devenir enseignante. L’intérêt pour la psychologie et la lecture les a réunis. En 2016, ils ont signé ensemble La Voie du Talion aux éditions Aconitum/Fleur Sauvage (roman nominé en 2016 pour le prix du jury Dora Suarez). Alexandra Coin, de son côté, a publié Entraves, la même année, chez le même éditeur, roman préfacé par le psychiatre et écrivain Dominique Barbier, spécialiste des pervers narcissiques.

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