dimanche 24 juin 2018

Patrice Quélard: " Fratricide"



Editions  Les Amazones
497 pages


4 ème de couverture



1915 - premier grand conflit mondial.
James Mac Kendrick est nord-irlandais et catholique. Sur un coup de tête, il s'engage dans une unité de soldats protestants de sa province et va découvrir que son pire ennemi n'est peut-être pas là où il croyait le trouver.
Émile Buffet est un conscrit français et un jeune homme bon vivant, transpirant l'assurance. Face aux horreurs de la guerre, il tente de résister jusqu'au jour où une lettre lui parvient et le fait vaciller.
Ludwig Halpern est un sous-officier allemand promis à une carrière militaire d'exception et fait partie des rares à trouver une forme d’épanouissement personnel dans cette guerre.
Ces trois hommes l'ignorent encore, mais la barbarie de la guerre et de ses marionnettistes va lier leurs destins à tout jamais.

- PRIX DES LAURIERS D'OR 2017 -



Mon avis


" Fratricide" de Patrice Quélard emmène le lecteur au cœur de la première guerre mondiale. Le destin de trois hommes va s'y croiser. Il est impossible d'en dire plus sur l'intrigue sans dévoiler cette histoire très complexe. 
Le livre commence comme un roman de terroir mais j'ai compris par la suite que l'auteur ne s'arrêterait pas à ce genre littéraire, digne d’intérêt par ailleurs. Ensuite l'histoire aborde le roman historique et va vers une aventure humaine faisant intervenir les trois personnages principaux: le nord-irlandais et catholique James Mac Kendrick, le conscrit français Emile Buffet et le sous-officier allemand Ludwig Halpern. Patrice Quélard  offre aussi des passages philosophiques sur les horreurs de la guerre. Ce mélange des genres est assez déstabilisant mais l'auteur s'en sort très bien à ce niveau assez risqué.

"Oui, Buffet et tous les autres avaient changé de métier et étaient devenus des tueurs. Ils n'avaient pas eu le choix. Se souviendraient-ils des hommes qu'ils étaient avant, de ce qu'ils faisaient avant?Emile saurait-il encore semer et moissonner? Il se le demandait souvent. Redeviendrait-il un jour le même?Reviendrait-il un jour lui-même? "

jeudi 21 juin 2018

Alexis Aubenque: " La fille de la plage"



Editions Hugo Roman
465 pages


4 ème de couverture



En ce début d’été, Jason, Nathan, Keith et Sandy fêtent la fin de l’année universitaire.

Si certains sont issus des plus riches familles de Santa Barbara, la ville de tous les excès, et d’autres sont moins fortunés, un lien indéfectible les unit depuis leur enfance. La soirée s’annonce sous les meilleurs auspices. Mais la découverte de Chelsea, jeune fille retrouvée inconsciente sur la plage, s’apprête à changer à tout jamais leur existence.

Avec une candeur désarmante, elle s’immisce dans chacune de leurs vies. Prodiguant des conseils à Sandy, fragile et peu sûre d’elle, mais aussi à Nathan en proie à un inquiétant maître-chanteur.

Quant à Keith, totalement envoûté par Chelsea, il est prêt à tout pour la défendre.

Mais en vaut-elle vraiment la peine ? Est-elle aussi ingénue qu’elle en a l’air ? Jason, seul à émettre des craintes à son endroit, a-t-il raison de se méfier alors que les trois autres sont tombés sous son charme ?

Au travers de cette rencontre, les quatre étudiants vont se retrouver en proie au doute. Et chacun va se remettre en question et se confronter à ses désirs et à ses contradictions, pour au final relever le défi le plus exigeant qui soit : la découverte de soi-même.


Mon avis



" La fille de la plage" est un roman " feel good". Alexis Aubenque met de côté les codes du thriller pour laisser place à un roman moins angoissant à lire. C'est l'histoire d'une bande d'adolescents menant une vie mondaine à Santa Barbara.

Mais ce n'est pas que cela car une apparition sur une des plages va chambouler la vie des personnages. Quelle est la véritable identité de cette jeune fille retrouvée? A-t-elle vraiment perdu la mémoire?

Chelsea parait comme une fille simple et commence à rentrer dans le groupe de ces jeunes adolescents: elle se lie d'amitié avec Nathan, Jason, Sandy, Keith mais aussi avec Dodi.

C'est grâce à la fête des lauréats des " Class Awards" que l'histoire commence. Alexis Aubenque prend le temps de décrire chacun des adolescents. Ils sont liés pour la vie et se connaissent depuis très longtemps. L'amitié est mise à l'honneur. Ils forment une sacrée équipe si bien qu'ils se sont jurés de tout dire, un pacte a été conclu entre eux.

" Jason ouvrit sa main droite et regarda la cicatrice qu'il s'était faite en s'entaillant la main alors qu'il n'avait que douze ans. Chacun avait fait de même avant de se serrer la main. Un pacte de sang qui avait scellé leur amitié. "

Lors d'un soir sur une des plages californiennes, Nathan et Laura décident de passer à l'acte mais une ombre apparaît: une jeune fille s'est évanouie. Nathan demande de l'aide auprès de ses amis.

" Parcourant les derniers mètres, il reconnut le corps d'une femme, la tête presque enfouie dans le sable mouillé du rivage. Immobile, alors que les vagues venaient lui lécher les pieds. " 

lundi 4 juin 2018

Nicolas Beuglet: " Complot"



XO Editions
496 pages


4 ème de couverture



Après le best-seller Le Cri, le nouveau thriller de Nicolas Beuglet !

Un archipel isolé au nord de la Norvège, battu par les vents. Et, au bord de la falaise, le corps nu et martyrisé d’une femme. Les blessures qui déchirent sa chair semblent être autant de symboles mystérieux.

Quand l’inspectrice Sarah Geringën, escortée par les forces spéciales, apprend l’identité de la victime, c’est le choc. Le cadavre est celui de la Première ministre.

Qui en voulait à la chef de gouvernement ? Que cachait-elle sur cette île, dans un sanctuaire en béton enfoui au pied du phare ? Sarah, très vite, le pressent : la scène du crime signe le début d’une terrifiante série meurtrière. Dans son enquête, curieusement, quelqu’un semble toujours la devancer. Comme si cette ombre pouvait lire dans ses pensées…

De la Norvège à la vieille cité de Byblos, et jusqu’au cœur même du Vatican, c’est l’odeur d’un complot implacable qui accompagne chacun de ses pas. Et dans cette lutte à mort, Sarah va devoir faire face à ses peurs les plus profondes. à ses vérités les plus enfouies…

Étayé par les dernières découvertes de la science et de l’histoire, Complot explore les secrets premiers de l’humanité. 


Un thriller époustouflant. Et une révélation bouleversante sur ce que fut, il y a fort longtemps, le pouvoir des femmes.



Mon avis




Après " Le cri", Nicolas Beuglet revient avec un thriller au rythme décapant et ingénieux!

" Le complot" se révèle être un roman colossal et virevoltant dans lequel on retrouve le duo Sarah/ Christopher.

Quand l'hélicoptère des Forces spéciales norvégiennes se pose d'urgence pour aller chercher Sarah, c'est que l'affaire est d'une extrême urgence. Le corps de la Première ministre norvégienne est retrouvé sur un îlot rocher dans un état terrifiant et alarmant. Quelles sont les circonstances de la mort?

Pourquoi un tel acte a-t-il été commis sur cette femme?
" A moins d'un mètre à peine du bord de la falaise , elle découvrit le corps gras, nu, allongé, face contre terre. Le corps d'une femme. La peau était blafarde, prenant par endroit des teintes bleuâtres."

Sarah va devoir mener cette enquête laissant Christopher et Simon de côté.

En ce qui concerne le personnage de cette enquêtrice, elle me fait beaucoup penser à Lara Croft, elle n'a peur de rien, fonce sans réfléchir et possède une très grande férocité.

Âme de guerrière jusqu'au bout, elle sait braver les obstacles dans cette affaire quelque soit la destination.

Mais l'amour de ses proches la rend encore plus courageuse.

vendredi 1 juin 2018

Patrick Tudoret: " Printemps acide"




Editions De Borée
176 pages


4 ème de couveture



Nom : Le Stang. Prénom : Roch. Age : 46 ans et des broutilles. Raison sociale : commissaire divisionnaire, patron de la DIPJ de Bordeaux. Signe particulier : Breton abrupt, taillé dans le granite. Pourquoi cette convocation du directeur général de la " Grande maison " et cette brillante promotion au rang de contrôleur général sonnent-elles pour lui comme une sanction, une mise à l'écart, un avertissement qui viendrait " d'en haut"? C'est le début de cinq jours fous. Cinq jours haletants. Une enquête explosive aux lisières du pouvoir dont il sortira meurtri. Et si, resurgie d'un passé oublié, Claire était la clé de tout...? Fantômes du passé, assassinats, filatures, interrogatoires, écoutes téléphoniques, réseaux d'influence et machination impliquant des politiques au plus haut niveau... Tels sont les ingrédients de ce brillant polar à la française au style enlevé, à l'humour acéré.



Mon avis



" Printemps acide" de Patrick Tudoret nous fait passer cinq jours avec Roch Le Stang, commissaire divisionnaire, patron de la DIPJ de Bordeaux. Cet homme est brillant et respecté par son équipe. Et pourtant une promotion au goût de sanction lui est offerte sur un plateau douteux.

J'ai tout de suite trouvé Le Stang très sympathique. Il n'est pas forcément original mais c'est un flic doté d'humour noir. L'auteur lui insuffle une efficacité et un caractère sarcastique. Certains clins d’œil sont savoureux voire potaches. Cependant les moments émouvants ne sont pas absents. Le Stang, s'il sait être humain, ne verse jamais dans la guimauve.

Le style est vivant, agréable et sans longueur. Patrick Tudoret a une belle écriture capable de décrire les états d'esprits des personnages sans concession. Les mots collent à la peau des différents protagonistes. Il est parfois tendre avec son flic mais impitoyable avec la galerie de portraits d’imbéciles et de pédants. Cela a été un régal pour moi tout au long de ma lecture. 

mardi 22 mai 2018

J.B. Leblanc: " Sombres résurgences"


Editions Fleur Sauvage
396 pages


4 ème de couverture



Paul Grassi, fonctionnaire de police à l’unité de protection sociale, n’en peut plus de sa profession. Il ne gère plus ce quotidien de violence, de sordide, de misère humaine et de pression psychologique. Son métier a fait de lui un homme violent envers ses enfants et négligeant envers son épouse.
Un jour, il craque et quitte le domicile conjugal sans prévenir sa famille. Il ne se présente plus à son travail. Sa hiérarchie n’ayant pas été avisée, Paul devient un homme recherché. Il s’éloigne de sa vie pour atterrir dans un village du nord de la France, achète une maison en ruine pour y vivre en ermite et se couper de toute relation humaine.

Mais cette maison a appartenu à une personne particulière, toujours en quête d’un secret enfoui. Et le village abrite un tueur en série en sommeil depuis près de trente ans… L’arrivée de Paul Grassi va provoquer de nombreux remous.


Mon avis



JB Leblanc dans " Sombres Résurgences" raconte une étrange histoire mêlant une vieille maison et un fonctionnaire de police, Paul Grassi, qui craque face à la noirceur de la vie et de son métier. Je ne veux pas en dire plus par crainte de divulguer l'intrigue.

Effectivement les personnages sont nombreux même si Paul Grassi est le héros. Ces différentes existences s'imbriquent pour aboutir à une histoire d'une grande complexité. L'auteur parvient à faire suivre ces diverses dimensions sans difficulté. Il est très clair dans cette démarche et cela est une des grandes qualités de JB Leblanc.

Il est aussi très méticuleux, ne laissant rien au hasard à l'image de Grassi. Parfois, malheureusement, cela engendre quelques longueurs préjudiciables au rythme de l'action. Ainsi les obsessions du personnage principal sont mises en avant et contribuent à faire mieux connaître son caractère mais j'ai ressenti un peu de lassitude à retomber à plusieurs reprises sur ces éléments, certes importants, mais trop souvent évoqués.

mercredi 16 mai 2018

Jean-Hugues Oppel: " Zaune"



Editions Archipoche
192 pages


4 ème de couverture



La Zone. Un territoire au-delà du périphérique. Des pavillons entassés, des achélèmes tristes et des parkings sans printemps. Des usines et des humains en ruine. Des loubards, des flics et des malfrats.
Et Zaune, la fille cuivre et or. Qui n’a pas vingt-quatre heures pour sauver son frère, un toxico victime des jeux d’argent, poursuivi par deux tueurs pour récupérer un kilo d’héroïne et un paquet de fric qu’il a subtilisés au dealer en chef.
Zaune prend les choses en main. Aidée de deux animateurs de MJC, elle escamote « Nanard » aux yeux des flics et des truands qui n’en reviennent pas d’une telle audace. Début d’une traque ponctuée de violence et de souffrance… À quoi bon ? Pour donner un sens à sa vie.
Dans un style rapide et sec, plus efficace qu’une descente de police, Zaune est une course poursuite à travers la banlieue des années 1990, quand les ordinateurs personnels balbutiaient et que le téléphone portable ne faisait rêver qu’au cinéma. Mais l’Homme était déjà un loup pour les petits chaperons rouges de la Cité…


Mon avis



Avec "Zaune", Jean-Hugues Oppel a mis le turbo. C'est un petit roman mais qui est très dense et nerveux. L'action se situe dans les années 90 car "Zaune" était sorti en 1991 dans la collection "Série noire". Zaune est le prénom de la jeune fille qui va tenter de sortir son frère d'une situation très délicate. 

Plus que l'histoire qui est une sorte de course poursuite, j'ai apprécié les relations entre les personnages hauts en couleurs. Zaune est une fille courageuse et attachante. L'auteur sait bien la faire vibrer avec sa chevelure flamboyante, parfois j'avais l'impression de la voir vivre. Les descriptions sont en effet trés réalistes. 

Aussi l’atmosphère est très bien mise en avant. J'ai plongé dans le social et ses difficultés. La misère de la Zone est décortiquée au scalpel. Jean-Hugues Oppel tranche dans le vif et ça fait très mal. 

" C'est un réel plaisir de jouer avec Micheline, c'est un vrai livre ouvert. Brune, cheveux raides, poitrine provocante, elle adore taper le carton avec les potes, ça lui fait oublier ses cinquante-deux heures de caisse enregistreuse au super-hyper du centre commercial. Même avec la lecture optique des codes-barres, c'est lessivant, malgré les pauses pipi. Chronométrées par la subalterne-chef. " 

La cruauté de la rue est froidement décrite avec un style rapide, un débit d'écriture haletant. C'est fulgurant et jouissif à lire. Ce roman est pour moi une satire d'une époque sordide qui laisse de côté des familles et des adolescents dans la souffrance et le dénuement. Les jeunes filles y sont parfois considérées comme des animaux, déjà perdues. 

" Une moue de maquignon. Appréciation flatteuse de la bête. Jauge. Elle est nue sur le trottoir, déjà promise au bordel. Evaluée, tarifée, cataloguée. Tout en un imperceptible mouvement de lippe. Elle voudrait échapper à cette emprise. " 

Dans " Zaune", j'ai trouvé beaucoup de noirceur mais également une bonne dose d'humour. Bien sûr c'est grinçant mais très réjouissant, toujours bien calibré. 

On l'aura compris, j'ai beaucoup aimé ce roman fulgurant. L’atmosphère y est privilégiée à l'histoire mais cela ne m'a pas du tout gênée car le rythme est porteur jusqu'au bout.


L'auteur

                       


Né à Paris en 1957, Jean-Hugues Oppel commence sa carrière dans le cinéma en tant qu'assistant caméra, et collabore notamment avec Ariel Zeitoun, Bertrand Tavernier et Roman Polanski. Il publie son premier polar dans la Série noire de Gallimard en 1983 : Cabine et Gunn. Suivront, notamment, Barjot (1987), Zaune (1991) ; chez Rivages/Noir : Ambernave (1995, Grand Prix de Littérature policière), Ténèbre (1998, Prix Sang d'encre)...

lundi 14 mai 2018

Marin Ledun: " Ils ont voulu nous civiliser"



Editions Flammarion
240 pages


4 ème de couverture



Thomas Ferrer n'est pas un truand. Pas vraiment. Les petits trafics lui permettent de sortir la tête de l'eau, même si la vie n'a pas été tendre avec lui. De petits larcins en détournements de ferraille, le voilà face à face avec un truand, un vrai cette fois. Celui-ci, laissé pour mort par Ferrer, embarque deux frères assoiffés de vengeance à la poursuite de son agresseur. La traque sera sans pitié, alors qu'une puissante tempête s'abat sur la région.


Mon avis



J'ai déjà lu pas mal de bouquins de l'auteur et à chaque fois, je suis admiratrice de ce que Marin écrit.
Il arrive à raconter et à mettre en action des personnages simples mais aussi abîmés par la société et la vie.
Avec une écriture directe, coupée au vif, il capte le lecteur et fait vivre ses protagonistes de façon magistrale.

Dans " Ils ont voulu nous civiliser", Marin Ledun attire l'intention sur un des personnages voire deux; Thomas Ferrer. C'est un jeune homme qui veut se faire du fric en vendant des poules et des canards. Il collabore avec Baxter mais un jour l'affaire tourne mal. S'ensuit une chasse à l'homme où les événements naturels se déchaînent. Les pinèdes virevoltent et les bourrasques se font sentir à Begaarts. Le cyclone extratropical commence à prendre rage mais il n'est pas le seul car Villeneuve, Corral, Baxter sont prêts à tout pour traquer Thomas Ferrer.

" Chacun son karma, mon pote ! T’as besoin de pognon, pas eux ! T’es devenu éboueur de grandes surfaces, un peu comme ces petits vers de terre chargés de la décomposition des matières organiques. Tu représentes l’un des maillons essentiels du cycle naturel. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. "

jeudi 3 mai 2018

Amélie Lamiée: " Comme la fleur sur l'arbre"



LBS Sélection
231 pages


4 ème de couverture


Juliette, 6 ans, est accueillie par ses grands parents paternels suite au décès de ses parents dans un accident de voiture. Petite fille sensible et émotive, elle ressent un malaise chez eux au sujet du passé de son père. Elle se lie d'amitié avec Stéphane, petit garçon solitaire et ombrageux dont les parents tiennent une ferme dans un village voisin. Leur amitié se brise un jour, sans que Juliette ne comprenne pourquoi, et tout bascule lorsqu'elle apprend, une fois entrée au lycée, que Stéphane s'est suicidé. 
Cet événement va pousser Juliette à vouloir comprendre les raisons de la mort de son ami. Cette quête de vérité va la mener bien plus loin qu'elle n'imaginait, sur le chemin de sa propre histoire familiale.



Mon avis


Je suis heureuse de lire ce roman proposant un nouveau label LBS Sélection. L'auteure avait déjà écrit" Un cri silencieux" aux éditions Fleur Sauvage qui m'avait profondément marquée. Cette fois-ci Amélie Lamiée propose un tout autre genre. Dans " Comme la fleur sur l'arbre", le lecteur suit principalement une petite fille âgée de 6 ans prénommée Juliette. Elle va devoir vivre avec ses grands parents, Claude et Jeannette, car ses parents sont morts suite à un accident de voiture.

" Il s'agissait de sa première journée en primaire, dans une nouvelle école où elle ne connaissait aucun de ses camarades. Juliette venait tout juste de fêter ses six ans au mois d’août. Premier anniversaire sans ses parents. Première rentrée sans eux. "
Juliette devra faire preuve de patience et prendre de nouveaux repères pour vivre avec ses derniers. Elle tente de faire les gestes qu'il faut de façon à ne pas offusquer Jeannette car elle est très maniaque.

A l'école, Juliette se lie d'amitié avec Stéphane, ce garçon solitaire et parfois brusque. Cette relation semble gênée ses grands parents. Ainsi le passé et certains événements resurgissent.

" - Il s'appelle Stéphane. Stéphane Boidin.
Le visage de la grand-mère se ferma, comme chaque fois qu'elle recevait une information qu'elle devait analyser et digérer. "

vendredi 20 avril 2018

Amy Lloyd: " Innocente"



Editions Hugo Thriller
393 pages


4 ème de couverture



Quand la toute jeune Holly Michaels disparaît au printemps 1992 de la petite commune de Red River en Floride, l’enquête de la police locale se concentre très vite sur Dennis Danson, un jeune marginal de 18 ans. Il sera condamné à mort pour ce crime. D’autant que certains le suspectent d’être également à l’origine d’autres disparitions mystérieuses dans la région.
Aussi, quand il est libéré en 2014, après 21 ans passés dans le couloir de la mort, grâce à de nouveaux témoignages l’innocentant, une nouvelle vie de couple s’ouvre à Dennis... et Sam. Sam, jeune Britannique esseulée qui s’est prise de passion pour le cas de Dennis, est allée jusqu’à l’épouser pendant son incarcération.
Mais la lune de miel prend rapidement une tournure angoissante entre la gêne évidente de ce couple inexpérimenté, la pression médiatique et les rancœurs locales qui les plongeront inévitablement au cœur des secrets les mieux gardés de la communauté farouche de Red River...

Amy Lloyd est une jeune auteure britannique.
Elle a remporté en 2016 le Prix du premier roman du Daily Mail avec son thriller Innocente (The Innocent Wife en VO), sorti en janvier 2018 au Royaume-Uni.
Les droits ont été cédés dans 17 pays et les droits d’adaptation audiovisuelle ont été acquis par les producteurs de La Fille du train.

Mon avis



Amy Lloyd avec "Innocente" nous raconte l'histoire de Samantha, une enseignante anglaise et de son mariage avec un détenu, Dennis. Celui-ci est accusé du meurtre d'une jeune fille mais est finalement reconnu innocent. Comment leur vie va-t-elle évoluer après la libération d'un homme habitué à la prison depuis vingt ans?

L'auteur sait du début à la fin parfaitement jouer sur les ambiguïtés. On se doute qu'il y a maldonne mais c'est un vrai régal de suivre les doutes et les angoisses de Samantha.

" Ce n'était pas vraiment le mariage auquel elle aurait pu aspirer, admit-elle, mais elle n'avait jamais été obnubilée par la question. Le groupe qui l'entourait manifestait une joie simple et contagieuse, et cela l'aidait à dissiper les embryons de doute qui grossissaient en elle de temps à autre. La crainte montait parfois comme une crue - froide et insidieuse."
Tout est en faux semblant comme la belle couverture du livre. Les hypothèses se sont succédées dans mon esprit sans que jamais je ne devine la suite de l'intrigue. Bien sûr, j'ai parfois perçu certains éléments mais l'originalité de l'histoire m'a bien bluffée.
J'ai plongé dans l'univers de l'auteur, ce décor du sud des Etats-Unis dans sa moiteur et sa luxuriance. Les lieux sont souvent sordides dans une nature pourtant très belle. Amy Lloyd parvient à dépeindre les endroits sales et en perdition... Un peu comme les personnages et la noirceur de certains protagonistes. Vouloir nettoyer le passé est-il possible?

dimanche 15 avril 2018

Victoria Redel: " Nous avant tout le reste"



Editions Flammarion
304 pages


4 ème de couverture



Sur cette photo, ce sont elles avant tout le reste. Elles? Cinq amies d’enfance réunies pour quelques jours dans la maison d’Anna en plein Massachusetts. Tout le reste? C’est ce qu’elles ont traversé, chacune, parfois ensemble, des quatre cents coups de l’adolescence jusqu’aux femmes qu’elles sont devenues, c’est-à-dire la vie et son cortège de mariages, séparations, enfants, drames et joies. Aujourd’hui le temps a passé et Anna, la forte tête du groupe, est malade. Mais pour l’heure, il y a encore cette amitié qui a survécu à tout et qui est, elle, plus vivante que jamais.

Avec ce roman dont la forme éclatée en fragments fait écho au «puzzle de la mémoire» que nous portons en chacun de nous, Victoria Redel signe une très belle ode à l’amitié à travers cinq portraits de femmes plus vraies que nature et réveille les questionnements qui nous traversent à toutes les étapes de la vie.


Mon avis


Les cinq amies de "Nous avant tout le reste" de Victoria Redel vivent des événements qui peuvent jalonner l'existence de nombreux lecteurs. Anna, la plus éclatante et délurée de ce cercle va bientôt mourir après plusieurs rémissions d'un cancer. Elle ne veut plus recommencer de traitements. A partir de là, le roman fait dérouler les visites de ses  quatre amies et le passé ressurgit.

" Anna ferma les yeux. Elle écoutait. Elle connaissait par cœur les intonations et inflexions des voix de ses amies. Jusqu'aux pauses de Caroline pour trouver le mot juste. Elle ressentait un bien-être qu'elle ne s'expliquait pas. Qu'elle n'aurait jamais pu imaginer. Et qui était  en partie dû au fait qu'elle n'avait plus à se forcer. "

Je dois avouer d'emblée que l'histoire ne m'a pas vraiment séduite. Pourtant ce roman a des qualités certaines. Des qualités qui n'entrent pas dans mes critères. 
Tout d'abord, cette amitié très forte unissant les cinq femmes est très bien dépeinte. Cependant je trouve que c'est un thème souvent repris dans la littérature et Victoria Redel n'ajoute rien de nouveau.

Aussi, la description d'un quartier aisé avec des gens très riches est assez banal et parfois pesant quand ces dames se plaignent de petits soucis. il est vrai que ces femmes qui ont réussi leur vie professionnelle sont bien décrites. Et parfois, leurs malheurs sont plus touchants que l'ensemble des événements de l'intrigue. Seulement je n'ai pas été personnellement sensible à ces péripéties.

samedi 14 avril 2018

Interview: " Vincent Hauuy"



Je suis heureuse de vous présenter Vincent Hauuy et pour le connaitre un peu plus il s'est pris au jeu en répondant à ces quelques questions.

Si vous n'avez pas encore lu ses romans, vous pouvez également lire mes ressentis sur  Le tricycle rouge" et sur  Le brasier". Ses deux romans sont apparus aux éditions Hugo thriller.



1- Comment te définirais-tu ?

Plusieurs adjectifs me viennent en tête : rêveur, passionné, angoissé, épicurien, bienveillant, hypocondriaque.


2- Comment t'est venue l’idée d’écrire ?

Depuis très jeune. Je suis tombé amoureux de la fantasy en lisant "Bilbo le Hobbit". Plus tard, j’ai mis la main sur les livres de Stephen King de ma mère. Je me suis dit, j’ai envie de faire cela moi aussi. Raconter mes propres histoires.


3- Quels sont tes auteurs préférés ?

Il y en a pléthore. Mais quatre se distinguent par le rôle de « mentor » que je leur attribue : Stephen King, G.R.R. Martin, J.R.R. Tolkien, Phillip K Dick. Avec une mention spéciale pour Dan Simmons dont j’ai lu plusieurs fois le cycle d’Hyperion et dont je suis très admiratif de son thriller fantastique « L’échiquier du mal »


4- Quel est ton film préféré ?

Je pense qu’on pourrait me poser plusieurs fois la question et à chaque fois je pourrais avoir une réponse différente, selon l’humeur. Je pense que le film que j’ai vu le plus c’est Excalibur de John Boorman. Mais j’aurais pu dire Blade Runner, The Thing, Alien… Dans les plus récents, j’hésiterais entre Inception, Interstellar, Dunkirk, Blade Runner 2049, Sicario (on voit quels réalisateurs je préfère) mais aussi Whiplash et LaLaLand.


5- Comment as-tu créé ton personnage Wallace?

Il est venu à moi plus que je ne l’ai créé en fait. J’avais en tête un personnage brisé, qui avait été brillant par le passé, mais qu’un accident avait diminué. Il devait vivre avec l’ombre de ce qu’il avait été, tout en trouvant un moyen de se redéfinir, se reconstruire. Un monstre d’analyse qui doit appréhender ses investigations avec son intuition plutôt qu’en comptant sur son intellect. À ce moment, je n’avais encore rien défini de son passé ni de l’histoire. Il y avait juste ce personnage qui me hantait, tout comme le prologue du Tricycle Rouge.


6- Comptes-tu écrire de nouveau un roman avec les mêmes protagonistes ?

Oui, mais cela n’est pas prévu pour tout de suite.


7- Quel est le moment le plus propice pour écrire ?

Après plusieurs essais, c’est soit tôt le matin, soit tard le soir. C’est le moment où le monde des rêves affleure, où la barrière qui sépare le monde réel et le monde onirique devient poreuse. Manque de chance, c’est à ce moment que je suis le plus fatigué. Après, j’écris surtout quand je le peux, sur le temps de midi, en rentrant du travail, en pleine journée.


8- Quelles sont tes passions en dehors de l’écriture ?

La musique, j’ai été batteur pendant dix-huit ans, j’ai fait de composition musicale également. Le jeu vidéo, mon métier est concepteur de jeu. Le jeu de rôle, moins maintenant, mais pendant les années 90-2000, c’était intense (j’étais maître de jeu pour la plupart du temps, j’écrivais mes scenarii), le monde de l’audiovisuel en général. Films, Séries TV. Les voyages (j’adore découvrir de nouvelles cultures et nouveaux paysages). La gastronomie (j’aimerais faire un tour du monde pour découvrir les spécialités culinaires de chaque pays). Et la science, bien sûr.


9- Prépares-tu déjà ton prochain roman, va-t-on suivre de nouveau Wallace? 

Je suis en train de préparer mon nouveau roman, mais ce sera sans Wallace, cette fois-ci. Un roman plus intime, et moins « choral », puisque le nombre de personnages sera plus limité.


10- Libre à toi de conclure cette interview.

Merci, alors j’en profite pour remercier chaleureusement mes lecteurs. C’est une chose d’écrire seul pendant des mois, donner naissance à son œuvre, lutter, s’enthousiasmer, rire, grincer des dents, plaquer sa tête entre ses paumes en soupirant, crier « Yes ! » en levant les bras quand une idée vient vous libérer d’une impasse. C’en est une autre de placer son bébé sur les présentoirs et de le laisser poursuivre sa route entre les mains des lecteurs. Angoisser en espérant qu’il lui sera fait un bon accueil. Pour le moment, je ne peux que me réjouir, alors, merci encore une fois.

N'hésitez pas à vous procurer " le tricycle rouge" sorti en livre de poche.




dimanche 8 avril 2018

Vincent Hauuy: " Le brasier"



Editions Hugo Thriller
526 pages



4 ème de couverture



Quand le général Lavallée engage Noah Wallace pour retrouver les assassins de sa fille Sophie, le profileur refuse de croire à sa mort.
Persuadé que la jeune journaliste et blogueuse est en danger, mais vivante, il accepte la mission et mène l’enquête avec Clémence Leduc, sa troublante partenaire.
Mais tous deux vont très vite se rendre compte que les ramifications de cette disparition sont beaucoup plus vastes qu’il n’y paraît et pourraient être liées à la récente vague de meurtres et de suicides inexpliqués qui frappent l’ensemble du territoire américain.
Hanté par les visions d’un petit garçon sans visage et d’un brasier d’où s’échappent des cris d’effroi, Noah va se retrouver au cœur d’une investigation menée tambour battant mais qui le mènera aux portes de la folie.

Concepteur de jeux vidéo, Vincent Hauuy aime créer des puzzles, tisser des intrigues et donner vie à des personnages. Son premier roman, Le Tricycle rouge, paru en 2017, a remporté le Prix VSD RTL du meilleur thriller français présidé par Michel Bussi et conquis plus de 50 000 lecteurs.


Mon avis




J'avais beaucoup aimé" Le tricycle rouge" et c'est avec plaisir que j'ai abordé " Le brasier" de Vincent Hauuy. J'ai retrouvé Noah Wallace qui doit rechercher l'assassin de Sophie Lavallée. Mais pour lui celle-ci n'est pas morte ! A-t-il raison ? Comment va-t-il avec Clémence Leduc entreprendre cette enquête à haut risque?

" Le brasier" est une fois de plus un moment très agréable de lecture. Ce livre est une suite du " Tricycle rouge" car les personnages sont les même mais l'intrigue est différente. On peut donc lire les deux ouvrages indépendamment. Cependant la complexité des relations entre les protagonistes me fait dire qu'il est quand même préférable d'avoir lu "Le tricycle rouge" en premier. De plus les liens entre chacun d'entre eux sont tellement riches qu'il serait dommage de ne pas les suivre dans l'ordre chronologique. On n'en apprécie que mieux l'écriture de Vincent Hauuy.

" C'est peut-être ça, le plus rageant. S'être fait damer le pion par une jeune ex-recrue du CSIS et par une ancienne marionnette de la CIA à moitié timbrée."

Le style est impeccable, les traits d'humour très fins. L'auteur sait manier les mots avec une grande classe. L'écriture coule et s'infiltre dans les neurones du lecteur qui n'en sortira pas indemne. Malgré la violence des situations, le livre n'est jamais vulgaire. Il y a chez Vincent Hauuy un respect des lecteurs. Son souci du détail et un travail en profondeur sur les thèmes abordés se font ressentir.

mercredi 4 avril 2018

Philip Le Roy: " Le neuvième naufragé"



332 pages
Editions du Rocher


4 ème de couverture




« Et si parmi vos amis sur Facebook se cachait votre pire ennemi ? »

Sur une petite île inhabitée de Méditerranée, huit touristes naufragés soupçonnés d'avoir tué l'un d'entre eux, sont interrogés par une criminologue d'Interpol qui comprendra trop tard qu'elle n'est qu'un pion sur l'échiquier d'une vengeance diabolique.

« Un roman que vous voudrez relire après le twist final ! »

Né à Toulouse l'année de la publication du premier chef-d'oeuvre de Philip K. Dick, Philip Le Roy est écrivain et scénariste, auteur de 14 romans et lauréat du Grand Prix de Littérature Policière. Quand il ne s'aventure pas à l'autre bout du monde, il vit dans le Sud de la France.


Mon avis



Dans " Le neuvième naufragé" , Philip Le Roy nous offre un huis clos non loin d'une île se trouvant au large de Gibraltar.

Le voilier " Spanish Queen" s'est retrouvé en flammes avec huit naufragés totalement effrayés.
Que s'est-il réellement passé à bord de ce ketch?

Eva Velasquez, psycho-criminologue pour Interpol, va tenter d'élucider cette affaire même si sa crainte d'être sur cette île la rend nerveuse. Il faut dire que cette belle flamboyante est devenue veuve car son mari s'est noyé lors d'une régate. Depuis Eva a la phobie de l'eau.

Elle prend connaissance de l'affaire " Spanish Queen" en allant sur cette île. Quatre garçons et cinq filles de nationalités différentes sont à bord de ce voilier. Tous partagent les mêmes passions qui sont le voyage et la voile. Grâce au réseau Facebook ils se sont réunis pour ainsi partager un bon moment.
Ce sera de courte durée, le voilier s'échoue et l'un des passagers est porté disparu.Il s'agit de Dorian Panzer-Vaugel, fils du Consul de France à Madrid.

Eva interroge alors chacun des rescapés....

dimanche 1 avril 2018

Natalie Carter et Nicolas d'Estienne d'Orves: " Le silence et la fureur"



XO Editions
368 pages


4 ème de couverture



Un lac perdu de l’Ontario, et au milieu, une petite île escarpée où souffle le vent mauvais du soupçon.
Max King, pianiste adulé dans le monde entier, y vit reclus dans sa maison, prisonnier de ses obsessions et de ses cauchemars.
Il y a dix ans, un drame l’a condamné au silence : la moindre note sur le clavier provoque en lui d’effrayantes douleurs.
Pour cet immense artiste, la musique est devenue un bourreau.
Mis à part sa gouvernante, Max King ne voit personne. Ni sa femme Fiona, ni son fils Luke, qui a quitté l’île et que tout le monde surnommait le « petit prince ».
Un futur pianiste de génie, comme son père.
Le retour de Luke résonnera comme un cataclysme sur cette terre maudite.
Et du silence jaillira bientôt la fureur. Le romancier Nicolas d’Estienne d’Orves signe avec sa mère, Natalie Carter, scénariste, un thriller psychologique redoutable, où il est question de musique, d’îles, de lacs lointains, de nature dévorante, de piano mortel, de crimes irrésolus et de passions impunies.


Mon avis



Nathalie Carter et Nicolas d'Estienne d'Orves ont écrit ensemble "Le silence et la Fureur" : un duo mére-fils qui aborde le monde de la musique classique. N'étant pas une spécialiste de cet univers, j'ai appris des choses mais suis peut-être aussi passée à côté de quelques références. Néanmoins, j'ai suivi avec intérêt les contours d'un drame se situant sur une île escarpée au milieu d'un lac dans l'Ontario.

Max King était un pianiste renommé mais un drame dix ans plus tôt l'empêche de rejouer du piano. Le retour de son fils Luke remue le couteau dans la plaie du musicien très pertubé.

Dès les premiers chapitres, j'ai ressenti l'importance de la nature dans l'intrigue. Elle est comme un personnage qui ponctue les moments forts et les crises du pianiste. Elle est une musique suivant l'action d'autant plus que les rafales et la pluie ne cessent de torturer la petite île et ses habitants.

" Surtout, il y avait la nuit.
Cette grande nuit de l'hiver canadien. La nuit profonde, impénétrable, de la nature brute. Une nuit sans lune, sans étoiles, sans le moindre signe de ce qui peut exister lorsque revient le soleil. L'heure où les arbres ont des griffes, où les choses prennent vie, où l'obscurité vous aspire, comme une crevasse."

vendredi 30 mars 2018

Yannick Dubart: " La fille qui se faisait des films"



Editions Fleur Sauvage
231 pages
Parution le 3 Avril 2018

4 ème de couverture



Après une attaque cérébrale, la quadragénaire Emma est obligée de partager une chambre d’hôpital avec une vieille dame. Celle-ci lui raconte des histoires étranges, évoquant la mort d’une belle opportuniste dans les années 50. L'affaire aura été classée mais Emma, intriguée, décide de la rouvrir... peut-être à ses dépends.

Roman policier savoureux, La fille qui se faisait des films est aussi un subtil portrait de femme qui, grâce ses références et sa construction, ravira le cinéphile dormant en nous.


Mon avis



Emma se retrouve à l’hôpital suite à un AVC ; une maladie qu’on ne voit pas forcément mais provoque par la suite des séquelles physiques et cérébrales. Elle partage sa chambre avec une vieille dame prénommée Marie-Ange. Sa seule préoccupation est de regarder Derrick ou Navarro. Un jour elle confie un secret à Emma.

" Vous savez jeune fille, je sais qui a commis le meurtre... " 

A partir de là, Emma commence à douter de la santé mentale de Marie-Ange, d'autant plus que ce secret est assez ancien.
Marie-Ange a-t-elle inventé cette histoire?
Pour ce faire Emma va mener l'enquête malgré sa fragilité due à son AVC.
Mais au vue de sa santé, il se pourrait bien qu'elle invente elle-même cette histoire de toute pièce.
N'a-t-elle pas perdu le sens de la réalité, sa mémoire ne fait-elle pas défaut?

" Certains mettent des années avant de retrouver une vie normale et toi ça fait à peine 6 mois que tu es revenue de l’hôpital. Ton cerveau a souffert. C'est normal que tu imagines des choses. " 

" La fille qui se faisait des films" est comme une bobine de film que l'on déroule au fil du récit.
D'ailleurs les titres de chaque chapitre font référence à quelques films.
Yannick Dubart distille son intérêt cinématographique à travers le personnage d'Emma.

jeudi 22 mars 2018

André Blanc: " Rue des fantasques"



Editions Jigal Polar
264 pages


4 ème de couverture



"Les perles du collier, entraînées dans un sillon de sang et d'eau de pluie, englouties par la bouche d'égout, seront vomies dans le fleuve purificateur après un voyage dans les entrailles de la ville." Par une nuit pluvieuse, le commandant Farel, chef de groupe de la BRB, se penche sur le cadavre d'une femme tuée par balle et qui a apparemment fait le saut de l'ange depuis le 7ème étage d'un immeuble de la rue des Fantasques.
En remontant La piste de ce qui semble être un contrat, Farel fait sortir du bois quelques personnages sulfureux dont une redoutable femme d'affaires, quelques uns de ses nombreux amants, plusieurs mafieux géorgiens et, entre autres, un ministre en exercice... Grand banditisme, arnaque à la taxe carbone, banques maltaises et réseaux criminels, qui tire les ficelles de tout ce beau monde ? Des comparses abattus, des serments trahis et une course poursuite dans le gigantesque réseau souterrain de la ville obligeront Farel à révéler au grand jour les dérives de ceux qui nous gouvernent.


Mon avis



André Blanc décrit dans "Rue des fantasques" les milieux du pouvoir et de l'argent. Tout commence avec la découverte d'une femme qui s'est défenestrée et qui en plus a reçu une balle. C'est le commandant Farel qui se colle à l'enquête.

J'ai apprécié la minutie de ce commandant et son équipe dans la recherche de la vérité. Dans de nombreux polars, on fait la connaissance du légiste. L'auteur a su aborder le personnage avec originalité tout en l'impliquant dans la bonne marche de l'intrigue. Celui-ci est clair et intéressant.

D'ailleurs André Blanc parvient à dépeindre les protagonistes en profondeur. Il est vrai que parfois cela me semblait une peu trop détaillé car j'avais envie d'avancer dans l'histoire elle-même. Mais c'est une caractéristique de cet auteur et c'est tout à fait justifié dans sa démarche pour établir un climax de qualité.

"- Avec la fémorale qui pulse, le sang gicle, fort. Le mec est hors course dans le salon, mais en plus de ses drogues, il décharge sans doute un max d'adrénaline parce qu'il sait qu'il va crever. Alors il tente de se faire un garrot avec sa ceinture, se rue dehors pour fuir. Mais c'est trop tard, la blessure est trop importante, le garrot, la compression inadaptée. Il rend l'âme, vidé de son sang, là où vous l'avez trouvé. Tu sais quoi sur son arme à elle?"

samedi 17 mars 2018

Michel Embareck: " Sur la ligne blanche"



Editions Archipoche
192 pages


4 ème de couverture



« Star des médias, Langlet, surnommé le pape du rock, fait et défait les réputations dans le micro-maquereaucosme du show-biz. Trente ans, fast-donjuan, buveur, shooté, ubiquiste, ce wonder boytout-puissant n’a pas réussi de la sorte sans se faire de nombreux ennemis. Aussi sa disparition soudaine fait-elle sensation.
Journaliste sur la touche, le narrateur, flairant le scoop de sa vie, se lance sur les traces du disparu, dont il va reconstituer le fulgurant et dangereux parcours en une série de ash-backs stroboscopiques, zigzaguant des milieux branchés aux campements de ferrailleurs et du Palace aux vestiges du Golf Drouot… » (Michel Lebrun, L’Année du polar)
Journalistes vendus aux producteurs, concerts organisés par la mafia, musiciens animés du seul souci d’échapper à l’usine… Entre Paris, Marseille, New York et Le Havre, l’enquête-fiction de Michel Embareck nous entraîne en Cadillac dans les coulisses obscures du show-biz, où l’intégrité s’achète et où l’honnêteté se noie dans le Jack Daniel’s.
Fresque d’une génération en perfecto et santiags croco, Sur la ligne blanche redonne au rock les couleurs du mythe.



Mon avis


En commençant « Sur la ligne blanche » de Michel Embareck, on met une pièce dans le jukebox. Il se murmure alors des notes des années 80, le tout emballé dans des formules qui tapent fort.

« Pourquoi, comme Keith Richard quelques années plus tôt, ne pas se refaire une santé là-bas? »
Cette ligne blanche, quelle est-elle? Un jeu dangereux car intrigue d’un polar très puissant? Ou peut-être cette ligne à la couleur de la dope? La signature des autoroutes sans fin?
Justement, la route, Michel Embareck nous la fait prendre avec une Cadillac 57.

« - Cadillac Eldorado 57. T’es content?
Il l’était. Bottes posées contre le pare-brise, tête inclinée à murmurer Unchained Melody. La voiture chuintait entre les banlieues éteintes. J’aimais rouler fenêtre ouverte, à écouter le baiser ventouse de la gomme au bitume. »

Le tout n’est pas qu’un polar mais une ballade dans la musique. L'auteur fait part de judicieuses réflexions sur le milieu du show-biz et du rock. Ce livre datant des années 80 me semble assez visionnaire quant au commerce d’un milieu qui fait toujours rêver.
Avec sa poésie punk-rock, Michel Embareck est sans doute prémonitoire d’une médiocrité artistique.

vendredi 16 mars 2018

Sebastian Fitzek: " Passager 23"



Editions l' Archipel
418 pages


4 ème de couverture


Imaginez un lieu isolé.
Un lieu où disparaissent, année après année, des dizaines de personnes…
Sans laisser de trace. Un lieu rêvé pour des crimes parfaits.
Bienvenue à bord. La croisière ne fait que commencer…



Mon avis


J'ai découvert tardivement cet auteur en lisant " Mémoire cachée" et " Le somnambule" certes ce ne sont pas ses premiers romans mais depuis ces derniers, j'attends patiemment le prochain titre de Sebastian Fitzek.

Dans " Passager 23", l'auteur met principalement en avant le personnage de Martin Schwartz; flic fragile et paumé depuis la disparition de sa femme et de son fils Timmy lors d'une croisière à bord du Sultan des mers.

" C'était le paquebot où sa femme, cinq ans plus tôt, pendant la troisième nuit de sa croisière transatlantique, avait escaladé la rambarde du balcon de sa cabine pour se précipiter de cinquante mètres de haut dans le vide. Juste après avoir posé un chiffon enduit de chloroforme sur le visage de Timmy endormi et l'avoir jeté par-dessus bord. "

Il est contacté par Gerlinde Dobkowitz se trouvant sur ce même paquebot; elle doit lui révéler certaines preuves quant à la disparition de sa famille. Une petite fille  réapparait avec le doudou de Timmy dans ses mains alors qu'elle avait disparu du navire.

Comment la petite fille s'est-elle retrouvée de nouveau sur le Sultan des mers? Est-ce que la famille de Martin s'est jetée réellement par-dessus bord?
Martin doit enquêter rapidement et comprendre ce qui s'est vraiment passé sur ce bateau. Beaucoup de personnages entrent en scène. J'ai suivi leur histoire et vie privée ; quelques rebondissements se font ainsi sentir.

mardi 13 mars 2018

Samuel Sutra: " Coupable[s]"



Editions Flamant noir
241 pages


4 ème de couverture



HAÏTI. 12 janvier 2010 – 16 h 50. Le pays est frappé par le plus meurtrier tremblement de terre de son histoire. Les dégâts sont considérables. Un groupe d'hommes profite des fonds humanitaires parvenant de tous les pays pour monter une mystérieuse affaire. PARIS. Aujourd'hui. Une série de meurtres secoue la ville. Quatre personnes sont retrouvées sauvagement assassinées. Toutes sont liées à un projet baptisé « Kenscoff » . Un cinquième individu est recherché. Lui seul peut éclairer les enquêteurs,mais il semble être la prochaine victime… Pour prêter main-forte à la Brigade criminelle dans cette enquête singulière, un jeune policier rejoint l'équipe. Haïti, il connaît bien. Il y est né.




Mon avis


" Coupable[s]" est un roman noir à souhait mettant en scène principalement le personnage de Jean Ralph'. Lieutenant d'origine haïtienne, il va devoir mener l'enquête sur un dossier reposant sur un quadruple meurtre. Le 36 quai des Orfèvres est de ce fait en émeute.
Les cadavres retrouvés font office d'un même modus operandi et quelques points communs y sont présents tel que Haïti et un projet prénommé " Kenscoff". Serait-ce le signe d'un serial killer?

" Le tueur unique, c'est mes clefs. Je te parle de la piste haïtienne. On a une dagyde sur une des scènes, des débris en croix sur une autre, et on a le dernier type qui s'est fait suriner à coups de machette. " 

A travers les chapitres, l'action et l'adrénaline se ressentent et je peux vous dire que par moment il faut avoir le cœur accroché au vue des atrocités.

Samuel Sutra à une écriture chirurgicale, il arrive à décortiquer et à analyser les gestes de chacun des personnages. Tout est minutieusement détaillé, ne laissant rien au hasard si ce n'est quelques indices de l'enquête.

dimanche 11 mars 2018

Dean Koontz: " Dark Web"



Editions l'Archipel
418 pages



4 ème de couverture



IL FAUT QUE J'EN FINISSE…
C'EST URGENT !

Tels sont les derniers mots d’un homme que la vie semblait avoir comblé… mais qui y a mis fin. Brutalement.
Jane Hawk, inspectrice du FBI, refuse de croire que son mari se soit donné la mort. Pour elle, il y a une autre raison. Sa conviction en sort renforcée lorsqu’elle apprend qu’une vague inexpliquée de suicides frappe le pays.
Quitte à se mettre à dos sa hiérarchie – qui souhaite étouffer l’affaire –, Jane veut des réponses, quel qu’en soit le prix… Or, son enquête dérange. Ses ennemis de l’ombre détiennent un secret si terrifiant qu’ils sont prêts à tout pour l’éliminer.
Mais, bien que seule contre tous, la fugitive la plus recherchée des États-Unis possède pour atouts son intelligence et sa froide détermination. La vengeance est comme l’amour : elle ne connaît aucune limite…



Mon avis



" Dark Web" de Dean Koontz est un thriller de facture classique flirtant avec la SF. L'originalité réside surtout dans les thèmes abordés. Le titre est un peu réducteur car de nombreux sujets sont traités en plus des secrets d'internet. Jane Hawk est une inspectrice du FBI. Elle s'intéresse à une vague de suicides qu'elle juge douteux d'autant plus que son mari est mort dans des circonstances très troublantes.
L'auteur plonge le lecteur dans une histoire qui semble très réelle mais qui se rapporte à la SF. Son art est de savoir jongler entre réalité et fiction : j'ai apprécié cet aspect car je ne suis pas trop fan de romans SF. Jane, l'héroïne elle-même et certains personnages sont transportés dans ce mélange bien dosé.

" -Tout va si vite aujourd'hui, on finit par accepter des vérités qui nous auraient rendu fous autrefois. Le monde était un simple manège, il s'est transformé en montagnes russes."

La profession de Jane lui permet de faire face aux embûches la confrontant à son enquête illégale. Elle ne bénéficie pas de nombreux soutiens et doit donc se méfier de tout. Ainsi parfois elle ressemble à une Lara Croft à la sauce FBI. Elle est capable de beaucoup d'exploits. Heureusement, au travers de flash-back, Dean Koontz laisse entrevoir une femme fragilisée par sa vie privée. Cette humanité et des pointes d'humour donnent une légèreté à cette histoire cruelle. Sans cela, le roman en serait froid et ennuyeux. De plus, une femme belle, forte et intelligente change un peu de ces héros sans peur et sans reproche que la littérature nous sert quelquefois.

mercredi 7 mars 2018

Jacques Bablon: " Jaune soufre"



Editions Jigal polar
192 pages



4 ème de couverture



D’un côté il y a Rafa pour qui le boulot se fait rare et qui, diplôme en poche, se voit contraint d’enchaîner des jobs merdiques. Avec sa chance insolente, il est même possible qu’une bande de cons viennent braquer la caisse de la station-service où il bosse… De l’autre il y a Warren, parti à l’autre bout du pays sur une moto volée à la recherche d’une petite sœur qu’il n’a jamais vue… Elle, c’est Marisa, une forte tête n’ayant que moyennement confiance en l’homme, et qui après avoir incendié un dépôt de nourriture et tenté d’empoisonner les animaux du zoo, ne compte vraiment pas s’embarrasser d’un frère dont elle n’a rien à faire ! Une mère excessive d’un côté, un père tué par balle de l’autre, un pactole qui tombe du ciel, un assassin qui court toujours… Tout est apparemment là pour que les retrouvailles n’aient rien d’un conte de fées et se règlent à coups de flingues…



Mon avis



" Jaune soufre" de Jacques Bablon est une pépite de 191 pages intenses. Un homme est assassiné et le fils de la tueuse va croiser la vie des enfants de ce type pas si sympa que sa descendance pourrait l'imaginer. L'histoire ne se raconte pas, elle se goûte et se respire.
L'auteur sait bien décrire des êtres paumés et violents.

Il n'y a pas de mots en trop dans ce roman, ça déménage! Jacques Bablon ne perd pas de temps. Je suis, dès les premiers mots, entrée dans l'intrigue. J'ai eu le souffle coupé et je vous souhaite de suffoquer à votre tour!

Le thème de la responsabilité est bien traité. Qui doit payer pour le malheur d'être né? Ainsi plus qu'un page turner, j'ai eu l'impression de lire également une satire sociale. L'auteur dessine dans "Jaune soufre" des personnages obligés de se débattre dans un monde impitoyable qui finalement est bien le nôtre.

" Père, mère, il a toujours été le mec qui se démerdait sans, pleurait pas, faisait semblant de ne pas être en carence. Il sent monter une colère. Contre personne. Une rage. Heureusement qu'il n'a plus le flingue, il aurait été tenté d'aller tuer le gendarme à moustache, comme ça, sans savoir pourquoi ce serait à lui de payer..."

Les phrases sont comme des bolides lancés sur une route d'enfer. J'imagine bien ces dialogues faire merveille sur grand écran. Pourtant l'écriture n'est pas prétentieuse. Jacques Bablon est tout simplement efficace grâce à sa culture et à son esprit facétieux.


jeudi 1 mars 2018

Jacques Jung: " Le cordonnier d' Aubusson"



Editions Gestenoir
248 pages


4 ème de couverture



Louis Ducral, un cordonnier, est retrouvé dans son échoppe à Aubusson, une baïonnette plantée dans le thorax. Alors que les premières constatations se dirigent vers un suicide, l’inspecteur Castellon se souvient avoir croisé la victime dans l’affaire Maxime Ténégrier, une précédente enquête restée non élucidée et qui n’a pas cessé de l’obséder.

C’est accompagné d’une jeune stagiaire qu’il retournera dans la Creuse, persuadé que les deux meurtres sont liés. 

Avec sa fraîcheur et sa vivacité, la jeune fille va bousculer les certitudes du policier aguerri et réussira à imposer sa place dans un monde machiste. 

L’action se déroule à la fin des Trente Glorieuses en ces années pompidoliennes marquées notamment par le cessez-le-feu au Vietnam, et en France par le combat des féministes pour le droit à l’avortement.



Mon avis

" Le cordonnier d'Aubusson" de Jacques Jung est une suite de " Vengeances en creuse" mais reste un livre qui peut se lire indépendamment du premier. Un cordonnier est retrouvé mort, une baïonnette dans le thorax. L'inspecteur Castellon va devoir intervenir à nouveau dans les alentours d'Aubusson pour revenir sur les premières constatations.

Ce qui change par rapport à "Vengeances en Creuse", c'est la venue d'une jeune stagiaire. Celle-ci apporte une touche de modernité en ce début des années 70. J'avais pourtant apprécié le côté désuet des années 60 dans le précédent ouvrage. Bien sûr, l'auteur s'attache encore à reprendre des expressions ou des exemples d'artistes de la décennie mais le charme est un peu rompu.
La jeune fille titille parfois l'inspecteur Diégo Castellon sur ses aspects vieille France. C'est parfois amusant mais trop caricatural à mon goût. J'aurais voulu des remarques plus axées sur les débuts de la libération de la femme mais cela n'apparaît que par touches, réussies mais trop rares.

mardi 27 février 2018

Catherine Mckenzie: " Les nouveaux voisins"



Editions Michel Lafon
428 pages



4 ème de couverture



Julie Prentice, son mari Daniel et leurs jumeaux de six ans emménagent à Cincinnati pour échapper à une femme qui a harcelé Julie après la parution de son roman Le Jeu de l’assassin, devenu un best-seller. Un charmant quartier résidentiel semble l’endroit parfait pour un nouveau départ.

Mais la présidente de l’association du quartier ne leur rend pas la tâche facile. À grand renfort d’e-mails et de lettres sur les règles de bonne conduite à suivre, elle régit la vie de tous et oppresse Julie qui doit faire face à la curiosité du voisinage.

Lorsqu’elle reçoit des menaces, Julie prend peur : sont-elles le fait de sa harceleuse ou de voisins malveillants ? Alors que la tension monte, les ennemis se révèlent et le calme apparent d’une rue sans histoires se transforme en cauchemar.



Mon avis



"Au nom de l'association de quartier de Pine Street (l'AQPS), je voudrais vous souhaiter, à tous et à votre famille, la bienvenue dans notre rue. Nous sommes ravis de votre arrivée, et espérons que vous adorerez ici tout autant que nous!"

Eh bien, dans tout le roman, on va vite comprendre que ce souhait est un leurre!
" Les nouveaux voisins" de Catherine McKenzie aurait pu aussi s'intituler " Les nouvelles Desperate housewives". Dans ce roman, en effet, on croise des couples aisés dans un quartier huppé de l'Ohio. Les épouses s'occupent de leurs enfants et des affaires des autres dans un climat de sécurité. Mais pour combien de temps ? Julie Prentice va l'apprendre en emménageant à Cincinnati alors qu'elle vient d'être harcelée suite à l'écriture d'un roman.

J'ai ressenti d'emblée de l'étouffement en compagnie de ces voisins. Ces personnes trop lisses qui vont jusqu'à interdire l’alcool lors de leur soirée. Leurs vies semblent réglées comme du papier à musique, elle est faite de lieux communs et un petit rien peut mettre le feu aux poudres.

"Tout le monde a son lot de complications, dans la vie.
Parfois on les choisit, parfois elles s'imposent.
L'important est de savoir les différencier. "

lundi 26 février 2018

Janis Otsiemi: " Le festin de l'aube"



Editions Jigal Polar
272 pages



4 ème de couverture



En pleine nuit et sous une pluie tropicale, une femme surgie de nulle part vient se jeter sous les roues de la voiture du lieutenant Boukinda. Bouleversé par ce tragique accident, il veut savoir d’où sort cette inconnue, d’autant que son décès semble suspect… Au même moment, à quelques kilomètres de là, plusieurs individus pénètrent dans un camp militaire et s’emparent de nombreuses armes et d’un stock d’explosifs. Plus tard, c’est dans une ville en ébullition, gangrenée par la violence et la pauvreté, qu’un braquage sanglant transforme le quartier en zone de guerre… Les forces de sécurité, en alerte maximum, sont à la recherche de truands visiblement déterminés. Et c’est tout à fait par hasard que ces deux affaires, apparemment sans aucun rapport, vont se télescoper et révéler un terrible complot… Sur fond de haine, de repli identitaire et de crise électorale, flics et gendarmes vont alors devoir s’épauler pour tenter de déjouer cette conspiration…



Mon avis



Louis Boukinda, lieutenant à la Direction générale des Recherches de Librevrille, reprend la route tardivement avec sa femme Jacqueline. Il percute une femme avec sa voiture, sortie précipitamment des forêts. Le lendemain le lieutenant tente de prendre les nouvelles de cette femme à l’hôpital mais malheureusement elle est décédée.

La jeune femme aurait été ligotée, brûlée et battue. Le collègue Hervé Envame et le lieutenant Boukinda vont ainsi enquêter sur cette mort étrange puisque la patiente présentait des morsures de vipère et a succombé à la puissance du venin.

En parallèle de la nuit de cet accident, un arsenal d’armes explosifs a été dérobé dans une base militaire dans le but de braquer un fourgon blindé. Le capitaine Koumba et son collègue Owoula vont se pencher sur cette affaire.

Janis Otsiemi nous raconte deux enquêtes mettant en scène la Police Judiciaire et la gendarmerie.
Ce sont deux affaires qui vont refléter la ville de Libreville.

Le style de l'écriture est direct, le lecteur entre dans le vif du sujet. C’est ciselé et percutant. Tout est brut de décoffrage.

J’ai aimé les citations gabonaises ancrées en dessous de chaque chapitre. Certaines m’ont fait sourire. L’exotisme se ressent ainsi au fil des pages.

mardi 20 février 2018

Estelle Tharreau: " De la terre dans la bouche"




Taurnada Editions
250 pages


4 ème de couverture



Les vieux de Mont-Éloi savent pourquoi ils s'aiment ou se détestent, même si les autres l'ignorent. La seule histoire à laquelle il faut croire est celle qu'ils ont écrite au musée de la Chênaie. Elsa refusera cette vérité lorsque sa grand-mère lui léguera une maison perdue dans la forêt, à deux pas d'un village martyr.



Mon avis



Elsa Amiotte, petite fille de Rose, apprend qu’elle hérite d’une maison appelée « La Braconne ». Celle-ci est située au fond d’une forêt près de Mont-Eloi. Elsa n’a jamais entendu parler de cet endroit jusqu’à la rencontre du notaire. Le notaire lui remet de ce fait la clé de cette demeure ainsi qu’une photo presque jaunie où un message a été écrit au dos de cette dernière.

« Maître Billain récupéra la feuille et donna à Elsa une clé étrangement neuve au vu de l’état supposé de la maison puis il tendit une enveloppe au nom d’Elsa. « Votre grand-mère avait précisé que cette enveloppe devait vous être remise en même temps que la clé de La Braconne. » 

Quelle peut bien être la signification de cette phrase ? Elsa décide de visiter cette demeure et d’en savoir plus sur le passé de sa grand-mère. Elle rencontrera sur son chemin un certain Fred mais d’autres personnes aux caractères bien trempés. Il semblerait que sa visite ne soit pas au goût des villageois et que ce n’est pas de courtoisie selon eux. Pourquoi sont-ils si réticents de voir Elsa ?

« De la terre dans la bouche » est un roman où la période de la seconde guerre mondiale est mise en avant. Les villageois ont vécu un passé troublant ; quelques complots et des secrets enfouis vont se dévoiler au fur et à mesure de la lecture.

jeudi 15 février 2018

Gilles Vidal: " Ciel de traîne"




Editions Zinedi
232 pages


4 ème de couverture



Un cadavre est retrouvé en lisière de forêt, un os d’oiseau dans une main. La victime a visiblement été torturée pendant plusieurs jours avant d’être égorgée. Mais qui est-elle ? aucune disparition n’a été signalée récemment.
Une jeune femme disparaît du jour au lendemain laissant son compagnon désespéré. Est-elle prisonnière de cet homme qui prétend la détenir et le harcèle au téléphone ?
Un scénariste revient dans la maison de son enfance dont il a hérité. Ce n’est pas sans réticence qu’il entreprend ce retour aux sources. Que vient-il y chercher ?
Quel est le lien, et y en a-t-il un, entre ces personnages ? Le lieutenant Kamensky saura-t-il assembler les pièces du puzzle ?



Mon avis



Soyez les bienvenus dans l'univers de Gilles Vidal avec "Ciel de traîne". Pour ma part, je m'y sens très bien. Je retrouve avec délectation son goût pour les histoires dans lesquelles des personnalités diverses se croisent et s'éloignent par la magie d'une plume de grande qualité. Des êtres si bien dépeints dans leur mal-être; une jeune femme qui disparaît, un scénariste qui revient sur les traces de son passé et une victime égorgée... 

" Quand Antoine Rouvier émergea à onze heures et quart le lendemain de son expédition tardive, il eut l'impression de se trouver dans un cocon ouaté, presque aveugle et sourd - sa mâchoire était lourde et son cerveau spongieux, ses pensées étaient comme les semelles de vieilles godasses pataugeant dans de la boue." 

En quelques phrases percutantes, les protagonistes me sont apparus de façon précises. Parfois drôles, parfois pathétiques, ils sont dessinés avec des sobriquets hilarants ou des adjectifs très efficaces. 

" Il faut dire que Bob avait effectivement une sale gueule et, malgré son aspect chétif, dormaient sous sa peau blanche, presque cireuse, des nerfs et des muscles en fusion latente qui ne demandaient qu'à se réveiller. Il grimpait vite à l'échelle de l'acrimonie." 

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