lundi 22 mai 2017

Marc Welinski: " Le syndrome de Croyde 2"


Editions Daphnis et Chloé
384 pages


4 ème de couverture



Dans la petite bourgade de Chamonville, Albane, une petite fille de 9 ans, est décédée à la suite d’une chute dans l’escalier de l’école. Tout le village est en émoi. Si pour la gendarmerie l’accident ne fait aucun doute, le directeur de l’école est persuadé que la petite a été poussée. Puis d’autres décès "accidentels" surviennent. Les soupçons de la population se portent alors vers le camp de migrants qui s’est installé dans la forêt voisine. Mais ne s’agirait il pas d’une nouvelle manifestation du syndrome de Croyde, cette pathologie inexpliquée capable de transformer les individus les plus normaux en criminels à sang froid ?


Mon avis



Marc Welinski dans "Le syndrome de Croyde 2" raconte l'histoire d'une petite bourgade à qui il arrive des malheurs ; une petite fille, Albane, meurt à la suite d'une chute dans l'escalier de l'école. Ainsi des personnages vont affronter l’horreur. Mais l'affaire n'est pas si simple. La psychologie va s’immiscer dans la maille des doutes et de la suspicion.

J'ai apprécié la succession des narrateurs qui donne une vision plus globale de l'histoire. Ainsi cela semble très original. Pourtant, cela m'a désorientée.

Je déplore la place trop importante à mon goût, donnée aux dialogues, certes bien menés, mais ne permettant pas une profondeur littéraire.

L’intrigue concernant un mystérieux syndrome est assez prenante, elle a cependant tendance à mollir dans la deuxième partie du roman. Je me suis demandé où l'auteur voulait en venir. Ainsi, je me suis prise au jeu et j'avais envie d'en savoir plus sur les différents crimes et la véritable personnalité de chaque protagoniste.
Hélas, la fin ne m'a pas apportée suffisamment de réponses. Mais suis-je peut-être trop exigeante!

jeudi 18 mai 2017

Carolina De Robertis: " Les Dieux du tango"


Editions Cherche Midi
504 pages



4 ème de couverture



« Aussi évocateur et ensorcelant que le tango lui-même. » (Library Journal)


Février 1913. Leda a dix-sept ans. Elle quitte son petit village italien pour rejoindre en Argentine son cousin Dante, qu’elle vient d’épouser. Dans ses maigres bagages, le précieux violon de son père.

Mais à son arrivée, Dante est mort. Buenos Aires n’est pas un lieu pour une jeune femme seule, de surcroît veuve et sans ressources : elle doit rentrer en Italie. Pourtant, quelque chose la retient… Leda brûle d’envie de découvrir ce nouveau monde et la musique qui fait bouillonner les quartiers chauds de la ville, le tango, l’envoûte. Passionnée par ce violon interdit aux femmes, Leda décide de prendre son destin en main. Un soir, vêtue du costume de son mari, elle part, invisible, à travers la ville.
Elle s’immerge dans le monde de la nuit, le monde du tango. Elle s’engage tout entière dans un voyage qui la mènera au bout de sa condition de femme, de son art, de la passion sous toutes ses formes, de son histoire meurtrie. Un voyage au bout d’elle-même.

Carolina De Robertis signe avec ce roman un texte d’une grande sensualité, une ode à la liberté, à la passion, à la vie. Pour accompagner la destinée de ces personnages sublimes et poignants, le tango, omniprésent, résonne à chaque page. Plus qu’un roman, ce texte est aussi un témoignage captivant sur la Buenos Aires du début du XXe siècle, et un document rare sur la naissance du tango.



Mon avis



"Les dieux du tango" de Carolina De Robertis est une pure merveille. De la littérature blanche de grande qualité. L’histoire commence en 1913 avec l'arrivée de Leda en Argentine à Buenos Aires. Elle croit y retrouver son mari mais celui-ci est mort. À partir de là elle va tenter de survivre.
Ainsi parallèlement à l'histoire du tango, l'auteur nous conte la vie d'une femme exceptionnelle : Leda!

L’intrigue virevolte à la façon d'un violon. Les 543 pages glissent comme des danseurs sur un parquet d'une salle de bal enivrante. Il y a du rythme dans ce roman. Les certitudes y volent en éclat. J’en suis encore bouleversée, renversée par l’écho du violon de Leda.

Beaucoup de sujets sont abordés sans lasser le lecteur. L’auteure est une bonne narratrice et la traduction de l'anglais (Etats-Unis) par Eva Monteilhet a su me séduire.

J'ai été émue par l'histoire de ces immigrants dont fait partie Leda. J'ai compris les affres du déracinement. Ce livre est un hymne à la tolérance alors que les problèmes migratoires sont au cœur de l’actualité.

"Combien de secrets entraient clandestinement, ce jour-là, dans le Nouveau Monde ? Elle regarda vers le dock, sous l'auvent de bois d'où lui parvenaient les rumeurs d'une foule réunie.[...] L'auvent ne portait aucun signe distinctif mais il lui semblait qu'on aurait dû y mettre une pancarte "Dernier espoir". C'était bien cela pour un si grand nombre d'entre eux. On le voyait sur leurs visages marqués par la faim. Pour quelle autre raison seraient-ils venus ?

J’ai eu l'impression de saisir les couleurs et de sentir les odeurs de l'Italie et de Buenos Aires. Carolina De Robertis est une virtuose de la sensualité.

Elle nous donne une définition du désespoir et de la résilience. Leda, son personnage principal, est à la fois forte et apeurée car elle cache un secret ! 

mercredi 17 mai 2017

Franck Thilliez: " Rêver"

Editions Fleuve noir
598 pages


4 ème de couverture



« Pour la plupart des gens, le rêve s’arrête au réveil. »

Si ce n’étaient ses cicatrices et les photos étranges qui tapissent les murs de son bureau, on pourrait dire d’Abigaël qu’elle est une femme comme les autres.

Si ce n’étaient ces moments où elle chute au pays des rêves, on pourrait jurer qu’Abigaël dit vrai.

Abigaël a beau être cette psychologue qu’on s’arrache sur les affaires criminelles difficiles, sa maladie survient toujours comme une invitée non désirée. Une narcolepsie sévère qui la coupe du monde plusieurs fois par jour et l’emmène dans une dimension où le rêve empiète sur la réalité. Pour les distinguer l’un de l’autre, elle n’a pas trouvé mieux que la douleur.


Comment Abigaël est-elle sortie indemne de l’accident qui lui a ravi son père et sa fille ? Par quel miracle a-t-on pu la retrouver à côté de la voiture, véritable confetti de tôle, le visage à peine touché par quelques bris de verre ? Quel secret cachait son père qui tenait tant, ce matin de décembre, à s’exiler pour deux jours en famille ? Elle qui suait sang et eau sur une affaire de disparitions depuis quelques mois va devoir mener l’enquête la plus cruciale de sa vie. Dans cette enquête, il y a une proie et un prédateur : elle-même.


Mon avis



" Rêver" est comme un voyage initiatique où nous suivons l'héroïne, Abigaël Durnan, psychologue mais souffrant de narcolepsie et la mettant parfois dans un état de cataplexie. Elle est sans cesse plongée dans la réalité et l'imaginaire. Sa pathologie la rend fragile et faible, quelques gouttes de Propydol pourraient l'aider à se sentir mieux mais ce médicament ne fournit pas les résultats escomptés. Une forte dose et utiliser à une durée trop longue efface certains souvenirs si chers...

" Rêver" est un énorme pavé à lire; plus de 500 pages mais une fois commencé, je me suis laissée emporter par l'histoire mettant en scène Abigaël.
Cette psychologue travaillant dans les affaires criminelles est chargée d'enquêter sur la disparition de plusieurs enfants.
Le méchant est surnommé Freddy comme le croquemitaine de Wes Craven dans les " Griffes de la nuit".
En parallèle le passé d 'Abigaël ressurgit; elle tente de revenir sur ce qui s'est passé le jour de l'accident de voiture...
Les chapitres alternent entre le passé et le présent où quelques indications temporelles figurent au tout début de ces derniers afin de mieux comprendre le cadre spatio-temporel.

mardi 9 mai 2017

Gilles Vidal: " Interview"



J'ai le plaisir de partager avec vous, lecteurs, une interview pour mieux connaitre l'auteur Gilles Vidal.
Après avoir lus les romans suivants: " Les sentiers de la nuit"" Le sang des morts" et son dernier apparu dernièrement chez Les presses littéraires " De sac et de corde"  j'ai voulu en savoir un peu plus sur cet auteur.




1- Comment vous définiriez-vous ?

Difficile ! Ce serait bien prétentieux de s’envoyer des fleurs ou de singer une modestie affable… J’ai des qualités et des défauts comme tout un chacun. S’il y a bien une qualité que je possède, je crois, c’est celle d’être têtu et persévérant, c’est essentiel lorsque l’on veut mener à bien l’écriture d’un roman. Et la patience aussi, tant les arcanes éditoriales sont un mystère que je n’ai toujours pas élucidé…


2- Comment vous est venue l’idée d’écrire ?

Je dévorais les livres dès ma préadolescence, de tous genres, tout ce qui me tombait par les mains et sans doute est-ce la passion de la lecture qui m’a donné envie d’en écrire moi-même. J’ai commencé par des textes courts, puis un jour, j’ai accouché d’un roman qui a eu la chance d’être publié alors que je n’avais que 24 ans. L’écriture est une passion, un besoin viscéral à mon équilibre de vie.


3- Quels sont vos auteurs préférés ?

Très difficile de répondre, il y en a tellement que j’apprécie, qu’ils soient ou non encore de ce monde… Je citerai Richard Brautigan, John Fante (ah ! Demande à la poussière), Charles Bukowski, Jim Harrison, Raymond Carver, pour les Américains, avec David Goodis, Chandler et Hammett au niveau polar. Mais aussi, pour les Français, Georges Perec, René Belletto, Pascal Dessaint, Philippe Djian, etc.


4- Quel est votre film préféré ?

Impossible là aussi d’en choisir un ! Il y en a pléthore, de tous genres, que j’ai aimés. Vous citez dans la critique de mon livre Pulp Fiction et donc, bien sûr, j’aime tous les films de Quentin Tarantino. Mais aussi, par exemple, tous les films des frères Coen. J’ai aussi un faible pour les films de SF, le dernier en date que j’ai apprécié est Interstellar de Christopher Nolan.


5- Dans De sac et de corde, quel est le personnage que vous trouvez le plus pervers et pourquoi?

Le personnage le plus pervers est sans doute Frédéric Gomez. Non content d’être dépourvu de toute humanité et d’être âpre au gain facile, il n’hésite pas à s’en prendre à l’innocente Claudie sans remords aucun. Heureusement qu’il y a le retour de bâton… Mais les autres ne sont pas mal non plus dans le genre salauds !


6- Y a-t-il une suite à ce roman choral et qu’est-ce qui est le plus difficile dans l’écriture de ce dernier ?

Non, il n’y aura pas de suite à ce roman choral, car, à la fin, la boucle se referme sur elle-même avec les destins des personnages. Le plus dur, bien sûr, lorsqu’il y a ainsi beaucoup de personnages est de faire en sorte que malgré la complexité des histoires, l’intrigue « retombe sur ses pattes ».

lundi 8 mai 2017

Gilles Vidal: " De sac et de corde"

Editions Les presses littéraires
298 pages


4 ème de couverture



Morlame, traversée par la Meure, est une ville de province qui, sous des aspects tranquilles, nourrit en son sein de sombres crapules. Est-ce parce qu'elle est la ville de naissance d'Aristide Ridore, poète mythique vénéré dans le monde entier, mais qui fut un sacré brigand et assassin ? Toujours est-il qu'y dominent des êtres malfaisants, comme Barreteau, le parrain local et ses hommes de main, Guérin, une brute qui trempe dans le trafic de drogue, Gomez, un loser prêt à tuer pour une poignée d'euros, Chaudrin, un dentiste charcutier, Franck et Gaby, deux minables petites frappes, Hesnard, un flic ripou, et d'autres encore. 
Dans une construction chorale de la veine de Short cuts de Robert Altman, les destinées de tout ce beau monde nuisible vont s'entrechoquer à la manière de billes folles de flipper, engendrant chaos, cadavres, vengeances et autres exactions.



Mon avis 



Gilles Vidal dans "De sac et de corde" a réussi un roman distrayant bourré de scènes fortes et macabres. Cela commence par un chapitre dans lequel un homme se fait malmené sans savoir pourquoi. À partir de là, une galerie de personnages va s'entrecroiser voire s'entretuer.

Certains portent la mort, d'autres sont emportés par elle. L’intérêt pour nous lecteurs, c'est de ne pas savoir qui va succomber, et de deviner qui a un rapport avec qui... 
En refermant "De sac et de corde", j'ai eu envie de recommencer depuis le début car j'ai été submergée par les personnages et exaltée par la densité de l'intrigue. Il faudra d'ailleurs que je le relise très vite. J'ai déjà eu ce sentiment quand j'ai regardé le film "Pulp Fiction", c'est dire...

Le style est impeccable. Il met en valeur les descriptions. Gilles Vidal est un maître quand il s’agit de dépeindre des zones en décrépitude. La minutie dans les détails qui tuent est littéralement jubilatoire !

jeudi 4 mai 2017

Nada S. Khoury & Robert A. Matta: " Le vivier de l'oubli"

Editions Ecriture
256 pages



4 ème de couverture



Tout commence par un oubli.
Un écrivain, venu visiter une maison à acheter en Provence, a laissé son iPad par mégarde dans la propriété. La conseillère découvre l’objet ; hésite légèrement ; l’allume. Elle y découvre photos (Istanbul, une femme en rouge, lui…), mots d’amour, réflexions éparses. De cette lecture clandestine lui reviennent des bribes de sa propre existence : une romance interdite (avec un prêtre), une séparation douloureuse, et la solitude.
Au village, la conseillère – après avoir laissé un mot sur la nappe de la table de l’écrivain et lui avoir rendu son iPad – aperçoit la femme en rouge, celle des clichés de la tablette numérique. Intriguée, troublée, elle la suit jusqu’à une galerie. Elle la photographie discrètement…



Mon avis



J'ai été séduite par les images de la Provence et d'Istanbul que les auteurs mettent régulièrement à l'honneur au cours du roman. Ces paysages sont la toile de fond d'un chassé-croisé entre des hommes et des femmes, entre le vrai et le faux et entre le rêve et la réalité. Et c’est ce flou qui m’a gênée dans ma lecture. Dans la première partie j’ai pourtant apprécié la valse des personnages. Ensuite j’ai été un peu perdue dans le récit.

Bien sûr le style est très travaillé avec des références littéraires et artistiques. Les titres de chaque chapitre ainsi que la richesse du vocabulaire utilisé au détour des pages sont un réel ravissement. 

« Des bancs qu’ils savaient investis, une fois la nuit tombée, par les clochards éméchés qui se ramassent sous des couvertures mitées et s’endorment sur les initiales gravées qui superposent, palimpsestes de promesses échangées, de caresses partagées, évanouis avec l’usure du temps et les serments d’amour d’autres amants. »

L’histoire ne se laisse pas facilement apprivoiser dans « Le vivier de l’oubli ». On peut apprécier ou déplorer le manque de clarté. Ainsi l’absence de prénom laissant place à des « elle » et des « il » rend l’histoire parfois hermétique.
Il est vrai que cette façon de procéder peut séduire certains lecteurs. Pour ma part, je ne suis pas très adepte car même si les indices permettent de reconnaître les personnages, cela a freiné ma lecture.

lundi 1 mai 2017

Chris Thorimbert: " La tache de vin"

Editions Jets d'encre
242 pages

4 ème de couverture


Dans la petite ville d’Estavayer, en Suisse, la jeune Éléonore est au service du comte de la Broye qui n’hésite pas à exercer sur elle son droit de cuissage. Lorsqu’elle se découvre enceinte, elle démissionne sans rien dire de son état et met au monde des jumeaux, Marie et Philippe, qui ignorent tout de leur géniteur. Quinze ans plus tard, alors qu’ils sont en âge de travailler, ils sont envoyés sur les terres du comte : Philippe est aux champs pendant que Marie œuvre comme domestique. Sans le savoir, elle occupe la même place que sa mère au même âge. Et commence elle aussi à susciter la convoitise d’Adrien de la Broye, qui n’a rien perdu de ses penchants…
Chris Thorimbert tire avec talent les ficelles de cette fresque romanesque captivante, ressuscitant avec brio la Suisse rurale de la fin du XIXe siècle.


Mon avis


Avec "La tache de vin", Chris Thorimbert offre une sorte de chronique témoignant d'une société avec sa hiérarchie durant la deuxième partie de XIXème siècle dans la campagne suisse.
La vie d'Éléonore est semée d'embûches à son bonheur. Quand elle est toute jeune au service du comte de la Broye, celui-ci profite d'elle. Ainsi c'est enceinte qu'elle fuit les lieux pour revenir dans sa famille. Après avoir subi le déshonneur, elle finit par élever seule ses jumeaux. Son passé va ressurgir alors que ses enfants ont atteint l'âge de 15 ans...
En 250 pages, l'auteure parvient à raconter une histoire familiale sans surcharge comme on pourrait le voir dans les sagas qui pour ma part sont parfois indigestes à cause du surnombre de détails.

dimanche 30 avril 2017

Chase Novak: " Conception"


Editions Livre de poche
480 pages


4 ème de couverture



Alex et Leslie Twisden mènent une vie radieuse : jobs en or, luxueux hôtel particulier en plein Manhattan et mariage passionnel. Ce qui leur manque en revanche, c’est un enfant, et après l’échec d’innombrables traitements, leur désir de progéniture vire à l’obsession. Dans une dernière tentative désespérée, le couple se rend en Slovénie afin d’essayer une procédure médicale très particulière. Et là, c’est le miracle… Dix ans plus tard, couvés et dorlotés mais vivant dans une maison habitée par les secrets, les jumeaux Alice et Adam se retrouvent chaque soir enfermés dans leur chambre, tandis que des bruits de plus en plus perturbants proviennent de celle de leurs parents. Un jour, ils décident de chercher à comprendre la vraie nature de ceux qui les élèvent. Leur découverte aura de quoi les épouvanter…

L’ombre de Rosemary’s Baby plane sur ce thriller pétrifiant. The New York Times

A la fois terrifiant et sombrement drôle, CONCEPTION est une pure partie de plaisir. Stephen King.


Mon avis



Alex et Leslie ont tout pour être heureux mais hélas Leslie ne tombe pas enceinte malgré les inséminations artificielles et autres diagnostics. Le couple se rend alors en Slovénie et rencontre le Docteur Kis, dans la ville de Ljubljana, un étrange personnage dont les pratiques sont peu recommandées. Il propose des traitements contre l'infertilité. L'opération s'est bien passée puisque Leslie attend des jumeaux.

" Bien évidemment, je perdrais mon travail si je vous disais quelles substances le docteur utilise, mais il tient à ce que vous sachiez qu'il a obtenu de grand succès- de grands, grands succès- en se servant de tissus provenant des êtres les plus vigoureux et fertiles du monde. "

" Certains médecins inspirent confiance, d'autres non. Et d'autres, tels le Dr Kis, inspirent la terreur."

Le bonheur s'installe au sein de ce foyer mais sera de courte durée. Leslie et Alex vont connaitre quelques problèmes physiques et leurs comportements vont effrayer leur entourage mais aussi leurs enfants...

Dans la deuxième partie du livre, le lecteur fait connaissance des jumeaux dix ans plus tard et apprend que le couple a des comportements bien étranges au point d'enfermer le soir leurs enfants.

vendredi 21 avril 2017

Stanislas Petrosky: " Dieu pardonne, lui pas!


Editions Lajouanie
200 pages



4 ème de couverture



Estéban Lehydeux, dit Requiem, est de retour. Le curé exorciste débarque cette fois sur le port du Havre.
Il y découvre un docker bien sous tout rapport –  si, si ça existe  –, accusé de meurtre ; une boîte d’import-export d’objets et de matériel pas bien catholiques ; un syndicaliste forcené mais pas mauvais bougre ; des fanas du troisième Reich ; et bien évidemment une accorte jeune femme tellement mal fringuée qu’il s’empresse toujours, dès qu’il la croise, de la déshabiller  !

Entouré de ces drôles de paroissiens notre héros, un Don Camillo carburant à la bière plus qu’à l’eau bénite, va devoir jouer du goupillon et faire quelques entorses aux règles de son ministère pour parvenir à distinguer le bon grain de l’ivraie…

Ce deuxième épisode des aventures de Requiem est basée sur un fait réel  : l’histoire de Jules Durand, qui défraya la ville du Havre en 1910. Cette sorte d’affaire Dreyfus dans le monde ouvrier est encore dans les mémoires de nombreux havrais.



Mon avis




Après " je m'appelle requiem et je t'...", la première aventure de notre curé séduisant et pas catholique pour un clou, Estéban se lance dans une nouvelle aventure au Havre. Un employé de la société Ody- Art a été assassiné; le suspect est un syndicaliste, un de ses collègues. Cette affaire lui fait penser à une vieille histoire celle de Jules Durand en 1910. Sur ce port, le calme ne règne pas, notre curé joue les infiltrés grâce à son amie Elena et apprend que cette société import-export cache bien des choses. Il s'approche davantage de Sandy au point d'en tomber amoureux car cette dernière connait pas mal d'informations sur l'activité de la société. L'enquête s'avère dangereuse et exorbitante...


Dans ce deuxième épisode des aventures de Estéban, Stanislas Petrosky nous narre une histoire hilarante et humoristique à souhait!
Ce n'est pas qu'un roman policier mais aussi une comédie où les fous rires sont omniprésents. L'ambiance est à son apogée, les chapitres regorgent de mousse de bières telles que la Guillotine, la Chimay rouge ou la Budels Capucijn; il faut dire que notre curé ne se substante pas que d'eau bénite!

Pour ce qui est des femmes, Estéban est charmeur, il s'empresse d'être autour de jolies femmes; Sandy celle qui ne sait pas s'habiller mais pour qui les formes ne lui déplaisent pas pour autant. La soutane du curé s'est ainsi relevé plusieurs fois. Bref, il est toujours en bonne compagnie comme " Charly et ses drôles de dames".

jeudi 20 avril 2017

Philippe Declerck: " Variable d'ajustement"



Editions Fleur Sauvage
243 pages



4 ème de couverture



D'un statut de cadre dirigeant, Mathilde se retrouve au chômage sans que rien ne l'y prépare. Découvrant qu'elle n'était qu'une « variable d'ajustement », la quadragénaire, mère et épouse, entame alors une lente et douloureuse descente aux enfers.

Un récit aussi dur que poignant, pour un fort dommageable phénomène de société.



Mon avis



" Variable d'ajustement" est par définition une ressource que l'on fait varier selon les besoins.

Mathilde est cadre dirigeant à Atout Sport depuis plus de dix ans et voit sa vie basculer le 05 Janvier 2015. Elle " meurt". La crise de l'entreprise l'a touchée et Mathilde devient une " variable d'ajustement". L'entreprise n'a pas d'autre choix que de licencier une trentaine d'employés dont Mathilde. Cette  femme âgée d'une quarantaine d'années est mariée à Richard, assez séduisant et riche et a deux enfants se prénommant Hugo et Claire. Mathilde se retrouve alors sans travail et ne sait pas comment annoncer la nouvelle à ses proches.

" J'étais sur le point de lui déclarer que j'étais prête à relever le défi lorsqu'il a conclu sa démonstration en ces termes, " les employés ne sont qu'une variable d'ajustement parmi d'autres, ce n'est pas à vous que je vais apprendre ça."

Se retrouvant sans emploi, elle voit sa vie basculée; la conjoncture de l'entreprise est mise en danger ; la seule solution est de réduire le personnel en licenciant un certain nombre de personnes. Cette nouvelle va provoquer un grand mal être chez Mathilde. Elle n'arrive pas à faire face à cette nouvelle plus qu'alarmante. Elle s'est tant donnée dans son travail que ses proches ont oublié sa présence. Pourtant Mathilde doit s'occuper de ses enfants mais aussi de son mari car sa libido est en pleine effervescence.
Parviendra-t-elle à se résoudre à sa nouvelle vie? Mathilde tente de faire au mieux mais se sent démunie de tout. Surqualifiée Mathilde ne trouve pas un emploi adéquat et qui correspond à ses attentes. Tout statut confondu, les critères sont les mêmes pour tout chômeur.
Mathilde commence à comprendre qu'elle est pareille, il n'y a pas de demie- mesure entre un ouvrier, un cadre ou un employé.
La réalité sur la recherche d'un emploi devient glaçante et en fait pâlir plus d'un.

" J'allais ouvrir la portière lorsque je sentis les larmes affluer et, de nouveau, cette boule d'angoisse..."
" Je suis ressortie de là déprimée. Malgré un CV impressionnant, une solide expérience et une formation de haut niveau, un problème persistait, il n'y avait pas de travail en adéquation avec mes qualifications. "

lundi 17 avril 2017

Michaël Moslonka: " 666 e kilomètre"

Editions Fleur Sauvage
224 pages


4 ème de couverture



661, 662, 663, 664, 665...

Une autoroute connue de tous, des kilomètres qui défilent.
Et, sur les aires de repos, ces mêmes personnes sur lesquelles on tombe.
Étrangement... Cruellement...

À la croisée des routes du thriller, du fantastique et de la satire sociale, l'auteur de « À minuit, les chiens cessent d'aboyer » nous livre, au 666ème kilomètre, l'une de ses œuvres les meilleures.


Mon avis



Camus âgé d'une trentaine d'années quitte son nid douillet pour retrouver un ami de longue date dans le Sud-Ouest. Rempli de TOCS, ce trentenaire est plutôt un homme névrosé, anxieux. Sa petite amie, Mathilde, l'a quitté. Pour oublier le passé et se changer les idées, Camus décide de prendre la route plus précisément une autoroute déserte malgré un juillet qui semble propice pour les départs de grandes vacances.
Il s’arrête dans un restoroute, et c'est à ce moment là que Camus voit le monde différemment. Un auto-stoppeur demande de l'aide et brandit des poings en psalmodiant " SOYEZ TOUS MAUDITS".
C'est la première fois que je lis un roman de l'auteur et " 666 e kilomètre" est un livre que j'ai littéralement englouti après une semaine sans lecture. 
Michaël Moslonka nous décrit à la fois une histoire où le thriller est présent mais aussi une touche fantastique se déploie  au fil des pages; Camus, notre héros principal, se retrouve sur cette autoroute où la mort se fait sentir. Le bitume s’amoncelle de cadavres décapités pour laisser place à la faucheuse. Est-ce la réalité, l'imagination ou un simple cauchemar qui taraudent l'esprit de Camus?

vendredi 7 avril 2017

Darcey Bell: " Disparue"


Editions Hugo Thriller
352 pages


4 ème de couverture



Cela commence par un simple petit service - du genre de ceux que se rendent volontiers deux mères de famille. 
Tout oppose en apparence Stephanie, une jeune veuve sans emploi qui partage son temps entre son fils Miles et la rédaction de son "blog de maman", et Emily, une femme d'affaires sophistiquée et mariée. 
Elles s'entendent pourtant à merveille et ont noué, dans leur petite ville du Connecticut, une amitié aussi forte que celle qui lie leurs deux fils de cinq ans. 
Et lorsqu'Emily lui demande de récupérer son fils Nicky à la sortie de l'école, Stephanie accepte tout naturellement. Mais Emily ne revient pas, et les masques tombent, les uns après les autres. Car si ni l'amour, ni l'amitié ne durent toute la vie, la vengeance ne connaît pas de limites. Et la peur non plus.



Mon avis



Ayant perdu son mari dans un accident de voiture, Stephanie, veuve, consacre son temps à rédiger quelques billets sur son " blog de maman".
Elle s'est liée d'amitié avec Emily, une jeune femme cadre New Yorkaise et est mariée à Sean.
Darcey Bell nous brosse le portrait de deux femmes totalement opposées mais un seul lien les unit; les enfants. Miles, le fils de Stephanie, et Nicky celui d' Emily fréquentent la même école si bien que ces deux mamans se sont rapprochées et deviennent amies.

Un jour Emily demande à Stephanie de s'occuper de Nicky à la sortie de l'école. Le temps passe et toujours sans nouvelle d' Emily. Pourquoi ne donne-t-elle pas signe de vie? Lui est-il arrivé quelque chose?
Stephanie tente de résoudre le mystère de la disparition d' Emily quelque peu étrange.

" Ma meilleure amie a disparu depuis deux jours. Elle s'appelle Emily Nelson. Vous le savez, je ne mentionne jamais, par principe, le nom de mes amis dans ce blog. "

" Cela fait deux jours qu'elle n'a pas donné signe de vie, pris contact avec moi, répondu à mes SMS ou mes appels. Elle s'est évanouie dans la nature et je n'ai aucune idée de l'endroit où elle peut être. "

mercredi 29 mars 2017

Yvan Michotte: " Louise des ombres"



Editions Le Cargo Imaginaire
314 pages



4 ème de couverture



Louise est parisienne. Son père s’est donné la mort il y a près de 20 ans au pied du phare de la Roque en Normandie. Qui était cet homme inconnu qui la hante tel un fantôme ? Pourquoi veut-on à tout prix empêcher la jeune femme de découvrir qui il était. Quel est le lien avec la mystérieuse épave d’un navire coulé au 18e siècle ? Pour le savoir, elle va engager le détective privé Joshua Pastorius.

Au même moment, un homme est retrouvé brûlé vif dans une discothèque havraise. Est-ce un accident ou un crime ? Une jeune journaliste, Agathe Talemare, mène l’enquête.

Et si ces deux affaires n’en étaient qu’une seule et unique… Partez en baie de Seine afin d’élucider cette redoutable énigme…


Mon avis



Avec "Louise des ombres", Yvan Michotte assure un roman très plaisant. Il narre l'histoire d'une jeune femme, Louise, qui veut savoir qui était ce père mort une vingtaine d'année auparavant.
Un homme qu'elle n'a jamais rencontré et qui au fil des pages délivre un message et des vérités sur un passé pas si simple. Elle est aidée dans sa démarche par un détective, Pastorius, porté sur la bouteille et par une sympathique journaliste.

J'avoue que les premières pages, sans me déplaire, m'ont laissée perplexe : trop de phrases sans verbe par exemple. Pourtant rapidement, j'ai été happée par l'histoire grâce à des personnages très attachants. La description de la ville du Havre et ses environs a ajouté un intérêt supplémentaire à ma lecture.

Yvan Michotte sait décrire les situations et les lieux sans lourdeur. Avec des phrases parfois tordues et amusantes, l'intrigue prend du rythme sans distiller trop d'indices... L'auteur avec une plume vive et surprenante m'a bluffée jusqu'à la fin.

"Pastorius aimait l'énergie revigorante de cette fille. Elle avait une cuirasse solide et une certaine inconscience chevillée au jean."

L'histoire de "Louise des ombres" vaut le coup d'être lue. Je ne me suis pas ennuyée. Surtout que l'auteur manie l'humour tout au long de l'intrigue. Il n'épargne pas ses protagonistes.

mardi 21 mars 2017

Chris Bohjalian: " L'imprévu"


Editions Cherche Midi
384 pages


4 ème de couverture



En quelques heures, votre existence peut basculer.


Dans une paisible banlieue de New York, Richard et Kristin Chapman mènent avec leur fille Melissa une existence tranquille. Ce sont des gens bien, en sécurité dans un environnement aisé où ni le danger ni l'imprévu n'ont leur place. Un soir, ils acceptent de prêter leur maison à Philip, le frère de Richard, qui veut y enterrer sa vie de garçon. Richard reste pour veiller en cas de débordements tandis que Kristin emmène leur fillette chez sa mère à Manhattan. Mais, au beau milieu de la nuit, elle reçoit un appel de Richard. Quelque chose est arrivé.

Avec ce roman passionnant, Chris Bohjalian montre comment une vie apparemment sous contrôle peut basculer d'un seul coup, comment, derrière une façade qu'on croyait solide, nos instincts les plus primitifs peuvent prendre le dessus.


Mon avis



Je n'avais encore jamais lu une telle histoire!
Dans "L'imprévu" de Chris Bohjalian, les thèmes abordés ne sont pas nouveaux mais traités de manière originale. Du début à la fin on ne sait pas comment les personnages vont évoluer.

Lors d'un enterrement de vie de garçon, des jeunes filles vont changer la donne pour les invités. À partir de là, le roman va se déployer pour notre plaisir. Notre curiosité, parfois malsaine va être mise à l'épreuve.

Un mari, une épouse et Alexandra... Des hommes sans scrupules en arrière plan et c'est l'explosion; l'explosion des sentiments et de toute une vie.
Chris Bohjalian sait décrire la détresse physique et morale et on se laisse piéger.

« Vous ne pouvez pas savoir ce qu’est la terreur tant que vous n’avez pas été une adolescente en culotte tachée de sang prisonnière d’une chambre d’hôtel. »

dimanche 19 mars 2017

Sebastian Fitzek: " Le somnambule"


Editions l' Archipel
330 pages


4 ème de couverture



Enfant, Leo Nader était victime de crises de somnambulisme. Si intenses qu’on l’avait contraint à consulter un psychiatre, le docteur Volwarth. Bien des années plus tard, Leo se croit guéri. Mais, un matin, il découvre que son épouse a été agressée pendant la nuit et qu’elle s’apprête à le quitter. Il tente de la retenir, mais elle s’enfuit. Leo, qui se croit coupable, décide de retourner voir son psy. Ce qu’il va découvrir ira bien au-delà de tout ce qu’il pouvait imaginer…
Avec ce nouveau roman, Sebastian Fitzek renoue avec la veine du thriller psychologique qui avait fait de Thérapie, son premier roman, un succès.


Mon avis 



Leo Nader se réveille un matin  et voit brusquement partir sa femme, Natalie, de l'appartement. Que s'est-il passé? Pourquoi l' a-t-elle quitté sans rien dire?

Un étrange événement s'est produit durant la nuit et ce n'est pas le premier. Dès son enfance, Leo est atteint de somnambulisme le laissant parfois dans un état méconnaissable pouvant s'apparenter à un dédoublement de personnalité.

" Il avait peur. Peur d'une personne bien précise, debout ici, en bas, une personne qu'il n'avait encore jamais rencontrée bien qu'elle ait toujours été près de lui: il avait peur de lui même. De son second lui-même, de son lui-même endormi. "

Aurait-il fait mal à sa compagne? Leo va devoir comprendre ce qu'il s'est réellement passé, pour cela il a besoin de l'aide de son ancien psychiatre,  le docteur Volwarth. 

Ce qui est étrange également, c'est que Natalie n'a pas travaillé depuis plus de 15 jours dans la galerie de photos avec Anouka.

La tension et l'inquiétude de Leo se ressentent au fil des pages. Il vit un véritable cauchemar depuis la disparition de Natalie. D'ailleurs son entourage le prend un  peu pour un fou.

Une fois que Leo arrive à en savoir un peu plus sur son histoire, certains indices se dévoilent grâce à ses voisins d'immeuble...

L'affaire devient chaotique voire difficile pour Leo. Parviendra-t-il à se réveiller au bon moment?

mercredi 15 mars 2017

Georges Pierre Guigon: " Moissons nocturnes"


Editions Adéquat
193 pages


Mon avis



Après avoir lu " Le Briquet ", Georges Pierre Guigon m' envoie son dernier roman.

Avec "Moissons nocturnes", l'auteur nous conte le quotidien de Benjamin. Un homme qui n'a pas la vie qu'il voulait, qui n'a plus la vie qu'il voulait. Il veut se rattraper sur ses échecs. En aura-il la possibilité en amour avec Ludivine par exemple ?

Benjamin est un personnage aigri et l'auteur nous le fait bien sentir, parfois à l'excès. Ce personnage végète entre des soirées ringardes et des collègues qu'il déteste.

Justement G-P Guigon sait faire ressentir le dégoût que lui inspire une société sans pitié. Son personnage principal a pourtant des atouts physiques qu'il tente de mettre en valeur lors de soirées plus que sordides. Il essaie de séduire et l'on sent les difficultés qu'il a dans ses relations avec la gente féminine.

"Elle est très jolie et fort appétissante, mais la proximité du domicile de celle-ci a toujours freiné les tentations qu'aurait pu avoir Benjamin. Il ne tient pas à ce qu'elle puisse avoir un contrôle quelconque sur sa vie."

Benjamin ne trouve vraiment que le bonheur dans la nature chez son oncle Raymond. Il rêve de gagner sa vie en élevant des moutons. Il n'a connu de véritables joies que lors de ses escapades dans sa campagne des environs de Langogne en Lozère. 

jeudi 9 mars 2017

Stéphanie Exbrayat: " Personne n'a oublié"


Editions Terra Nova
272 pages


4 ème de couverture



Sam, huit ans, tombe du haut d'une grange et meurt le crâne fracassé. Pour sa mère Colette, impossible de croire à un accident. Elle soupçonne François, son mari, un homme violent et secret, de ne pas être étranger au drame. Dix ans auparavant, Colette, enceinte d'un autre homme, a été contrainte de l'épouser. Dès lors, son mari a imposé la terreur et la tyrannie au sein de leur foyer. Bravant la violence de cet homme, Colette s'engage dans une dangereuse quête de vérité. Quel rôle a t-il joué dans la mort de Sam ? Et quel est ce trouble passé que François semble vouloir cacher à tout prix ? Au cœur de ce petit village du Morvan, les esprits s'échauffent et les tensions remontant à la guerre atteignent leur paroxysme. Le village bruisse de rumeurs et de douloureux secrets ne tardent pas à resurgir...
Quand la mort d'un enfant fait resurgir les secrets d'un village...



Mon avis


Suite au décès de son fils, Sam, âgé de 8 ans, Colette ne vit plus, sombre dans la dépression. Ce jour-là, lors de l'accident, cette mère n'était pas à ses côtés, seul   François, son mari bourru et parfois violent était présent.
Que s'est-il réellement passé? Quelle est la nature exacte de la mort?

Colette ne peut pas effacer les souvenirs de son fils d'un seul coup; elle a du mal à tourner la page. Ainsi cette mère a décidé de mener l'enquête et de savoir si François n'est pas dans cette affaire...

" Colette et son fils avaient toujours vécu dans un climat asphyxiant, empoisonnés par la présence de François. Il s'emmurait continuellement dans un silence agressif. "

L'auteure, Stéphanie Exbrayat signe ici un premier roman à la fois captivant et bouleversant. L'action se passe à la fin des années 50 dans le village de Morvan.
Au fil des pages, le lecteur va suivre principalement  Colette; sa souffrance sera mise en avant à cause de la perte de son fils. C'est un véritable drame assez trouble puisque la mort de cet enfant est suspecte et une véritable quête de vérité.

vendredi 3 mars 2017

Jacques Saussey: " Ne prononcez jamais leurs noms"



Editions Toucan Noir
578 pages


4 ème de couverture



Muté au pays basque pour insubordination, le commandant Magne s’est aussi éloigné de sa compagne, la lieutenant Lisa Heslin. Alors qu’il noie son ennui dans une consommation d’alcool au-delà des limites autorisées, il est par hasard témoin d’un gigantesque attentat en gare de Biarritz. Un wagon entier est soufflé par une explosion, laissant plusieurs dizaines de victimes. 

Lancé à la poursuite d’un suspect, Magne tombe dans un piège et se retrouve kidnappé dans un lieu inconnu. Lisa est alertée et décide de rejoindre Biarritz pour participer à l’enquête.

Jacques Saussey a écrit 8 romans dont le dernier « Le loup peint» a conquis de très nombreux lecteurs.



Mon avis



Le mal rode autour de tous les personnages dans "Ne prononcez jamais leurs noms" de Jacques Saussey. Il rode autour des passagers d'un train qui explose dans une nuée d'hurlements. Il rode autour du Capitaine Daniel Magne et du Lieutenant Lisa Heslin dont c'est la sixième enquête dans ce roman.
Il rode chez le personnage dont on ne prononcera pas le nom car il n'en vaut pas la peine tant il est maléfique.

« Ils étaient des victimes. Des gens dont il fallait creuser le passé, pour essayer de comprendre ce qui était arrivé. »

On est tout de suite plongé dans l’'enquête sur l'attentat de ce train dans le beau pays basque Français. Cette région est bien au cœur de l’histoire, elle est presque le personnage principal. On apprend à la connaître et à l’aimer. 

jeudi 2 mars 2017

Johann Moulin: " In Purgatorii"

Editions Aconitum
Collection Frisson
280 pages


4 ème de couverture



Souhaitant changer de vie, un couple parisien quitte la capitale pour une nouvelle maison. Des phénomènes étranges se succèdent alors. Le mari, obnubilé par l’envie de transformer son sous-sol en atelier de travail, sera assailli par des visions, harcelé par des créatures qu’il croit d’abord imaginaires...


Nourri de cinéma fantastique et d'horreur, Johann Moulin a écrit une histoire terrifiante, un récit ancré dans le réel...


Mon avis



Richard Coste a promis la maison de rêve pour sa femme, Rachel, et il l'a trouvée au coeur de la Picardie. C'est une demeure construite en 1802, loin de tout et ayant une très grande surface plus de 200 mètres carrés de quoi plaire à son épouse.

Mais Rachel a peur d'habiter à la campagne car elle est fortement habituée à la ville. Pourtant cette maison pourrait plaire à ce couple créateurs dans l'âme.

" Je suis artiste pluridisciplinaire. Je bosse sur des décors pour le cinéma, je sculpte, je peins, tout ça quoi. "

Ainsi Rachel a des idées assez originales pour la décoration afin de se sentir mieux dans cette demeure.

Quant à son mari, Richard se préoccupe du sous-sol; il veut en faire un atelier de travail mais il est en proie à d'étranges sensations. Ce sous-sol abrite des bruits bizarres et une odeur nauséabonde se répand. Est-ce des hallucinations? Cette maison serait-elle hantée?

La vie du couple sera bousculée par ces drôles de bruits. Tellement entêté par cet espace, Richard décide d' en savoir plus sur ce sous-sol.

vendredi 24 février 2017

Delphine de Vigan: " D'après une histoire vraie"


Editions JC Lattès
484 pages



4 ème de couverture



"Ce livre est le récit de ma rencontre avec L. L. est le cauchemar de tout écrivain. Ou plutôt le genre de personne qu'un écrivain ne devrait jamais croiser."

Dans ce roman aux allures de thriller psychologique, Delphine de Vigan s'aventure en équilibriste sur la ligne de crête qui sépare le réel de la fiction. Ce livre est aussi une plongée au cœur d'une époque fascinée par le Vrai.

PRIX RENAUDOT 2015


Mon avis


" D'après une histoire vraie" est un roman qui reflète avant tout la vie de l'auteure en particulier sur le travail de l'écriture. " Après le succès de " Rien ne s'oppose à la nuit", Delphine de Vigan a l'angoise de la page blanche, elle n'écrit plus, ne tient d'ailleurs même pas un stylo et quant à son ordinateur, l'écran reste totalement éteint.

" Le simple mot écrire dans une lettre ou un message suffisait à me nouer l'estomac. Ecrire, je ne pouvais plus. Ecrire c'était non. " 

C'est sûr qu'avec le succès de son dernier, difficile de captiver encore plus le lecteur. Fera-t-elle mieux, arrivera-t-elle à surmonter de nouveau la réussite?

Trois années se sont écoulées et toujours aucune inspiration. Une rencontre va bouleverser la vie de l'auteure; une femme prénommée L. s'immisce petit à petit dans sa vie et parvient à occuper une place importante jusqu'à prendre l'identité de Delphine de Vigan. L'auteure voue une véritable admiration pour cette femme. Mais elle commence à se sentir de plus en plus angoissée que de coutume.

Est-ce la présence de L. qui l'étouffe?


" D'après une histoire vraie" est un roman vertigineux et bien mené; je me suis demandée est-ce vrai ou faux? Les pistes se brouillent au fil des pages. Delphine de Vigan préfère-t-elle au fond s'inspirer de la fiction ou de la réalité?

mercredi 22 février 2017

M. J. Arlidge: " Am Stram Gram"


Editions 10-18
408 pages


4 ème de couverture



Un thriller phénomène dans lequel des victimes prises au piège d’un tortionnaire retors doivent choisir entre tuer ou être tuées.

Deux jeunes gens sont enlevés et séquestrés au fond d’une piscine vide dont il est impossible de s’échapper. À côté d’eux, un pistolet chargé d’une unique balle et un téléphone portable avec suffisamment de batterie pour délivrer un terrible message : « Vous devez tuer pour vivre. » Les jours passent, la faim et la soif s’intensifient, l’angoisse monte. Jusqu’à l’issue fatale. Les enlèvements se répètent. Ce sont les crimes les plus pervers auxquels le commandant Helen Grace ait été confrontée. Si elle n’avait pas parlé avec les survivants traumatisés, elle ne pourrait pas y croire. Helen connaît les côtés sombres de la nature humaine, y compris la sienne ; pourtant, cette affaire et ces victimes apparemment sans lien entre elles la laissent perplexe. Rien ne sera plus terrifiant que la vérité.


Mon avis 



"Am stram gram" de M.J. Arlidge s'ouvre sur une histoire de séquestration qui peut faire penser à "Saw" mais la suite n'est pas du tout celle du film.
Des duos sont emprisonnés dans un endroit hermétique et la seule façon de s'en sortir est de tuer l'autre avec un revolver ne contenant qu’une seule.
Le commandant Helene Grace est sur l'affaire. Elle ne se doute pas qu’elle va vivre des moments intimes et professionnels d’une grande intensité. Au début du livre, elle vit des instants légers, et cela ne sera rapidement plus le cas.

« En sortant dans l’air vif du soir, Helen Grace se sentait détendue et heureuse. Ralentissant le pas, elle savourait cet instant de paix en jetant un œil amusé à la multitude de badauds alentour. »

J’ai trouvé le roman un peu long. En effet certaines descriptions alourdissent le suspense. Bien sûr les différents protagonistes sont bien décrits mais ce sont les situations qui sont trop lentes.

Cependant l'idée de départ est bien exploitée et on ne devine que vers la fin l'issue de cette folle histoire. Les scènes sanglantes sont bien travaillées grâce à un style incisif agrippant les trippes du lecteur. L’auteur n’hésite pas à décrire les situations de façon crue. Ce qui plaira ou pas aux lecteurs !

lundi 20 février 2017

Anne Tyler: " Une bobine de fil bleu"


Editions Phébus
400 pages


4 ème de couverture



Ils se croyaient uniques : c’était peut-être la preuve supplémentaire que les Whitshank étaient une famille comme les autres.

Portrait des Whitshank, et de leur si jolie maison de Baltimore, Une bobine de fil bleu détricote sur plusieurs générations l’histoire d’une famille bien trop heureuse pour être vraie.

Et qu’il s’agisse de débusquer les politesses, de chasser les faux-semblants ou de dire l’amour, la plume drôle et méticuleuse d’Anne Tyler ne laisse rien au hasard.



Mon avis



Cette fois-ci, je me lance dans une saga familiale en suivant les Whitshank à Baltimore. Abby est mariée à Red et ont 5 enfants. Tous les deux mènent une vie tranquille dans leur résidence à Bouton Road.

Les enfants et les petits enfants aiment se retrouver autour des bons petits repas qu' Abby prépare avec amour. Mais si leurs progénitures reviennent au sein du foyer, c'est parce qu'ils s'inquiètent avant tout de l'état de santé de leur mère; elle a des pertes de mémoire.

" Je suis tellement navrée! dit-elle à Denny et Red lorsqu'ils arrivèrent à son niveau. Je n'ai pas d'explication. D'un coup, je me suis retrouve assise ici. J'étais assise sur ces marches et je me suis dit: " Est-ce que j'arrive ou est-ce que je pars?"

Anne Tyler brosse le portrait d'une famille américaine où la vie des uns et des autres sera bousculée par l'attitude d'Abby. C'est une famille menant une vie en somme tout assez banale mais certains secrets et jalousie vont basculer leur petit train-train quotidien.

Anne Tyler fait vivre tous ses personnages avec beaucoup d'authenticité si bien que j'ai eu l’impression de vivre auprès d'eux. L'auteure a le sens du détail en décortiquant chaque geste des protagonistes et permettant de mieux ressentir leurs sentiments, leurs secrets mais aussi leur bonheur parfois fragilisé.

dimanche 19 février 2017

Amélie Lamiée: " Un cri silencieux"


Editions Fleur Sauvage
200 pages


4 ème de couverture



Des gouttes d'eau perlent à travers le mur d'une salle de bains, la chose pourrait sembler banale.

Ce phénomène va pourtant conduire Mathilde à s'interroger sur sa santé mentale, la menant dans une quête d'explications au dénouement insoupçonné.

Et à l'histoire d'une petite fille... Camille.


Mon avis



Il y a des livres qui vous glacent, vous hantent, vous laissent parfois pantois ou vous basculent tellement que vous mettez du temps à vous en remettre eh bien! " un cri silencieux"  fait partie de ces livres.

Amélie Lamiée a une écriture qui vous fragilise, vous bouleverse et vous bascule de tout votre être.
J'ai ressenti toutes ces émotions car à travers ce roman très court, vous serez non seulement transportés par la plume de l'auteure mais aussi par cette histoire à la fois touchante et énorme.

L'auteure nous narre l'histoire de Mathilde, mère de trois enfants et mariée à Olivier. Ce jeune couple cherche une maison idéale répondant avant tout à leurs critères. Une agence immobilière met en avant une belle demeure avec diverses chambres, salles de bains et grand jardin.
Repéré par Mathilde, cette grande maison correspondrait bien à leur profil.

" Magnifique maison située dans un jardin arboré de 1000 mètres carré. Situation idéale arrière-gare, à cinq minutes à pied du centre ville. Cinq chambres, possibilité sept, deux salles de bain, trois WC. Aucun travaux à prévoir. "

Le couple visite aussitôt cette maison; Mathilde et Olivier sont sous le charme et signent le compromis de vente. Quel bonheur pour ce couple!

mercredi 8 février 2017

Solène Bakowski: " Un sac"



Editions Milady
288 pages


4 ème de couverture



En pleine nuit, une jeune femme attend face au Panthéon, un sac dans les bras qu’elle serre comme un étau. Cette femme, c’est Anna-Marie Caravelle, l’Affreuse Rouquine, la marginale.

Lorsque, vingt-quatre ans plus tôt, Monique Bonneuil a pris en charge son éducation à l’insu du reste du monde, elle n'imaginait pas qu’elle abritait un monstre. Car la petite s’est mise à tuer. Un peu, d’abord, puis beaucoup.

Voici l’histoire d’Anna-Marie Caravelle. Que fait-elle là, agenouillée en plein Paris, au milieu de la nuit ? Et que contient ce sac qui semble avoir tant d’importance ?


Mon avis



" Un sac" est un roman très noir. Je l'ai lu en une journée et je peux vous dire que ce thriller est impossible à lâcher.

Je suis passée par tous les stades d'émotions; de la frayeur, de l'interrogation à la sensibilité. Solène Bakowski nous raconte l'histoire de Anna-Marie Caravelle, cette toute jeune fille rouquine.
Sous ses airs singuliers se cache un monstre redoutable. Est-ce à cause du suicide de son père ou de la folie de sa mère que son comportement est trouble au point de faire mal à son entourage?

Anna-Marie rencontrera dans sa vie des personnes appréciant non seulement sa présence mais aussi son amour.

Mais cette fille pense que son entourage pourrit son existence et de ce fait torture ses amis jusqu'à les mettre en état de vulgaires poupées de chiffon.

Quant au style de l'écriture, Solène Bakowski emploie des phrases poétiques mais utilise aussi des mots très forts et violents pour exprimer la folie extrême de Anna-Marie.


C'est difficile pour elle de se reconstruire, d'être aimée car elle se sent différente et accepte mal son physique; c'est normal pour une fille mal aimée depuis sa naissance et presque démunie de tout amour et non désirée.


L'affection que ce soit de Camille, Max ou Monique Bonneuil, sa mère qui l' a élevée depuis toute petite, ne résoud pas le mal être de Anna-Marie.


" Quant à moi, et je me l'ai pris en pleine figure, rien ni personne ne m’attachait plus à aucun endroit : l’on ne m’attendait pas,peut-être même ne m’attendrait-on jamais. "

" Un sac" est un roman noir que j'ai particulièrement apprécié.

samedi 4 février 2017

Ghislain Gilberti: " Dynamique du chaos"

Editions Ring
467 pages


4 ème de couverture



Gys vient de s’évader de l’enfer. Pour échapper à un passé trop agité, pour décrocher de l’héroïne, pour oublier Séverine, son amour vénéneux, il a trouvé refuge au purgatoire, au sein de la « Génération Nada ». Avec Manu, Céline et Vanessa, il écume les bars sordides et les boites de nuits minables, cherchant une issue au vide et à l’ennui de cette nouvelle existence. Pour oublier ses vieux démons et meubler le néant, il joue, plonge dans les excès, dans l’alcool, la coke, le sexe facile. Mais les leurres sont minces et son passé tenace. Lorsqu’il revoit Séverine, son ancienne vie le rattrape et vient le frapper de plein fouet.


Mon avis



Dans la foulée des romans qui ne laissent pas indifférents, voici " Dynamique du chaos". Il s'agit du premier écrit de Ghislain Gilberti qui avait rencontré un franc succès sur internet au moment de sa mise en ligne.

Aujourd’hui il est sorti en format papier aux éditions Ring et à la lecture de ce dernier j'en ressors toute chamboulée et tellement surprise!

Je dois avouer que " Dynamique du chaos" m'a littéralement perturbée et transportée dans l'enfer de la drogue et des bars.

" Je suis pleinement conscient que tout va trop vite : la voiture, Céline, la soirée, ma jeunesse agonisante, les battements de mon coeur... Mais quelle importance après tout ? Cette folie vertigineuse peut bien me conduire où elle veut, je me sens indestructible et pleinement vivant.Je n'ai plus peur de rien."

Je tombe vite dans tous les excès, les abus et boîtes de nuit et ça m'a complètement déstabilisée voire effrayée.

Sexe et drogues en tout genre sont le moteur essentiel du livre. Ghislain Gilberti nous délivre à coeur ouvert sa vie personnelle, ce qu'il a véritablement vécu en tant que drogué.

jeudi 2 février 2017

Leïla Slimani: " Dans le jardin de l'ogre"



Editions Folio
240 pages



4 ème de couverture



«Une semaine qu'elle tient. Une semaine qu'elle n'a pas cédé. Mais cette nuit, elle en a rêvé et n'a pas pu se rendormir. Un rêve moite, interminable, qui s'est introduit en elle comme un souffle d'air chaud. Adèle ne peut plus penser qu'à ça.» 

Adèle semble heureuse avec Richard, le médecin qu'elle a épousé. Pourtant, elle ne peut s'empêcher de collectionner les conquêtes. Dans le jardin de l'ogre est l'histoire d'un corps esclave de ses pulsions que rien ne rassasie. Un roman féroce et viscéral sur l'addiction sexuelle et ses implacables conséquences.


Mon avis



Avec "Dans le jardin de l'ogre" qui précède son succès "Chanson douce », Leïla Slimani nous conte l'histoire d'une femme souffrant d'addiction sexuelle. Sa vie d'épouse va être mise à mal et le lecteur va suivre, tétanisé, son évolution.


J'ai aimé ce livre même s'il paraît moins puissant que "Chanson douce" que j'avais adoré. J’ai littéralement dévoré l'histoire de cette femme, Adèle, grâce à son style et à l'intrigue. Enfin je devrais dire une partie d'histoire, une partie de la vie d’Adèle. Bien sûr quelques flash-back, légèrement esquissés révèlent des aspects du passé de la jeune femme. Mais la romancière ne dit pas tout.

Adèle ne trouve pas sa place dans le bonheur que lui a fabriqué son mari Richard. J’ai senti qu'elle n'était pas à l'aise dans sa vie de mère et d'épouse. Mais avec Leïla Slimani, je ne peux être sûre de rien. Elle excelle dans ce jeu de dupes. Evidemment ce flou dans le déroulement de l’histoire peut gêner certains lecteurs. Pour ma part, je dirais que cela fait partie du charme du roman.

« Elle a mis son mari et son fils en pyjama. Elle les a fait manger. Elle se précipite dehors, le sentiment du devoir accompli et le besoin d’être prise. Elle ne sait pas pourquoi Xavier a tenu à aller dîner au restaurant. Elle aurait préféré aller rue du Cardinal-Lemoine, se déshabiller tout de suite, l’épuiser. Ne parler de rien. »

mardi 31 janvier 2017

Maud Mayeras: " Reflex"


Editions Anne Carrière
368 pages


4 ème de couverture



Photographe de l'identité judiciaire, Iris Baudry est discrète, obsessionnelle, déterminée. Disponible nuit et jour, elle shoote en rafales des cadavres pour oublier celui de son fils, sauvagement assassiné onze ans auparavant. Mais une nouvelle affaire va la ramener au coeur de son cauchemar : dans la ville maudite où son enfant a disparu, un tueur en série s'est mis à sévir. Et sa façon d'écorcher ses victimes en rappelle une autre... La canicule assèche la ville, détrempe les corps et échauffe les esprits, les monstres se révèlent et le brasier qu'Iris croyait éteint va s'enflammer à nouveau dans l'objectif de son reflex.


Mon avis



Je n'aime pas les romans qui laissent indifférents.
Maud Mayeras ne laisse pas indifférent, justement. Avec "Reflex", je me suis vraiment régalée. Ce livre est une expérience troublante et jubilatoire.

Iris Baudry photographie les scènes de crimes pour la police. Elle est tourmentée par un passé très lourd. Elle a perdu un fils onze ans avant l'histoire qu'elle va vivre sous nos yeux.

"Je suis déclenchable. Je me déplace à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit pour shooter. Les victimes n’attendent pas et la mort n’est pas patiente. Il faut agir vite. Armer, zoomer, suspendre son souffle, appuyer et recommencer. »

L’intrigue se renouvelle de chapitre en chapitre. Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde. Rien n'y est laissé au hasard.

Le style de l'auteure est toujours aussi bon que dans "Hématome". Bref c'est intelligent et hyper bien écrit. Les personnages sont noirs à souhait et pleins de mystère. J'ai su facilement matérialiser les protagonistes.

jeudi 26 janvier 2017

B.A. Paris: " Derrière les portes"



Editions Hugo Thriller
317 pages



4 ème de couverture




En apparence, Jack et Grace ont tout pour eux. L’amour, l’aisance financière, le charme, une superbe maison. Le bonheur. Vous connaissez tous un couple comme celui qu’ils forment, le genre de couple que vous aimeriez connaître mieux. Vous adoreriez passer davantage de temps avec Grace, par exemple. L’inviter à déjeuner, seule. Et pourtant, cela s’avère difficile. Vous réalisez que vous ne voyez jamais Jack et Grace l’un sans l’autre. Est-ce cela que l’on appelle le grand amour ?

À moins que les apparences ne soient trompeuses. Et que ce mariage parfait ne dissimule un mensonge parfait. Car pourquoi Grace ne répond-elle jamais au téléphone ? Et pourquoi les fenêtres de la chambre sont-elles pourvues de barreaux ?

UN PIÈGE CRUEL ET DIABOLIQUE UN LIVRE BRILLANT ET TERRIFIANT.



Mon avis


Comme j'aime bien les thrillers psychologiques et vu les éloges pour ce titre, je me lance avec  joie, mais ce sera de courte durée car " Derrière les portes" ne m'a pas du tout transportée.
Il manquait de l'action et des rebondissements. Je n'ai pas adhèré aux personnages.

" Comme je ne peux me permettre de décevoir Jack, je plaque un sourire sur mes lèvres en priant pour qu'ils me trouvent sympathique. Esther restant sur son quant-à-soi, j'en conclus qu'elle réserve son jugement. Normal : depuis un mois qu'elle a intégré notre cercle d'amis, on a dû lui rebattre les oreilles avec Grace Angel, incarnation absolue de celle à qui tout réussit – demeure parfaite, mari parfait, vie parfaite. Si j'étais elle, je me méfierais de moi également."

Certes l'écriture est sublime mais l'histoire m'a littéralement  ennuyée; les protagonistes ne sont pas attachants et dépourvus de sentiments, contrairement à la soeur de Grace, Millie, jeune fille trisomique. Son rôle va s'affirmer de plus en plus au fil des pages.

mercredi 25 janvier 2017

Interview: " Armelle Carbonel"



Après avoir lu " Criminal Loft" et " Majestic Murder" je vous présente Armelle Carbonel. Merci à toi de m'avoir accordé cet interview.





1/// Peux tu te présenter en quelques mots?

Quarantenaire épanouie, maman comblée, amoureuse éternelle de la vie et Nécromancière dans l'âme, voilà qui je suis. 

2/// Comment t'es venue l'idée d’écrire?

Elle s'est invitée d'elle-même quand j'avais huit ans. Peut-être même avant... Un héritage génétique, en somme. J'ai toujours écrit. L'idée de renoncer, en revanche, s'est manifestée à plusieurs stades de ma vie (la naissance de mon fils, les premiers refus de publication, les premières claques). Au final, écrire est un acte d'amour dont je n'ai jamais pu me passer. Comment vivre sans amour ? 


3/// Quels sont tes auteurs préférés?

Cizia Zykë pour l'ensemble de son oeuvre. 

4/// Tes deux romans ciblent le côté obscur et le huis clos. Deux livres qui sont d'un tout autre style en particulier " Majestic Murder". Est-ce un danger pour toi?

Un danger? Non. Qu'ai-je à perdre ? Je n'ai encore rien acquis ! J'ai plus à gagner en écrivant ce qui me ressemble. Six ans séparent Criminal Loft de Majestic Murder. Mon univers s'affirme. Déstabilise aussi compte tenu du fossé "stylistique" qui sépare ces deux romans. Je me sentirais davantage en danger si j'écrivais pour le lecteur avant de me contenter moi-même.

5/// Les personnages décrits dans " Majestic Murder" sont totalement démunis d'émotions mais ton style d'écriture est diaboliquement divin. Pourquoi ce choix?

Je donne toujours une intention à mes romans. Pour celui-ci : allier la beauté (de la langue) à l'horreur (de l'histoire).
De mon point de vue, les personnages ne sont pas totalement démunis d'émotions. En lisant entre les lignes (le regard du lecteur diffère d'une personne à l'autre), on découvre qu'ils les dissimulent derrière un conditionnement que l'on retrouve dans bon nombre d'histoires vécues. Qui grandit dans l'amour saura en donner. Pour la haine et la violence, la mécanique est malheureusement la même. Le schéma se répète inconsciemment. C'est un sujet majeur que je souhaitais exploiter dans Majestic Murder. Cependant, personne n'est prisonnier de ces carcans. On a toujours le choix. J'ai seulement souhaité rester fidèle à la tragédie de Peg Entwistle. Sans compter celle de Robert Keith, qui a connu, lui aussi, un destin à l'image d'un roman noir. ...

6/// Quel est pour toi le moment le plus propice pour écrire?

La nuit, quand le monde éteint ses lumières pour en raviver d'autres.
A l'aube aussi, quand le brouhaha des voitures demeure supportable ;-)

7/// Prépares-tu déjà ton prochain roman? 

Oui... J'ignore s'il aura une vie au-delà de mon écran, mais il existe déjà dans ma caboche ;-)

8/// Quelles sont tes passions en dehors de l'écriture?

La danse, depuis l'enfance. Une autre forme d'expression que je vis sans subir le jugement d'autrui. Toutefois, le premier publiant une vidéo de mes exploits finira à la potence ! (la fiction se nourrit de la réalité et vice versa !).

9/// Libre à toi de conclure cet interview.

Je suis ma première lectrice. Qui m'aime me suive. Je ne vous en voudrai jamais de passer votre chemin. Le respect est une valeur réciproque.Et merci à toi, Delphine, de m'avoir donné la parole.




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